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Full text of "Le Jardin de Plaisance et Fleur de Rhétorique, Tome II: Introduction et Notes"

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AT LOS ANGELES 


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EX LIBR.IS 


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UN1VEKSITY of CALIFORNIE 


AT 

LUS ANGELES 
. LIBRARY 

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i 


SOCIÉTÉ 

DES 

ANCIENS TEXTES FRANÇAIS 

LE JARDIN DE PLAISANCE 

TOME II 


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LE 

JARDIN DE PLAISANCE 

ET 

FLEUR DE RHÉTORIQUE 

TOME II 

INTRODUCTION ET NOTES 


E. DROZ ET A. PIAGET 


PARIS 

LIBRAIRIE ÉDOUARD CHAMPION 

ÉDITEUR 

5, QUAI MALAQUAIS (vi«) 

MCMXXV 


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Publication proposée à la Société le 3 lévrier 1909. 

Approuvé par le Conseil dans sa séance du 28 avril 1909, sur le rappDrt d'une 
Commission composée de MM. Longnon, Picot et Raynaud. 

Commissaire responsable : 

M. Marie-Louis Polain. 


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• J 


INTRODUCTION 


I 


NOTE PRÉLIMINAIRE 


La publication du Jardin de Plaisance a été proposée par l’un de nous à la Société 
des anciens Textes le 3 février 1909. Elle fut approuvée la même année sur le rap¬ 
port d’une commission composée de MM. Longnon, Picot et Raynaud. De ces 
trois excellents commissaires aucun n’est plus. Nous tenons à rappeler que 
M. Émile Picot s’est intéressé d’une façon particulière à cette publication et qu’il 
a eu l’obligeance de surveiller la bonne facture des clichés du fac-similé. Nous 
comptiôns sur ses conseils toujours précieux et sur sa science bibliographique 
incomparable. En rédigeant aujourd’hui, réduits à nos seules forces, le commen¬ 
taire du Jardin de Plaisance, nous ne pouvons nous empêcher de penser avec regret 
à ce maître bienveillant et généreux, dont le souvenir nous sera toujours cher. 
L’exemplaire du Jardin de Plaisance, reproduit en fac-similé par Femique, 
•V est aujourd’hui coté à la Bibliothèque nationale Rés. Ye 168C’est un beau 
^ volume, bien conservé, auquel il manque le feuillet 73. Les clichés 73 et 73 v° ont 
^ été faits d’après un autre exemplaire de la même bibliothèque. Rés. Ye 169. 

Les 54 premiers feuillets ne sont pas numérotés. On pourrait à la rigueur les 
désigner par les signatures de a jusqu'à i vj. Mais nous croyons plus simple de prier 
les lecteurs de bien vouloir les numéroter eux-mêmes. A la Table de la fin du volume, 
fol. cclix, ces feuillets sont censés être chiffrés. 

Le lecteur voudra bien également corriger la numérotation fautive des feuil¬ 
lets suivants : 


1 . Dans plusieurs pages de discrètes corrections à l’encre ont été faites par un propriétaire 
du volume au xvni* siècle, additions d’accents aigus et d’apostrophes, mots corrigés, vers 
modifiés. Ce propriétaire avait lu, la plume à la main, entre autres le Parlement d'Amours et 
les Deux fortunés d'Amours. 11 semble avoir collationné quelques passages de son édition avec 
le manuscrit du cardinal de Rohan pour les rondeaux et avec l’édition Du Chesne pour Alain 
Chartier. 


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— 8 — 


Au lieu de fol. lxxx lire fol. lxxxi. 

cxxxi 

cxxxij 

cxlviij 

clxvij 

clxviij 

cixl 

clxxxv 

clxxxvij 

cxcij 

ccv 

ccvi 
• • • • 

CCXlllj 

ccxllllj 
ccxljlj 
ccliiij 
ccxlviij 

Le fol. lxxxxj n'est pas chiffré. 

Comme tous les volumes de l'époque, le Jardin de Plaisance d'Antoine Vérard 
est rempli d'erreurs diverses, dues quelques-unes au compilateur lui-même, la 
plupart aux typographes. Sauf cas exceptionnels, nous ne relèverons ni les vers 
faux ni les mots estropiés. Nous ne chercherons pas à améliorer le texte en don¬ 
nant les variantes des poèmes, ballades ou rondeaux que nous pourrons retrouver 
dans des manuscrits. Après avoir tenté sinon de résoudre du moins de poser et 
d'examiner quelques-uns des problèmes que soulève ce volume, après avoir, par 
exemple, cherché quel en était l’auteur, nous nous bornerons à identifier, quand 
cela sera possible, une partie au moins des 672 pièces de cette anthologie l . 


cxlv. 

cxlvi. 

cL 

clvii. 

clviij. 

dix. 

clxxxvi bis. 

clxxxvii bis. 

cxci. 

• • • 

CCUJ. 

• •• • 

CCU1J. 

ccix. 

cclx. 

ccxliij. 

cdv. 

cclviij. 


1. Il est regrettable que les 672 pièces n’aient été numérotées ni dans l’édition ori- 

S ’nale, ni dans le fac-similé de la Société des anciens Textes. Nous avons jugé utile de le 
ire dans notre commentaire pour faciliter les recherches et les renvois. Mais pouvons-nous 
demander que les lecteurs s’imposent ce fastidieux travail ? 


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II 


BIBLIOGRAPHIE 

Publié en 1501, en vogue dans la première moitié du xvi e siècle, ignoré depuis 
lors, le Jardin de Plaisance , à partir du xvm e siècle, a attiré l’attention de quel¬ 
ques rares bibliographes et historiens de la littérature. 

Antoine Du Verdier 1 tenait le Jardin de Plaisance pour un recueil de « vieille 
rimaille » sans intérêt 2 . Mieux renseigné, l'abbé Goujet a consacré à ce recueil 
plusieurs pages de sa Bibliothèque françoise. Dans le tome III, au cours d’un cha¬ 
pitre intitulé Des écrits des modernes sur l'art poétique s , il en appelle du jugement 
sommaire de Du Verdier. Pour Goujet, le Jardin de Plaisance et le Grand et vrai art 
de pleine rhétorique de Pierre Fabri « contentent certainement beaucoup plus que 
l’art poétique de Ronsard qui n’est pas moins superficiel sur ce qui regarde notre 
versification que sur ce qui appartient à l’art poétique en général ». 

Dans le t. X de sa Bibliothèque , l'abbé Goujet a consacré tout un chapitre au 
Jardin de Plaisance . Il plaide à nouveau la cause de ce vieux traité dont, à la vérité, 
il ne se faisait pas lui-même une idée très exacte. Il tenait le compilateur anonyme 
du Jardin , l’Infortuné, pour une sorte de réformateur et de « partisan zélé » de 
la poésie française qui avait entrepris « d'assujettir cet art à des règles afin de le 
perfectionner ». Mais, malheureux jusqu’au bout, l'Infortuné ne put achever son 
œuvre. La plus grande partie du Jardin, d’après Goujet, ne serait qu’un « amas 
indigeste de matériaux ». Le plus grand désordre régnerait dans ce livre. « Ce désor¬ 
dre me porterait à croire que l'Auteur de cet ouvrage est mort sans avoir pu l’achever, 
et que toute cette fin comprend les matériaux qu'il avait assemblés pour terminer 
son Roman. Quelqu’un, qui avoit peu d’intelligence et qui n’avoit pu concevoir le 
but de l'Anonyme, aura mis ensemble au hasard tout ce qu'il aura trouvé dans les 
portefeuilles de l'Auteur 4 ». La preuve de cette assertion, l'abbé Goujet la trouve 


x. Bibliothèque (édit. Rigoley de Juvigny), t. IV, p. 557. 

2. De Beauchamps a juge bon de faire une place au Jardin de Plaisance dans ses Recherches 
sur Us théâtres de France, Paris, 1735, p. 88-00; il a reproduit le X® chapitre de la Seconde 
rhétorique sur la manière de composer les moralités et les farces, ainsi qu’une partie de la Table 
de l'édition de Lyon. 

3. Bibliothèque françoise, t. III, pp. 88-152. 

4. Id., t. X, pp. 396-408. 


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dans les constatations suivantes : le Jardin de Plaisance, qui est un art poétique, 
renferme des morceaux de prose « qui ne dévoient pas naturellement entrer dans 
son dessein » et, d'autre part, des ballades et rondeaux détestables et des obscé¬ 
nités que l'Infortuné lui-même condamnait résolument. 

Viollet le Duc regarde le Jardin de Plaisance comme « un livre précieux », mais 
il ne l'a guère mieux compris que l'abbé Goujet. Tandis que ce dernier insiste sur le 
désordre du recueil, Viollet le Duc, au contraire, attachant une importance exagérée 
à l'allégorie très lâche qui relie entre eux les différents morceaux de cette antho¬ 
logie, estime que dans le Jardin de Plaisance tout se tient admirablement, et que 
le désordre, si désordre il y a, n'est qu'apparent. Le Jardin de Plaisance , juge- 
t-il, « est un lieu d'étude, une académie de beau langage et de belles manières ; qui 
le quitte tombe dans le purgatoire du doute et entre dans la forêt de tristesse... 1 » 

Dans son livre sur François Villon sa vie et ses œuvres *, Antoine Campaux 
intitule un de ses chapitres : Ecole de Villon, Ballades et rondeaux tirés du Jardin 
de Plaisance. Campaux marchait sur les traces de Lenglet Dufresnoy 3 . Ce savant 
avait tiré du Jardin de Plaisance 45 rondeaux et ballades qu’il attribuait à Villon. 
« Si, disait-il, l'on me permet de donner icy ma conjecture, je croirais volontiers 
que ce recueil vient de Villon luy-même. » Campaux ne va tout de même pas aussi 
loin. Il se borne à extraire du Jardin de Plaisance et à soumettre « aux juges com- 
pétens » un choix de ballades et de rondeaux « qui, dit-il, nous ont paru porter plus 
particulièrement la marque de Villon et de ses élèves ». Il donne quelques ren¬ 
seignements sur le Jardin de Plaisance et il estime, comme Goujet, qu’il y a un grand 
désordre à la fin de cet ouvrage. L’auteur en serait, non pas Villon, mais le léga¬ 
taire de Villon, Jean de Calais. 

En 1885, l’un de nous a énuméré et analysé plusieurs petits poèmes du Jardin 
de Plaisance, écrits pour glorifier le sexe féminin 4 . 

Dans sa thèse latine De Artibus rhetoricae rhythmicae, M. Ernest Langlois a con¬ 
sacré un chapitre à Y Instructif de la seconde rhétorique et a résumé les dix chapi¬ 
tres de ce traité. 

Dans le t. IV du Catalogue des livres composant la Bibliothèque de feu M. le baron 
James de Rothschild, M. Picot a minutieusement décrit l’édition de Lyon du 
Jardin de Plaisance imprimée, vers 1525, chez Olivier Amoullet, et a passé en revue 
les principales pièces de ce recueil. Pour M. Picot, le compilateur du Jardin de 
Plaisance était « un de ces manœuvres qu'Antoine Vérard employait à remanier, 
à mutiler et surtout à démarquer les ouvrages des autres ». 


x. Catalogue des livres composant la bibliothèque de M. Viollet-le-Duc, p. 89. 

2. Paris, 1859, p. 327. 

3. Voir Arsenal, manuscrit 2948 (anc. 106) : Préface et notes pour une édition des poésies 
de François Villon. 

4. Piaget, Martin Le Franc, prévôt de Lausanne, Lausanne, 1888, p. 11. 


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— II 


Par deux fois, Émile Faguet a traité le Jardin de Plaisance de compilation 
« extrêmement précieuse ». Il a tenté de montrer en quelques mots l’intérêt de 
cette anthologie « des poètes petits et grands du xv® siècle » 1 . 

Quant à Petit de Julleville, il estimait fort justement qu’aucun ouvrage ne 
nous renseigne mieux que ce Jardin « sur les bizarres embarras de la versifica¬ 
tion française à la veille de la Renaissance ». Parlant d’Octovien de Saint-Gelais, 
fort admiré à la fin du xv® siècle, Petit de Julleville, mal renseigné, déclarait que 
ce rimeur était « perpétuellement cité comme un maître par l’auteur du Jardin 
de Plaisance » ‘ 

Dans la Bibliographie des Recueils collectifs de poésies du XVI « siècle 3 , M. Fré¬ 
déric Lachèvre adopte pleinement la thèse de M. Picot. Pour lui, le compilateur 
du Jardin de Plaisance serait « un nommé Jourdain dit l’Infortuné ». On trouve 
dans cet ouvrage une description des éditions du Jardin et l’énumération des 
pièces qu’elles contiennent. 


1. Histoire de la littérature française depuis les origines jusqu'à la fin du XVI• siècle, Paris, 
1900, p. 206. 

2. Histoire de la langue et de la littérature française des origines à lyoo, Paris, 1901, t. II, 
p. 391-2. 

3. Pans. 1922, p. 3. 


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LES ÉDITIONS 


Le Jardin de Plaisance a joui d'une grande vogue pendant la première moitié 
du xvi® siècle. Nous en connaissons huit éditions : 

1. Paris , Vérard , [1501]. 

Le Jardin de plaisance || Et fleur de Rethoricque nouvellement Imprime || a 
paris. || 

Colophon : <£ Cy finist la table de ce présent livre || intitule Le jardin de plai¬ 
sance et fleur || de rethoricque, compose et Imprime || nouvellement a paris. Et 
le trouvera || on a vendre au palais au premier pii = || lier devant la chappelle 
ou len chante || la messe de messeigneurs les presidens || Ou au carrefour saint 
severin a lyma || ge saint jehan levangeliste. Il 

In-fol. 260 ffc. (avec des erreurs 1 ), 8 fine. ; car. goth. ; 2 col. de 49 11. ; 
signât. a-z # , z % t aa-ss 6 , tt 8 , i-viij ; init. grav. ; gravures. 

DESCRIPTIONS ! 

Hain, Reperlorium , n° 9366. 

Brunet, Manuel du libraire , t. III, col. 506. 

Macfarlane, Antoine Vérard , n° 141. 

Lachèvre, Bibliographie des recueils collectifs de poésie du XV 7® siècle , p. 3-7. 

Exemplaires connus : 

Paris, Bibl. nat.. Rés. Ye 168 et 169. 

Copenhague, Bibl. royale, ex. sur vélin. 

Dresde, Landesbibliothek, 2 Lit. Gall. A. 101. 

2. Paris , Vérard , [1504]. 

Le Jardin de plaisance I! Et fleur de Rethoricque nouvellement Imprime a 
paris. || 


1. Ces erreurs nombreuses sont relevées ci-dessus, p. 8. 


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€<ftatfcJW$owq»enoaiidfe»»rt $mpùttia parié; 


C ESTA J/JAV/U^ 
• /W 



Titre de la seconde édition. 


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— 14 — 




2<uft piofecfeut 'Boufott trrfmaf 
Çnanime 

lüoy.fouuttain bominattat (tnt ? 
fin 

... J3k qui te 53o y fi noôfc ei) fa (tnt 
e/lre 

G* 6 oi) ft bonne be feno pnfïfanime 

•TEjaQMnt ptatencemorç'Soiïfott réanime 
&tti pour/émit ne 8emante auto mmfht 

Gftrntt pottdtut 


jg>c inbtÿne fuie comme tef me 8<fpiime 
Bt toy fctutr.-Suriffto ce cao remettre 
£>ur c8ari(e:puio me 6 fauftee parmrtttt, 
jûue toi) 0oi) fe ne autrement fee eppiimr, 

CE^auftpiotectmr. 

piefene ffcic operf fi fgratiantnp > 
matioafmi. 


£a gtace bte fait tfpiit foit pufSt a ttfag 


mmt 


Fol. aij de la seconde édition. 


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— 15 — 


Colophon : Cy finist la table de ce présent livre || intitule Le jardin de plai¬ 
sance et fleur || de rethoricque, compose et Imprime || nouvellement a paris Et 
le trouvera || on a vendre au palais au premier pii = || lier devant la chappelle ou 
len chante II la messe de messeigneurs les presidens || Ou devât la rue neufvc 
nostre dame || a lymage saint jehan levangeliste. Il 

In-fol. 268 ffc. ; car. goth. ; 2 col. de 49 11. ; signât, a-z*, z 8 , aa-ss*, tt-vv 8 ; init. 
grav. et gravures. 

DESCRIPTIONS : 

Macfarlane, n° 165. 

H. Thomas, Short-titU Catalogue 0/ Books prinled in France... p. 239. 

EXEMPLAIRE CONNU : 

Londres, Mus. brit. C. 6. b. 8 (incomplet). 


3. Paris, 1505, 29 octobre. 

Le Jardin de plaisance II et fleur de rhétorique. || 

Colophon : Imprime a paris le .xxix. Jour du || moys doctobre. Mil cinq cens 
et cinq. || 

In-fol. 200 ffnc. ; car. goth. ; 2 col. de 58 11 . ; signât. a-z # , z 8 , aa-hh 8 , ii 8 ; init. 
gravées ; gravures. 

descriptions : 

Brunet, t. III, col. 507. 

Cal. A. Firmin-Didot, juin 1878, n° 155. 

Lachèvre, p. 7-9. 

exemplaire connu : 

Paris, BibL nat., Rcs. Ye 83 (titre refait à la main). 


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— i6 — 




piofe cfeut îouflrfr ttefmai 
[nomme 

loyjfowtnaî bominateutferre rfttt 
31c qui te ‘Boj’ftnofiCe erj f a terrcefire 
£e bo») te bonne be fene pufifatume 
(fâa grant pmbençe mat) ‘Soufott tpan\mt 
£Jui pour ferufr rtf bemanbe auttt rnàiflxt 
, CjtffcuftPioîertcur 

£> c wbiftne fuie comme tef me befpdnfe 
^et 9 }> femits^ueiffee ce cae remettre 


g)ut cffarfonptrfe met fouftee potmeefre 
£Jue tôt) Boi) fene autrement fire epptime 

Protecteur 

dlûiqene puie open fi graf f<* 
neupmatleafmi. 

fia «rare bu fait efpitt fou piefft a cefhty oeumt 
SftimcevetÇocicafe 
■ ' ■fflngpieamBufefirofuft 
et evo& eg foime eq uafe 
âeiot) ce pjojtoe fentrefuit 


Fol. a ij de la troisième édition. 


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— 17 — 


<L tfoMMiftif foij tof^etA ta 

cfionbrffc ei)fa malt). 

trafic paeeicfe'Benteqmaii) 

Se m rrcpofn foie (i malt) 
jÇefaeofit 5 mop be ce fl eu 
£a crôe t fjanbtfTe rrçma mafij. 

Cae.fi itîie lufqua brmain 
pueifq uoq me poire afoftef bien 
4L 3 |mcc fc« pouree'dneii mourir. 

G* ccnbie n bien moi; ef périt 
e^frfiot quiffe wo bonne 
Pont filopbrc (t frcourte 
êtofftp que famé acquérir 
putfl fc parboi) qui y eft bonne 
C Su foimenr qfft offre tr> moarane. 
ftfae mee eÇeueutpme (kriffettt 
39 autre pr mte peurp» mcfefopffmt 
£a Source rfoftrrnrjme fett* 
cf)ee be ne rfiqœnt rt fe fmfljfenr 
J&tefyoae mte mêBiee befgflmffrnt 
St ne bemanbent que fa tem. 
CComrnmt t(requiert abte«l 
qnifîoifr auec fa borne, 
t? mafljniuujp beffoaune 
éq wwrfuj pif ca brfWne. 

<Ba»« if ne rljoififl pae qui emprantr. 

3m moine pôle que fuie conbamme. 
tCoobien fapqnif foitoibonnc 
fine tr'üoii toute fa beffunrte. 

C Co mment if mcÇatqe qnet) 
enienbea fup 

£ar mee garbee me faute fente 
tDKiefcne fa befoins^mte 

fia mon pont me picnb» boitante 

entende) a me fn 6 uemc 
Coutmoqcueur ta ttemdfe^fteffaufr 
C Comment if crie pot manier* 
bebefefpotr 

ponrquop bee que le fiij ne 
Uemouru} be» foie p fine 

fiurfloU if 6 efoinq q uc ientrafle 
6 qcc monde be foitune 
pour F rReealnfl bue mette 

faeainftfuft eaemharp famoffk 
C. Comme if parfe a bleu 
CBaierfttfboncbffierre 
Qu**) arriéré neÿauane prap 
Canguirap le me e et) tfmop 
fîapic pae affej mbute 

ft»qbteumaet«b«fempare 

12 * te fouuiêrif pfu« be mop 

C Comment tPdirnt aup fanOfof» 

Stubepatticmoijcuenrftmpire - 

«ke o« ne font que aolflrep frupre 
6 t fem 0 fequoq » foige c/oj. 
fE**nnfcft brffb.it riteacire 
*Couiemac9ateftfVbe|frf^ , 

Digitized by VjÇJj )Sl.Ç 


r° de 


Poatgeffet rte bet/rfr re fangfotj 

C. Comment if requiert qaoçfty fianbr 
fee pcufju rtffqqmf neîopi fa mote 
43a otbe^mop Beau ftrebiett. 

^ paffet ce pae merueifftup. 

CD**np« f)eft fa moit fi me point 
Je fa fcnrôrnfe be ton» fteup» 
pour bien quotjme 0 anbe fee peuQp, 

Sfffùj que le ne faSopepofnt 

CI Comment itayme mien tp quoi) 
ttfnee (ont Utf mourir que be ‘dots 
famoit 

Je ne hpourroteenbum: 

3tine9ueif quorçme face ouuter 
muant que bfSoir fa piefenrc 
Car afa'dcri.e becfairec 
effrme frroil brfirfperer 
et monnr $oi» be ma cr tante 
4L Co mment if crie mercp e 
bien et a fee amie et totr bit a 
bien 

Came» ampequlrffecp 

2Seauroup be paine et be fonfep 
Porte a? bonne bout me brfpfaf ft 
lemei)^ope pfue ne fera» c». 

2 fbleu ieSoae crie nu te y 
parbottnq mop fe if-don* 9 ta\ft 
C Comment U Baife ta eroip 
etSeufi quet) mourant tôt) tuf 
«ammtotnefe norçbe fa bai 

ÇA eefteetoip quoqfii «rapproche. 

5 )arrf 3 ta toutioingaant ma 6ouc6t 
mwpitn aye pi fie be motjame 

£omm } mop.quror)meeecouc 0 c 

etqaonme ramrntoiue (j touche 
^aneceffcrfcnoiqbe ma borne 

C Comment rf meurt et bk fon 
tomanne 

3jmonrir8iief fuie conbamme 

jtfefimoi) iouraffigne 
£<te tefue.crebo lq beutij. 
partir fauftifefioibonne 

Jqmanuetuae bomme 
Commrnbo fpirtturq metoq 

C Comment if renb famé 

2 i ce coup frfperit renbia» 

12 e ponit pfue auont paffera», 
Cflï'CTboieftncrmoi)trrmc. 

Je men*0oi6 pfue ,c nt*Bfurap 
31 bicu.Hamafe neîoueSerra» 

Jcîoue retommanbe moname 


C Jmptlmeaparfefe.»r>i» loue bu 
^ '"«oto.m'inq cme rt ctîq! 

uriginal from 

la troisième éditWW'VERSITY OF CALIFORNIA 



— 18 — 


4. Paris, Michel Le Noir, [1506-1520]. 

Le Jardin || de plaisan || ce Et fleur de rethoricque || 

Colophon : C. Cy finist le jardin de plaisance Impri || me nouvellement a Paris 



<£ 3ardui 

oc plaifan 


ce (Et fleur oe rctboucque 


Titre de la quatrième édition, 


par Michel || lenoir libraire iure en luniversite de paris || demourât en la rue sainct 
Jacqs a lêsei = || gne de la rose blanche couronnée. || 

In-fol. 218 fine. ; car. goth. ; 2 col. 48 11 . ; signât. a-z*, z *, A-H*, 1 *. K-L*, M 4 , 
N* ; init. gravées ; gravures, marque d'imprimeur (Silvestre, n° 59). 


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DIM «et 8(6 me fuutt fente 
Car ie fene ia betoing Senir 
Ifwow pourmepmi5;cbafTauft 
cJttf cn8r3 a me fuôuettfc 
^out moi) meut ta ttemBle et trejjautt 
GComment iCctie pat maniéré 
bebefefpoit 

pontquopbeequeiefane 

vie montu 3 bee tore (t fine 

StuifioititBefoingqueientraffe 
Gif ce monte be fortune 
pour p efhe ain fi but mene 
fine atnfifuft car mieutptamaffe 
G£ommentitparle a bieu 

<0 aie il eftbonc èr Kficr e 
Siuetj arriéré net; avant piaf 
fiauçuivap ie met en efmop 
fàapttpaeafftjenSure 
4&oi} bien waotubefampate 
Vletefouuientitptut 6e mop 

CCo mment iraient aup fîÿtot} 
Su bepartir mot) meut fempir e 
<€>*• oftj ne font que croiftre^ Brupte 
OitftmBte ûuoqpfojgecfoj 
ie« nerfj fe beffont tire a tire 
bute ma (fait fifebeflire 
pour gcfter teeberntere fangtot 5 
CCêmetif if requiert quflfup Bide 
teepeutp affit) quitne Sopefa mojf 
fia oioej mop Beau fire bieu 
Hpaffem pae metueiffeup 
Retape etjefk ta mort fi.me point 
3e ta fene Senir be t oue fieu p 
pour bieu quoi; me Bente feepeufjp 
Sffinque ie ne ta Sopc point 

tiCommentitapme mteutp quoi) 
te face tout Sif mourir 3 be Soit fa mo;t 
3e ne fa pouttoie enta tet - 

Sine Surif quoi; mefaceouutet 
Huant que be Seoir fa prefence 
Cat a fa Serite berfairer 
tSffemeferoft befefperrer 
Gt mourir Qoie be ma creance 
G.£ommentit«temetcpabieuxa 

fee amie ç feur bit a bicu 

£ameeampequiefitecp 

beaucoup bc paine <i befoutcp 

t>oue ap bonne boni me be (pin ift 




Jl 11111/ 

S bieu ie Sôué ctie mêrcp 
par8onne; mop fe il Soue ptaifk 
CiDommetitif Baife tacroipet 
Seuft quei; mourant foi; fup ra 
mentoiuefe nom be fa borne. 
a cefïe croire quoi; fa mapproucÇe 
erre? fa fout toignant ma Bouc fie 
<©o t) bieu ape pitié be moi; orne 
£ouure5 mop.que 01 ; me recourir 
(ÿt quoi; me tamentotueptoucte 
j$aitecffeetfenon;bemabame 
fi£f£ôment it meurt çbit (dit) man 9 
H mourir Brie f fuie contamne 
Jcpeftmbt) iour afjtgne 
fiae ie(ue\creto itj ùcanf 
partir fautt itefi orSonne 
3t)manuetuaebomine 
&ommtn8o (pititun) meum . 

C Comment ifrcnS faine, 

S ce coup tefperit rentrap 
llie point plue auant pafferap 
far iepboie ffnet moi; terme 
ijemei; Soie pfue ie neSiurap 
H bieu iamaie ne SoueSerrap 
JeSouereeommanSe moi; ame 

C£cpifap0e 

pour rdfumer fee maufp bu m38e amer 
piteufement par Sng grief bueif borner 
Cp g»ft fe corpe be tamant nompareif 
ftinoç boit fur foue f 3t e 1 ; ferre q uc mer 
pfain8re:pfom :fourr (t eftimet 
£ac onequee boeitneiyfut Seu fe pareil 
j£coit bee preup tepetfant appareil 
feeeSeiÏÏanegenefepatroi;^ epcmpfe 
©e fopauff e fe.trefo; forge p ampfe 
fee eie^b^onneurlbamo’ (t bequife 
îflafuteauoif e»; fup foi; b;oft quictc 
<©aiegriefur moitrj toute cQofeamorte 
fia mort au cueur fane fauoir mérite 
'cEant ut fi fort quifeftpout Serite 
Hidme fouftre bamoure po : amo* moite 

CCp faift le (avBit) be ptaifance 3mprl 
menouueïïement a Parie par <©ie0cf 


te noir ((Braire iure ci; tuniuerfite be pari? 
bemouraf ci; famé fafnct J acc\e a ItfeU 
gne be ta tofe Blanc fe couronnée. 


Fol. Nvj de la quatrième édition. 


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DESCRIPTIONS : 

Brunet, t. III, col. 507. 

Lachèvre, p. 9. 

H. Thomas, Short-tille Catalogue..., p. 239. 

EXEMPLAIRES CONNUS : 

Paris, Bibl. nat., Rés. Ye 786. 

Aix, bibl. Méjanes, n° 24710. 

Londres, Mus. brit., C. 57. i.4. 

4 bis. Même édition que la précédente mais portant au colophon : par Michel 
Lenoir pour Jehan Petit. (Voir Brunet t. III, col. 507 et Cat. A. Firmin-Didol , juin 
1878, n° 156.) 

5. Lyon , Martin Boullon par Olivier Arnollet [1525]. 

5 (en noir) Ensuyt le Jardin de (en rouge) || plaisance z fleur de re =-- (en noir) || 
thoricque contenant (en rouge) || plusieurs beaulx livres, comme le dônet de no¬ 
blesse baille (en noir) || au roy Charles. VIII. Le chief de ioyeusete, avec plusieurs 
(en rouge) || aultres en grant nombre, comme vous pourres veoir par (en noir) || 
la table de ce présent livre. Imprime nouvellemèt a Lyon, (en rouge) 

<1 On les vend a Lyon en la rue || merciere près de sainct Anthoyne || cheux 
(en rouge) Martin Boullon. (en noir) 

Colophon : Cy finist la table de ce pre || sent livre Intitule le Jardin || de plai¬ 
sance, z fleur de Retho = || ricq. Imprime nouvellement || a Lyon par Olivier 
arnollet. || 

In-fol. 199 fïc., 3 fine. ; car. goth. ; 2 col. de 45 11. ; signât, a-z 8 , z 8 , o 10 ; init. 
gravées, gravures, marque de Martin Boullion (Silvestre, n° 206). 

descriptions : 

Brunet, t. III, col. 507. 

Cat. A. Firmin Didot , juin 1878, n° 157. 

Picot, Cat. de la bibliothèque du baron J. de Rothschild , t. IV, p. 104, art. 2799. 

Baudrier, Bibliogr. lyonnaise , t. III (1897), pp. 61-62, avec fac-similé de la 
marque. 

Davies, Cat. Fair/ax Murray , t. I, n° 292, avec fac-sim. du titre et de la 
marque. 

Lachèvre, p. il, art. C. 

exemplaires connus : 

Paris, Bibl. J. de Rothschild, n° 2799. 

— Bibl. P. Champion (exempl. P. Paris). 

Arras BL. 1683, détruit par le bombardement allemand du 5 juillet 1915. 

Chantilly IV. G. 5. (Cat. Delisle, 1006). 

Lyon, Acad. 134. 12709. 

Tours A. F., BL 2043/2224. 

5 bis. L'exemplaire de la Bibl. de l’Arsenal, coté BL. 6378, a la mention... 
Martin Boullon... (en rouge) 


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(Enfiiyt le jardin ce 
plai lance-t fleur oe re* 
tbotfcque contenant 

pluifeurs beautorliurea/coimne le bonet De no b relie baille 
au rop Æba ries. \m).#e (bief fr lopeuiere/auec piulïeurs 
auliresengranlnombie/rommeDouspourresbeoirpar 
la table ïe te piefent liure.jmpmue nomiellentrta £jm 





Madame 


m 


m 

Wh 


C £>uleô^etiôa^oneuIarue 
merrierepiea fc famrt 8nt\)oyw 
ebcujc Martin 25cuBctk 


4- - • 








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Titre de la cinquièroé édition (j itr). 


7 '. 


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4 


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v 


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— 22 


5 ter. Même tirage que le premier, mais portant au titre contenant || plui- 
seurs... Paris, Bibl. nat., Rés. Ye 787. 

Les éditions suivantes sont moins complètes ; bon nombre de rondeaux et 
de ballades sont supprimés. Aucune idée ne semble avoir guidé les éditeurs si ce 
n'est de réduire les dimensions du livre. 

Voici la liste des modifications apportées par Boullon et Amoullet : l'ordre des 
ballades du début est changé : 

1. Ma doulce amour, ma joyc souveraine 

2. Ma doulce dame en qui j’ay ma plaisance 


fable. 

ctt Dame par eipitit ettpiofe C&cacicrgea Dm cercneil/De (enferrai 

Atefllef. djrjtit'j. ge De loffrcnDe/Dcs pouurco/De la Dottf 

qtarômenfauiarDfnDeplafêmremal nee/tDeiafonnerie.fueillet rjeebiji 
leboucbeciwirelecbenaliecDHDifiarOiti <E2>e!afepidfwre/efcomment flbeult 
Dont (a Dame en meurt De courron je ettre enterre en la foffe De fa Dame/et Ou 
Oeillet. rljtjriiiji. Difner/Ducry/Delatombe/Delapourtrat 

f££romment la Dame le complamt en rture/Delwifapbe/efDepUifteuw fictif 

requerantlamoitetrôméfeUemourut pteauljr.^rweillet • (6 

^uetllef. djrjrbj. €E£>*la fonDadon/efDelozayfon quil 

t£jtCOmenf le rpeualier elt ouïtre pour toict a Dieu/et commet il beult auoir Ton 
lamourDefaDameqmeÛallee De Die a Dernier forcement. 
frefpae.j?ne«let djrjdjr. tfueiUef. (6 

fLapzeo fenfnyucnf Ducbeualier et De CCommenf il remercie nature De U 
(on efcuyer furie trefpao De fa Dame a; nourriturequeUeafaicteafoncoipo. 
uecqueole Débat Du cueur et Du rotpo Du ^fuefllet. cjrcniii. 

Dit cbeualf er.tfueillet. djcjrjrijc. tbCfemmlf il Dcfcbarge la Dame De fa 

CïacôfeffionDiifentifeur Deuftie Da; moit/et DeffenDatous(eo membieo De 
mouroet pienttout les feptpape? par nelnyrienoDemanDer. 
oïDieauecqueoleodnqcenoDenature. tfueillct (6 

/tfutillet. - tjcdj, tTiTomraenf fl baife la rcofjr/et beult 

Cî>e la Difpofition Deceobiéo/efcom; queen mourant on luy ramentoiue le 
met il beult quil $ forent renOuoaujc \)V nom De fa Dame/et comment fl meurt et 
rftiers De la treipauee Dit fon in manuo/comment fl renD lame 

[et cjrcbf. rStDefonepitapbc 

imrnenf il beulfquiïfoit ouuert/4 ^uefllef. 
jette DcI;oi6Oc foncozps le mot; 
la mozt aura touc&e/et comme 
tuely au.ppzeDzap ou 



fjrrfjc. 


ic cft trcfpaffee/i auffi que on luy 
crût* Dune cornette Debeloureq 


fa Dame luy Donna 




CiTy finifl la table De ce pie 
fent Uure jntitule le JarOin 
De p(aifoncc/i fleur De ttetbo; 
ric^. Jmpzime nouucllcment 
a Xyon par £>liuier arnollet. 


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— 23 


3- Ung cueur transy surprins du dart d'Amours 

4. Mon doulx amy j'ay veu vostre requeste 

5. Pour advenir a mon attaincte 

6. Ma bouche rit et ma pcnsce pleure. 

La troisième ballade dont le refrain est : 

En elle gist ma vie et mon trespas, 

a été introduite dans le Jardin de Plaisance par les éditeurs lyonnais. 


Cnfuft le 3fart>to 

îjeplfufâceetaeur 

ÉicïUîbcwiccô* 

tcuantplufieursbeauljtlmreBcommcle Oôttct 
DenobleOcbatUeau rop Cljarlcs.bui.JLt (bief 
be fopcufe te/antt plucteurs autres en gcaittnC* 
btt/rommebo^ poutres beoirparlatablebece 
pjcfcnt Uurt.Jmpjtmt nouueutmft rlbif. 




CÆJnlesbenDnpattSenïarticnrufucno: 

Orebame^lenCcifinebelefcube/rance 

Titre de la sixième édition. 


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— 24 — 


Voici la liste des pièces qui manquent : n 08 32, 33, 175, 178, 179, 198, 242, 250, 251, 

305. 318. 319 . 323 . 338 . 340 . 34 i. 354 . 372 . 382. 387. 388. 389. 393 . 396 . 397 . 402, 4 ° 3 . 

405, 406, 412, 413, 414, 418, 442, 449, 450, 451, 452, 461, 462, 472, 476, 478, 479, 488, 

494 . 499 . 502, 544 . 549 . 556 , 557 . 558 . 561, 568. 575, 578, 579, 580, 581. 590, 591, 592, 

602, 604, 656. 

6. Paris, veuve Trepperel et Jean Jehannot, [1525]. 

S (en noir) Ensuit le Jardin (en rouge) || de plaisâce et fleur (en noir) || de 
Rethorique cô = (en rouge) || tenant plusieurs beaulx livres, comme le dônet (en 
noir) || de noblesse baille au roy Charles. VIII. Le chief (en rouge) || de joyeusete, 
avec plusieurs autres en grant nô = (en noir) || bre, comme vo® pourres veoir par la 
table de ce (en rouge) || présent livre. Imprime nouvellement (en noir) XLVII (en 
rouge) On les vend a Paris en la rue neufve no = || stre dame A lenseigne de 
lescu de France. || (en rouge) 

Colophon : Cy finistla table de ce || présent livre Intitule le Jardin de plaisâce, 
z fleur || de Rethoricque. Imprime nouvellement a Paris, || Par la veufve de feu 
Jehan trepperel. Et Jehan || jehannot Imprimeur z libraire iure en luniversitc || de 
Paris Demourant en la rue neufve nostre dame || a lenseigne de lescu de France. || 


cCpfmittla table Dm 

p;efent iiure intitule le 3JarDtn De piatface/^ fleur 
De îaetl)02lcque.3ImpnmenûuueUementajgansî/ 
JàarlabeufueDefcu 31ct)an trepperel. Ct ytÿan 
iefjatmotjmpnmeur flibjairciure enluntuerttt* 
DejDacis a>emouraiUmla rue neufue nottre Dame 
alenfetgneDele&u 



In-4, 224 ffc., 2 ffnc. ; car. goth. ; 2 col. de 39-40 11. ; signât. a 8 , b-e 4 , f 8 , g-k 4 , l 8 , 
ra-p\ q 8 , r-u\ x 8 , y-z\ z-o 4 , A 8 , B-E 4 , F 8 , G-K 4 . L 8 , M-P 4 , Q 8 , R-V 4 . X 6 . Y 4 ; 
initiales gravées ; gravures. 

DESCRIPTIONS I 

Cat. du baron J. Pichon , 1869, n° 456. 

Brunet, t. III, col. 507. 

Lachèvre, p. 9. 

H. Thomas, Short-titU Catalogue .. , p. 239. 

EXEMPLAIRES CONNUS : 

Paris, Bibl. nat., Rés. Ye 812. 

Londres. Mus. brit., 242. 1 . 7 (incomplet). 


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— 25 — 


Voici la liste des pièces de l'édition Vérard qui manquent dans celle-ci : 30, 31, 32, 38. 
39, 40-47 y compris, 71, 72, 75, ioi, 117, 130, 131-134 y compris, 148, 149, 163, 175, 176, 
178, 179, 191-195 y compris, 197-223 y compris, 227, 232, 236, 237, 238, 240, 242, 246, 

248, 250, 251, 253-418 y compris, 424, 425, 428, 431, 432, 434, 435. 442, 444, 449, 450, 

451, 452, 455, 461, 462, 466, 469, 471, 472, 476. 477. 478, 479, 488, 492, 493, 494, 499. 

502, 520, 521, 522, 529-594 y compris, 597, 600, 601, 602, 607, 624, 625, 626, 629, 630, 

633. 634, 646, 647, 648, 651, 652, 656. 

7. Paris, veuve Trepperel et Jean Jehannot [1515]. 1 

S (en noir) Ensuit le Jardin (en rouge) || de plaisâce et fleur (en noir) || 
de Rethorique con (en rouge) || tenant plusieurs beaulx livres, comme le dônet 
(en noir) || de noblesse baille au roy Charles. VIII. Le chief (en rouge) || de 
joyeusete, avec plusieurs autres en grant nô (en noir) || bre, comme vo® pourres 
veoir par la table de ce (en rouge) || présent livre. Imprime nouvellement a 
Paris, (en noir) || 

CE On les vend a Paris en la rue neufve no == || stre dame a lenseigne de 
lescu de France. || (en rouge) 

Colophon : comme celui de l’éd. précédente mais... a Paris. || ... de Paris. 
Demourant... da = || me. 

Mêmes numérotation et signature que pour la précédente édition. 

description : 

H. Thomas, Short-title Catalogue..., p. 239. 

EXEMPLAIRE CONNU ! 

Londres, Mus. brit., 87. b. 18 (1). 

8. Paris, Philippe Le Noir, 1527, 8 juin. 

Sensuit le jardin de plaisance et fleur de rethorique contenant plusieurs beaulx 
livres : comme le donnet de noblesse, le chief de joyeusete : avec plusieurs Rôdeaulx 
et Balades en grât nôbre corne vous pourrez veoir par la table de ce présent livre. 
Imprime nouvellement LUI. 

Colophon : Cy finist... Nouvellement imprime a Paris par Philippe le Noir libraire 
et relieur... Lan mil cinq centz. XXVII. le .VIII. jour du moys de Juing. 

In-4, 226 ffc. jusqu’à 223 ; car. goth. ; 2 col. 

DESCRIPTIONS : 

Brunet, t. III, col. 507. 

Lachèvre, p. n. 


1. Nous devons tous les renseignements concernant cette seconde édition Trepperel à la 
grande obligeance de M. H. Thomas que nous remercions sincèrement. 


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— 26 — 



mît 



tplatKtcet licite 

_ cïUtltoitquccon 

tenant plufteurs beaule bures/ comme le Dônet 
be noblefle baille au r op COarles.biib île cftief 
De topenCete/anec pluCteurs antres en grant n5 
b in eonirnebo* poutres beoir par la fable De ce 
partent linre^mpnme nouuellement aPartS* 



C€>n les bmb a £ an s en la rue neufue n o* 
ttccDame alenfcigne De lefcuDe 5Ftanee* ^ 

*J Ml 1 


Titre de la septième édition. 


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IV 


LES CARACTÈRES D'IMPRESSION 


Dans sa description du lardin de Plaisance, Macfariane a cherché à identifier 
les caractères employés par l’imprimeur de Vérard 1 ; son étude est sommaire et nous 
pouvons y ajouter quelques détails. 

L’initiale du titre se rapproche beaucoup de celle reproduite par Macfariane 
en appendice sous le numéro 4. Cette lettre orne déjà la Légende dorée imprimée 
par Jean Du Pré et datée du 10 mars 1493. On la retrouve sur le premier feuillet 
d’un grand nombre d'ouvrages imprimés pour Vérard : 

L’orloge de sapience, 1493, reproduite dans le Catalogue de la bibliothèque Fair- 
fax Murray, p. 766. 

Lancelot du Lac, 1494, Bibl. nat.. Réserve, vélin 614-16, reproduite par Claudin *. 

Le traicté d'amours intilullé Pamphille, 1494, Bibl. nat., Rés. gYc 590. 

Bible des poetes (1494), Bibl. nat., Rés. gYc 426. 

Vie des peres, 1496, Bibl. nat., Rés., vélin 688. 

Le livre intitulé l’art de bien vivre et de bien mourir, 1496, Bibl. nat., Rés. D 857. 

Les vigiües des morts (1497), Bibl. nat.. Rés., vélin 2237. 

Merlin, 1498, Bibl. nat.. Rés. Ye 25-27. 

Le premier volume de la bible historiée, Bibl. nat.. Rés., vélin 10. 

La fontaine de toutes sciences du philozophe Sydrach, Bibl. nat., Rés., vélin 489. 

Les signes precedens le grant jugement, Bibl. nat.. Rés. D 4722. 

L’appointement des Florentins, Bibl. de Dresde. 

L’homme pécheur, Musée brit., IB. 412 13 (Macfariane n° 115). 

Ces majuscules sont toutes semblables quant au dessin et aux détails, cepen¬ 
dant, par l’usure, certaines altérations se sont produites : le délié supérieur 
s’est racourci, comme dans le lardin de Plaisance ; la boucle inférieure de gauche 
s'est cassée, comme dans le Lancelot ; mais presque partout la lettre est précédée d’un 
trait incurvé qui manque dans notre édition. Le reste de la première ligne du titre 
est gravé sur bois et cherche à imiter l’écriture. C’est un procédé que Vérard affec¬ 
tionnait. 


1. Antoine Vérard, n° 141. 

2. Histoire de l'imprimerie, t. II, p. 463. 


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— 28 — 


La seconde ligne est en mêmes caractères que le rondeau dëdicatoire du fol. aij. 
Ils sont plus grands que ceux du reste du volume et probablement imités de ceux 
employés par Jean Du Pré pour l'impression de la Légende dorée 1 de 1493. Avant 
de les utiliser pour le Jardin , Vérard en.avait fait composer la Bible des poetes 
métamorphosé 2 et certaines parties de Therence en françois 8 . 

Tout le reste du volume est formé de petits caractères dont Macfarlane a repro¬ 
duit un exemple en appendice sous le type 1. Cet alphabet est banal et commun 1 : 
il serait trop long d’énumérer toutes les éditions de Vérard où on le retrouve. Signa¬ 
lons pourtant, à cause de la similitude du sujet, le Vergier d'honneur 5 . 

Les initiales des paragraphes ont été, de l'avis de Claudin, dessinées par Vérard 
lui-même ®. 


1. Bibl. nat.. Rés. H. 330. 

2. Bibl. nat.. Rés. gYc 426. 

3. Bibl. nat.. Rés. gYc 214. 

4. M. Monceaux, dans son livre sur Les Le Rouge de Chablis , attribue l’impression du Jardin 
à Guillaume Le Rouge, t. II, p. 1x4. 

5. Bibl. nat.. Rés. Lb 28. 15 A. 

6. Reproduites par Claudin, Ouv. cit ., t. II, p. 464-5. 


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V 


LES GRAVURES 


L’illustration du Jardin de Plaisance se compose de quatre grandes gravures et 
d’un certain nombre de petites. Toutes, sauf une des grandes, se retrouvent dans 
d’autres publications antérieures de Vérard. Une liste sommaire en a été donnée 
par M. Monceaux dans son ouvrage sur Les Le Rouge de Chablis *. 

Grandes gravures. 

I. La gravure du fol. i, représente l’auteur agenouillé, offrant un livre au roi 
de France assis sur son trône et entouré de six personnages. Macfarlane la donne 
en frontispice (gravure n° io). Elle est reproduite dans l’ouvrage de Monceaux 
et dans celui de Claudin sur l 'Histoire de l’imprimerie en France *. Elle parait pour 
la première fois dans l’édition des Ethiques d’Aristote, traduites en français par 
Nicole Oresme, Paris, pour Antoine Vérard, 1488, 8 septembre (Hain, 1759 ; Mon¬ 
ceaux, t. I, p. 100 ; Macfarlane, 8 ; Pellechet, 1237 ; Catalogue Fairfax Murray, n° 20). 

On la trouve ensuite dans d’autres volumes, par exemple : les Politiques d’Aris¬ 
tote traduites par Nicole Oresme, 1489, 8 août (Hain, 1772 ; Macfarlane, 9 ; Pelle¬ 
chet, 243). Dans le Mystère de la vengeance Nostre Seigneur, 1491, 28 mai (Hain, 
9374 ; Macfarlane, 15), elle présente une particularité curieuse : le titre, composé 
typographiquement, se détache sur la gravure elle-même, barrant au-dessous des 
genoux les jambes du personnage debout à droite du roi. La gravure n’a pas été 
découpée, comme on pourrait le croire, puisque nous la retrouvons intacte dans des 
tirages postérieurs, mais on s’est borné à en masquer une partie par un morceau 
de papier, afin de réserver un espace blanc pour l’impression du titre 

Cette gravure figure encore dans les Paraboles maistre Alain, 1493, 20 mars 
(Hain, 385; Macfarlane, 23; Pellechet, 241), dans Y Arbre des batailles d’Honoré 
Bonnet, 1493, 8 juin (Hain, 3640 ; Macfarlane, 29 ; Pellechet-Polain, 2722) ; 
Lucan, Suetoine et Salluste, 1500, 17 septembre, (Hain, 10245 ; Monceaux, t. II, 
p. 105-11 ; Macfarlane, 62 ; cal. Fairfax Murray, n° 338) ; Galien rhetoré, 1500, 
12 décembre (Hain, 7438 ; Macfarlane, 63 ; Pellechet-Polain, 4980) ; Barthélémy 


1. Paris, 1896, t. Il, p. 114-116. 

2. Tome II, p. 422. 


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— 30 — 


l’Anglais, le Propriétaire en françoys, s. d. (Hain, 1512 ; Macfarlane, 146 ; Pelle- 
chet, 1878) ; Therence en françois, s. d. (Macfarlane, 152). 

Dans tons ces volumes, la gravure est intacte, c’est-à-dire qu’elle mesure 
environ 166 sur 140 mm. Pour un motif inconnu, peut-être une cassure, elle a été 
coupée et ne mesure plus, dans le Jardin de Plaisance, que 154 mm. de haut. C’est 
dans cet état qu’elle se trouve dans les Commentaires de Jules César, s. d., dont le 
fac-similé est dans le Catalogue Pierpont Morgan, t. II, p. 247, et dans le Vergier 
d'honneur (Macfarlane, 280). 

2. La deuxième gravure, qui se trouve au feuillet 21 v°, représente, elle aussi, un 
auteur ou un scribe assis qui remet un livre ouvert à un jeune homme debout. C'est 
la gravure 17 de Macfarlane qui la donne en fac-similé (pl. XXIV). D’autres repro¬ 
ductions se trouvent dans Monceaux, ouv. et/., t. I, p. 161 ; Claudin, ouv. cit., t. II, 
p. 426 et dans le Catalogue Pierpont Morgan, t. II, p. 210. 

Vérard l’a très souvent employée 1 et, pour la première fois, dans ses deux 
éditions de Y Art de bien mourir de 1492, 18 juillet (Monceaux, t. I, p. 161 ; Mac¬ 
farlane, 19 ; Pellechet, 1352) et 28 octobre (Hain, 1151 ; Macfarlane, 18 ; Pellechet, 
1353) ; Josephe en françois 1492, 7 décembre (Macfarlane, 21). 

Chose curieuse, ce bloc passa par la suite en Angleterre. On le trouve en la pos¬ 
session de Lawrence Andrewe de Londres (1527-1530) qui en fit usage notamment 
dans The myrrour and description of the world, s. d. M. Pollard avait déjà remarqué 
la présence à Londres d’anciennes gravures provenant du matériel employé par 
Antoine Vérard *. 

3. La troisième gravure se trouve au fol. 231 v°. Elle représente une dame vêtue 
d’un costume du temps d’Anne de Bretagne. Elle se promène dans un jardin, et la 
Mort la menace de ses flèches. Nous ne l’avons trouvée dans aucune autre impres¬ 
sion antérieure. Vérard l’a employée dans la Chasse et départ d’Amours, 1509,14 avril, 
(Cat. F air fax Murray, t. II, p. 723). 

Il y en a trois répliques différentes : 

I. Le triumphe et exaltation des dames imprimé, à Paris, par Pierre Le Caron, s. d« 
(fac-similé dans Claudin, t. II, p. 91). 

IL Bovon de Hanstone, Paris, Michel Le Noir, s. d. (fac-similé Cat. Fairfax 
Murray, t. I, p. 29). 

III. La Chasse et départ d'Amours, Paris, Veuve Trepperel et Jean Janot, s. d. 
(fac-similé Cat. Fairfax Murray, t. II, p. 724). 


1. L'art et science de rhétorique, 1403. 10 mai : le Traictéd'Amours intitulliPamphille, 1494 ; 
le Jardin de santé, s. d., reproduite dans le Cat. Fairiax Murray, t. I. p. 238. 

2. Some notes on english itiustrated books dans Transactions ot the bibliographical Society, 
t. IV, part. I, 1901, p. 32. 


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— 31 — 


4. La quatrième et dernière des grandes gravures est reproduite à la plan¬ 
che XLII de l’ouvrage de Macfarlane : elle représente un mort, vêtu d’une longue 
robe, étendu sur son tombeau ; il est entouré d’un groupe d’hommes et de 
femmes aux visages attristés. Cette planche parait, elle aussi, presque neuve et ne 

semble avoir été employée que dans le Vergier d'honneur. 

Petites gravures. 

Ce sont pour la plupart les mêmes que celles qui ornent le Thérence en françois, 
publié par Antoine Vérard tout au début du xvi® siècle. Ce volume porte l’adresse 



de la « rue Saint Jacques près petit pont », c’est-à-dire de l’endroit où le libraire 
établit sa boutique après l’écroulement du pont Notre-Dame survenu le 25 octo¬ 
bre 1499. 

Ces gravures interchangeables sont, dans l’illustration du livre parisien, une 
nouveauté dont Vérard n’est d’ailleurs pas l’inventeur. Il a emprunté ce procédé 
à l'imprimeur strasbourgeois, Jean Gruninger, qui l’employa précisément pour une 
édition de Thérence imprimée le I er novembre 1496 (Hain, 15431). Au lieu de 
faire des gravures représentant chacune une scène complète, Gruninger imagina 
de graver des blocs, tous de même hauteur, qu’il était possible de juxtaposer 


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— 32 — 


pour obtenir un nombre presque illimité de combinaisons. Procédé pratique et peu 
coûteux. 

Vérard apprécia certainement ces avantages, et fit faire, pour l'édition de Thé- 
rence, une série de blocs qui ne sont pas une copie, mais une interprétation fran¬ 
çaise des gravures allemandes. L’étude de ces bois serait intéressante pour 
l’histoire du costume à la fin du XV® siècle en Allemagne et en France ; de plus, 
elle ferait voir la différence des procédés de gravures des deux pays et mettrait en 
évidence l'influence exercée dans les ateliers parisiens par des livres de provenance 
étrangère. 



Dans la plupart des blocs à personnages de la suite de Gruninger les noms de 
ceux-ci sont gravés. Vérard. plus avisé, les composa en caractères mobiles et les 
introduisit dans des cartouches. Cette façon de faire lui permit de réduire considé¬ 
rablement le nombre des blocs. Alors que chez Gruninger il atteint 163, chez Vérard 
il n'y en a que 41, soit 22 blocs d’hommes, 9 de femmes, 1 d’enfant, 3 d'arbres, 
1 de touffe d’herbe et 5 de bâtiments. 

C’est du matériel d’illustration établi d’abord pour son édition du Thérence 
que Vérard a fait usage pour la presque totalité des petites gravures du Jardin de 


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— 33 — 


Plaisance. Ordinairement chaque gravure se compose de 4 ou 5 blocs, entourés de 
filets, mais, peut-être pour des raisons de justification typographique, Vérard fit 
scier dans le sens de la hauteur deux de ces blocs par le milieu et il employa chacune 
de ces moitiés comme un bloc séparé. 

Une figure de femme a subi une mutilation qu’il faut indiquer, car elle permet de 
saisir sur le vif un des procédés de Vérard. La gravure du fol. xxxj se compose de 
5 pièces : un arbre, une femme, un château et deux hommes. Or le bloc représen¬ 
tant la femme correspond à celui qui, dans le Thérence, porte occasionnellement 
le nom de Thaïs, « la foie femme». Dans le Jardin de Plaisance, la résille qui coiffait 



Thaïs est transformée en couronne, et la femme prend le nom de Loyaulté. Ainsi 
changée, elle a été employée dans le Vergier d’honneur, éd. s. 1 . n d., Bibl. nat., 
Vélin 2241 et Rés. Lb M 15 A, au fol. m viij r°, où elle figure Philistine 1 . 

Ces gravures eurent assez de vogue, puisqu’on en fit des copies. Nous citerons 
seulement La Fontaine des amoureux, impr. par Jean Janot, s. d. et la Chasse et 
départ d'Amours, Paris, Veuve Trepperel et Jean Janot, s. d. On en trouvera d’au- 


1. Sur une transformation analopue, voir A. Martin, Sur une gravure d'Antoine Vérard, 
dans la Revue des livres anciens, t. I (1012). fasc. 1. 

PLAISANCE 3 


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— 34 — 


très dans Harrisse, Exccrpta Colombiniana, où plusieurs fac-similés sont donnés 
aux pp. xx, xix, 73, 76, 89, 92, et 108; dans le Cat. Fairfax Murray, t. I, p. 5 et 
t. II, p. 632 ; et dans Pollard, Some notes on english illustrated books, p. 36 et 37 
avec fac-similés. 

Pour finir, il nous faut signaler encore une petite gravure qui met en évidence 
le parti que Vérard savait tirer des bois usés. C'est celle du fol. ccxlviii v°. Elle 
apparaît, la première fois, dans l’édition des Cent nouvelles nouvelles, publiées 
par Vérard en 1486, 24 décembre, (Macfarlane, 4 ; Pellechet-Polain, 3473) où elle 
illustre la deuxième nouvelle, un peu abimée, elle orne les onzième, soixantième 
et soixante-treizième nouvelles ; dans la quatre-vingt-troisième, elle est com¬ 
plètement modifiée. Elle reparaît ensuite dans les Paraboles (en français) d'Alain 
de Lille (1493, 20 mars). Deux fac-similés permettront de se rendre compte des 
changements qu’elle a subis. 

L’étude des caractères et des gravures du Jardin de Plaisance nous permet d’af¬ 
firmer que, pour ce volume, qui était destiné au grand public, Vérard n’a fait aucune 
dépense extraordinaire. Presque rien n'y est neuf, ni le matériel d'impression ni 
celui de l’illustration. 




60 e nouvelle. 


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VI 


LA DATE 

Antoine Vérard n’a pas jugé à propos de signer de son nom l’édition du Jardin 
de Plaisance ni de la dater. Mais nous pouvons savoir, à peu près exactement, quand 
ce recueil a vu le jour. 

Un poème du Jardin fournit une date utile. L’auteur anonyme de la Pipée du 
dieu d’Amours raconte qu’il eut un songe le I er mai 1501 : 

L’an mil quatre cens unze avec nonante 
Le premier jour de may tresgracieux... 1 

D’autre part, le libraire parisien informe les amateurs qu’ils peuvent acheter le 
Jardin de Plaisance nouvellement imprimé soit « au Palais au premier pillier devant 
la chappelle ou l’en chante la messe de messeigneurs les presidens », soit « au carre¬ 
four Saint Severin a l’ymage Saint Jehan l’Evangeliste ». 

Or on sait que cette dernière adresse désigne l’officine provisoire de Vérard 
après la chute du pont Notre-Dame. Au mois de septembre 1503, Vérard trans¬ 
porta sa librairie « devant la rue neufve Nostre-Dame ». 

A défaut d’autres documents plus précis, on pourrait donc dire que la publi¬ 
cation du Jardin de Plaisance se place du mois de mai 1501 au mois de septem¬ 
bre 1503. 

Mais il est peut-être possible de préciser davantage. Le Purgatoire d’A mours * 
est un poème daté de 1463. Or cette date a été changée par le compilateur du Jardin 
de Plaisance en « l’an cinq cens et ung » 8 . Ce rajeunissement indique assurément 
que le Jardin de Plaisance a été compilé et sans doute publié en 1501. 


1. Fol. clxxxvij bis. 

2. Fol. clxxxij v°. 

3. Fol. clxxxvi v°. 


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VII 


L'AUTEUR 


Quel est l'auteur de Y Instructif de la seconde rhétorique , compilateur du Jardin 
de Plaisance ? Il s est contenté de se désigner lui-même à plusieurs reprises 1 par le 
surnom de « l'Infortuné ». Que peut bien cacher ce surnom ? Un pauvre diable de 
rimeur que la guigne a poursuivi toute sa vie ? Ou plutôt un amoureux mal payé 
de retour ? 

L'auteur de Y Instructif a mis peu de chose de sa personne dans son exposé de la 
« science rhetoricale ». Cependant, en regardant bien, on finit par découvrir certaines 
particularités. Les exemples comme les préceptes étant composés par l'Infortuné 
lui-même, on voit par la chanson du fol. x v° qu'il passait son temps en deuil et 
tristesse, et, dans le lai du fol. xiij, qu’il était « navré au cœur », à moitié mort, 
larmoyant, gémissant, assailli de courroux et d'ire, « en chartre de tresdur soussi », 
ne sachant que penser ni que dire. Il méritait bien le surnom d’infortuné qu'il se 
donnait ou que scs amis lui donnaient. 

Mais qui était et comment s'appelait ce malchanceux personnage ? Aucun 
document littéraire ou autre n'est venu nous l’apprendre. Les auteurs du xv« siècle 
sont muets. Ceux du xvi e n'en savent pas davantage. Pierre Fabri, curé de Méray, 
qui fut prince des palinods de Rouen, c'est-à-dire un homme bien informé, et qui 
pour composer la seconde partie du Grand et vrai art de la seconde rhétorique (publié 
vers 1521) a mis Y Instructif de la seconde rhétorique en coupe réglée, ignorait lui aussi 
le mot de l’énigme. Il appelle l'Infortuné « acteur élégant », mais il n'en dit rien 
de plus *. 

Le surnom désabusé derrière lequel se cache le compilateur du Jardin de Plaisance 
a intrigué les bibliographes et les historiens de la littérature. 

Au XVII e siècle, un anonyme qui possédait le Jardin de Plaisance de Vérard, et 
qui l'avait lu ou du moins feuilleté, avait écrit la note suivante à la fin de son volume : 


1. Trois fois au fol. ij v° et une fois au fol. x. 

2. Édit. Héron, t. II, p. 6 et 7. 


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— 37 — 


« L'Auteur paroist se nommer Jourdain, au fol. 9 ; ailleurs, fol. 136 et 139, il se 
nomme Jean de Calais » l . Cette note a fait fortune jusqu’à nos jours. Viollet-le- 
Duc en 1843 \ Antoine Campaux en 1859 *, Gustave Brunet en 1865 4 , identi¬ 
fient l’Infortuné avec Jourdain ou avec Jean de Calais. 

L’Infortuné se trouvait ainsi avoir finalement une surabondance de noms et de 
prénoms. On se tira d’embarras non sans ingéniosité. Jean Jourdain, surnommé 
l’Infortuné, natif de Calais, passa pour être le compilateur du Jardin de Plaisance 6 . 
Ce personnage était d’ailleurs parfaitement inconnu, et pour cause. 

Disons tout de suite que la supposition qui fait de Jean de Calais et de l'Infor¬ 
tuné un seul et même personnage, ne repose sur rien de sérieux. Jean de Calais est 
l’auteur d’un petit poème intitulé Les Lamentations, inséré dans le Jardin de Plai¬ 
sance, fol. cxxxvij-cxxxix, à côté de beaucoup d’autres poèmes de Robert de Blois, 
d’Alain Chartier, d’Achille Caulier, de Pierre Michaut, de Michaut Taillevent, de 
Georges Chastelain, etc. Choisir l’un de ces rimeurs et l’identifier, on ne voit pas 
pourquoi, avec l’auteur de l ‘Instructif et le compilateur du Jardin, disons, pour 
être polis, que c’est d’une étrange fantaisie. 

Quant au problème Jourdain, il demande un peu plus d’attention. 

La ballade per dialogum, f. x, ou du moins la fin de cette 1 ballade responsive » qui 
nous a conservé le nom de Jourdain, a été jusqu’ici, croyons-nous, mal interprétée. 
A vrai dire, ces vers ne sont pas d’une clarté parfaite. Cette ballade est un bref 
dialogue entre l’Infortuné et le « grand maistre » Alain Chartier. Constatant la 
déchéance de l’art de rhétorique, voyant que chacun se mêlait d’écrire des vers sans 
connaître le premier mot du métier, l’Infortuné a l’idée d’invoquer « l’ancestre ». 
Il l'informe que « l'on rue à la pelle rhétorique » et que « Boutechouque » est res¬ 
suscité. Voici les vers de l'envoi qui font mention de Jourdain : 

Prince, notez. — Quoi ? — Ce présent libelle. — 

De qui ? De quoi ? — De Jourdain... 

On a compris jusqu’à présent que dans ces vers de qui signifiait : composé par 
qui. C'est-à-dire : « Prince, notez ce présent libelle composé par Jourdain ». Mais 
cette interprétation ne conviendrait pas à de quoy qui suit immédiatement de qui. 
Ces vers veulent dire, si nous savons bien comprendre, que « ce présent libelle », 
c'est-à-dire la ballade elle-même, a été écrit par l'Infortuné au sujet de qui ? et 


1. Catalogue des livres de la Bibliothèque de jeu M. le duc de la Vallière, Paris, 1783, t. II, 
p. 283. 

2. Catalogue des livres composant la bibliothèque de M. Viollet-le-Duc , p. 89. 

3. François Villon , sa vie et ses œuvres , p. 329. 

4. La France littéraire au XV 9 siècle, p. 98. 

5. Voir E. Langlois, De Artibus rhetoricœ rhythmicœ, p. 65-66. 

J *-* r\ r- 



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-38 - 


au sujet de quoi ? au sujet de Jourdain et contre la façon de rimer de Jourdain. 
Si cette interprétation est la bonne, Jourdain ne serait autre que le pitoyable per¬ 
sonnage qui rimait en « beaux termes tous plas », le Boutechouque ressuscité du 
refrain. L’Infortuné et Jourdain, bien loin d’être un seul et même personnage, 
seraient en quelque sorte deux adversaires. L’Infortuné croyait bien faire de signa¬ 
ler, pour le condamner avec indignation, le cas de ce méchant rimeur, indigne de 
science rhétoricale. 

Si l’Infortuné n’est ni Jourdain ni Jean de Calais, qui donc est-il ? A défaut de docu¬ 
ments révélateurs, nous sommes réduits à nous livrer au petit jeu des suppositions. 

Immédiatement à la suite de Y Instructif de la seconde rhétorique, on trouve dans 
le Jardin de Plaisance deux poèmes, la Doléance de Mégère et le Donnet baillé au feu 
roi Charles VIII, qui attirent l’attention à cause, précisément, de la place qu’ils 
occupent. L’abbé Goujet déjà trouvait que ces deux hors-d’œuvre n’étaient pas à leur 
rang 1 . Mais l’explication qu’il donnait de cette particularité n’est guère satisfaisante. 

L’abbé Goujet avait été frappé du désordre qui, estimait-il, régnait dans le 
Jardin de Plaisance, et, pour l’expliquer, il avait imaginé tout un roman : le décès 
prématuré de l'auteur, dont l’œuvre aurait été achevée par un manœuvre de 
peu d’intelligence. Les deux pièces de la Doléance et du Donnet, écrit-il, « ne se 
trouvent placées entre la fin du Traicté de la seconde rhétorique et le commence¬ 
ment du Roman, que parce que le Compilateur malhabile de ce livre les ayant 
trouvées parmi les papiers de l’Auteur, et ne pouvant pas les faire rentrer sous les 
titres des chapitres qui sont certainement de l’Infortuné, les a mises dans cet endroit 
au lieu de les renvoyer hors d’œuvre à la fin de l’ouvrage. » 

Quelles raisons peuvent bien avoir décidé le compilateur du Jardin de Plaisance 
à placer immédiatement à la suite de Y Instructif de la seconde rhétorique, en tête de 
l’anthologie, c’est-à-dire à la meilleure place, la Doléance de Mégère, et le Donnet 
baillé au feu roi Charles VIII, deux poèmes d’occasion qui, en 1501, avaient perdu 
toute actualité et une grande partie de leur intérêt ? 

Les rimeurs du moyen-âge, en particulier ceux de la fin du xv e siècle et ceux du 
commencement du xvi®, ne se distinguaient pas précisément par beaucoup de 
modestie, ni par beaucoup de discrétion. Us ne manquaient pas, il est vrai, d’insister 
sur leur « petit engin » ; ils se disaient « rudes aux lettres » ; ils parlaient de leur « gros 
sens ». Mais ils estimaient finalement que leur « faconde » passait « tous orateurs du 
monde » ; ils se croyaient les plus grands artistes de leur temps et de tous les temps. 
Bref, ils étaient d’une vanité incommensurable. 

Une idée, peut-être bonne, peut-être mauvaise, nous est venue. Si l’Infortuné 
a réservé à la Doléance de Mégère et au Donnet une place privilégiée, c’est que ces 

j. Bibliothèque françoise, t. X, p. 406-407. 


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-39 — 


poèmes le touchaient de près. Pour aller jusqu’au bout de notre pensée, l’Infortuné, 
qui est l’auteur de l ‘Instructif et le compilateur du Jardin de Plaisance, serait aussi 
l’auteur de la Doléance et du Donnet. 

Cette idée que nous avons accueillie de prime abord avec beaucoup de méfiance, 
s’est, à l’examen, révélée défendable. 

Il se trouve que, dans la Doléance de Mégère, l’auteur s’est mis en scène et s’est 
nommé. Les lamentations de cette furie, à l'occasion de la création de l’Ordre de 
saint Michel, sont entrecoupées de réflexions d’un personnage appelé « le Queux ». 
Comme on verra plus loin, il s’agirait ici de Regnaud Le Queux, auteur du 
Bardtre infernal. 



Ce que nous savons de l'Infortuné se réduit malheureusement à peu de chose. 
A voir le soin qu’il manifeste de relever particulièrement les règles de versification 
qui avaient cours en Picardie, on peut légitimement se demander s’il n’était pas 
sinon Picard, du moins du Nord de la France. D’autre part, il nous informe qu’il 
a composé le Traité de seconde rhétorique à la demande • d’aucuns licenciez en 
loix ». 

Nous énumérons plus loin, à propos de la Doléance de Mégère, les renseignements 
divers que nous possédons sur Regnaud Le Queux. Natif de Douai, il étaif lui-méme 
licencié ès lois. 

Nous poumons nous en tenir là. Mais on est tenté de pousser plus loin les sup¬ 
positions. 

Le sumom d’infortuné rappelait la jeunesse amoureuse de Regnaud Le Queux. 
Il en était encore gratifié lorsqu’il composa l’instructif. Il fit ensuite une carrière 
sérieuse et grave de précepteur, puis, à la fin de sa vie, sans ressources assurées, il 
fut une espèce de quémandeur à la recherche d’un « hault protecteur ». Il se peint 
— si c’est lui — dans le Donnet, en proie à pauvreté et à vieillesse chagrine « par 
faulte de chevance ». N’ayant pu rencontrer le Mécène qu’il semble avoir cherché 
toute sa vie, Regnaud Le Queux a-t-il échoué dans l’atelier de Vérard ? Il y régnait 
une grande activité. Le grand libraire avait à sa solde non seulement des miniatu¬ 
ristes, des imprimeurs, des graveurs et des copistes, mais des « facteurs » en quête 
de pécune. Regnaud Le Queux était fort instruit dans les lettres latines et françaises. 
U avait lui-même composé de nombreux ouvrages en prose et en vers. Vérard a pu 
le charger de compiler le Jardin dit de plaisance. Les manuscrits de tous genres ne 
manquaient pas dans la boutique de Vérard qui, à l’occasion, composait lui-même 
des vers. Le Queux aura puisé à pleines mains dans la « librairie » de l’éditeur et dans 
ses propres tiroirs, et il aura placé, comme il jugeait naturel et convenable, ses 
élucubrations de jadis en tête de l’ouvrage. 

Telle est l’hypothèse que, prudemment, nous nous hasardons à proposer. Cer¬ 
tains renseignements et détails subséquents viendront peut-être la consolider. Nous 


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— 4 » — 


déclarons d’ailleurs que nous sommes prêts à l’abandonner... si on trouve mieux. 

L'Infortuné a-t-il travaillé seul à la confection du Jardin de Plaisance ou a-t-il 
eu des collaborateurs ? Il semble qu’André de la Vigne ait été plus ou moins directe¬ 
ment mêlé à la compilation des derniers numéros du recueil : 663 à 666, qui rappor¬ 
tent les épîtres en prose et en vers d’une dame de Lyon, et 667 à 672, qui racontent 
le trépas du Chevalier outré chassé du Jardin de Plaisance, et qui sont un étrange 
amalgame de trois ou quatre poèmes différents. 


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POÈMES, BALLADES, RONDEAUX, ETC. 
DU “ JARDIN DE PLAISANCE ” 


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1 . Fol. ij. [La dédicace.] 


Hault protecteur, vouloir tresmagnanime, 
Roy souverain, dominateur terrestre... 


Nous avons vu que la première gravure sur bois, représentant l’auteur à 
genoux offrant un livre au roi de France assis sur un trône, le sceptre dans la main 
droite, entouré de six personnages debout, n’a pas été gravée spécialement pour 
le Jardin de Plaisance. 

Dans un rondeau dédicatoire, l'Infortuné présente son livre à Louis XII, « hault 
protecteur », qu’il voudrait bien arriver à « servir » : 

Ce don te donne de sens pusilanimc. 


Ayant offert le Jardin de Plaisance au roi, l’auteur a placé son œuvre sous l’in¬ 
vocation du Saint-Esprit. Or cette anthologie, comme on s’en apercevra facile¬ 
ment, n’est rien moins, dans toutes ses parties, que « spirituelle ». L’abbé Goujet 
déjà, non sans raison, avait été offusqué par les obscénités qui s’y trouvent. Mais, 
au moyen-âge, le Dieu du Ciel et le dieu d’Amours faisaient assez bon ménage. On 
en pourrait citer de nombreux exemples. L’éditeur Antoine Vérard lui-même, 
qui publiait volontiers des vers licencieux, avait composé un poème sur la Passion 
de Nostre-Seigneur . 1 Il opposait le « jardin d’olivet » au « jardin de plaisance », et il 
écrivait ces vers, qui ne contiennent aucune allusion à l’anthologie de l’Infor¬ 
tuné : 


Note le mot de ce petit livret : 

Maint péché croist en jardin de plaisance. 


2 . Fol. ij v°. [L’Instructif de seconde rhétorique.] 

De science rethoricale 
Ung préambule si ensuit... 

L’Instructif de seconde rhétorique, composé par l’Infortuné, souvent cité au 
XVI e siècle et de nos jours, a été analysé et comparé à d’autres traités de la même 
espèce *. Il ne semble pas toutefois qu'il ait jamais été lu avec beaucoup d’atten¬ 
tion. Les problèmes qu’il soulève n’ont pas été étudiés ni même posés. C’est dire 
qu’ils attendent encore une solution. 

La première question est celle de la date. L’Instructif de la seconde rhétorique 


1. Bibl. nat., fonds franç. 1686. 

2. E. Langlois, De Artibus rketorica rhythmicce, p. 65-74. 


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— 44 — 


a-t-il été composé au commencement du xvi e siècle, comme le Jardin de Plaisance 
lui-même ? On n'a pas mis en doute jusqu'ici que l'Infortuné l'eût écrit à la 
demande de Vérard pour être placé en tête du recueil de 1501. Supposition qui, à la 
vérité, semblait bien naturelle. 

Selon M. Ernest Langlois, Y Instructif est postérieur à Y Art de rhétorique qu'il 
attribue à Jean Moünet. Or ce dernier traité a été publié sans nom d’auteur en 1493 
par Antoine Vérard. L'Infortuné aurait « largement mis à contribution » 1 l'ouvrage 
de son prédécesseur # . 

M. Langlois relève entre YInstructif et Y Art de rhétorique quelques ressemblances, 
dont void, sauf erreur, les deux plus importantes : 

Dans les deux traités, la rime dite « de goret » est définie comme étant celle que 
pratiquent les « ruraux ». Dans Y Art de rhétorique on trouve ces lignes : « Qui veult 
practiquier la science choisisse plaisans equivocques, riches termes et leonismes, 
et laisse les bregiers user de leur rethorique rurale » s . On lit, d'autre part, dans 
Y Instructif : 

Pour ce dit l'on en mainte route : 

Telle rime est de boute chouque. 

Ceste forme est donc concordant 

A celle de goret. 

C'est pour les ruraulx et lourdois 
Qui riment feves contre pois 4 . 

On voit que la seule ressemblance entre ces deux textes réside dans le mot 
rural. Ce mot, à vrai dire, a bien pu venir spontanément au bout de la plume de 
l'un et de l'autre auteur. L'Infortuné, d'ailleurs, paraît mieux renseigné et plus 
complet que Y Art de rhétorique qui lui aurait servi de modèle. Il parle non seule¬ 
ment de rime « de goret », mais de celle de « boute chouque » qui est de même farine. 
En ayant seulement sous les yeux les deux passages ci-dessus, on pourrait dire, 
croyons-nous, que si l'un des deux auteurs à copié l'autre, ce n'est pas l'Infortuné, 
mais bien le compilateur de Y Art de rhétorique publié par Vérard en 1493. 

Ailleurs, Y Art de rhétorique donne le conseil suivant aux « facteurs » : « Pareille¬ 
ment doit le facteur quérir aucuns verbes composez de propositions, comme a, de, 
re, con, par, sub, car lesdis verbes escheient en riche rime, et ont diverses signifi¬ 
cations » *. 

De son côté, l'Infortuné écrit ces vers : 

Pour habonder ligierement 
En termes, l’on doit composer 


1. Voici les paroles mêmes de M. Langlois : « Si Molinet a contracté des dettes envers ses 
devanciers, il a des créances plus importantes sur ses successeurs... L’Infortuné et Fabri l’ont 
aussi largement mis à contribution. » Recueil d'arts de seconde rhétorique , p. Lxvm. 

2. M. Langlois renvoie pour preuve à sa thèse latine parue en 1890, De Artibus rhetorica 
rhythmica, p. 72 et suiv. 

3. De Artibus, p. 73, n. 1 ; Recueil d'arts, p. 249. 

4. Jardin de Plaisance , fol. iij v°. 

5. De Artibus, p. 73. n. 2 ; Recueil d'Arts, p. 251-2. 


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— 45 — 


Par de, dif, com, sub , proprement. 

Et par re aussi disposer. 

Qui equivocquer peult, mieulx fait. 

Qui n’a equivocque ou compos. 

L'ordre de A. B. C. en effect 
L'on doit suivir a ce propos 1 . 

Une semblable énumération de préfixes, qui est à peu près la même dans les deux 
textes, les grammairiens et les rhétoriqueurs pouvaient la faire sans se copier les 
uns les autres. Nous ne pensons pas qu'on puisse en tirer la moindre conclusion. 
Ici, d'ailleurs, comme plus haut, l’instructif est plus riche de renseignements que 

Y Art de réthorique . Son conseil de recourir à Y A. B. C. a été repris par Fabri qui 
l'a exposé d'une manière un peu plus claire f . 

On jugera, d'après ces deux passages allégués par M. Langlois, combien il est 
excessif de dire que l'Infortuné a « largement » mis à contribution Y Art de rhéto¬ 
rique. 

Puisque nous en sommes à examiner les rapports qui peuvent exister entre 

Y Instructif de la seconde rhétorique et Y Art de rhétorique , on nous permettra d'ouvrir 
une parenthèse au sujet de ce dernier traité et du problème qu'il pose. Il importe, 
en effet, de savoir lequel des deux est antérieur à l'autre. 

Dédié à Charles VIII, Y Art de rhétorique a été publié cinq ou six fois à la fin du 
xv® et au début du xvi® siècle, sans préface et sans nom d'auteur. Deux exemplaires 
sur vélin 8 de la première édition de 1493 renferment une lettre-dédicace au roi de 
France « de son très humble et très obéissant subject et serviteur, Henri de Croy ». 

M. Langlois ne connaissait que l'exemplaire « unique » de Paris, a Sur le 
témoignage de cet exemplaire, écrit-il, les érudits modernes ont attribué cet Art 
de rhétorique à Henri de Croy, jusqu’au jour où j'ai montré que le véritable 
auteur est Jean Molinet 4 . » 

En regard des éditions et des renseignements qu'elles nous apportent, il existe 
deux manuscrits 5 , de la fin du xv® siècle et du début du xvi® siècle, qui attri¬ 
buent Y Art de rhétorique à Jean Molinet. Ce traité n'y est pas dédié au roi de France, 


1. Jardin de Plaisance, fol. vj. 

2. Édit. Héron, t. II, p. 4. 

3. Bibl. nat.. Rés., Velin 577 et Brit. Mus., I B. 41139. 

4. La démonstration de M. Langlois a été faite en 1890 dans sa thèse latine De Artibus rhe - 
torica rhythmico , p. 51 et suiv., et renouvelée en 1902 dans le Recueil d'Arts de seconde rhéto¬ 
rique, p. lvi et suiv. Avant M. Langlois, le baron de Reiffenberg et Buchon avaient signalé, 
dans le ms 7984 de la Bibl. royale (aujourd'hui fr. 2159), Y Art de réthorique de Jean Molinet. 
M. Langlois a montré que les traités de Molinet et d'Henri de Croy étaient un seul et même 
ouvrage. Mais il lui a échappé que cette « découverte » avait été faite en 1882 par M. Bijvanck 
qui, au sujet de Y Art et science de rhétorique pour faire rimes de Henry de Croy, édit. Vérard, 
a écrit ces lignes : « On n’a pas encore remarqué, à ce que je crois, que cette édition Croy-Vérard 
est un nouveau cas de la supercherie littéraire si commune au xv» siècle. En effet cette Rhéto¬ 
rique n'est pas du tout l’œuvre de de Croy, mais bien de Molinet, comme il sera évident pour 
quiconque se voudra donner la peine de comparer Y Art de rhétorique faisant partie du recueil 
ms. franç., Bibl. nat. 2*75, fol. 14 ss., avec le texte imprimé. » Spécimen d'un essai critique sur 
les ouvres de François Villon. Leyde, 1882, p. 80, n. 2. 

5. Bibl. nat., fonds franç. 2159 (anc. 7984) et franç. 2375 (anc. 8060). 


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— 46 — 


mais à un seigneur bourguignon qui n’est pas nommé. Il y a, en outre, entre les 
éditions et les deux manuscrits, quelques différences originelles, non pas dans les 
préceptes mêmes du traité, mais dans les exemples poétiques cités à l'appui des 
règles. Les imprimés sont d’inspiration française, les manuscrits d’inspiration bour¬ 
guignonne. 

En résumé, on se trouve en présence de cinq ou six éditions anonymes, de deux 
exemplaires sur vélin avec le nom d’Henri de Croy, de deux manuscrits attribués à 
Molinet, enfin de deux inspirations différentes. Il y avait là un petit problème qui 
paraissait inextricable et que M. Langlois s’est appliqué à démêler. 

Il n’hésite pas à donner sa confiance aux deux manuscrits et à attribuer l'Art de 
rhétorique à Molinet. Ce dernier l’aurait écrit pour un grand seigneur bourguignon, 
Philippe I er , seigneur de Croy, d’Aerschot, de Renti, d’Airaines, comte de Por- 
cien, baron de Beaumont, etc., ou pour le fils aîné de ce grand personnage, Henri, 
qui hérita des titres de son père. M. Langlois regarde t comme très possible » 
qu’Henri de Croy se soit « attribué plus tard la paternité » de ce traité et l’ait 
offert « comme sien » au roi de France. M. Langlois rappelle « l’axiome qu’on ne 
doit jamais perdre de vue dans une enquête de ce genre : Is fecit cui prodest», et 
il montre comment ce grand seigneur a su très habilement procéder : « Qui avait 
intérêt à substituer, dans le prologue du volume offert à Charles VIII, le nom du 
roi à la mention d’un seigneur anonyme, et au nom de Molinet celui d’Henri de 
Croy ? Henri de Croy seul. Adulation de courtisan et vanité de rimeur ». Mais cet 
Henri de Croy, tout dénué de scrupules et tout audacieux qu’il fût, savait aussi 
être très prudent. Sauf «l’unique» exemplaire sur vélin offert à Charles VIII, les 
éditions sont anonymes. Pas de prologue, pas de nom d’auteur. M. Langlois va nous 
dire pourquoi : « La suppression du prologue et de tout nom d’auteur dans les 
autres exemplaires avait un prétexte apparent : la fierté d’un prince dédaignant de 
signer un traité qu'il livre au public ; mais ce prétexte cachait un motif plus sérieux : 
la crainte que la supercherie ne fût dévoilée. Il n’était pas à présumer que Molinet 
connût jamais l’exemplaire du roi ; si les autres ne portaient pas son nom, 
il y avait moins de chances qu’il en entendît parler et en eût communication ; et, 
au pis aller, s’il venait à le connaître, c’était affaire à lui de se quereller ou de 
s’arranger avec l’imprimeur, le nom d’Henri de Croy restant dans l’ombre. Le pro¬ 
cédé, dira-t-on, n’est pas honnête. Assurément, mais est-ce une raison pour l’attri¬ 
buer à un autre qu’à Henri de Croy ? C’en est une seulement pour invoquer le vieil 
axiome romain que je rappelais plus haut. Et puis serait-ce un cas si rare ? 

Povres gens sont a tous lez reversez, 

Tensez, bersez, confachiez, confondus... 

nous dit Molinet lui-même. Est-il moins décent de leur prendre leurs livres que 
leurs champs ou leurs filles ? Ce sont là jeux de prince » l . 


x. Recueil d’Arts de seconde rhétorique, p. lxjv. 

» 


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— 47 — 


Nous avons tenu à rapporter tout au long l’argumentation de M. Langlois, qui 
fait naître, de prime abord, un certain nombre d’étonnements. 

Il est bien étrange que Molinet ne se soit jamais vanté d’avoir écrit un Art de 
rhétorique. Pas la moindre allusion. Discrétion parfaite. Un tel silence observé par 
un « moulin à paroles » est bien fait pour surprendre. 

Un traité de rhétorique composé par Molinet pouvait-il rester dans l’ombre? 
Molinet était « la fontaine » où chacun venait boire. Tous ceux qui recevaient du 
Maître t infusion de la science vive » devaient tenir à posséder ce précieux ouvrage 
ou, du moins, à le lire. Or le silence dure tout le xvi* siècle *. Les auteurs qui uti¬ 
lisent et mentionnent l 'Art de rhétorique ne le connaissent qu’anonyme *. 

Molinet se serait donc laissé voler d’un œil tranquille, sans mot dire. Admet¬ 
tons qu'il n’ait pas connu le volume de luxe offert à Charles VIII par Henri de 
Croy, un exemplaire au moins d’une des éditions parisiennes, dédiées au roi de 
France, a bien dû venir sous ses yeux. Et il n’aurait pas profité de l’occasion pour 
crier au voleur et bafouer la France ! 

Il est difficile, d’autre part, d'admettre que le fils de Philippe, seigneur de Croy, 
d'Arschot, de Renti, d’Airaines, comte de Porcien, baron de Beaumont, etc., se 
soit fait voleur, non pas d’un château, d’un village ou d’une gouge, mais... d’un 
traité de rhétorique. 

Si on prend la peine de lire cat Art de rhétorique sans parti-pris, nous voulons 
dire en oubliant les enseignements de M. Langlois, on ne tarde pas à s’apercevoir 
que des deux versions française et bourguignonne, la française est l’originale. 
On ne retrouve dans ce traité ni la façon de penser ni la façon de dire de Molinet 
qui, selon le jugement de Gaston Paris, mêlait « dans sa prose et dans ses vers la 
plus plate trivialité à l’enflure la plus pédantesque ». Tout y est relativement clair, 
simple et mesuré, et même parfois d’une concision et d’une sécheresse remarqua¬ 
bles. Voyez, par exemple, comment l’auteur de cet Art de rhétorique mentionne une 
nouvelle sorte de huitains : « Autre taille de vers huytains se fait par autre croisure, 
de laquelle Monsieur l’indiciaire fut principal inventeur ». Se figure-t-on Molinet, 
le « très humble disciple » et le successeur de Chastellain, nommant « le grand Geor¬ 
ges » d’une façon aussi rapide ? A propos de la strophe de la Recollection des mer¬ 
veilles advenues en nostre temps, imagine-t-on que Molinet se serait contenté d’écrire : 
« Au chant de ceste taille couloura messire George Chastellain ses Croniques abre- 
gies » ? N’aurait-il pas rappelé qu’il avait lui-même continué ces fameuses chroni¬ 
ques et ne s’en serait-il pas glorifié ? 

L'auteur de Y Art de rhétorique a soin, comme on voit, de nommer, quand il 
le connait, « l’inventeur » de telle ou telle strophe : Georges Chastellain fut « prin¬ 
cipal inventeur » d’un huitain croisé, Arnoul Greban fut « premier inventeur » de 

1. Pierre Fabri qui s’en réfère souvent à • Moulinet », dont il connaît bien les œuvres, ne fait 
nulle mention d'un traité de rhétorique de cet • excellent orateur ». 

2. En 1324 ou 1325, la version française de Y Art de rhétorique a été plus ou moins rajeunie et 
oomplétée par un anonyme. Recueil d’Arts, pp. uuun-ucxxvu et pp. 265-321. 


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-48 - 


certaine taille, Jean de Wissoc fut « moult auctorisiez maistre » en baguenaude. 
A propos de « rhétorique batelée », on lit dans les anciennes éditions : « De ceste 
nouvelle mode sont coulourez la Complainte de Grece , le Throsne d'honneur , le 
Temple de Mars , le N auff rage de la PuceUe et la Ressource du petit peuple. Et en a 
esté inventeur maistre Jehan Molinet de Valenciennes ». Ce dernier renseigne¬ 
ment, qui mentionne « l’inventeur » de ce genre de strophe, est bien dans la manière 
de l’auteur de Y Art de rhétorique. Or ce renseignement ne figure ni dans les deux 
manuscrits — qui prétendent donner le bon texte de Molinet — ni dans l'édition 
de M. Langlois. Mais quoi donc ! Par qui cette phrase aurait-elle été ajoutée aux 
éditions ? Aurait-elle été mise là par les soins d’Henri de Croy, le voleur de Molinet? 
Ou, par hasard, les imprimeurs auraient-ils pris la peine d'ajouter bénévolement 
ce renseignement ? On voit très bien, au contraire, pourquoi les deux manuscrits 
ont supprimé ce passage d’un traité « compilé par maistre Jehan Molinet ». 

L'auteur de Y Art de rhétorique choisit ses modèles et ses exemples chez Alain 
Chartier, Achille Caulier, Martin Le Franc, Amoul Greban et Georges Chastel- 
lain, mais il s'en référé surtout à Molinet dont il reproduit in-extenso deux bal¬ 
lades et un chant-royal. C’est précisément la présence de ces pièces dans Y Art de 
rhétorique qui a fait naître l'idée, à la fin du xv e siècle déjà, que ce traité était de 
Molinet lui-même. 

Quant à l'auteur de Y Art de rhétorique , rien n'empêche d'ajouter foi au rensei¬ 
gnement fourni par les exemplaires sur vélin offerts à Charles VIII. Seulement, dans 
Henri de Croy, nous ne voyons pas le fils aîné de Philippe I er , seigneur de Croy 
et de beaucoup d'autres lieux. M. Langlois s’est laissé tromper par la particule dite 
nobiliaire. Au xv« siècle, une foule de roturiers, commerçants, paysans même, 
en étaient affublés. L'auteur de Y Art de rhétorique , qui n’avait rien à faire avec la 
famille princière de Croy, était probablement originaire d’un des nombreux Crouy 
que mentionne le Dictionnaire des postes K 


i. Si Y Art de rhétorique n’est pas de Molinet, il découle de ce petit fait une petite consé- 

J uence. On sait que M. Langlois a montré, en 1893 ( Romania , t. XXII(i 893), p. 552) que Molinet 
tait l’auteur du Mystère de Saint Quentin. Les procédés de style et de versification, « si carac¬ 
téristiques » du Mystère seraient » absolument ceux de J. Molinet * ; enfin, un manuscrit des 
œuvres de Molinet appartenant à la Bibliothèque Rothschild contient, fol. 11 v», une ballade 
fatrisée commençant par Maurice, le beau chevalier. Or cette ballade figure dans Y Art de rhéto¬ 
rique et dans le Mystère de Saint Quentin. « De ce oui précède, dit M. Langlois, je conclus que la 
ballade fatrisée Maurice est de j. Molinet ; qu’elle fait partie du Mystère de Saint Quentin ; 
en fin de compte que ce mystère est lui-même de Molinet ». Si, comme nous croyons. Y Art de 
rhétorique n'est pas de Molinet, tout l’échafaudage s’écroule. Le manuscrit Rothschild est un 
ramassis de pièces, sans autorité. Les arguments de M. Henri Châtelain (Recherches sur le vers 
français au XV* siècle, Paris, 1908, pp. 263-6 et le Mystère de Saint Quentin , Saint-Quentin, 1909. 
p. v et suiv.) ne sont nullement probants. Le Mystère de Saint Quentin a été joué à Abbeville 
en 1451 ; Molinet avait 16 ans (s’il est né en 1435). Molinet dit quelque part, ou on lui fait dire: 

Tous mes traitez sont de paix ou de guerre, 

D'armes, d'amours, de joye et de crys. 

Ne sont, pour voir, fors que menuz escriptz... 

fMolinier, Essai sur Octovien de Saint Gelays , Paris, 1910, p. 283). Le Mystère de Saint Quentin 
(plus de 24.000 vers) rentrerait difficilement dans la catégorie des • menus escriptz ». 

M. Langlois a fait école. Le ms. 560 de la Bibl. de Valenciennes contient un mystère de la 


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“49 — 


Les considérations auxquelles, pour déblayer le terrain, nous venons de nous 
livrer sur Y Art de rhétorique, nous ont un peu éloignés de la question à laquelle 
nous cherchons à répondre. Est-il possible de dire exactement ou approximative¬ 
ment quand Y Instructif de la seconde rhétorique a été composé ? Est-ce en 1501 ? 
Est-ce plus tôt ? 

Le traité de l’Infortuné contient une pièce qui a échappé à l’attention des éru¬ 
dits, un serventois qui renferme en lui-même, nous semble-t-il, la solution de la 
question. Cette pièce \ intitulée De eodem, c’est-à-dire De servantasio, a été écrite 
à la louange d’un roi de France. Il y est question d’un roi « atteint de fortune anor¬ 
male », qui « eut patience en son adversité » et qui finit par « extirper division totale » 
et réduire « son règne en unité ». Ce prince, que l’Infortuné appelle le « bon roy 
catholique », n’est autre que Louis XI. Attribuant sa « victoire generale » à la divinité, 
ce roi institua une « feste tresprincipale » pour louer Dieu à perpétuité. 

Ces allusions semblent se rapporter à l’année 1472. Le 22 mars de cette année- 
là, en effet, une trêve solennelle fut conclue entre le roi de France et le duc de Bour¬ 
gogne « pour venir au bien inestimable de paix finalle » *, et, peu après, Louis XI, 
a ayant singulière confidence en la benoiste glorieuse Vierge Marie », donna l’ordre 
à « son bon populaire, manans et habitans de sa cité de Paris, que, dores en avant, 
à l’eure de midi que sonneroit a l’eglise dudict Paris la grosse cloche, chascun feust 
fléchi, un genoil en terre, en disant Ave Maria, pour donner bonne paix et union 
ou royaume de France » 3 . 

On dira, peut-être, que cette ballade ne prouve rien ou peu de chose, l’Infor¬ 
tuné ayant bien pu, en effet, la composer en 1472 et l’insérer en 1501 dans 17 ns- 
tructif de la seconde rhétorique. Les choses toutefois ne semblent pas s’être passées 
de cette façon-là. 

En 1501, l’Infortuné aurait-il choisi comme modèle de serventois une pièce 
vieille de plus d’un quart de siècle, composée en l’honneur de Louis XI ? N’aurait- 
il pas plutôt écrit une poésie, qui ne lui coûtait guère, en l’honneur de Louis XII ? 
En 1501, il paraît avoir tout bonnement repris un traité qu’il avait composé long¬ 
temps auparavant et il l’a inséré en tête du Jardin de Plaisance, tel quel, sans le 
modifier ni le rajeunir. 

A parcourir ce traité, on voit qu'il ne peut dater du commencement du xvi e siècle. 
Un auteur de cette époque aurait cité d’autres maîtres de la science rhétoricale 
qu'Alain Chartier, Amoul Greban, Christine de Pisan, Jean Castel, Pierre de Hurion, 


Passion d’environ 38.000 vers. M. Noël Dupire (Romania, t. xlvui (1922), p. 571-584), le 
comparant au Mistère de Saint Quentin, l’attribue de même à Jean Molinet, en s'appuyant 
* sur des particularités de langue, des traits de style et des procédés de versification ». 

Nous pensons que ni l'un ni l’autre de ces mystères n’ont rien à faire avec Molinet. 

Dans son Histoire poétique du XV e siècle (Paris. 1923, II, pp. 362 et 412), M. Pierre Cham¬ 
pion adopte et appuie la thèse de M. Langlois sur l'Art de rhétorique et le Mystère de Saint Quen¬ 
tin, et celle de M. Dupire sur le mystère de Valenciennes. 

1. Jardin de Plaisance, fol. xj v°. 

2. D. Plancher, Histoire de Bourgogne, t. IV, Preuves, p. cccxxxv. 

3. Journal de Jean de Roye, édit. B. de Mandrot, t. I, p. 264. 

PLAISANCE 4 


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— 5 Ü — 


eorges Chastellain et Vaillant. Il aurait mis en bonne place les maîtres des « tailles 
modernes », ccst-à-dire les grands rhétoriqueurs, Octovien de Saint-Gelais, Jean 
Molinet, André de la Vigne ou Guillaume Crétin. 

L ’Exordium, d’ailleurs, explique comment YInstructif a été composé. L'Infor* 
tuné ne dit pas que Vérard le lui a commandé. Il déclare s’être mis à l’écrire à la 
demande de quelques licenciés en droit qui étaient « de plus ample angin et exquis 
que luy » mais qui n’entendaient rien aux règles de la seconde rhétorique. 

En 1501, les camarades d'études ou les confrères de l'Infortuné lui auraient-ils 
demandé de rédiger à leur usage un traité de seconde rhétorique ? N'avaient-ils 
pas à leur disposition Y Art publié en 1493 par Vérard et en 1499 P ar Jean Trep- 
perel ? Ce traité leur suffisait amplement. 

Nous pensons donc que Y Instructif de la seconde rhétorique, composé sous le 
règne de Louis XI, n'a été inséré qu'une vingtaine d’années plus tard dans le Jardin 
de Plaisance *. 

Ce traité est tout entier en vers, les règles comme les exemples. L'auteur s'est 
donné bizarrement la peine d’exposer les préceptes selon la forme d’un exemple : 
ainsi les règles de la ballade sont développées en trois strophes et un envoi avec 
refrain. Comme le remarque justement M. Langlois, ce système a un défaut : « Les 
exigences du vers gênent toujours un auteur didactique et l'empêchent d'exprimer 
sa pensée avec la rigueur, la précision et la clarté nécessaires à son travail. Mais 
quand, aux difficultés de la mesure et de la rime, on ajoute celle beaucoup plus 
grande, d'enfermer la règle dans le cadre trop étroit ou trop large de l'exemple 
même, on court les risques d’être à la fois incomplet, diffus et obscur ». M. Langlois 
écrit ces lignes à propos d’un petit traité en vers publié dans le Recueil d’Arts de 
seconde rhétorique *. Elles s'appliquent tout aussi bien à Y Instructif. L'Infortuné 
n’a pas toujours su éviter les dangers du système ; il est diffus parfois, obscur sou¬ 
vent. La prose eût mieux fait son affaire et la nôtre. 

Après avoir raconté comment et dans quelles circonstances il a composé 17 ns- 
tructif , l'Infortuné explique modestement que ce traité ne s’adresse pas aux « bien 
experts » mais à ceux qui n’ont aucune notion de l’art de rhétorique ; il a pour objet 
de leur apprendre que rhétorique est un a très précieux vestement » et une « science 
exquise » dans laquelle les Français excellent. Qu'on ne cherche donc pas dans ce 
« petit livret » des choses nouvelles ! 

Nous n’avons pas à résumer ici les dix chapitres de Y Instructif . Les lecteurs 
peuvent se reporter aux pages que M. Langlois leur a consacrées s . Grâce au fac- 


1. Dans le Notabile de terminalionibus, fol. v v*. l’Infortuné mentionne les glossaires de 
Huçuccio, de Papias, de Guillaume Le Breton, ainsi que le Catholicon de Jean Balbi de Géne9. 
(Voir sur ces ouvrages VHistoire littéraire de la France, Paris, 1852, t. XXII, pp. 1-38). Ces 
dictionnaires ont été publiés à la fin du xv« siècle, mais l'Infortuné a pu les connaître 
manuscrits. 

2. Ce traité a été publié, en 1856. par A. de Montaiglon ( Recueil , t. III, p. 118) d’après une 

édition de Lyon que M 11 ® Pellechet (Cat. gen., 1374) date de 1490 et Brunet de 1500. M. Lan¬ 
glois en a donné une nouvelle édition d’après le ms. de la Bibl. nat., fr. 2375 (Recueil d'Arls, 
P- 235)- , 

3. De Art:bus, p. 65*74. 


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— 5i — 


similé de la Société des anciens Textes français, ils ont aujourd'hui mieux qu'un 
résumé, le texte original lui-même ; aussi quelques remarques suffiront-elles. 

L'Infortuné fait remonter l'origine et la « dirivoison » de la rhétorique aux 
Grecs. Armagora, c'est-à-dire Hermagoras \ le premier, en trouva « les nobles 
degrez », puis Aristote « les secretz » ; ensuite vint Tulles, « le poete notable », qui fut 
« très excellent translateur ». 

A propos du serventois, l'Infortuné refait une énumération plus complète des 
« suppotz » de rhétorique : « Aymagora », Tulles, Quintilien, Virgile, Horace, Ovide 
et Boèce, tous « orateurs et poetes par la grâce de Demogorgon » *. 

Les « suppotz » de langue française, que cite l’Infortuné, présentent plus d'in¬ 
térêt. Ce sont « plusieurs bons clercs engins en langue gallicane ». Tout d’abord 
Alain Chartier. On peut dire que Y Instructif de la seconde rhétorique est établi tout 
entier sur les œuvres de ce maître des maîtres : 

Par maistre Alain, a qui Dieu pardon face, 

Cest art icy se monstre et vérifié. 

Puis — nous citons dans l'ordre de l'Infortuné — maistre Amoul Greban qui 
« bien suit la trace » d'Alain Chartier, Christine de Pisan qui « aussi noblement 
métrifie » ; le fils de Christine, Castel, a qui depuis fut grartt rethoricien » ; maistre 
Pierre de Hurion, que l'Infortuné appelle • agille » et qui fut 

Imitateur tressoubtil entre mille ; 

Georges l'Aventurier qui a augmenté rhétorique « par forme nouvelle et soubtille » ; 
enfin Vaillant. 

On est un peu étonné de voir cités parmi les « clers engins » de France des rimeurs 
tels que Castel, Pierre de Hurion et Vaillant. L'Infortuné a confondu le fils de 
Christine de Pisan, qui n'eut pas l’abondance facile de sa mère, avec le petit-fils 
qui peut passer pour « un grand rhétoricien » 3 . Pierre de Hurion, surnommé Ardent 
Désir, et Pierre Chastellain dit Vaillant, furent en relations plus ou moins étroites 
avec le roi René. Faut-il croire que l’Infortuné, qui les connaissait, avait eu 
l'occasion lui aussi de séjourner à Ja cour du roi de Sicile ? 

Aux yeux de l'Infortuné, Alain Chartier l'emportait sur tous. 

Dans la Divisio viciorutn, à propos du cinquième vice qui est « d'innovation », 
il constate qu'Alain Chartier n'était pas amateur de termes « sur le latin escumez » : 

Du vice de ce présent dit 

En est [fait] bien souvent maint blasme. 

Exemple d'ung quidem qui dit : 


1. Plusieurs rhéteurs portaient le nom d’Hermagoras, mais aucun ne peut être considéré 
comme le créateur de la rhétorique. Il s'agit ici d’Hermagoras de Teranos, auteur de six livres 
de Texvai pr.tooixïi et cité surtout par Quintilien, Institutio, liv. III. 

2. Orateurs ou poètes, c’était tout un. Fabri nous apprend que « confuseement nostre vul¬ 
gaire mect l'un pour l’autre ». Édit. Héron, t. I, p. n. 

3. Sur les Jean Castel, père et fils, voir E. Droz, Jean Castel, chroniqueur de France (Extrait 
du Bulletin philologique et historique [jusqu'à 1715], 1919, p. 95 "* * 3 ) 


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— 5-2 — 


« Icclluy n’est pas bien amé 
« Qui est de ses amours hamé ». 

H amé , pour estre prins d l'hain , 

Est trop fort latin escumé. 

Que ne s’en mesla maistre Alain \ 

Y a-t-il là une allusion aux vers qui terminent YExcusation de maistre Alain 
contre ceux qui dient qu'il a parlé contre les dames en son livre nommé la Belle dame 
sans'mercy : 

Vostre humble serviteur Alain 
Que beauté print pieça a l’ain 
Du traict d'ung tresdoulx rians yeulx 2 ? 

A propos de « latin escumé », l’Infortuné concède qu’entre clercs on peut se 
servir de termes de cette espèce. On verra que l’Infortuné — s'il est Regnaud Le 
Queux — ne s'est pas fait faute, dans la Doléance de Mégère , d’en user abondam¬ 
ment. Mais peut-être adressait-il ce galimatias à des « gens expers ». 

Ailleurs, dans le chapitre De figuris, à propos du dialogue, il cite à nouveau 
Alain Chartier, qui fut « l’encestre » et a entier grand maistre » : 

Fut il premier ? — Non, mais entier 
Grant maistre fut. — En quel science ? 

— En rethoricque que l’on prise. 

— Pourquoy ? — Pour son expérience 3 . 

Plus loin, parlant du rondeau de sept vers, l’Infortuné en attribue la création 
à Chartier : 

De ce rondeau la forme et l'estrc 
Donna le tresnotable encestre 
Et bon maistre, 

Alain... 4 

Dans la ballade per dialogum déjà citée, l'Infortuné invoque, en désespoir de 
cause, la grave autorité d'Alain 6 . Il le donne enfin comme un modèle dans l’art 
d'écrire des lais*. 

On voit la place occupée par Alain Chartier dans Y Instructif de la seconde rhé¬ 
torique. Grâce à ce traité, sans doute, la renommée de cet honnête écrivain ne fut 
pas submergée par celle des grands rhétoriqueurs. Pierre Fabri, qui a écrit le second 
livre du Grand et vrai art de pleine rhétorique , c’est-à-dire l'i 4 r/ de rithmer, en suivant 
pas à pas l’ Instructif , fait à Alain Chartier, en 1520 encore, la même place excep¬ 
tionnelle. Il montre que la science de rhétorique a été « amplement magnifiée en nostre 


1. Jardin de Plaisance, fol. iij v°. 

2. Édit. Du Chesne, p. 532. 

3. Jardin de Plaisance , fol. v. 

4. Id. t fol. viij. 

5. îd. t fol. x. 

6. ld., fol. xiij. 


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— 53 — 

langage de plusieurs et grans orateurs ». Il cite, parmi ceux-ci, Hurion, dont il 
avait probablement appris l’existence et le nom chez l'Infortuné et dont il fait 
un a admirateur de Georges Castelain ». Mais tous, déclare-t-il, « donnent le lieu de 
triumphe à maistre Alain Charretier, normant, lequel a passé en beau langage, 
élégant et substancieux, tous ses prédécesseurs. » Pour lui, comme pour l’Infortuné, 
Alain est le premier : « Nul ne s'est fait second a luy ». Il loue — et ce n'étaient pas 
de vains mots — la « doulceur de son langage » et il conseille à tous facteurs de le 
prendre comme modèle, « tant en prose qu'en rime » K En 1548 encore, Thomas 
Sebillet, influencé par l'Infortuné et par Fabri, plaçait Alain Chartier à côté de 
Dante, de Pétrarque, de Jean de Meun et de Jean Le Maire. 

' Notons que l'Infortuné mentionne Jean de Meun, mais pour le blâmer à pro¬ 
pos du « sixte vice », qui est « faulse equivocation » : 

Autre exemple je puis aduire 
De cest equivocque de mont. 

Pas n'est equivocque de dire : 

Paris ou Avignon vault mont, 

Ne pour ce monde dire mond, 

Comme met maistre Jehan de Meun. 

Tel[z] langaige[s] contraint[z] se font. 

Point ne vault langaige commun f . 

Ici l'Infortuné fait le puriste. Mont pour moult est très fréquent. Quant à mond 
pour monde , nous ne l'avons pas relevé dans la Table des rimes du Roman de la 
Rose minutieusement dressée par M. Langlois. L'Infortuné aura rencontré cette 
forme dans un des nombreux manuscrits ou dans une édition du Roman de la 
Rose, à la rime ou dans le vers. Il aurait pu la trouver chez Christine de Pisan, par 
exemple, qui cependant « noblement métrifiait », et chez bien d'autres auteurs. 

On remarquera que l'Infortuné donne une grande place dans Y Instructif aux 
façons picardes de rimer et aux règles en honneur au pui de Tournai. Un auteur 
parisien n'aurait pas fait le même accueil à ces particularités provinciales. 

Dans le chapitre VIII, l’Infortuné condamne ce qu’il appelle « la diphtongue 
picarde ». Il en donne deux exemples : duire rimant avec cire et lieux (une syl¬ 
labe) avec gracieux (trois syllabes ) : 

Item chascun se doit garder 
De toute diptongue picarde. 

En terminaison concorder 

Ne se doit, mais y preigne on garde, 

Ainsi que seroit contre duire 
Ou comme seroit contre lieux , 

Rime ne vault guières de cire 
Ne contre lieux cloz gracieux s . 


x. Édit. Héron, t. I, p. 11. 

2. Jardin de Plaisance, fol. iiij. 

3. Id., fol. vj v°. 


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— 54 — 


Cette mise en garde contre la diphtongue picarde ne se rencontre dans aucun 
des arts de seconde rhétorique qu’a publiés M. Langlois. Fabri en parle d'après 
l'Infortuné, mais il n'y a rien compris du tout. Pour lui, la diphtongue picarde 
n'est autre chose que le parler picard, «le barbare picart », dont il ne faut pas user 
en « livre autentique ». C'est du « langage parcial » ou du « gergon », des « motz et 
termes qui ne sont point entenduz oultre les faulxbourcz des villes ou es villaiges 
parciaulx » l . 

Mais — chose à relever — l'Infortuné tout en recommandant d’éviter des rimes 
vicieuses et picardes comme duire et cire , n’a pu s’empêcher d'en user lui-même, ce 
qui peut-être jette quelque lumière sur son origine. Dans la strophe que nous avons 
rapportée plus haut relative à Jean de Meun et à l'équivoque mont (moult) et mond 
(monde), l'Infortuné fait rimer aduire et dire ; dans la Balada rétrograda *, on trouve 
les rimes produit , déduit , réduit, séduit et s abâtardit, dit. A propos des vers enchaî¬ 
nés, l'Infortuné fait rimer dix et déduis s . 

Décrivant les règles d'une espèce de serventois nommé l’Amoureuse, l'Infor¬ 
tuné raconte 4 qu'au pui de Tournai le second couplet devait toujours commen¬ 
cer par ces mots : Qu’il soit ainsi. Il complète ce renseignement en expliquant que 
si l'on veut « complaire aux picardois » ou si l'on veut « faire es picars arrois », il 
faut que l'Amoureuse commence au premier couplet par Cueur amoureux ou Leal 
amant , au deuxième couplet par Quil soit ainsi, au troisième par Or amons donc , 
au quatrième par Si est l’amant , au cinquième par Dame d’onneur 6 . Toujours copiant 
l' Instructif , Fabri explique « la coustume des Picars pour ung servantoys d’amours », 
et il reproduit entièrement l'Amoureuse dans laquelle l’Infortuné avait exposé 
les règles du genre # . 

Chaque pui ayant ses ordonnances qui le distinguaient des autres chambres de 
rhétorique, il ne serait pas inutile de recueillir ces règles qui, une fois connues, 
permettraient de localiser facilement beaucoup de pièces errantes. Ces ordon¬ 
nances, il est vrai, n'étaient pas immuables, mais variaient, semble-t-il, selon les 
convenances d’un nouveau « prince ». Ainsi Henri de Croy cite une Amoureuse 
du pui de Tournai dont les débuts de strophe ne sont pas tout à fait semblables 
à ceux de 1 ’Instructif : la première strophe commence par L’amoureux cuer , la seconde 
par S’est bien decent ou mieux C’est bien raison ; la troisième par Si doit l’amant , 
la quatrième par Or amons donc ; la cinquième par Dame d’honneur 7 . 


1. Édit. Héron, t. II, p. 114. — Thomas Sebillct a un chapitre de son Art poétique françoys 
intitulé : Rime de diphtongue contre simple lettre receue. Édit. Gaiffc, p. 84. 

2. Jardin de Plaisance , fol. x. 

3. Id . 9 fol. xiij v°. 

4. Id., fol. xij. 

5. L'Amoureuse dans laquelle l’Infortuné expose ces règles renferme, suivant le plan de 
Y Instructif, les préceptes et l’exemple. Un autre spécimen d'Amoureuse picarde, dans laquelle 
il est question de « l’arche de Sethin », c'est-à-dire de l'arche en bois de sittim (Exode, cha¬ 
pitre XXXVII), applique exactement les mêmes règles. Fol. xij v°. 

6. Édit. Héron, t. II, p. 109-111. 

7. Recueil d'Arts, p. 245-247. 


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— 55 — 


Qu’on nous permette, pour compléter cette remarque, de rapporter ici les règles 
des puis de Lille et d’Abbeville. 

Un exemple d’Amoureuse de Lille est cité par Baudet Herenc : la première 
strophe commence par S'amant veut vivre ; la deuxième par Et puisqu' Amours ; 
la troisième par Dont doibt Amant; la quatrième par Aussy Amours; et la cin¬ 
quième par Dame sans per K 

L'Amoureuse d'Abbeville, rapportée par l'auteur des Règles de la seconde rhé¬ 
torique , était rédigée de la façon suivante : première strophe. Pour avoir paix ; 
deuxième, En ces trésors ; troisième, Dont a en soy dame ; quatrième, Pour ce n'est 
il trésor ; cinquième, Dame d'onnour *. 

Ces ordonnances puériles des chambres de rhétorique montrent bien, hélas ! 
qu'il ne suffit pas, comme disait Sebillet, que « le vers ayt ses nombres et syllabes 
pour faire nommer son autheur poète », il faut, ajoutait-il, autre chose : « esprit 
divin ». C’est évidemment ce qui manquait le plus aux rimeurs des puis. 

L'Infortuné est le premier qui ait parlé de la « rime de boutechouque » et de 
la « rime de goret ». Cette terminologie bizarre demande quelques explications. 

Dans la Divisio viciorum , Y Infortuné consacre aux rimes qui n’ont pas a bonne 
consonance » les douze vers que voici : 

Pour ce dit l’on en mainte route : 

« Telle rime est de boutechouque ». 

Ceste forme est donc concordant 
A celle de goret. Pourtant 
Quant elle est de rime de goret 
Ou des vers consonans, ce n'est 
Versificature ne dit 
Riens vaillans, si en faiz acquit. 

C'est pour les ruraulx et lourdois 
Qui riment feves contre pois . 

Pour ce donc ce vice on évite 
Contenu en cestuy article s . 

La rime de boutechouque est donc semblable à celle de goret. Deux noms pour 
une même chose. L'Infortuné conseille à ses amis licenciés ès lois et à ceux qui 
cherchent à acquérir «science rhétoricale» d'éviter ces sortes de rimes bonnes pour 
les paysans. Suivant le plan de son ouvrage, l’Infortuné donne l'exemple avec le 
précepte : les douze vers cités plus haut ne sont pas rimes ; ils sont assonancés. 

Plus loin, la balada per dyalogum est consacrée à « Boutechouque » qui est 
ressuscité. D'autre part, dans balada rétrograda 4 , qu'on peut lire en commençant 
par le premier ou le dernier vers des couplets, l'Infortuné constate que chacun 
se mêle de rimer et que la science de rhétorique s’abâtardit : 


1. Recueil ci Arts, page 168. 

2. Id., p. 24. 

3. Jardin de Plaisance , fol. iij v°. 

4. Id., fol. x. Deux vers manquent au second couplet. 


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La science s’abatardit 
De rhetoricque sans latin, 

Quant de rimer chascun en dit 
A plaisir, soit soir ou matin. 

L'on rime chien contre matin. 

Chascun s’en mesle en tous quartiers. 

Dieux ! que de nouveaulx charpentiers ! 

De rimer [a] chascun tatin. 

Plus sont de maistres que d’ouvriers. 

Voyons maintenant si les auteurs d 'Arts de seconde rhétorique, qui parlent après 
et d'après l'Infortuné des rimes de boutechouque et de goret, nous apportent quel¬ 
ques éclaircissements. 

A propos de la Rime de equivocque, Henri de Croy exprime en passant son mépris 
pour les rimes « en goret » : « De rimes en goret et plusieurs autres menues tailles 
ne ferons nous quelque estime, pour ce qu'elles sont vicieuses et condempnables ». 
Par ces « autres menues tailles », peut-être entendait-il les rimes de boutechouque, 
dont il n’a pas jugé bon de recueillir le nom. Quant à la « rime en goret », il la définit 
de la façon suivante : « Rime en goret est quant les dernières sillabes de la ligne 
participent seulement en aucune lettre », et il en donne le spécimen suivant : 

C'est le lit de nostre conte : 

On le fait quant on se couche. 

C'est ainsi du moins que ces deux vers se lisent dans l'édition Langlois K Mais il 
n'y a là ni rime ni assonance. Il faut adopter la leçon de l'édition Vérard et lire 
coûte et non pas conte. 

Pour l’auteur du Traité de rhétorique en vers, la « rime en goret » est « le menre 
des rimes » # . 

Quant à Y Art et science de rhétorique , qui est un simple remaniement du traité 
d’Henri de Croy datant de 1624 ou 1525, il se borne à reproduire telle quelle la 
définition de son modèle. Il donne de la « ryme en goret » l'exemple suivant : 

J’ay une belle dame aymé 
Mais en fin elle m'a trompé 3 . 

Pierre Fabri, qui est l'écho de l'Infortuné, ne se borne pas à condamner la seule 
« rime goret », il fait de même de la « boutechouque ». Au sujet de la première, il 

1. Recueil d'Arts, p. 250. 

2. îd., p. 253. M. Langlois ponctue de la façon suivante le quatrain consacré à 
la rime goret. 

Ë , rime en goret, 
menre des rimes 
Je suis ; en appert 
Vous le veez par signes. 

Il faut lire plutôt : 

Je rime en goret. 

Le menre des rimes. 

Si je suis appert. 

Vous le veez par signes. 

3. Jd., p. 315. 


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— 57 — 


écrit : « Et nota que l’en faict cent mille chansons, que les enfans chantent et les 
pages, de rithme goret, sans art et mesure, ainsi que les ignorans les sçaivent faire » 1 
Au sujet de la seconde, après avoir énuméré certains « vices de incongruité », il 
conclut en ces termes : « Mais il est ung plus bas barbare de impropre consonance, 
c’est de rithme de boutechouque et de méchaniques ignorans, qui rien ne vault » *. 

Ailleurs, enfin, comme avait fait l’Infortuné, Fabri montre que ces deux sortes 
de rimes sont identiques : « Il est une autre fort basse rythme que l’en appelle rithme 
de goret ou de boutechouque, qui garde mesure en syllabes, mais en la rithme a 
pou ou point de convenience ; laquelle n’est approuvée que entre ruraulx et igno¬ 
rans qui en font les dictz pour aller a la moustarde 3 ». 

Gratien Du Pont, qui s’est nourri de l’Infortuné à travers Fabri, et qui cite 
parmi ses sources « l’autheur de la rhetoricque du Jardin de Plaisance », parle de 
la rime de goret ou de boutechouque dans les mêmes termes que le Grand et vrai 
art de pleine rhétorique *. 

Enfin, dans son Art poétique françois pour l’instruction des jeunes studieus, 
Thomas Sebillet condamne aussi la « rime Goret » : « Ce que les resveurs du temps 
passé ont appellé la ryme Goret, et j’appelle ryme de village, ne mérite d’estre 
nombrée entre les espèces de ryme, non plus qu'elle est usurpée entre gens d’es¬ 
prit » 6 . 

Des textes que nous venons de citer il n’y a pas grand chose à tirer. On aura 
remarqué que l’Infortuné et Fabri disent toujours « rime de boutechouque », « rime 
de goret » ou simplement « rime goret ». Chez Henri de Croy, comme dans le petit 
traité en vers et dans l'Art et science de rhétorique, on lit « rime en goret ». 

Que faut-il entendre par boutechouque et par goret ? 

M. Zschalig, en 1884, a proposé une explication étymologique ®. A la suite de 
Diez, il remonte jusqu’à l’ancien-haut-allemand gôrag, qui signifie pauvre. Rime 
de goret signifierait rime pauvre. Un goret, cochon de lait, remonterait à la même 
origine et voudrait dire : cochon maigre. Quant à boutechouque, M. Zschalig estime 
que, par cette expression, on a voulu désigner des rimes qui s’accordaient aussi 
mal que les deux mots boute et chouque. 

L’éditeur du Grand et vrai art de pleine rhétorique, M. A. Héron, se déclare satis¬ 
fait des explications de M. Zschalig. Celle de boutechouque, dit-il, « est très plau¬ 
sible ». Quant à l’étymologie de goret, cependant, M. Héron ne croit pas qu’il soit 
nécessaire de remonter à l’ancien-haut-allemand gôrag, pauvre. Le français moderne 
goret n’a pas d’autre sens que jeune cochon, cochon de lait. De même, dit M. Héron, 
que la plus belle espèce de rime a été nommée léonine « parce que le lion est le plus 
noble des animaux, on a donné à la plus basse le nom de goret » 7 . 


1. Édit. Héron, t. II, p. 96. 

2. Id., t. II, p. 119. 

3. Id., t. II, p. 27. 

4. Art et science de rkétoricque metriffiee, édit, de 1539, loi. xxxvij. 

5. Édit, de 1548, fol. 25 v». Édit. Gaiffe, p. 67. 

6. H. Zschalig, Die Verslehren von Fabri, du Pont und Sibilet, Leipzig, 1884, p. 33, n. 2. 

7. Édit. Héron, t. III, p. 40. 


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-58 - 


M. Langlois n’a pas daigné nous apprendre ce qu'il pensait de ce mystérieux 
« goret », dont il est cependant question dans trois des Arts de rhétorique qu’il 
a publiés. 

A première vue, l’essai d’explication de M. Zschalig, amendé par M. Héron, n’est 
guère satisfaisant. Pourquoi un petit cochon, qui tette encore, serait-il synonyme 
de rime détestable ? D’autre part, l’Infortuné ne donne pas comme exemple de 
rime rurale les deux mots boute et chouque. Il cite chien et matin et même fèves 
et pois. Si les deux mots boute et chouque étaient devenus caractéristiques de la 
rime pauvre et, en quelque sorte, proverbiaux, l’Infortuné les aurait servis en 
bonne place. 

Dans la ballada per dyalogum, « boutechouque » n’est pas une façon défectueuse 
de rimer, c’est un méchant rimeur. A l'Infortuné qui annonce à Alain Chartier 
que Boutechouque est ressuscité, que répond « l’ancêtre » ? Condamne-t-il les pau¬ 
vres rimes des ruraux et des « lourdois » ? Non, il s’enquiert de Boutechouque : 
Revit-il vraiment ? Et comment rime-t-il ? 

On peut conclure de cette ballade que Boutechouque était un rimeur « rural » 
qui ne connaissait pas les bonnes règles et dont les vers n’avaient pas « bonne con¬ 
sonance », ce qui excitait l’indignation du savant rhétoriqueur qu’était l’Infortuné. 

Que Boutechouque soit un homme en chair et en os, Fabri le laisse entendre 
dans un passage que nous avons cité plus haut : il met dans le même sac « les rimes 
de Boutechouque et de méchaniques ignorans ». Que Boutechouque soit un homme, 
cela ressort également de deux vers que rapporte le même Fabri : 

Que ferons nous, dit Boutechouque 
A Boucachart. de ces Dieppois 1 ? 

Quant à la rime de a goret », plutôt que de calomnier les cochons de lait, nous 
croyons plus juste de voir dans ce nom-là, qui existe encore aujourd'hui comme 
nom de famille (Goret, Gorret, Gouret), un rimeur picard aussi peu versé dans la 
science rhétoricale que Boutechouque. 

Or les deux vers cités par Fabri, relatifs à Boutechouque et aux Dieppois, sont 
tirés du Dyaloque contre Dieppe de Jean Munier *. Dans cette pièce fort curieuse, 
Jean Munier, poète normand, s’en prend aux palinods de Dieppe qui, dans un 
concours, lui ont préféré un certain Amoul Jacquemin, qu’il juge riche en rimes 
pauvres, en solécismes et en cacophonies. Munier se moque de ce a turlupin d’Abbe¬ 
ville » et de son « gergon » et il a l’occasion de citer dans sa diatribe non seulement 
Boutechouque mais aussi maître Goret. Amoul Jacquemin avait fait l’éloge de la 
Picardie et des a bons facteurs » picards. Munier répond, dans des vers assez peu 
clairs, qu’il ne les craint pas : 

Certes, tant que j’aye fourrel. 

Je ne les craing pas ung poret, 


1. Édit. Héron, t. II, p. 15. 

2. Publié par Émile Picot dans les Mélanges de philologie romane... offerts à M. Maurice 
Wilmotte, Paris, 1910, t. II, p. 477-481. 


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— 59 — 


Ne moy que je ne soie bourrel, 

Puis que j'ay papier et coret. 

Qui jugera Maistre Goret 
Comme nostre patron et moule. 

On doit choisir quant on s'i moule *. 

Boutechouque et Goret étaient des rimeurs populaires que l’Infortuné, très 
au courant des choses picardes, a connu sinon personnellement du moins de répu¬ 
tation. Il les tenait pour la honte de « science rhétoricale » et s’en moquait abon¬ 
damment. Mais, en dépit de la condamnation des auteurs à'Arts de seconde rhéto¬ 
rique , nous donnerions aujourd’hui, combien volontiers, tous les vers de Molinet 
avec ceux de Regnaud Le Queux pour quelques chansons de Boutechouque et de 
Goret, « poètes ruraux » f . 

Les fautes d’impression abondent dans Y Instructif de la seconde rhétorique comme 
dans tout le Jardin de Plaisance. Elles seront pour la plupart facilement corrigées 3 . 
L’une d'elles, au moins, qui a trompé M. Langlois, doit être relevée. 

Dans Y Art de rhétorique qu’il a publié sous le nom de Jean Molinet, le XXIX e cha¬ 
pitre est intitulé Taille palernoise 4 . C'est là une appellation bien singulière, dont 
l'origine et la signification nous échappent. Tout ce que nous apprenons, c'est 
que « respons en taille palernoise est une espèce de rethorique a maniéré de chant 
eclesiastique ou plusieurs membres se regettent ou corps principal ». Palernoise 
est la leçon du manuscrit 2159 (A), dont le copiste était bien distrait ou bien igno¬ 
rant. N’a-t-il pas lu, à deux reprises, pour ballade fatrisée, « balade fatoise » 6 ? Dans 
le manuscrit 2375 (B), on lit paleourde ou palcourde et dans l'édition Vérard (C) 
palemode. M. Langlois nous informe 6 qu'il s'est finalement arrêté à la leçon paler¬ 
noise , en dépit de Y Instructif qui nomme la même taille « palmode et en latin pal- 
modia » et de Fabri qui écrit palinode. M. Langlois déclare qu’il aurait, comme il 
est naturel, corrigé palmode en palinode , « si l'Infortuné ne revenait, quelques 
pages plus loin, à ce poème sous le titre De forma Psalmodie » 7 . 

Disons tout de suite que psalmodia ne se trouve pas dans l'édition du Jardin 
de Plaisance publiée par Vérard. On lit, fol. ix v° : De forma Palmodie. Il est regret¬ 
table que M. Langlois ait eu sous les yeux la deuxième édition de ce recueil. 

Il est clair que les formes palmode et palmodia 8 sont des fautes d'impression, 
ou plutôt, puisqu’elles se répètent identiques à trois reprises, des fautes de com¬ 
préhension pour palinode et palinodia. De même, dans Y Art de rhétorique d’Henri de 


1. Mélanges Wilmotle , t. II, p. 481. Nous reproduisons cette strophe telle qu’on la lit dans 
l’édition Picot. On pourrait, modifiant la ponctuation, la comprendre un peu différemment. 
Peu importe d’ailleurs, l’essentiel, c’est-à-dire l'existence de maStre Goret, étant acquis. 

2. On peut se demander si Boutechouque et Goret n'étaient pas des sobriquets. 

3. Par ex., fol. v v°, 1™ col., au lieu de Septimum capitulum, il faut lire Sextum capüulum. 
Fol. vj v«, i" col., au deuxième vers du second Notabile , au lieu de Lomme, lire Leonilé. 

4. Recueil d'Arls , p. 233. 

5. Id., p. 239. 

6 . Id. t p. lxxvi. 

7. En 1890, dans sa thèse, De Artibus rhetoricœ rhythmica, p. 70., M. Langlois n’avait pas 
hésité à corriger palmode en palinode. Mais sa conscience scientifique l’a empéché de persévérer. 

8. Ou psalmodia dans les éditions postérieures à Vérard. 


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— 6o — 


Croy, la forme palet noise qu'a cru devoir adopter M. Langlois est une mauvaise 
lecture du copiste du manuscrit 2159, comme paleourde est une mauvaise lecture 
du manuscrit 2375, comme palernode est une faute d’impression de l’édition de 
Vérard l . Dans le traité d’Henry de Croy, comme dans Y Instructif, il faut lire par¬ 
tout palinode. 

De toutes ces mauvaises lectures, on peut au moins conclure une chose, c’est 
que le mot palinode , en usage dans les chambres de rhétorique du nord de la France, 
était encore peu répandu et peu connu. Les copistes et les protes ne le compre¬ 
naient pas et ne savaient comment le lire. 

Il n’en résulte pas moins que la Taille palernoise , due à l'ignorance d’un copiste 
et à un excès de scrupule d’un érudit, risque bien de faire son chemin dans le monde 
des philologues. M. Henri Châtelain lui a fait un sort en l’accueillant dans ses 
Recherches sur le vers français au XV e siècle *. 

Une dernière remarque au sujet de Y Instructif. Il est utile et même indispen¬ 
sable de lire Fabri parallèlement à l’Infortuné. Il écrivait en prose et a pu exposer 
d'une manière clarifiée, quand il les a comprises, les règles souvent obscures de 
son prédécesseur. Fabri a extrait de Y Instructif de la seconde rhétorique plus de 
cinq cents vers, qu'il a cités sous le nom de l’Infortuné, en les modifiant parfois 
assez profondément. 

3 . Fol. xv. Doleance de Megere. 

[S]entant despict, controverse et fremeur 
Tenir les rengs sans doubte, sans cremeur... 

Le poème intitulé : Doléance de Mégère figure dans le manuscrit de la Bibl. nat., 
fr. 12490, fol. 44 à 67 v°, où il est attribué à Robertet. Il y est précédé de ces deux 
vers : 

Doleence de Megere ouvré neuf 

Mil quatre cens en l’en soixante et neuf. 

Pour que nul ne l'ignore, l’auteur a eu soin de se nommer d’un bout à l’autre 
du poème. Il raconte, dans la première strophe, que la paix et la concorde étant 
rétablies en France, il a imaginé de faire parler Mégère qui, à sa façon, commen¬ 
tera l'événement : 

Le(s) Queux a fait Megere s’en doloir... 

Toutes les trois ou quatre strophes, les lamentations de Mégère sont coupées 
de réflexions ou d’explications intitulées : Le Queux. Enfin, la conclusion est annon¬ 
cée par ces mots : Le Queux conclud. 

Ce poème n’est pas seulement abondamment signé. Il est exactement daté. 

Le Queux met dans la bouche de Mégère les vers suivants : 

1. Palernode figure dans le Dictionnaire de Godefroy, s. v. Palinod. 

2. Paris, 1907, p. 225 : t Molinet a donné sous le nom de taille palernoise la formule d'une 
pièce lyrique qui n’est pas sans parenté avec le fatras ». 


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Le Tonnant voy tendre bénignité 
Aux grans magnatz de l’isle de Lutesse... 


Quans sont huy maintz de désirs apaisiez 
Et retournés a grant transquillité. 
Dont deux cueurs se sont entrebaisés... 


Quel fut veu Mars, sept jour dedans septembre, 

Morne, attapi, sa fulgeur comme estainte... 1 

Il y a dans ces vers une allusion à la réconciliation de Louis XI avec Charles de 
France. Ce dernier avait reçu en apanage, le I er avril 1469, le duché de Guyenne 
et d’autres terres et seigneuries. L’entrevue qui scella cette réconciliation eut lieu 
au Port-Braud, le 7 septembre. 

Plus loin, Le Queux, relatant la fondation de l'Ordre Saint-Michel, fait parler 
Mégère en ces termes : 

Pûluler voy une religion 

Au grant honneur de l’ordre militaire... 


Le chief de l'ordre est, qui mal me contente. 

Le puissant duc de celeste exercice... * 

Viennent ensuite deux strophes intitulées : Du très chrcsticn roy Loys. La pre¬ 
mière fait l’éloge, assez mal en place dans la bouche de Mégère, du fondateur de 
l'ordre : 

Le fundateur dudit ordre touchié 
Est l'amoureux de la vierge vestable. 

Le chier françois de prudence embouchié 
A suscité(r) de pensee royalle 
En ses membres dilection fealle 
En ferme amour de justice au couraige, 

Sans laquelle non seulement l’usaige 
Du bien public, comme le dit Platon, 

D’ung petit peuple ou d'ung petit mesnage 
Peult consister, mais va comme a taston*. 

La seconde strophe nous apprend que le « second jour d’octobre », Louis XI 
fit remettre à son « guyennoiz frere » l’ordre de Saint-Michel : 

Advenu est que au second jour d'octobre 
Ledit dyve, par ses bons messagiers, 

Nobles, lectrés, sans macule ne obprobre, 

Bien renommés, précieux langagiers. 

Ses purs hommes et esleuz feagiers 
A envoié de voulenté unique. 

1 Jardin de Plaisance , fol. xvj. 

2. Fol. xx. 

3. Fol. xx. Le Queux se réfère à Platon. Mais il n’y a pas là traduction exacte d’un texte. 
C'est plutôt une opinion synthétisée formée de réminiscences diverses de la République, des 
Lois et de la Politique. 


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— 62 — 


Ledit ordre fondé en théorique 
Son guyennoiz frere de seppe et sousche 
Fait chevalier en constance héroïque. 

Cy point si poinct non actiner et bousche *. 

La Doléance de Mégère est donc un écho de la réconciliation des deux frères et 
date de la fin de l’année 1469. Regnaud Le Queux, qui paraît exactement informé, 
se trouvait-il en personne à Port-Braud et faisait-il partie, en qualité de secrétaire, 
de la « maignie » d’un des personnages de la suite du roi ou plutôt de celle du duc 
de Guyenne ? Il n’est pas nécessaire de faire cette supposition : Le Queux n’aurait 
pas manqué de se vanter d’avoir été présent à ce grand événement dont la nouvelle 
se répandit rapidement dans le royaume. Louis XI lui-même la fit annoncer de 
toutes parts. Partout la joie fut grande. Jean de Roye a eu soin d’en noter les 
diverses manifestations : « Moiennant la grâce de Dieu et de la benoiste Vierge Marie, 
le roy et mondit seigneur de Guienne furent reunis et mis en bonne paix et amour 
l’un avec l’autre, dont moult grant joye fut incontinent espandue par tout le royaume, 
et, pour ceste cause, dit et chanté en saincte eglise Te deum laudamus, fait les feux 
par toutes les bonnes villes, tables rondes dressees et de moult grans soûlas, esbate- 
mens et joye pris » a . Regnaud Le Queux prit part, à sa façon, à la joie universelle. 
Il écrivit la Doléance de Mégère pour plaire au roi ou au duc de Guyenne, ou à tous 
les deux à la fois. Mais il est peu probable que Louis XI, s’il a jamais eu ce poème 
sous les yeux, ait beaucoup goûté les vers savants et pédantesques de Regnaud 
Le Queux. 

Le poète imagine que, placé auprès « d’ung creux », il a l’occasion de jeter un coup 
d’œil sur les « salles plutoniques » et d’y voir et d’y entendre la « terrible meignye » 
qui gouverne le barâtre. La nouvelle de la paix qui s’apprête à régner en France, 
à la suite de la réconciliation des deux frères, est parvenue jusqu’au fond des enfers. 
Mégère, « des fureurs présidente », se demande avec effroi si les humains ne vont pas 
revenir à l’âge d’or et si Paix, Innocence, Honnêteté, Raison, Chasteté et Liberté, 
ne vont pas prendre la place de Fraude et de sa séquelle. Elle se promet bien de tout 
faire pour s’opposer à pareil désastre. Elle convoque ses fidèles, les met au courant 
des événements et leur montre comment il faut agir. Elle a réduit à rien, raconte- 
t-elle, douze a grans magnatz » qui furent « démoqués » et perdus, Pélée, Laerte, 
Priam, Xerxès, Nestor, Annibal, Alexandre, Mithridate, Crésus, Marius, Galba 
et Othon. Mégère met tout son espoir dans sa magie. Elle en sait plus que tous les 
sorciers du monde, à commencer par le premier en date, Zoroastre. Elle attend le 
moment favorable pour faire avancer ses troupes et commencer les hostilités. 
Ses lamentations finies, Mégère disparaît dans les profondeurs du barâtre *. 

1. Fol. xx. Lire : mon attine et vousche. 

2. Journal de Jean de Roye, édit, de Mandrot, t. I, p. 231. 

3. Le texte de la Dottance a été bien maltraité par les compositeurs du Jardin de Plaisance ; 
il fourmille de fautes. Un exemple : Le grant Cresus, le roy des hydeux (fol. xix) pour Lydiens. 
Le vers au bas de la i r# col. du fol. xxj est à supprimer. C’est une répétition d'un vers de la 
strophe précédente. Fol. xvij v°, il faut rétablir Megere, après les trois premiers vere de la 
i fp colonne. De même, fol. xx, avant les trois derniers vers de la 2* colonne. 


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63 — 


Dans un épilogue qui ne manque pas d’intérêt, Regnaud Le Queux raconte 
comment il fut mis au courant des choses infernales et comment l'idée lui vint 
d’écrire la Doléance de Mégère. Il cherchait un jour « quelque occupation à passer 
temps » ; il pensait même écrire, avec « son povre engin », quelque chronique ou 
quelque « ephimere » : 

Pourpensoie quel propos je tendroie 
Et se des jours croniquer je sçauroie 
Par cy passés, faisant quelque ephimere, 

Ou si des moys racomptcr je pourroie 
Ou des longs ans maticre colatcre l . 

Il avait déjà au « poing la plume » et il allait « jetter les matières en ordre », 
quand Phébus survenant lui montra les périls d’un tel projet. Le Queux en était 
là, ne sachant que faire, lorsque « ung philosophe » originaire de l’Istrie, grand 
« cosmographe », vint lui proposer un sujet de poème : 

Mais tantost vint vers moy, en se rusant, 

Ung philosophe, ainsi qu'il luy pleust tendre. 

Qui se monstra, se bien le sceu entendre. 

Cosmographe de art, mais de nacion. 

De son climat et de sa région, 

Hystrien, qui me dist : « Veulx tu merveilles 

• Considérer en ta profession 

• A delecter tes yeulx et tes oreilles ? » 

Ce cosmographe qui avait écrit une description de la terre expliqua à Le Queux 
attentif « les pars de son ouvrage ». Il lui révéla la situation du barâtre : 

Tant escoutay suivant sa narrative 
Qu'il me mena jusque au pays de Mure, 

Ou est la mer Caspie protensive, 

Ou Boreas comprent son ouverture, 

Ou le Thaure prent sa sublimature, 

Non renommé par hystoires et gestes, 

Et autres montz humereux sur leurs testes, 

Entre lesquelz me monstra le Baratre. 

Le Queux recueillit là les propos de Mégère, mais, peu rassuré, il supplia son 
guide de quitter ces lieux « ou tout horreur adhéré » : 

A l'Ethic dy : « Je te pry(e), ne diffère 
Nous reculer de ces lieux ennuyeux... » 

Il remercia « ledit grant philosophe » et exprima le désir, « pour son amour 
gaigner », d'en savoir davantage : 

Mais il me dist : « Il suffist pour ceste heure. 

« Je t’ai assez montré pour empraigner 
« Ton simple engin. Vaille a Dieu et demeure. » 


x. Fol. xxi. 


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04 — 


Oubliant les paroles de haine et de discorde sorties du barâtre, et reprenant 
espoir et confort, Le Queux termine la Doléance de Mégère en se réjouissant de la 
« prestante concorde » qui vient de naître en France. 

On chercherait vainement parmi les contemporains de Le Queux le grand phi¬ 
losophe, cosmographe et istrien, qui serait venu vers lui « en se rusant » et qui lui 
aurait tenu des propos savants sur la situation du barâtre. 

Il s’agit ici d’un personnage du IV e ou du V e siècle, connu sous le nom d’Ethi- 
cus, originaire de l'Istrie, auteur d’un traité de cosmographie en grec, aujourd’hui 
perdu, dont nous possédons une traduction latine attribuée à saint Jérôme 1 . 

Dans un autre de scs ouvrages, Le Barâtre infernal, Regnaud Le Queux parle 
à nouveau, d’après saint Jérôme et « le sophiste hystrien », du pays de Mure et du 
barâtre : 

Sainct Hyerome dit qu’au payz de Mure 
La mer Caspie y a son extensure, 

Et Boreas et le hault mont du Thaurc, 

Et autres monts, trop plus haulz qu'en Ysaurc, 

Ou le sophiste hystrien, cosmographe. 

Qu’il translata de sa subtile graphe. 

Dit Acheron fumant et le baratre 

Ou se oyent souffre et feu détroit débattre 

Comme en chauldiere ou gourgoussent les ondes, 

Rendans pueurs importables aux mondes*. 

Ailleurs, dans le même Barâtre infernal, Le Queux s’en réfère à « sainct Hyerome 
en la translation de l’Ethic hystrien, cosmographe, c’est descripveur du monde » 3 . 

Son pédantisme mis à part, Regnaud Le Queux fait preuve dans la Doléance 
de Mégère, d’une connaissance minutieuse de l’antiquité grecque et latine. Il s’était 
nourri plus ou moins bien de Virgile, d’Horace, d’Ovide, de Juvénal et de beaucoup 
d'autres. Est-il besoin de le montrer par quelques exemples ? 

Mégère parle de Proserpine. 

Que Juvénal appelle urne de mort 4 . 

Le Queux ici semble avoir été mal servi par sa mémoire. On chercherait vaine¬ 
ment dans Juvénal un passage semblable. Dans le Barâtre infernal, où il a l'occasion 
d'expliquer comment fonctionnait l’urne, « en laquelle sont autant de petis chil- 
loux ou de noms comme il est de créatures survivantes, dont au branler d’ycelle 
le premier qui en yst sort ainsi et premiers de la lumière de ceste vye, pourquoy elle 


1. Voir M. d’Avezac, Ethicus et les ouvrages cosmographiques intitulés de ce nom, Paris, 1852 
(Extrait des Mémoires présentés par divers savants à VAcadémie des Inscriptions et Belles Lettres, 
i re série, t. II). La Cosmographia d'Ethicus a été publiée par Heinrich Wuttke h Leipzig en 1853. 
Voir également Cosmographie d'Ethicus, trad. en français par Louis Baudet. Paris. 1843. 

2. Bibl. nat., fonds fr. 450, fol. vj**iij et v°. 

3. Ib., fol. vj**xv. 

4. Jardin de Plaisance, fol. xvij. 


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est appellee urne de mort » \ Le Queux renvoie en marge non plus à Juvénal mais au 
vers d'Horace 

Omne capax movet uma nomen *. 

Quelques vers plus loin, Mégère s'écrie : 

Hurtons les bons, francz, loyaulx, équitables, 

Purs, honnestes, convenans à raison. 

Au bien public sceans et prouffitables. 

Comme Paul, Cosse et Druse en leur saison 3 . 


Le Queux s'inspirait ici de la VIII e satire de Juvénal et se souvenait de ce 
vers : 

Paulus vel Cossus vel Drusus moribus esto 4 . 


Plus loin encore, il renvoie à la « seconde satire » et parle de Caron et de son 
« coquet » et des raines « au gourt noires du Stigial paluz » G . 

... et Stygio ranas in gurgite nigras •. 

Il fait allusion à Xerxès 


Qui entreprist d’oultrecuider injuste 
Rompre Athènes, comme Sostrat le chante 7 . 

C'est le Sostrate de la satire X de Juvénal. 

U mentionne « Sethegne et Lencul » 8 , qu’il faut lire Setheguc et Lcntul. Il s’agit 
ici de deux personnages de la satire VIII : Céthégus et Lentulus. 

U cite expressément la satire X : 

Notes l'abay de mes presumptueux 
Par la satyre Omnibus in terris . 

Grant chose il dit l’excellent satirique 
En celle la dixiesme confrontée, 

Y desployant toute sa rethoricque 
En détestant la puissance effrontée, 

Tost mise au bas, sans famé racomptee, 

Des prepotens, des dives, des satrapes ... 9 

Ailleurs, enfin, il parle de « Paris panthonime » et de 

Maton, Nychim ou Crispin Niliaque 10 , 


1. Bibl. nat., fonds fr. 450, fol. lviij v°. 

2. Odes, liv. III, I, v. 16. 

3. Jardin de Plaisance , fol. xvij. 

4. Sat. VIII, v. 21. 

5. Jardin de Plaisance, fol. xvij. 

6. Sat. II, v. 150. 

7. Jardin de Plaisance , fol. xviij v°. 

8. Id. t fol. xix. 

9. Id., fol. xix v°. 

10. Id., fol. xx v°. 

PLAISANCE 5 


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qui sont le Paris pantomime de la satire VII, le Mathon, le Monychus et le Cris* 
pinus de la I re satire. Quant à Niliaque, c'est la 

pars Niliacæ plebis 1 ! 

Dans les vers suivants sur les « offices des maigues », mis dans la bouche de 
Mégère, une allusion intéressante concerne la o pharmaceutrie » de Virgile : 

Je congnois tout ce que mathématique 
A peu sçavoir et bouter en avant, 

Auspice, augure ou genedyatique. 

Horoscope, speculaire sçavant, 

Ariole, conjecteur hault gravant, 

Phitien vultivole en ymage. 

Dont Virgile, en toutes doctrines sage. 

Fait mencion en sa pharmacentrie 2 . 

On sait que la « pharmaceutrie » de Virgile est la seconde partie de leglogue VIII 8 
où sont décrites les recettes magiques employées par une bergère pour ramener un 
amant infidèle 4 . Le vers « Phitien vultivole... », qui ne présente pas de sens, pour¬ 
rait être corrigé en 

F.t philtrien multivoie en ymage. 

Un autre rébus se trouve à la strophe suivante intitulée : Du premier maigue . 

Zoroastres des Batrienniens, 

Roy que Nynus desconfit en bataille. 

Mon escolier es ars magiciens, 

Fait par vingt fovs cent mille vers en taille 

Metrifique, comme Aristote baille, 

Que Demochrit après amplifia... 8 
• 

Où donc l’auteur de la Doléance de Mégère a-t-il puisé sa science au sujet de 
Zoroastre, d'Aristote et de Démocrite ? Il n'indique pas sa source comme il a la 
bonne idée de le faire quelquefois. Dans les écrits qui nous sont parvenus d'Aristote, 


1. Sat. I, v. 26. 

2. Jardin de Plaisance, fol. xx v° : pharmaceutrie rime avec charpcntnc. 

3. C'est une imitation de la seconde idylle de Théocrite intitulée «pxvnaxrjTpis, la magi¬ 
cienne. 

4. A propos de sorcières. Le Queux ne manque pas de citer les « demoquees » 

Phitonisses la Canydc ou Sagane 

Qui ont rendu mainte jeunesse orphane 

De sa santé en langueur d’amour blesmc... (fol. xviij). 

Il connaissait les vers d’Horace : 

Vidi egomet nigra succinctam vadere pal la 
Cankliam pedibus nudis passoque capillo, 

Cum Sagana majore ululantem... 

Sat. liv. I, viii, v. 23. 

5. Jardin de Plaisance, fol. xx v°. 


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— 67 — 


le nom de Zoroastre ne figure pas. La tradition, il est vrai, lui attribuait un ouvrage 
(6 Mayixè;) dans lequel il parlait des Perses et de Zoroastre 1 . Mais ce n'est pas là 
que Le Queux a trouvé le renseignement sur les « vingt fois cent mille vers » de 
Zoroastre. Il a tiré sa science de deux passages de Pline l’Ancien qu’il a, du reste, 
mal compris. Parlant de la magie, inventée en Perse par Zoroastre, Pline a écrit 
ces lignes : « Eudoxus, qui inter sapientiæ sectas clarissimam, utilissimamque eam 
intelligi voluit, Zoroastram hune sex millibus annorum ante Platonis mortem 
fuisse, prodidit. Sic et Aristotelis. Hermippus qui de tota ea arte diligentissime 
scripsit, et vicies centum millia versuum a Zoroastre condita, indicibus quoque 
voluminum ejus positis explanavit... » * Ayant, semble-t-il, mal ponctué ce texte. 
Le Queux a mis sous le nom d'Aristote ce qui n’appartenait qu’à Hermippus. Plus 
loin, dans le même chapitre, Pline parle de Démocritc qui commenta les écrits 
d’Apollobechen le Copte et d’autres mages. Le Queux, distrait, a identifié Zoroastre 
avec l’un d’eux. 

Il ressort des divers passages de la Doléance que nous venons d’énumérer que 
Le Queux avait incontestablement beaucoup lu et beaucoup retenu. C’était, en 
son genre, un puits de science. Doué d'une excellente mémoire, il faisait un étalage 
peu discret et souvent peu intelligent de son érudition. Livresque et pédant, tel il 
est dans la Doléance de Mégère, tel nous allons le trouver dans ses autres ouvrages. 

Il naquit, à ce qu'on peut supposer, vers 1440. Jean Bouchet, en 1516, dans le 
Temple de Bonne Renommée, le traite de picard, de langage sans doute sinon d’ori¬ 
gine. Le Queux lui-même, dans un acrostiche du Barâtre infernal s’intitule Regnaud 
Le Queux de Douay. Il serait donc né à Douai en Flandres. Il fit ses études de droit 
et obtint le grade de licencié ès lois. Si, comme nous le croyons, il est l’auteur du 
Donnet, il fait allusion aux aventures amoureuses de sa jeunesse, lorsqu’il avait 
« la teste folle ». Mais peut-être exagère-t-il, les poètes, comme on l’a remarqué, 
voulant tous passer pour d’anciens mauvais sujets. Il faut croire qu’il a trouvé le 
temps de beaucoup travailler, puisqu’il est devenu « ung homme sçavant ». En 1469, 
il composa le poème de la Doléance de Mégère, dans lequel il a transvasé toute sa 
science scolaire. Peu après, en 1470, en même temps que Robert du Herlin, 
secrétaire du roi s , il offrait à la duchesse d’Orléans, Marie de Clèvcs, un recueil 
de ballades et de rondeaux. Ces ballades et rondeaux sont aujourd’hui perdus. 
Quels sujets traitaient-ils ? Amoureux, sans doute. Peut-être, au fait, figurent-ils 
en bonne place dans le Jardin de Plaisance. 

Une autre œuvre de Regnaud Le Queux qui date de la même époque, le Miroir 
de Cour, est aussi perdu. Nous ne savons de ce tableau de la vie curiale que ce qu’il 


1. Diogène Laërce, Vie des philosophes, ch. I et II de la Préface. 

2. Histoire naturelle , liv. XXX, chap. II. 

3. Laborde, Les ducs de Bourgogne , Paris, 1852, t. III, n° 403 : « Je Berthault de Villebresmc, 
licencié en lois, conseiller de Madame la duchesse d’Orléans, certifie que Michel Gaillart a paié 
et baillé a maistres Régnault le Queux et Robert du Herlin, secrétaire du Rov N. S., la somme 
de vingt deux livres tournois, laquelle somme ladicte dame a donnée et ordonnée aux dessusdits, 
a chascun par moictié, en faveur de ce qu’ils ont donné a la dicte dame certains livres par eulx 
fair de balades et rondeaulx. Août 1470. » Cf. Catalogue Juursanvault, Paris, 1838, t. I, n° 852. 


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— 68 — 


en dit lui-même dans le Baratte infernal en un chapitre intitulé '.Vision du roy Char - 
lemaigne, selon son cronographe Turpin, qui congneult et vit ses conseillers et autres en 
enfer. Et ce du Miroer de court encommencé de Vacteur. 

Souvenu m’est qu’en ung Miroer de court , 

Soixante et onze apres mille comptez, 

Voyant le temps comment court et deoourt, 

De vice francs les ungs, aultres domptez, 

Apprés pluiseurs exemples racontez. 

Sens et raisons, la vision touchay 
Apprés Turpin et brief la debouchav 
De Charlcmaigne, ainsi qu’en enfer vit 
Ses conseilliez et voir les desservit K 

U Instructif de la seconde rhétorique, composé pour « aucuns licenciez en loiz » 
se placerait sous le règne de Louis XI, à supposer, bien entendu, que l’Infortuné 
soit Regnaud Le Queux. 

Le sujet de la description de l’enfer, en germe dans la Doléance de Mégère , tenta 
une seconde fois Le Queux, qui était un esprit méthodique et pesant. Il composa 
en 1480 une vaste compilation fort savante, en prose et en vers, le Barâtre infernal. 
Regnaud Le Queux connaissait Dante ; il le cite, mais ne s’en inspire pas. Peut- 
être même avait-il l’ambition de refaire doctement un sujet que le poète « tusque » 
avait traité légèrement ! Un autre ouvrage, la Mansion céleste , était la contre-partie 
du Barâtre infernal , quelque chose comme le Paradis de Dante refait par Le Queux 
qui avait déjà récrit l'Enfer. Cet ouvrage perdu est mentionné par Bouchet qui 
se pâme devant « la tresnoble science » de Le Queux : 

Si vous voyez la Mansion celeste, 

Le grant Barastre , avec toute la reste, 

Des nobles faitz du Queux qui fut picart, 

Partout ferez extime de son art, 

De son sçavoir et tresnoble science. 

Et de ce faitz juge ma conscience *. 

Il est probable qu’à l'exemple d'autres beaux esprits bien rentés, Le Queux se 
mit à la recherche de quelque grand patron. Il était, semble-t-il, protégé par le 
gouverneur de Picardie, Charles de Gaucourt, « vray amateur des Muses », con¬ 
seiller et chambellan du roi. A défaut d’une charge de secrétaire ou d’historiographe 
officiel, toujours difficile à obtenir, il eut la chance de trouver une occupation 
qui convenait à sa mentalité de maître d'école, il fut nommé précepteur de René 


1. Bibl. nat., fonds fr. 450, fol. ccxviii v°. Ces vers sont cités par P. Paris, Les manuscrits 
fratiçois, t. IV, p. 174. 

2. Le Temple de bonne renommée, fol. xlvij v° (Bibl. nat.. Rés. Ye 355). Quelques vers plus 
haut, Jean Bouchet avait placé Le Queux au nombre des bons écrivains de France, aux côtés 
de Milet, des Grcban, de Georges Chastelain, de Castel, de frère Guillaume Alexis, de Meschinot 
et de Saint-Gelais (fol. xlv). 


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— 6 9 — 


de Bretagne. C'est du moins ce que nous apprend une note du commencement du 
xvi® siècle écrite sur une bande de parchemin aujourd'hui collée sur le plat de 
la couverture du Barâtre infernal 1 : « Le Baratre composé par maistre Regnauld 
Le Queux, licencié en loix, précepteur de treshault et puissant seigneur Monsei¬ 
gneur le conte de Painthievre et de Perigueux, viconte de Lymoges et de Bridiers, 
seigneur de l’Aigle, de Chantoceaux, de Boussac, des Essars, de Paluyau, etc., 
messire René de Bretaigne, chevalier ». 

Le jeune élève de Regnaud Le Queux fut-il ébloui par la science de son pré¬ 
cepteur ? Celui-ci sut-il sortir de ses livres et s’humaniser ? Nous ne savons. René 
de Bretagne eut par la suite une existence mouvementée. Il suivit en Italie le con¬ 
nétable de Bourbon, se battit pour Charles Quint et mourut à Pavie. Ses père et 
mère s'étant mariés en 1468, sa naissance peut être placée vers 1470 et le précep¬ 
torat de Le Queux entre 1480 et 1490 2 . 

Le préceptorat terminé, maître Regnaud Le Queux se mit en quête de la siné¬ 
cure rêvée. En 1491, il composa le Donnet qu'il dédia au roi de France. Lorsque 
le jeune Charles devint roi, de tous côtés les rhétoriqueurs du royaume lui offrirent 
leurs œuvres en prose et en vers. Le « petit présent » très intéressé et d’un horrible 
mauvais goût que Le Queux fit au nouveau souverain lui valut-il quelque honnête 
gratification ou passa-t-il inaperçu dans la foule des « donnets » de ce genre ? Le 
Queux trace de lui-même un portrait désolé : il est vieux, sans ressource et gout¬ 
teux, il n'est plus a optatif » que de deux choses : lit mol et bon vin. 

Martin Le Franc, dans le Champion des dames , déclarait que le métier d'homme 
de lettres était 

mcstier pour mendier 
Et pour honteusement mourir 3 . 

Regnaud Le Queux en fit la cruelle expérience. Pressé par la nécessité, il revint 
à la charge auprès de Charles VIII. Il se trouvait posséder un extrait du traité 
d'astrologie d'Albumazar 4 , orné de nombreuses miniatures et de dessins coloriés 
relatifs aux signes du zodiaque. Pour attirer l'attention sur sa docte personne et 
se faire quelque argent, il eut l'idée d’offrir au roi ce médiocre volume 5 , en ayant 
soin de l'accompagner d'une sorte de dédicace de vingt-cinq quatrains, dans laquelle 
il laissait entendre clairement qu'une place d’historiographe lui conviendrait le 
mieux du monde. Voici ces vers : 


1. Bibl. nat., fonds franç. 450. 

2. Sur René de Brosse dit de Bretagne, voir le P. Anselme, t. V, p. 575. La mère de René, 
Louise de Laval, mourut en 1480. On peut croire que le préceptorat de Regnaud Le Queux 
commença à ce moment-là. 

3. A. Piaget, Martin le Franc, p. 104. 

4. Sur Albumazar et la traduction de son Livre des conjonctions et des révolutions, au 
xiv® siècle, par Amoul de Quinquempoix, médecin de Philippe le Bel, de Louis X et de Phi¬ 
lippe V, voir un article de M. A. Thomas, Histoire littéraire de la France , t. XXXV, p. 630. 

5. Bibl. nat., fonds latin 7331. 


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— 70 — 


Au Roy t son souverain seigneur , prepotent dyve , Regnauld le Queux , son tresliumble poeU , 
sa/:// cternel. 

i. Passez parmi mes mains livres de sens divers, 

De estranges taincts couvers, cy roux, cy bleux, cy vers. 

Retournant les foeulletz, et estez et yvers, 

D'ung ore entre aultres veu, en dicte A escry vers. 4 

2 Congneux les temps passez ont esté astrologues, 

Aguz, grans et savans, prétextez et en togues, 

Qui n'ont en leur savoir voulu se montrer rogues, 

Ains en tout liberaulz, plus que phisiologues. 8 

3 Desquclz Albumasar, contemplant les ostoilles. 

Les ymages du ciel ayant pour ses menoilles, 

Les descrivans au cler, n'y interposant toilles, 

Si non en scs effects ou desploye ses veilles. 12 

4 Ccstuy, pour principal, parla des corps celcstes 
En mille et vingt et nœuf, les mettant en attestes 
Par noms de luy congneux, comme hystoires et gestes, 

Et ce pour éviter et tempestes et pestes. 16 

5 Astrologue ne suy, j’en parle a l’adventure, 

Bien perccoy le ciel cler quant n’y a couverture, 

Comectes ne congnoy sur mondaine jacture, 

Ne sign s n’ay a main a en donner lecture. 20 

6 Pararellcs ne sçay, colures ne emyspere, 

Ne le pol enthartiq, ne des cieux une spere, 

Epychicles ne entends, bien l'cquinoxe esperc, 

Mon solstice actendant ou mon salut appere. 24 

7 Haymon Kaliphus et Ptholomé Almageste, 

Harès et Hysmenin, son disciple modeste, 

Voire et Halim Syrus et Arath que proteste 

Sien Grcce et Hygumon, ceux la l'art siens conteste. 28 

8 Derrière mis Athlas n’est qui le ciel porta 
Qui des speres toucha et bien s'i assorta, 

Ne Abraham qui premiers les Hebrieux enhorta 

De ce qu'il en congncult, dont moult s'i conforta. 32 

9 Alain, poete ancien, parmi son grant volume. 

C'est Anthyclaudicn, passe en sa riche plume fol.2 

Du dict Albumasar. Quoy ? Se je le résumé, 

Soit dit non pas de moy que le dict m’y allume. 36 

10 Du ciel doneque estclle, voire et des sept planètes 
Touche le dict au cler, ne soit eu pour sornetes. 

Le ire des cieux, armant la terre en ses trompetes, 

Disant des corps de ensuz les fureurs et disetes. 40 


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— 7i — 


11 Aux terres leur conseil et raconte et raportc, 

Les mortelz ad visant se avoir en saine sorte. 

Cela qui caduque est affermant de main forte. 

Ou pour s'i bien trouver, il en œuvre la porte. 44 

12 Athlas soustint le ciel, des astres sustenté, 

Dudict porta le faiz sans estre craventé, 

Soustenant, soustenu, n'en estoit adenté, 

Aux corps d’ensuz cedant d’en dire entalenté. 48 

13 Séant est a magnats ces matières congnoistre 

Et les signes d'en hault recuylliez en ung cloistre, 

Qui vouldra sainement sa prospérité croistre, 

Hault courage y mectant a ne se descongnoistre. 52 

14 Doncques Albumasar en mes mains descendu 
Ay quiz de franc vouloir a ce vostre tendu. 

Mon dyve prepotent, sans que temps suspendu 

Y fut, le vous tendant a ce de cueur rendu. 56 

15 Se avecq homme preveu les fœullctz remiretz, 

Signes en leurs effects de ymages la tiretz 

Et planètes en cours ou vos sens amplirez 

Verrez, atant vailliez en effeetz desirez. 60 

16 La tour des vents emprés est dcscripte seante 
Aux haulz entendements, au depaindre plaisante, 

La paincture et l'escript s'a la raison se hante 

Monstrent de grans secretz, comme l'effect se chante. 64 

17 Ioye en tout me seroit par la terre en douaire 
Se je avoye de amont grâce de vous complaire, 

Tel quel soit mon savoir, a vos bons plaisirs faire 

S'est du tout dedyé en pensee sommaire. 68 

18 Trente six chieps de œuvre ay de mes mains graffiquiez, 

Les ungs plus estenduz, de leurs sens impliquiez, 

Quant vostre gré sera, tost seront appliquiez 

En vostre havre exprès a les voir expliquiez. 72 

19 Atant mon petit don et le homme poy affable 
Se livre vostre entier, recuylliez le acceptable, 

Qui de vous graffiquicr, vos haulx faits mectre en table. 

Met cueur, corage et sens, chose a luy délectable. 76 

20 Que saroit on des netz, se de eux escript n’estoit ? 

Se tiltres de leurs faicts les homs ne amonestoit ? 

Se famé, qui mort vainct, vivre ne leur prestoit ? 

Se gloire, qui ne fault, siens ne les conquestoit ? 80 


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— 72 — 


21 Vivre ça juz long temps sans y acquerre famé 

Et sans y mériter beau loz de corps et de ame 

Est autant que d’ung baing en tirer une drame 

Voire ou que ung foeulleteau de papier de une rame. 84 

22 Scipion voult avoir ses tesmoignes les Muses. 

Sans elles besongnier, beaux faicts sont mis en ruses. 

Sans quoy œuvres de pris se trouveront recluses. 

Qui fait chose a loer au cueur les veult incluses. 88 

23 Par famé les anciens vivent orc et encore 

Qui ja sont ensebliz, de moult ancien tempore. 

Qu'est ce qui ne se veult en ses patiz enclore ? 

Veu qu'elle est seulement celle qui tout décoré. 92 

24 Savoir, valoir, voloir poursuyvent renommée. 

Voyant prospérité la royale sommee 

Qui gloire actend sans fin durable inconsummee 

Ou paresce se voit de vertu assommée. 96 

25 Vailliez, mon prepotent, voyez le vostre entier. 

Vailliez constant, bien duyt tous jours le bon sentier, 

D’immortele vertu tenu son vray rentier 

Et de Clyo voyez son viellart charpentier. 100 

On voit le but auquel visait Regnaud Le Queux en offrant au roi « son petit 
don ». Il montrait, avec une certaine insistance, le rôle des poètes et des histo¬ 
riens sans lesquels « la famé » des héros serait pour toujours ensevelie. Vieil écri¬ 
vain, auteur de « trente-six chieps de œuvre », il serait heureux de mettre tout 
son cœur et toute son intelligence à « graffiquier » les hauts faits du souverain. Le 
roi se laissa-t-il toucher par le vieillart « charpentier » de Clio ? Paya-t-il grasse¬ 
ment les prophéties d’Albumazar ? Mystère. 

Enfin, dernier travail du vieux rimeur. Il est chargé, vraisemblablement, par 
Vérard en 1501, de mettre debout une vaste anthologie précédée d’un traité 
de seconde rhétorique. Le Queux place en tête du Jardin de Plaisance deux ou 
trois de ses propres œuvres et offre ce nouveau volume au successeur de 
Charles VIII : 

Ce don te donne de sens pusilanime. 

Telle fut vraisemblablement la carrière de Regnaud Le Queux. Sans doute 
avons-nous fait place à une part plus ou moins grande de suppositions, à côté de 
quelques détails mieux établis. Le lecteur jugera facilement de la valeur de ces 
divers éléments. D'un côté, il y a Regnaud Le Queux et la Doléance de Mégère , 
le Barâtre infernal et les vers sur Albumazar. De l’autre, il y a Y Instructif de la 
seconde rhétorique et le Donnet baillé au feu roi Charles huytiesme de ce nom. Nous 
avons expliqué plus haut, pour quelles raisons extérieures, nous croyons pouvoir 
attribuer ces deux derniers traités à Regnaud Le Queux lui-même. Si on prend la 


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— 73 — 


peine, au sens propre du mot, de lire tous ces ouvrages, on est amené à relever 
quelques menus faits internes concordants. 

On pourrait, à la rigueur, faire état de la science indigeste mais peu commune 
qui s'étale dans l'un comme dans l'autre de ces poèmes. On pourrait de même 
insister sur la « diphtongue picarde », signalée, condamnée mais utilisée dans l'/ns- 
tructif et qu'on retrouve dans le Donnet comme dans la Doléance de Mégère et dans 
le Barâtre infernal l . 

Bornons-nous à signaler deux ou trois expressions qui ne sont pas d’un usage 
courant et que Regnaud Le Queux affectionnait particulièrement. Tel le mot 
« magnat » a . 

Doléance de Mégère , fol. xvj : 

Le Tonnant voy tendre begninité 

Aux grans magnatz de l'isle de Lutesse... 

Plus loin, fol xviij v° : 

Les grans magnatz de fureur instigiés... 

Dans les vers sur Albumazar, quatrain 13, vers 49 : 

Séant est a magnatz les matières congnoistre... 

Dans le Donnet , on ne trouve pas magnat mais magnalité , fol. xxiij : 

Premièrement magnalité 
Est en vanité infinie... 

Dans VInstructif on rencontre deux fois le mot dyaphanon. On lit (fol. vj v°) 
au sujet de « leonité » : 

Bonne est encontre mignon 
Ou encontre dyaphanum... 

Et plus loin, fol. x v° : 

Promotheus par constellation 
Souvent transmet délicieusement 
Dyaphanon par illustracion 
Pour esclarcir substancieusement 
D'ung transparent rayfulgent et celique... 

Dans le Barâtre infernal (fol. vij xx xij), Regnaud Le Queux explique ce qu'il 
faut entendre par dyaphanum et dyaphaneyté . 


x. Il est vrai qu’on retrouve ce genre de rimes chez de nombreux poètes du xv° siècle, Villon 
par exemple. 

2. On rencontre fréquemment dans la Doléance le mot maigne ou magne : Des divers offices 
des maignes (fol. xx v°). Du premier maigne (fol. xx v°), Des sotz magnes (fol. xviij), les gens 
magnes (fol. xix). Il faut lire partout maigue ou ma gués pour mages. 


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— 74 — 


A la fin de la dédicace du Livre d’Albumazar, Le Queux se traite de « vieux 
charpentier » de Clio. Dans la Doléance de Mégère (fol. xx v°), il parle de sa « char¬ 
penterie ». Dans l'instructif, de même (fol. x), l'Infortuné s’écrie : 

Dieux, que de nouveaulx charpentiers ! 

Mais il est une concordance d’un autre ordre, que nous avons eu déjà l’occa¬ 
sion de relever. C'est à la demande « d’aucuns licenciés en loix » que l'Infortuné 
dit avoir composé l'instructif. Qu’est-ce que ces licenciés ès lois viennent faire là ? 
Pourquoi s’adressent-ils à l'Infortuné ? Tout s'explique si l'Infortuné est le même 
personnage que Regnaud Le Queux, licencié ès lois lui-même. Des légistes s'in¬ 
téressant à des choses de rhétorique se sont adressés à un confrère, ancien « com¬ 
pagnon », qui était poète en même temps que juriste. Dans le Barâtre , Regnaud 
Le Queux fait l'éloge de deux ou trois de ses amis, dont l’un au moins pourrait 
bien être l'un des licenciés en droit dont il est question dans l'instructif. Le Barâtre 
infernal est dédié àun« grant legisperite », maistre Jean Pastureau. 

Écrivant en 1841 dans ses Manuscrits françois de la Bibliothèque du roi 1 la 
notice sur le manuscrit 7037 (aujourd'hui Bibl. nat. fonds franç. 450), Paulin 
Paris concluait en ces termes : « Dieu, dans sa miséricorde, ne tire jamais de la foule 
innombrable des poètes inconnus maistre Regnaud Le Queux, auteur de la Maison 
céleste, du Baratre infernal et du Miroir de Court ! » 

Certes, nous eussions préféré laisser dormir l'auteur de la Doléance de Mégère 
et du Barâtre. Sans le Jardin de Plaisance, nous n’aurions jamais eu l'idée d'en 
entretenir les membres de la Société des anciens Textes. C'est une des misères 
de l'érudition que d’être obligé parfois de s’occuper de gens qui n’en valent guère 
la peine. Mais il faut être juste, Regnaud Le Queux vaut bien Molinet. 

Nous n'engageons personne à lire le Barâtre infernal. Peut-être toutefois se trou¬ 
vera-t-il quelqu'un qui aimerait savoir ce qu'il y a dedans. L'auteur ayant pris 
soin d'établir méthodiquement les rubriques et les sources de son livre, (que Paulin 
Paris nous pardonne !) nous les publions ci-après. 

Le Barâtre infernal nous a été conservé dans trois manuscrits : Bibl. nat. fonds 
franç. 450, Chantilly, Musée Condé, 655, Rouen 681 2 . 

Dans le volume de la Bibliothèque nationale, au v° du 6 e feuillet de garde, on 
peut lire dix vers latins composés en l’honneur de Regnard (sic) Le Queux par 
Michel d’Avrillant, originaire de l'Aunis. Cette epigramma, inutile à reproduire 
ici parce qu'elle n'apprend rien du tout, est intitulée : Michaelis Davrillant, alninien- 
sis, in Baratrum acutissimi poethe Reginardi le Queux epigramma decastichon. 

Après une introduction générale sur Demogorgon, Eternité, Cahos, Noise, 
Pan, sur les « trois sœurs fatales » et sur fatum lui-même, Regnaud Le Queux explique 
qu'il adresse son « humble stile » à « son cordial frere et amy cytoyen rupellain 


1. Paris, 1841, t. IV, p. 171-179. 

2. Un manuscrit du Barâtre se trouvait dans la bibliothèque d'Anne de Bavière. Cf. Quen- 
tin-Bauchard, Les femmes bibliophiles, t. I, p. 307. 


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— 75 — 


grant legisperite » *. Ce citoyen de la Rochelle s’appelait maître Jean Pastureau, 
seigneur de l'Hommée *. Pour lui faciliter la lecture du Barâtre, Le Queux a pris 
la peine d’en dresser la table : « Pour trouver les parties singulières plus facile¬ 
ment par rebruches et chapitres et qui y vouldra palestriser et exercer en récréant 
passetemps et salutaire estude, j’en ay, te contemplant, mon compaignon loyal, 
la table dudict excogité mise en patente lumière, te ayant empraint en mon cueur 
et conjoinct a mon ame ». Le Queux applique à son ami le mot d’Horace à Virgile : 
animae ditnidium meae, « et ce, dit-il, pour les vertuz innées et proprement habi¬ 
tuées que je apperceoy en toy reluyre » s . Il l'appelle « mon aray genereux », « com¬ 
paignon chieri », « mon socion », mon « certain frere et amy contubemal de secte, 
estât et vye ». Sur l’amitié qui l’unit à ce « célébré compaignon » Le Queux est 
intarissable. Il la compare à celle de Mopsus et Jason, Hector et Patrocle, Castor 
et Pollux, Pylade et Oreste, Pirithous et Thésée, Phidias et Praxitèle, Memphites 
et Balachites 4 . Toute son œuvre, toute sa « grafficature », est pour lui : 

Sans cause ne t’ay enclavé 
Parmy mon humble pourtraicture : 

Ton cueur au mien est engravé. 

Il le prie de lire et de méditer le Barâtre infernal et d’en tirer profit : 

Comme bon compaignon te advise, 

Suy bien, fuy mal, c’est ma devise. 

Puissent ces sombres tableaux « des fatigacions et paines tartarees », 

Qui les hommes ne feront pas estre anges, 

l’inviter à la méditation. 

Je te say bon et sever et honneste, 

Voulant savoir a ne te monstrer beste, 

Ains a reluyre entre les accompliz. 

Puisse ce « frere » résister aux assauts de fortune et être finalement inscrit dans 
le Livre de Vie 5 . 

Le Queux n’en a pas fini avec les préliminaires. Il imagine de soumettre son 
Barâtre au jugement et aux corrections de trois personnages experts dans les choses 
de rhétorique, Jean Meschineau, docteur en théologie, premier chapelain du duc de 
Guyenne, Charles de Gaucourt, conseiller et chambellan du roi, gouverneur de 


1. Fol. xij. 

2. Le manuscrit de Chantilly est dédié à un autre « compaignon » de l’auteur, André Giron, 
seigneur de la Garde. (Voir Chantilly, Le cabinet des manuscrits. Paris, 1900» t. 1 , p. 154). Le 
volume de Rouen, du début du xvi® si Me, moins soigné comme écriture, présente une lacune. 
Tout le début, c’est-à-dire ce qui correspond aux 23 premiers feuillets du manuscrit de la Bibl. 
nat. manque, de sorte que nous ne savons auquel de ses amis Le Queux avait dédié cette copie. 

3. Fol. xij v°. 

4 . Au sujet de ces deux derniers personnages. Le Queux renvoie à Prosper, Ad Radulphum. 

5. Fol. xxiij. 


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— 76 — 

Picardie, un « grand clerc » au dire de Louis XI, et Jean Gaudeté, « ung temps grant 
trésorier de Guienne » : 

Seconde préface ou Vacteur sousmet a voir, reprendre et corrigier son œuvre a trois excellens 
personages des trois estaz K 

Pour le premier estât a Meschineau. 

Quant on a la de tel pain soupes. 

Non en hanaps d’or ny en coupes, 

Soit veue dont la narrative 
Sousmise a ta judicative, 

Jehan Meschineau, du présent œuvre. 

Qu'a ta lyme livre et descœuvre 
A prouver ou a corrigier. 

De la saincte page vigier 
Et maistre es instituz sacretz, 

Du vouloir de dieu consacretz, 

Te sçay, voire, en maint art prouvé, 

Comme je t'y tiens esprouvé. 

Pour entretenir ma coustume, 

Je te rens le fruict de ma plume, 

Ainsi que de franc vœul tenu 
L'ay estably tien detenu. 

Se elle n'est des plus uberantes 
Ayant parties mains séantes, 

Mal cousues, mal accoutrées, 

Ou en deffalquié stile oultrees, 

Cela n'est pas du goure la faulte, 

Ains de la fontaine poy haulte 
Qui n'a de quoy jecter grans ondes *. 

Ou le font se voit, n'y fault sondes. 

La voyne de l’entendement, 

S'en ce Pierre de Bloiz ne ment 3 , 

Ne respond tousjours au voloir. 

Non pourtant ne me puy doloir 
Ne repentir de avoir empriz 
Cest œuvre, se tu le az en priz. 

Qui parquiers l’estât lumineux. 

En sens rassiz, ymagineux, 

Fouldre ne craings qui le déprime. 

Se le prens en faveur sublime. 

Par les moviments des escripz 
Ira, préconisiez les criz. 


1. Fol. xxvj. 

2. En marge : Si rivus tenuiter fluit non est alvei culpa sed fontis. Iheronimus in Epistolis. 

3. En marge : Non semper ingenii vena respondet ad votum. Petrus Blesensis Epistola prima. 


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Pour le second a Gaucourt. 

A ne me desaccoustumer, 

Te rens mes faictz sans présumer, 

Messires Charles de Gaucourt, 

Te disant, tant au long qu'au court, 

Le singulier port que aye en France 
Dont mes escripz ont soustenance. 

Chien en cueur et par mes sens 
Pour vertuz telles que les sens 
En toy de toutes pars esparses, 

A plain cor veues, non escharses 1 . 

Aux honnestes qui te fréquentent 
Qui l'exprès honneur de toy sentent. 

A soustenir ou estimer, 

Hault lever ou a reprimer. 

Te livre mon œuvre humble en stile, 

A le jugier vain ou utile. 

Sur toy ne sçay qui mieux le face. 

Se bon le az, il n'est qui le efface. 

Tu scez, tu voiz cler et congnoiz. 

Plus que aultre, se la te addonnoiz 
A haultes choses discuter 
Et comme orateur disputer. 

Tu es vray amateur des muses 
En toy dispeises et infuses. 

Tu scez les haultesscs Trvnachrcs 2 
Tant au dieu Pluton que a ses sacres 
Dedyees par le payz 
De Sycile, dont esbahiz 
Se sont mains voire et les montaigncs 
Qui de grans feuz jecter behaignes 
Ne sont ou Proserpine avoit 1 
Régné jadiz ou se encavoit 
Des umbres la royne dicte. 

La veulz passer. Dieu m'en évité 1 
Et expliquier mains ledz destroiz 
Soubz ung chacun juge des trois. 

Pour le tiers, a Gaudeté, premier motif de l'entrepriz 4 . 

Querant qui a ce m'a fait tendre. 

Sollicité de l'entreprendre 


1. En marge : Horace, in odis. Et pleno copia comu. (Carmen sœculare , v. 60). 

2. En marge : Trynachra grece, Tricadra latine, promontoria Sycilie, Pachinus scilicet, 
Pelorus, Lilibeus. 

3. En marge : Proserpina, umbrarum regina. 

4. Les vers à Jean Gaudeté ont été publiés par M. A. Thomas, L’Education de Charles de 
France, duc de Guienne (Extrait des Annales du Midi, t. XXXIV, 1922, p. 9). 


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7 8 - 


Ay esté d’ung amy parfait 
Du temps passé, ou imparfait 
N’ay sceu, ouy ne veu pour note 
Riens qui sans honneur le dénoté, 

Du quel il est riche et frété. 

De son nom ? C’est Jehan Gaudeté, 

En la fortune mondienne 

Ung temps grant trésorier de Guienne. 

On scet de assez, cleres sur vitres. 

De ses meurs et vertus les titres. 

N'estoit ce le duc de Acquitaine 
Le seigneur de honneur capitaine, 

Soubz lequel le dict militoit ? 

Qui vertus tant exercitoit 
De tous partiz, que assez loer 
Ne say ou doy ses faictz noer. 

Voire fulsi de intégrité, 

Magnifique entour vérité, 

Constant, bening et patient. 

Ne faisant, a son essient. 

Chose ou coulpe le peult noter. 

Veux tous biens en luy refloter. 

En qui toutes vertus royales 
(Comme les nomme especiales 
Tulles pour le roy Dejothaire) 1 
Estoyent, qui nî sont a tayrc. 

Estant grave, juste et se ver, 

Mès fort, dont fut a sublever 
Liberal, magnanime et large 
En beneficence pour marge ; 

Franc filz de l'accomplye dyve 
Qui riches meurs en grant mestivc 
Savoit cuyllir, la grant Marye 
D'Anjou, que famé se apparye. 

La table du Barâtre infernal dressée par Le Queux lui-même est précédée des 
six vers suivants : 

Proheme intentant les parties 
De pluiseuis buyssons essarties, 

Ou du Baratre les rebruches 
Sont mises au cler hors des fruches, 

A cela qui s’ensuyt congnoistre 
Et par ordre en ouvrir le cloistre. 


X. En marge : Tullium m oratione pro Dejotario rege présent© senatu. Régi© laudes sunt 
esse justum, fortem, severum, gravem, magnaiumum, largum, beneficum et liberalem. 


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— 79 — 


Les « rebruches » remplissent les fol. xiij à xix du manuscrit 450. En établis¬ 
sant cette table des matières, Le Queux a omis un certain nombre de chapitres 
qu'il a, comme on verra, reportés à la fin des rubriques du premier livre. 


S'ensuyvent les rebruches du premier livre du Baralre infernal. 

Et premiers 


C Préfacé en la description du baratre infernal, selon que le prennent et 

entendent les gentils et payens, au foeullet xxiiij 

c Six honneurs que dieu a donnetz a l'homme dont il en veult recon- 

gnoissance, au fol. xxv 

C Seconde préfacé ou l'acteur sousmect auctorisier ou depruver son exco- 
gité labour a maistre Jehan Meschineaa, a monseigneur de Gaucourt 
et a maistre Jehan Gaudeté. xxvj 

C Que 1 an cest oeuvre fut entrepriz. xxviij 

C Argument dudict Baratre en cent predicatz. eod. fol. 

C Particion en deux livres alleguetz pour le premier pluiseurs poètes, 
hystoriens et orateurs, pour le second saincts docteurs, philosophes et 
personnages raorelz de toutes sectes. xxix 

C Narration première pour la partie poétique. xxx 

C Contre ceulx la qui contempnent les poètes et leurs figments. 


C Quelle poeterie soit digne de recoeul et de estre notee et ouye pour fructueuse, xxxj 


C Entrée expediente selon le premiz partitif et procès dudict Baratre intenté, xxxij 
C Des fleuves infemaulz en general. 

<E Du fleuve de Acheron selon le dire excogité et causé des anciens. xxxiij 

C Moralité dudict Dantes de la statue . 

C Interposition poétique. xxxiiij 

C Comment Cochites se créé de Stix et Stix de Acheron, fleuves infemaulx. 

C De Stix, fleuve infernal. xxxv 

C Interposition poétique. 

C De Cochites, autre fleuve infernal. xxxvj 

C De Flegeton, autre fleuve infernal. 

C De Lethes, autre fleuve infernal. 

C Interposition poétique. xxxvij 

C Des trois fureurs infernales, scurs Eumenides en general. 

<E Desdictes fureurs en especial et premiers de Alletho l'Eumenide. xxxix 

C De la seconde fureur Thesiphones. 

C De la tierce fureur Megere. 

C De Pluton, roy de Orcus, tiers filz du viel Saturne. xl 

C Du ravir de Proserpine, vierge sycilienne, et par quel moyen elle fut 

dicte royne des umbres. xlj 

C De Typhœus, géant excessif. 

C Des juges infemaulx, de Charon et de Cerbere en general. xliij 

C Description d'enfer, du bolvert et angyporte. Quelle maignee et quelz 
monstres y habitent, selon Virgile, interposant la Sebile Cumane relater 
ces parties a Enee. lxiiij 

C Expédition desdietz monstres chacun en son especialité descript et nommé. xlv 

C Des Centaures. 

C Des deux Scilles. xlvj 


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— 8o — 


<[ De la Chymere. xlvij 

{[ De Bryaree. 
c Des Gorgones. 

<E Des Arpies dictes Stymphalides. xlviij 

c De Ydra Lemee. 

<E Des Geryons. 

<E Expédition de l'angiporte infernal tirant et procédant es enfers. xlix 

<E De Charon, nautonnier infernal. 

Description de la mort en sa diversité appropriée, tant première que seconde. 1 

C! Procès tirant plus oultre es enfers répliquant, et de Cochites et de Stix. lj 

«E De Cerberus a trois testes. 

«E Comment Virgile descript tout enfer en trois lieux principaulx et chascun 

d'yceux en trois cercles. lij 

<E Le premier cercle du premier lieu est des enfans mors netz. liij 

C Le second cercle est des accusez faulsemens et mors par faultc de se 
estre excusez et de l’avoir contredit. 

<E De la equivocation de urne. liiij 

«E De trois juges capitaulx d’enfer, Mynos, Radamantc, Eacus. lv 

C De Mynos. 

<E De Radamante. 

C De Eacus. Ivj 

C Le tiers cercle du premier lieu de ceux qui ont esté homicides d’eulx mesmes. lvij 

IE De Achiles, filz de Pelee et Thetis. 

C Du second lieu et cercle quatrième des desordonnez luxurieux. lviij 

C Interposition poétique. lx 

C De Phedre. 

C De Prochris. 

C De Heriphile. lxj 

<E De Evadnes. lxij 

«E De Dcjanyre. 

IE De Pasiphé. 

C De Laodomyc. lxiiij 

C De Cenis. 

4 E De Dydo. lxv 

«E Du cincquieme cercle ou sont les fors et violons en l’exercice de guerre. Ixvj 

C De le y grec de Pythagoras. 

C Interposition poétique. Ixvij 

«E De Parthonopce. 

C De Tydee et de Adraste . lxviij 

<E De Glaucus, Medonte, Ydce, Pollibctes et Tryloch. lxix 

C De Deyphebus. 

C Le sixième cercle, lieu perpétuel des dampnetz selon la licence poétique. eod. fol. 
«E Comment ledict Enee, moult esbahy et tout cours arresté, demanda a la 

dicte Sebile de cela qu’il ouoyt. lxxj 

<E Response de la dicte Sebile audict Enee samblant qu’il voulsist entrer 
cedict lieu se elle ne l’en eult engardé. 

«E Encores ladicte Sebile audict Enee disant que de cestuy fort et prémuni 

chasteau est juge Radamante. lxxij 

«E Comment ladicte Sebile descript audict Enee les paines d’enfer et de par 
qui conférées. 

C! Encores ladicte Sebile monstrant audict Enee quel soit enfer et de la porte 

ouverte. lxxiij 


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— 8i — 


C Du serpent a cincquante testes plus monstrueux que l'ydra de Hercules. 
C Du double trebuschement infernal. 

C. Spécification dudict serpent. 

Ç Quelz esperitz sont de la moyenne région de l'ayr a la terre ou selon les 
poetes enfer prent commencement. 

C Des personnages qui furent veux en cedict sixième cercle infernal, les 
nommant ladicte Cumane audict Enee. 

C Des Geans. 

C Testification que geans ont esté et n'est pas chose fabuleuse. 

De Erix et de Antel. 

<L De Othis et Ephyaltes. 

<E De Salmoneus. 

De Tytius. 

<E De Laphita, des Laphites et de Yxion. 

C Des Centaures et Laphites, la affligez de paines éternelles. 

<E De Pyrithœ. 

<L Interposition poétique. 

De Athreus et Thyestcs. 

CI De Ethyocles et Polynices. 

C De Tantalus. 

CI De Bellides. 

<E Des Cadmeydes. 
c De Sysiphus. 

CI De Phyneus. 

CI De Edipus. 

C Attache de la loy des douze tables. 

C De l'involution et confusion de paines diverses ne ayans fin en cedict 
cercle sixième. 

C De Theseus. 

C Démonstration de Phlegias. 

C Le dire dudict Phlegias, c'est sachent tous aux dampnetz et perduz. 

Cincq gendres de pechiez ou de pécheurs se déclarent dudict Phlegias 
en commun a noter. 

C Expédition desdietz cincq gendres de pechié par ledict Phlegias admo¬ 
nestez a tous au lieu de destreceuses paines. 

<E La dicte Sebile relate, pour conclusion, impossibilité de raconter les paines 
infernales telles que de fait elles sont. 

C! Comme ladicte Sebile parconduyt ledict Enee a rendre le rainceau d'or 
aux portes de Proserpine. 

C Du tiers lieu et des trois deniers cercles succinte narration pour ce qu’il 
ne conviennent pas du tout proprement a l'adgravacion dudict baratre. 
CI Conclusion dudict Baratre. 

Nonasticon premier, c'est baston de nœuf vers comprenant le angyporte de 
enfer et bolvert en ses ledz monstres et pestilencieuses statues. 
Pestilencie infernales monstraque primi. 

Nonasticon second monstant l'entree des gours et paines infernales. 
Infortunia secondi. 

Nonasticon tiers représentant les guez dudict Baratre, tant par trisaux, c’est 
le chien a trois testes, que par la mort seconde. 

Miserie tercii. 

Nonasticon quatrième en aggravacions exquises et tourmens arbitraires. 

PLAISANCE 


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— 82 — 


Quarti terrores. 

Nonasticon cincquieme ou se voyent de pluiseurs sept grieves paines et tourmens. 
Tormenta quinti et qui precipue in eo paciuntur. 

Nonasticon sixième expliquant en brief le puyz de abyme en fuyte misérable 

més confusible. cj 

Sexti desperado. 

Advertirnent de aucun obmis dessus. 


c Proheme sur le baratre intenté de par le Queux précédant les principales 

rubrices en quatorse chapitres. Fol. premier 

CE De Demogeorgon en general, de Eternité, de Cahos, de Noise, de Pan 

et des trois seurs fatales selon Theodontion poete. Fol. i 

<E Desdictes deytez selon ledict Theodontion, Boccace, Raban en particulier. Fol. iij 

C De Eternité. 

<E De Cahos. iiij 

CE De Pan. 

<E Moralité dudict Pan. v 

CE De Demogeorgon. vj 

C Moralité des prémisses. 

CE De trois seurs fatales a la réalité. vij 

CE Comment et pourquoy lcsdictes seurs sont nommées fatales de iaium et 
parcales de pardonner par le rebours. Et dudict fatum selon les anciens 
poetes et orateurs. viij 

c Conclusion des susdictes morales. x 

CE A son cordial frere et amy cytoyen Rupcllain, grant lcgisperite, Regnauld 

Le Queux, salut et mieux. xij 

<E Audict son certain et amy contubernal de secte, estât et vye, seigneur do 

Lhommee, maistre Jehan Pastureau. xij 

CE Passées lesdictcs rubrices encores audict célébré compagnon. xviij 

C Retour final faisant ledict Le Queux a son dict amy, lesdictcs rubrices 
passées, le advisant de son tel quel savoir, intelligence et pouoir de 
fatigacions et paines tartarees, comme cy apprès en entend plus graffi- 
quier. xxiij 


Rebruches du second livre ou partie seconde du Baratre infernal par la vérification des sainctes 
escriptures [et moreles}. 


CE Comment enfer se appelle en divers noms a divers regars selon les gcntilcs 

et sainctes escriptures. ciiij 

C Du nom de enfer. cv 

C Que enfer est universel et particulier selon sainct Grégoire. cvj 

C Proeuve dudict enfer universel selon les philosophes, orateurs et poètes. 

Et premiers selon lesdietz philosophes. evij 

CE Item encores selon lesdietz philosophes. eviij 

CE Autre mode de dire selon sainct Clcment pour le temps qu'il estoit pur 
philosophe, et avant que fust disciple de sainct Pierre, comment c'est 
assavoir il sentoit des enfers en son propre dire avecques les ethnyques 
et poetes. ex 

C Item selon lesdietz orateurs. cxj 

CE Item prœuve dudict enfer universel par lesdietz poetes. exij 

CE Item encores desdietz poetes. cxiiij 


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Retour au fil de la matière encores dudict enfer. 

De l'enfer particulier. 

De Ethna selon Julles Solin. 

Des ysles Efesties selon ledict Solin et Ptholomee. 

Exemples des enfers particuliers selon ledict sainct Grégoire. 

Du feu tel qu’est trouvé en la legende de mons r sainct Nycolas. 

Exclamation en la tollerance divine et quelle âge en attendant misé¬ 
ricordieusement. 

Des divers noms de enfer. 

De enfer appellé gehenne, matière toute hystorique. 

Diversification de cestuy nom gehenne. 

Des quatres estages de enfer selon la saincte escripture. 

Dont soit encores dit enfer. 

Le propre dire de Lucrèce le difficile et de Macrobes que enfer soit en ceste 
vye humaine et mortelle. 

Exemple premier de Tytion. 

Exemple second de Phlegias. 

Exemple tiers de Sysiphus. 

Exemple quart de Yxion. 

Autres exemples en généralité. 

Autre dire morel des vaultours. 

Expédition dudict Macrobes de la matière susdicte attemptcc. 

Evagation de l’acteur. 

Retour a la probation théologale première intentee de enfer. 

De l'ame, de son estre et sentir. 

Comment les âmes apprés la mort sœuffrent du feu selon sainct Thomas. 
Description des deables. 

De la puissance des deables selon Guillaume de Paris. 

Comment en triple science les deables ont vigueur. 

Des sept deables presidens aux sept principaulx vices et capitaulx. 

De Behemoth dcscript selon Job caldeen et de ce nom deable en ses 
multiplications interprété. 

Du trebuschement lccal du deable. 

Pourquoy le pechié du deable soit inremissible, pluiseuis raisons s’i assignent. 
Comment le deable soit empeschié en l’affection de sa malice. 

Des divers noms du deable. 

De la diversité des paines infernales en aigreur importable et longueur 
interminable. 

Cy se ont a nombrer aucunes paines de pluiseurs infernales. 

Quoy en enfer logiz amer. 

Particion en l'expedition des paines et tourments de enfer qui s’ensuyvent. 
Du froit misérable et du feu inextinguible première et seconde paines* 

Du feu inextinguible a jamais. 

De l'intollerable pueur infernale. 

Que toutes les immondicitez des éléments descendront en enfer. 

Du ver de enfer immortel. 

De cincq vers divers selon Albert, sainct Ambroise, sainct Thomas et Lescoth 
Des tenebres palpables de enfer. 

De quatre gendres de tenebres. 

De quatre difformitez es dampnetz. 

Encores de la difformité opposite aux auréolés. Et sur ce question. 

Des tenebres intérieures spiritueks. 


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Des tenebres deterieures. 

De la mort seconde, obmiz et délaissez tous gendres et divisions de mort. 
Des flagellations des deables torturans et affligeans sans mesure. 
Evagation de l’acteur. 

De l'aigreur des paines d’enfer par tous sens grièvement enduree. 

De l’horrible vision des deables. 

Du pleur infernal et quel pleur peult estre es dampnetz. 

Encores du gémissement et pleur infernal et des causes ad ce mouvantes. 
De la paine intuitive et privation a l'œul de l’humanité de Jesuchrist et 
comment non pas seulement l’œul, mes les autres sens sont tourmentez. 
Des paines intérieures des dampnetz qui sont cincq en nombre. 

Evagation de l’acteur récapitulant aucunes paines susdictes tendant 
aux subséquentes. 

De la paine de l’ouyr en enfer plus estonnant que tonnoirre et du blapheme 
des dampnetz. 

De la paine du goust et de l’amertume et povreté de faim et de soif. 

De la confusion des pécheurs. 

Du désespoir de tous biens esdietz reprouvetz et dampnetz. 

Epylogation en partie de cela qu’est susdict selon le psalmistc. 

De la constriction des dampnetz et tempeste infernale. 

De l’imbccilité et impotence desditz reprouvetz et dampnez. 

De la servitude infernale en huyt gendres de paines distinguée. 

De l’ire et fureur des dampnetz. 

De la hayne, anuy et détestation desdietz dampnetz et perduz. 

Que Dieu se peult doublement voir. 

De la discorde, noise et tenceon des dampnetz misérables. 

De la désolation des dampnetz. 

Les paines infcmclles sont sans interpellation et sans cesse. 

De la paine qu’ont les dampnetz au regart de ceulx qui sont es sainetz 
cieux habitans. 

Que l’enfer intérieur est plus grief que toutes les paines extérieures qui 
furent jamais ne seront. 

Salutaire exhortacion conclusive. 


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Question et responce sur ce qui est devant proposé. 

Exemplaires manuductions, c'est familières demonstrances a l'œul veues 
raciocinant par icelles les paines d’enfer perpétuelles. 

Exemples, visions et révélations des paines terribles d'enfer. 

Autre vision ou exemple de Tondal, noble hybernyen. 

Des visions infernales audict Tondal monstrees voire de son propre ange. 
De nœuf visions infernales audict Tondal. La première experimentee. 

De la seconde et tierce visions. 

De la quatrième vision dudict Tondal. 

De la quinte vision tourmentale. 

De la sixième vision effrante. 

De la septième vision tartaree. 

De la huytieme vision dudict Tondal. 

De la nœufvieme vision du prince c’est assavoir de tenebres et de scs com- 
paignons. 

De Eude, archevesque de Meydeburgense en Saxonye, cité métropolitaine. 
De Crisaure, selon sainct Grégoire. 

De ung chevalier donné a joustes et tournois et autres vices dampné. 

Vision de Charles le chauve des paines d’enfer. 


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-85 - 


C Vision du roy Charlemaigne, selon son cronographe Turpin, qui vit et 
congneult ses conseillers en enfer et autres, 
c Autre vision de enfer et revelacion de Guillerus selon Vincent. 

€ La révélation du ladre quatre jours ensepulturé et de Jesuchrist appcllé. 
c Exclamation de l’acteur. 

C D'ung conte de Nevers exemple comme il se trœuve en la cronique. 

C Pluiseurs autres exemples en brief touchiez et de qui alléguez et prouvetz 
au pourpoz présent, merveilleux et trescspoentables. 

C De Néron oree. 
c De Théodore juvenceau. 

C De Athanase prestre. 

C D'un confanonier du roy d'Engleterre Eurede. 

C D’ung fevre selon Bede. 

CL De Ebroyn. 

C De Ruffon selon Eusebe. 

CE De Judas Scarioth. 

CE Aultre exemple final de l'acteur. 

CE De autres perdus en general. 

CE D'ung chanonne de Paris selon Albert le grant. 

C D’ung doyen de Langres selon sainct Bernard. 

CE D'unne juvencelle vierge qui vit son pere sauvé et sa mere dampnee selon 
Prosper. 

CE Autre exemple de sainct Marcel. 

CE Conclusion dudict Baratre contre ceux la qui ne croyent aux visions, 
révélations et exemples susdietz. 

<E Expédient final dudict Baratre infernal Le Queux contre ceux qui ne 
croyent que enfer soit chose qui du tout les deceoipt. 


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Le Queux ne s'est pas borné à établir la table de son grand ouvrage, il a pensé 
qu’il était utile d’énumérer ses sources. Tout ce qu'il a écrit repose, en effet, sur des 
autorités payennes ou chrétiennes : 

Affin doneques qu’en riens je ne vacilc, 

Dire n'entens que ce qui est escript 
Des tresprudens... 1 

Pour la première partie du Baratre , qui décrit l’enfer des anciens, Regnaud Le 
Queux a tiré sa science « tant de Marc Tulles Cicero, de Marcian Cappelle, de Jhan 
Boccace, de Ambroise Macrobes, de Placiades Fulgence, de Luce Seneque, de Flave 
Josephe, de Fabie Quintillien, de Sueton Transquil, de Tytus Lyve, de Jules Solin, 
de Crispe Saluste, de Pompon Mêlas, de Apuleye Madaurensien, de Firman Lac- 
tance, de Francisque Pétrarque, de Blonde Forvillien, de Plin second, de Marc 
Varro, de Marc Paul le Venisien, de Alberic, de Marc Valere, de Pronapides poete, 
de Maron Virgile, de Nason Ovide, de Homer le colophonien, de Serenus lyrique, 
de Dantes le tusque, de Claude Claudien, de Flac Orace, de Stace Surcan, de Aule 
Perse, de Arele Prudence, de Junin Juvénal, de Luce Lucan, de Hermes Trime- 
gistes, de Platon et Aristote achademiens, de Pierre de Bloiz, de Esyode, de Empe- 

i. Fol. xxxiiij v°. 


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— 86 — 


docles, de Lucrèce, de Theodoncion, de Gervase, de Leoncion, de Scenochrates, 
de Symonides, de Plotin, de Orose, de Ptholomee, de Justin, de Marbode, de Pros- 
per, de Gaultier, de Dydime de Phasus, de Palefatus, de Philochris, de Architre- 
vien, de Papye, que de Remige et de Servye, grans commentateurs et aultres ». 

Pour la seconde partie, c'est-à-dire pour l’enfer des chrétiens, Le Queux s'est 
inspiré « de sainct Aurele Augustin, de sainct Jheroyme, de sainct Grégoire, de 
sainct Ambroise, de sainct Jehan le paranymphe de la Vierge, de sainct Denys, de 
Méthode martir, de Julien le Tholetain, de Manie Boece, de sainct Bernard, de sainct 
Ysidore, de sainct Anthoine, de l’abbé Machaire, de maistre Jordain, de Raban, de 
sainct Pierre, de sainct Pol, de sainct Luc, de sainct Mathieu, de sainct Thomas, 
de Albert le Grant, de Bonaventure, de Innocent, de Crisostome, de Lescoth, de 
Anselme, de Basile, de Athanase, de Ysaye, de Osee, de Jheremye, de Ezechiel, 
de David, de Salomon, de Moyse, de Job, de Cassiodore, de Eusebe, de Cirile, de 
Guillaume de Paris, de Bernard le Sauvage, de Laurens du second fat, de Jehan 
de Turre cremata, de Henry de Assye, de la Sebyle Heritree, de Vinceant de Beau* 
vaiz, de Adamance, de Bède, de Averrois et de Turpin, avecques les allegances 
des livres de la Bible, des Nombres c'est assavoir de l'Ecclesiatique, de Eccle- 
siates, des Proverbes, des Roiz, des Pseaumes, des Juges, de Baruth, de Naüm et 
des Actes. » 

Regnaud Le Queux insiste, selon l’usage, sur son incapacité : 

Il y fauldroit plus aceree lyme 

Que la mienne, mès en stilç plus noeuvc. 

Tant qu’est a moy grossier en tout me procuve. 

Assez le voit qui de prés me remire. 

Tel porte estuy qui n’est pourtant bon mire K 

La conclusion de la première partie 2 renferme quelques renseignements qui ne 
sont pas dénués d’intérêt sur les idées de l'auteur. Un « prolix ouvrage », remar- 
que-t-il, tel que le Barâtre infernal, ne plaira pas à tout le monde. Il se trouvera des 
« envieux » qui auront sujet de se plaindre. A cela, Le Queux répond : 

Grongnisse qui grongnier vouldra ! 

Des « grafficateurs », c'est-à-dire des écrivains, il y en a de toute espèce : 

Mieux ne dy que noz devanciers. 

Les ungs secs, les autres panciers, 

Les ungs affluens, autres maigres. 

Les ungs doulz sur miel, autros aigres. 

Les ungs moraulx, autres mordans, 

Les ungs sans accors discordans. 

Autres ingénieusement, 


1. Fol. ix. 

2. Fol. cij à ciij v°. 


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-87 - 


Les ungs comme amoureusement, 

Autres durs et rebarbatiz 
Voyans de loings leurs ablatiz. 

Toujours rempli de réminiscences classiques. Le Queux mentionne Théon et 
les « lacrimosa pœmata » de Pupius 1 : 

Mordant plus aspres que Theon 
Souvent a mal dire beon. 

Pupus (sic) fit choses a brûler 
A quoy il ne sceult reculer 
Lacrimable sa poesie 
Reputee plus que moesie. 

c Je me consolide en Orace », déclare l'auteur du Barâlre. Le poète latin disait 
qu'il ne voudrait pas être loué par un méchant poète, de peur que, 

Cum scriptore meo, capsa porrectus una operta, 

Deferar in vicum vendentem thus et odores 
Et piper et quidquid chartis amicitur ineptis. 

Si donc le Barâlre n'édifie ni ne console, qu'on en face des « comechons p pour y 
mettre t odeurs, encens ou poyvre ». 

Notons, pour terminer cette notice sur Regnaud Le Queux et pour en revenir 
à la Doléance de Mégère, que ce poème fut imité en 1501 par Antitus. Ce person¬ 
nage, connu par sa traduction du roman d'Eneas-Sylvius Piccolomini, YHistoire 
d’Euryale et Lucresse 2 , après avoir été chapelain du duc de Bourgogne à Dijon, 
était devenu chapelain et « sommelier » de la chapelle du duc de Savoie, Phili¬ 
bert II, et chapelain de l'évêque de Lausanne. La Satyre Mégère d'Antitus est 
dédiée à Aymon de Montfaucon, évêque de Lausanne. L'auteur, en songe, dissi¬ 
mulé près des « salles plutoniques » écoute les lamentations de Mégère qui se désole 
parce que deux rois ennemis, Louis XII et Maximilien, viennent de se réconcilier 3 . 


4 . Fol. xxj v°. H Le Donnet baillé au feu roy Charles huytiesme de ce nom. 

Au treschrestien par renom 

Roy françoys qui sus tous regente... 

Le Donnet baillé au feu roy Charles huytiesme de ce nom se retrouve dans trois 
manuscrits du xvi e siècle : a) Manuscrit d’Arras, n° 692, fol. 142-149 v°, avec le 


1. Horace, Ep. t liv. I, I f v. 67. 

2. Voir Æneas Sylvius, Euriatus und Lukrezia übersetzt von Octovien de Saint-Gelais, nebst 
Bruckstücken des Anthitus Uêbersetxung. Mit Einleitung von Elise Richter, Halle a. S. 1914, 

p. XIV-XXXI. 

3. Un volume manuscrit, renfermant trois poèmes d’Antitus : La Satyre Mégère, Les quatre 
Aages et le Portail du Temple Boceace, se trouve aux Archives cantonales à Lausanne. 


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— 88 — 


titre suivant : Le donet baxllxet au roy Loys douziesme de ce nom composé par Mo - 
linet. b) Manuscrit de Tournai, n° 105, fol. 342-353 : Le donet baillié au roy Loys 
douziesme de ce nom. c) Manuscrit de la Bibliothèque James de Rothschild, Cata¬ 
logue, t. I, p. 27J, n° 471, fol. 183-191 : Le donnet baxllxet au roy Loys douziesme 
de ce nom. 

Dans ces trois manuscrits, comme on voit, le Donnet est « baillé » non pas à 
Charles VIII, mais à Louis XII. Il est attribué à Molinet par le ms. d'Arras. Le 
ms. Rothschild et celui de Tournai sont des recueils de poésies du même rhétori- 
queur. 

La dédicace à Louis XII et l'attribution à Molinet sont également erronées. Un 
copiste du xvi e siècle a jugé habile de substituer à Charles VIII le nom du roi de 
France alors régnant, mais la substitution n’allait pas d’elle-même. L'auteur du 
Donnet , par exemple, adressait ce poème à Charles VIII, qui désirait apprendre 
grammaire, c'est-à-dire le latin, « veu qu'il est jeune ». Les manuscrits ont rem¬ 
placé maladroitement ces derniers mots, qui ne convenaient pas à Louis XII, par 
ceux-ci : « veu qu'il est meur ». Ils ont pu laisser intact le passage relatif à a la 
doulce hermine », qui faisait allusion au mariage de Charles VIII avec Anne de 
Bretagne en 1491, et qui pouvait également se rapporter au mariage de Louis 
avec la même Anne en 1499. 

L'attribution à Molinet n'est pas plus sérieuse. En 1491 Molinet aurait-il com¬ 
posé une sorte de Traité de grammaire pour le roi de France « qui sus tout régente »? 
Il avait coutume de dire : « Bourguignon suis ». Dans un poème dialogué entre 
Molinet et Octovien de Saint-Gelais 1 , il fait la déclaration suivante, ou on la lui 
fait faire : 


Impossible est a deux maistres complaire. 

Ung cueur ne peult obeyr en deux lieux. 

Le Donnet a bien été composé pour Charles VIII. On sait que le jeune Charles, 
qui était de santé délicate, « a voit esté nourry grossement » 2 : il n'avait pu appli 
quer « son facil engin aux lettres ne choses subtiles ». Devenu roi, il voulut en quel¬ 
que sorte regagner le temps perdu : il lut beaucoup de « livres moraulx et hysto- 
riaulx en langue vulgaire » et s’efforça d’apprendre le latin. 

Sous prétexte de grammaire, le Donnet commence par un éloge du jeune roi, 
bon, doux et courtois, pitoyable et amoureux, le superlatif en un mot et le « chief 
de tous les autres roys ». Or le roi « est déterminé de venir a la genitive » : 

Il est jeune nominatif. 

Mais, puisqu'il a la doulce hermine, 

Je croy qu'il sera génitif 
En corpulence féminine 3 . 


1. Publié par H. J. Molinier, Essai sur Octovien de Saint-Gelays, Paris, 1910. P 282-288. 

2. Voir Nicole Gilles, Cronicques et annales de France, édition de 1528, fol. lxvij v°. Cité par 
H. F. Delaborde, L’expédition de Charles VIII en Italie , p. 155. 

3. Fol. xxij v°. 


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— 8g — 


Il semble donc, d’après ce passage, que le Donnet a été composé en 1491, peu de 
temps après le mariage de Charles VIII. Étrange « petit présent » à faire à un jeune 
roi qui vient de se marier ! 

Le vieil auteur du Donnet raconte, sans aucune espèce de discrétion, scs exploits 
amoureux de jadis et la misère où il est réduit maintenant « par faulte de che- 
vance ». Quand il était jeune, il était « fort pensant au féminin » non pas « en singu¬ 
lier nombre » mais en « plurier ». S’il est aujourd’hui « ung povre substantif », il 
était alors « verbe ». Il fait le récit de quelques-uns des « accidens » de sa jeunesse, 
à l’époque où il était « tant conjugal » et « comme un gallant qui a puissance active ». 

Il se repent maintenant et demande « remission » 

Devant le grant indicatif 1 . 

La vieillesse est venue, et avec elle son cortège de misères : 

Je suis en vieillesse chagrine 

Gouteux, foible, pelé devant 2 . 

Il passe son temps à soigner sa goutte, à a crascher et tousir » : 

Car je sens sus moy trop grevables 

Les esguillettcs de Saint Mor 8 . 

Il n’est plus « optatif » que d’une chose : « d’avoir bon vin tant seulement ». Il 
dit adieu au temps où il a conjugait » et il prie le Souverain Sire de bien vouloir le 
« descul per ». La logique, la sophistique, la rhétorique, la musique, l’art mathéma¬ 
tique et le « bel art d'arismétique », la géométrie, la poésie et la médecine, tout cela 
sera de peu de valeur au jour du grant jugement. Ce qu’il faudra, c’est une « bonne 
et vraye confession ». 

Nous ayons cru pbuvoir attribuer Le Donnet bailli au jeu roy Charles VIII à 
Regnaud Le Queux, devenu vieux, malade et miséreux. Nous nous hâtons d'ajou¬ 
ter que les arguments positifs font défaut. Mais les présomptions suivantes autori¬ 
sent peut-être cette supposition : 

Tout d'abord, la place occupée par ce petit poème en tête du Jardin de Plai¬ 
sance à la suite de la Doléance de Mégère. 

Ensuite la même façon picarde de rimer. Par exemple : rien (1 syll.) rimant avec 
geometrien (5 syll.) ; plurier (2 syll.) avec ouvrier (3 syll.) ; champion (3 syll.) avec 
pion (1 syll.). Ce sont là des cas de diphtongues picardes dont il est question dans 
Y Instructif et dont la Doléance de Mégère fournit quelques exemples. 

Nous avons relevé dans la Doléance une expression qu’affectionnait particulière¬ 
ment Regnaud Le Queux, le terme de « magnat ». Dans le Donnet se trouve « ma- 
gnalité ». 


1. Fol. xxiij v°. 

2. Fol. xxiij, 

3. Fol. xxv. 


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— 9 <> — 


Enfin, l'auteur du Donnet nous apprend qu'il passait pour un homme savant : 

Legebar ung homme sçavant 
Et maintenant je suis leu sol. 

Audiebar comme Saint Pol 

Est ouy, mais, ce temps qui vient, 

Audiar, se je n'ay lit mol. 

Plaindre la douleur qui me tient 1 . 

L'homme savant que prétendait être Regnaud Le Queux a parfois dans le 
Donnet laissé passer le bout de l'oreille. Il mentionne, par exemple, d'une façon assez 
inattendue, ïlsagoge de Porphyre : 

Quant viendra au grant jugement 
Devant Dieu, le souverain Sire, 

Bien profiteront povremcnt 
Les Ysagoges de Prophire *. 

Conclusions : Il est peut-être permis de supposer que le Donnti baillé au roi 
Charles VIII a été composé en 1491 par Regnaud Le Queux. Introduit dans le 
Jardin de Plaisance en 1501, le titre a été modifié par l'addition du mot « feu » 8 . 


6 . Fol. xxv v°. <£ Le Chastel de joyeuse destinee. 

Après le temps de l'exil douloreux 
Du désolé jadis et langoureux... 

C'est le plus long poème du Jardin de Plaisance. Il n'a pas moins de 4.000 vers, 
et remplit les feuillets xxij à lv. On ne l'a retrouvé dans aucun manuscrit. Il n'e6t 
mentionné nulle part au xv« siècle. Il est anonyme. Peut-être n'a-t-on pas eu, 
jusqu’à présent, le courage de le lire. Les érudits qui l'ont cité n'ont pas vu où il 
finissait et l'ont coupé en plusieurs morceaux. M. E. Picot, par exemple, décri¬ 
vant, dans le Catalogue Rothschild 4 , l'une des éditions du Jardin de Plaisance 
imprimée à Lyon vers 1525, voit dans le Chastel de joyeuse destinée , — qui, dans les 
éditions postérieures à Vérard, est intitulé le Chief de joyeuse destinée — trois poèmes 
différents : 1. Le Chief de joyeuse destinée ; 2. une Moralité ; 3. VAmant sans partie 5 . 

Le poème est assez mal intitulé le Chastel de joyeuse destinée. Ce château est 
décrit dans un court épisode, fol. xxx à xxxij v°, et il n'en est plus question. Le 
poème serait mieux nommé La queste amoureuse. 


1. Fol. xxv. 

2. Fol. xxv. 

3. Au sujet de ce mot « feu », Brunet, Manuel, t. III, col. 506 ,a une note erronée et bizarre. 

4. T. IV, d. 105. 

5. M. F. Lachêvre fait de même dans sa Bibliographie des recueils collectifs des poésies du 
XVI e siècle. Il attribue le Chastel de joyeuse destinée à Michault Taillevent. 


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— gi — 


L’auteur, éloigné de sa dame, triste et pensif, a une vision. Il voit et décrit 
un « pourpris » qui lui semble le paradis terrestre, et une forêt, séjour d’amou¬ 
reuse liesse. Au milieu de cette forêt, cependant, un plaintif amoureux se lamentait 
et se plaignait de Fortune. Or, il se trouve que ce personnage est un ami de l’au¬ 
teur. Ils devisent ensemble du temps passé. Puis le plaintif raconte ses maux pré¬ 
sents : amoureux de la fleur des dames, il en attend mort ou guérison. Tous deux 
sortent de la forêt et arrivent dans un verger où s’élève le Chastel de joyeuse des¬ 
tinée, gouverné par dame Espérance, « natifve de France ». A la porte, vêtu de 
vert, Doulx Regard les accueille ainsi que d’autres gracieux personnages, Doux 
Parler, Beau Maintien, Bel Accueil, Après le souper. Doux Regard mène les deux 
amoureux auprès de dame Espérance et de dame Loyauté. L’Amant plaintif raconte 
son histoire et les deux dames exposent les devoirs du parfait amant et émanèrent 
les sept vertus qui doivent l’accompagner toujours. Vêtus du hamois donné par 
dame Prudence, ils partent pour leur amoureuse quête, accompagnés de Haut 
Vouloir et de Bon Advis. Ils chevauchent longtemps et parviennent dans une 
région maudite, gouvernée par Soupçon, la vieille damnée, pays rempli de ronces, 
de ténèbres et de fumée. L’entrée est gardée par Trahison. C'est le pays des Vau- 
dois. Soupçon, échevelée et défigurée, armée «d'une grant guysarme vauldoyse », les 
interpelle. Elle invective ces jeunes amoureux « bailleurs de vent » et leur inter¬ 
dit de continuer leur chemin. Puis, avec ses gens, elle tente de les mettre à mal. Elle 
avait « un arc vaudois ». Combat terrible : tempête, pluie, grêle, tonnerre, cent mille 
diables. Vainqueurs, les amoureux trouvent tout à point des tentes et des pavil¬ 
lons, où ils sont festoyés par des dames. Ils assistent au spectacle d’une morisque. 
Puis un messager. Secret penser, envoyé par dame Espérance, leur apporte des 
lettres de créance pour les protéger contre les menées de Soupçon, de Langue volage 
et de Parler mensonger. Secret penser leur révèle que Danger, Envie, Haine, Jalou¬ 
sie, font « des mauldiz vaudoys grant assemblée », afin de détruire la gracieuse 
vie des vrais amants. Continuant leur amoureuse quête, ils arrivent à un château^ 
environné d’épines, et ils sont assaillis par les « maudis vaudois envieux ». Ils les 
mettent en fuite et trouvent dans le château un amoureux prisonnier, enferré par 
les pieds et les mains, qu’ils délivrent. Ce malheureux raconte « la maniéré de la 
prison ». Dans la forêt, cris terribles. C’est un autre martyr, l’Amant sans partie. 

Non loin de là, les « desloyaulx diables vaudoys », avec Danger, Division et 
leurs adhérents, armés de vieilles armures, font sacrifice à Envie, « la telle pra¬ 
goise », « la vieille enragee vauldoise ». Trahison présente aux Vaudois des amoureux 
prisonniers, qui sont livrés à toute espèce de tortures. Haut Vouloir les délivre. 
Grande bataille à laquelle prennent part le dieu d'Amours lui-même, Espérance, 
Loyauté, c’est-à-dire « les bons loyaulx chrestiens », si bien que les « mauldis des¬ 
loyaulx Vauldoys » sont mis en déroute. En la personne de Haut Vouloir, les « Vaul- 
doys ont trouvé leur maistre ». Le poème se termine par une vision d’un « lieu de 
plaisance », palais magnifique habité par le dieu d’Amours. 

Ce poème, facilement écrit, mais démesurément long, ne manque pas d’in¬ 
térêt. Il faut relever le rôle assez Inattendu joué par les Vaudois. Il est à présumer 


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— 92 — 


que l’auteur avait été impressionné par quelque vauderie, la grande Vauderie 
d'Arras peut-être. Il avait lu sans doute le Traicti du péché de vaulderie 1 de Jehan 
Tainture et il estimait que ce genre de a péché » était « pieur que l’ydolatrie des 
paiens », a plus grief que le péché de heresie » ou « des machommetistes ». Il pensait 
que si cette « secte » continuait, « Antecrist par elle vendroit au monde », Bref, il eut 
l’idée bizarre d’identifier les ennemis d’Amour, Danger, Envie, Soupçon, etc., 
avec les Vaudois ou sorciers qu’on brûlait de tous côtés. Il décrit une assemblée 
de Vaudois et, tel un inquisiteur, il estime que 

leur grant malice 

Requiert le f u pour tout martire *. 

Les allusions aux Vaudois, aux Pragois ou à Bohémie, se trouvent aux fol. xxxiij v°, 
xxxiiij v°, xxxix, xl, xliiij et v°, xlv et v°, xlix, 1 et v°, lj et lij v°. 

Un autre intérêt du Chastel de joyeuse destinée , c’est la morisque. La littéra¬ 
ture du xv« siècle est remplie d’allusions à ce genre de danse que l’on connaît mal. 
Le roi René affectionnait tout particulièrement la morisque, dansée par un seul 
individu ou par plusieurs, revêtus de peaux de bêtes. Un article des comptes de 
Jean de Vaulx, trésorier du roi de Sicile, mentionne, en 1478, a cinq grans peaulx 
de loupserve..., dont Monseigneur de Calabre en eut deux pour jouer une mores¬ 
que » s . 

Il y avait des morisques à un seul personnage. Masqué, avec des sonnettes aux 
jambes, le danseur faisait des marches et des contremarches, que décrit Jehan 
Tabourot, Orchésographie, 1596, fol. 94 : « Dans mon jeune aage, j’ay veu qu’es 
bonnes compagnies, aprez le souper, entroit en la salle un garçonnet machuré et 
noircy, le front bandé d’un taffetas blanc ou jaulne, lequel avec des jambières 
de sonnettes dançoit la dance des morisques, et, marchant le long de la salle, faisoit 
une sorte de passage, puis, rétrogradant, revenoit au lieu où il avoit commencé 
et faisoit un aultre passage nouveau... 4 » La Légende de Maistre Pierre Faifeu 
de Charles Bourdigné a un chapitre intitulé : « Comment il dansa une morisque 
en une chemise glacée ». Vêtu de la sorte, avec des clochetons « après ses jambes », 
accompagné d’un ménétrier, Faifeu s’en fut danser dans les rues 5 . 

Il y avait des morisques à plusieurs personnages, dont un sot 6 . C’était une sorte 
de mascarade, avec « gracieux déduit », c'est-à-dire avec des danses et des panto¬ 
mimes, accompagnées de paroles appropriées. Le Chastel de joyeuse destinée nous 
a conservé les paroles d’une morisque à six personnages. C'est une scénette, vive¬ 
ment et légèrement écrite. Quatre amoureux, l'Amour languissant, Espoir de 


1. Bibl. nat., fr. 961. Imprimé à Bruges par Colard Mansion. Cf. Van Praet, Colard Mansion, 
n ° VIII, pp. 45-47. 

2. Fol. xliij. 

3. Lecoy de la Marche. Le roi René, t. II, p. 378. Cf. p. 150. 

4. Voir E. Picot et A. Piaget, Œuvres poétiques de Guillaume Alexis, t. I, p. 370. 

5. Édit, de 1723, p. 72. 

6. Dix danseurs de morisque, en bois sculpté, ornent l'ancien hôtel-de-Villc de Munich. 
Voir W. Pinder, Die deutsche Plastik des XV l *u Jahrhunderts, pl. 54 et suiv. 


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-93 - 


parvenir. Tout habandonné et Sot penser, cherchent à obtenir les faveurs d'Amou- 
reuse grâce. Mais ils ont compté sans Jalousie qui les invective et les invite à déguer¬ 
pir. Elle leur fait à chacun un don qui les met en fureur. A Espoir de parvenir, elle 
donne Foie attente ; à l'Amoureux languissant. Travail en vain ; à Tout habandonné. 
Temps perdu ; à Sot penser, l'Aler pour le venir. Les quatre amoureux injurient 
copieusement Jalousie et finissent par la chasser. Amoureuse grâce se laisse alors 
toucher. Elle leur fait à son tour un riche présent. A Gentil languissant, elle offre 
Espoir d'alègement ; à Espoir de parvenir. Gracieuse poursuite ; à Tout haban¬ 
donné, Atente de déserte ; à Sot penser, du piot. Ils partent tous quatre, heureux 
des dons de Grâce, le Sot particulièrement. 

La morisque finit par ces quatre vers du Sot : 

Prince d’Amours, il n'en faut point mentir, 

En grâce suis plus que nul autre amant. 

J'ai du pyot, et je m'en voys dormir. 

Adieu vous dy. Je prends congié a tant. 

L'auteur du Chastel de joyeuse destinée était picard ou flamand. Il parle de la 
France comme d'un pays étranger. Il mentionne, par exemple, des jeunes gens, 
« habituez à la guise de France » : 1 

Ces gens françois servoient tant promptement. 

Et dreçoient litz tant bien et proprement 
Que ce m'estoit grant esbaïssement. 

L'origine picarde de l’auteur se retrouve dans sa façon de rimer. La « diphton¬ 
gue picarde » fleurit chez lui : 


Fol. xxviij 

cry : luy : ainsi 

Fol. xxviij 

v° ouy : amy : ainsi 

Fol. xxix 

amy : demy : ennuy 

Fol. xxx 

suis : dis : pris 

Fol. xxxij 

saisy : ennuy 

Fol. xlij 

luy:cry 


mercy : luy 

Fol. xlvij 

dieux (1 syll.) : lieux (2 syll.) 

Fol. lii vo 

destruire : sire 


On relève de nombreuses rimes pauvres qui ne sont que des assonances. Enfin, 
dans les vers de huit comme dans ceux de dix syllabes, le poète comptait ou ne 
comptait pas les syllabes féminines. 

A la fin de la morisque, il est question du Prince d'Amours. On pourrait croire 
que ce poème a été composé vers 1460 dans quelque cercle littéraire et amoureux 
du nord de la France, qui continuait la tradition créée par Pierre de Hauteville. 
Il semble que Regnaud Le Queux en ait eu quelques échos. Comme on verra, il 


1. Fol. xxxv v°. 


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— 94 — 


a recueilli à la fin du Jardin une partie d’un poème qui est l'œuvre probable du 
Prince d'Amours. 


6. Fol. lv. C Comment les amans estans au jardin de plaisance , a leur plaisance , l'ung 
des amoureux se complaint de son cueur qui se débat a son œil . 

En may la première sepmaine 
Que les boys sont parés de vert... 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 924, fol. 247-261. 

— , Bibl. nat., fonds franç. 1169, fol. 143 v°-I58. 

— , Bibl. nat., fonds franç. 1696, fol. 71 v°-92 v°. 

— , Bibl. nat., fonds franç. 2264, fol. 98 v°-H4 v°. 

— , Bibl. nat., nouv. acq. franç. 4512, fol. 56-71. 

— , Arsenal, n° 3521, fol. 146-158 v°. 

— , Aisenal, n° 3523, fol. 735-758. 

— , Musée Jacquemart-André, n° 686 (anc. Lyon 653). 

— , Bibl. J. de Rothschild, n° 440, fol. 59. 

Valenciennes, n° 776 (anc. 581), fol. 134. 

Bruxelles, Bibl. royale, n° anc. 9014. 

— , Bibl. royale, n° 10998, fol. 28-40. 

Londres, Mus. brit., Royal 19. A. III, fol. 29-41 v°. 

Rome, Vat. 4794, fol. 66-78 v°. 

Stockholm, LUI, fol. 76. 

Vienne (Autriche), Bibl. nat., n° 2619, fol. 72-77. 

Nous ne savons où se trouve aujourd'hui le manuscrit du baron de Gucme (cf. Romania , 
xviii, 1889, p. 446) acquis par M. Potier en 1867. Voir Catalogue des livres de M. H . D. 
M***, Paris, 1867, n° 945. M. Champion (Histoire poétique du XV e siècle , t. I, p. 296, n. 1) 
dit à tort que le manuscrit de Guerne est « aujourd’hui à la Bibliothèque de Valenciennes, 
n° 776 ». Ce sont deux volumes différents. Par contre, le volume des œuvres d'Alain Chartier, 
renfermant le Débat du Cueur et de l'Œil , cité dans le Répertoire méthodique de la librairie 
Damascêne Morgand, 1893, n° 2832 est actuellement à Paris, dans la collection de Madame 
la comtesse de Béhague. 

Éditions : 

Le Débat du Cœur et de l'Œil a été publié partiellement par André van Hasselt, en 1838, 
dans son Essai sur l'histoire de la poésie française en Belgique (Extrait des Mémoires cou¬ 
ronnés par l'Académie royale de Bruxelles , t. XIII, p. 248-255), d'après le manuscrit 9014 
de Bruxelles. 

Une édition complète a paru, en 1841, à Londres, d’après le manuscrit 7388 de la Biblio¬ 
thèque du roi à Paris (auj. Bibl. nat., fonds fr. 1169). Voir Thomas Wright, The latin 
poems atlributed lo Waller Mapes , London, 1841, p. 310-321. 

Traduction ; 

Le Débat du Cœur et de l'Œil a été traduit en anglais à la fin du xv® siècle, sous le titre : 
A Lytel Treatyse called the Dysputacyon or Complaint of the Heart throughe perced with the 
lokynge of the Eye. Voir Warton, Hist. Engl. Poet ., édition de 1840, t. II, p. 388. 


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— 95 — 


La rubrique (fol. Iv) est à relever : Comment les amans estons au jardin de plai¬ 
sance a leur plaisance, l'ung des amoureux se complaint de son cueur qui se débat a 
Son œil. 

On peut se demander ce que viennent faire ici tout à coup ce jardin et ces amants. 
Lé poème qui précède nous en apporte l'explication. A la fin du Chastel de joyeuse 
destinée, il est, en effet, question d’un « lieu de plaisance », dans lequel se trouve un 
château, séjour du dieu d’Amours et des vrais amants. Le compilateur a imaginé 
de placer dans le jardin de ce château des amoureux et des amoureuses qui « se es- 
joyssent et esbatent » à faire ou à écouter des poèmes, des ballades et des rondeaux. 
Façon bien lâche et bien inutile de lier entre eux les différents morceaux de l’antho¬ 
logie. C’est ce jardin qui a fourni le titre du volume. 

Chassant le cerf, la première semaine de mai, avec une meute de chiens dont 
les abois lui paraissent la plus belle des musiques, l’auteur du Débat du Cœur et 
de l’Œil entend, non loin de son chemin, des voix féminines. H descend de son 
cheval et découvre, au bord d’une « fontaine », à l’ombre d’un pin, toute une com¬ 
pagnie de dames dont l’atour était « notable » et « d’hommes gentilz bien habillez ». 
Il se présente et est fort bien accueilli. Les dames lui donnent un « gent chapel ». 
Puis, l’une d’elles le prenant par la main commence une chanson. Les autres dames 
et les amants chantent aussi et dansent. C’était une vie bien faite pour « oster 
d’ire » un cœur troublé. Le chasseur ne tarde pas à remarquer une dame si gracieuse 
et si « munde » qu’elle semble un ange ; son œil et son cœur ont grand plaisir à la 
regarder. Il brûle du désir d’être son serviteur. A son tour, elle chante. Sur ces 
entrefaites, un cerf poursuivi par les chiens saute dans la rivière. Mais, fatigués, 
les chiens le laissent échapper. Le chasseur, aussitôt, prend congé des dames et 
poursuit la bête. Il se perd, attache son cheval à un arbre, et, couché sur le sol, 
il a un songe. Il entend son Cœur et son Œil débattre. Le Cœur reproche « au 
faulx Œil » de l’avoir poussé à aimer inutilement la plus parfaite dame d’ici-bas. 
Il le traite de « faux meurtrier », plus mauvais « qu’uns hérités ». L’Œil se défend. 
Il n’est ni « meurtrier n’incredule », mais loyal. Il en fait juge Ardent Désir, qui, 
pour les mettre d’accord, les conduit devant le dieu d’Amours. Là, les explications 
dégénèrent en injures. Le Cœur jette à l’Œil son gage. Un champ est aussitôt clos 
de barrières dont les clefs d’ivoire sont limées par ung « serrurier de Portingal ». 
Dans le hourd d’Amours, il y a des tapis 

Ou de la Rose ly Rommans 

Pour lire aux amans clers et laiz . 

Estoyent escrips de dyamant *. 

Le héraut Regard règle les conditions du combat. Il appelle le Cœur qui paraît, 
monté sur un destrier couvert de larmes, avec un hamois de deuil ; pour armoi¬ 
ries, il a trois soupirs peints sur sa cotte, laquelle est « dyapree » de gémissements. 
Son épée est « trempée en tristesse ». Il est accompagné d’Honneur, de Harde- 


i. Vers cités par E. Langlois, Le Roman de la Rose, t. I, p. 41. 


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— y 6 — 


ment. Prouesse, Vaillance, Penser, Souvenir, Bonheur, vêtus de roses et de lis et 
portant des chapeaux de lavande. L'Œil vient ensuite, monté sur un « genet de 
parement», armé d'une espée de soûlas et d'une cotte de joie. Il est accompagné 
de Bel-Accueil, Déport, Mélodie, Noblesse, habillés de vertes pervenches, montés 
sur des chevaux couverts de marjolaines. Le combat à la lance d’abord, puis à l'épée, 
menace de tourner mal, lorsque dame Pitié intervient et conduit les deux cham¬ 
pions devant Vénus, déesse d'Amours. Vénus, qui pour son « régné tenir », a besoin 
tant du Cœur que de l’Œil, les réconcilie. Elle veut faire écrire « tout le procès ». 
Elle soumet le cas à tous les vrais amants et promet au meilleur rapporteur « ung 
chapeau de roses » et la réalisation de tous ses désirs. 

Le Débat du Cœur et de l’Œil est le plus souvent copié parmi les œuvres d'Alain 
Chartier. Au XV e siècle déjà, on l'attribuait à l'auteur de la Belle dame sans merci. 
On lit dans le manuscrit de Vienne : « Ensuit le Débat du cueur et de l'œil fait par 
maistre Charretier, secrétaire du Roy de France nommé Charles ». Selon le manus¬ 
crit de Valenciennes et celui du baron de Gueme, l’auteur du Débat est Michaut 
Taillevent. Il semble bien que cette attribution soit la bonne. 

Est-il possible de dater, sinon exactement, du moins approximativement le 
poème de Michaut Taillevent ? 

Dans son Histoire poétique du XV e siècle \ M. Pierre Champion estime que, 
pour comprendre le poème de Michaut Taillevent, domestique de Philippe le Bon, 
« il faut dire quelque chose de la chasse, qui passionnait son maître, des pas d'armes 
et des tournois qui nous permettront de dater le poème, tant les détails trans¬ 
posés sont précis ». 

Prenant occasion du Débat du Cœur et de l’Œil, M. Champion nous apprend que 
le duc de Bourgogne, qui « n'avait pas moins de quarante-cinq lévriers et de soi¬ 
xante chiens courants », a forçait bêtes rouges et noires dans la forêt de Lucheux 
en 1422 ; en 1425, il donnait des chasses à courre dans la forêt de Hesdin ; dans 
celle de Crécy, en 1428. Et chaque année, le jour de l'Ascension, les compagnons 
de la vénerie de Brabant venaient chasser un cerf devant le prince ». M. Cham¬ 
pion énumère ensuite les grands tournois auxquels Philippe le Bon assista en 1428, 
1429 et 1443. Celui de 1445, où Lalaing rencontra le Sicilien Jean de Boniface, « fut 
un beau combat à pied, à coup de haches et de dagues que suivit un combat à 
cheval, à la lance, avec vingt-sept reprises. Spectacle qui enthousiasma les con¬ 
naisseurs... La même année, l’aventureux et beau Lalaing combattit contre un 
Anglais... ; puis en 1447, Lalaing tenait le pas de la Fontaine des Pleurs... ; fête 
terminée naturellement par un banquet, avec entremets, oraisons pieuses à la Vierge 
et devant le tableau de la dame larmoyante, le tout en vers. » 

M. Champion conclut en ces termes : « On voit que les rimeurs, les peintres, 
avaient leur emploi dans ce genre de fêtes. C'est l'un de ces pas que nous décrit 
Michaut Taillevent dans son Débat du Cœur et de l’Œil ; et nous avons lieu de croire 
qu'il fut composé un peu après 1445 ». 


1. T. I, p. 314-317- 


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— 97 — 


Dans la brève analyse qu'il fait ensuite du poème, M. Champion s'est efforcé 
d'introduire des détails précis dans le rêve de Michaut Taillevent. Le dieu d'Amours, 
par exemple, est vêtu d’une robe brodée de perles, a comme pouvait l'être celle de 
Philippe le Bon » ; le Cœur tire sa dague, « comme dans le pas de Lalaing et de 
Jean Boniface » ; Amour arrête le combat, « comme le fit alors [en 1445] dans cette 
rencontre Philippe le Bon ». 

Il nous est vraiment difficile de suivre jusque là l’auteur de Y Histoire poétique 
du XV e siècle. Tous les détails sur les chasses et les tournois auxquels assista Phi¬ 
lippe le Bon sont pleins d'intérêt sans doute, mais nous pensons qu'ils n'ont qu'un 
rapport très lointain avec le Débat du Cœur et de l'Œil, s'ils n'en sont pas complète¬ 
ment étrangers. 

Le poème de Michaut Taillevent se rattache, par son introduction et son inspi¬ 
ration, au cycle de la Belle dame sans merci. Il renferme une allusion à un vers 
d’Alain Chartier, qui, en dépit de sa banalité, eut un grand succès 1 . On lit dans 
la Belle dame sans merci : 

Les yeulx sont faits pour regarder. 

Dans le Débat , l'Œil prétend être libre d’agir à sa guise : 

Car je suis pour regarder faiz. 

Rien, dans le poème de Michaut Taillevent, ne permet de le dater exactement. 
Il ne renferme aucune mention précise, aucune allusion utile. A moins qu'on ne 
veuille relever le vers qui mentionne « le serrurier de Portingal ». Il est permis peut- 
être de supposer que les artistes de cette nation ne devinrent à la mode en Bour¬ 
gogne au xv® siècle qu’après le mariage de Philippe le Bon avec Isabelle de Portugal 
en 1429. Si nous devions dater le Débat du Cœur et de l'Œil , nous dirions, sans nous 
occuper des chasses du duc de Bourgogne ni des tournois auxquels il assista, que ce 
poème a été composé peu après 1430. Taillevent pouvait avoir alors une trentaine 
d'années *. 

M. Picot a supposé que le Débat du Cœur et de l'Œil 3 de Michaut Taillevent était 
une imitation d'un débat latin, célèbre au moyen-âge, œuvre du chancelier Phi¬ 
lippe de Grève 4 . Supposition bien inutile. Le joueur de farces du duc de Bour¬ 
gogne a-t-il jamais connu YAltercatio Cordis et Oculi ? C'est peu probable. Le 
petit poème du chancelier de l'Université de Paris, qui n'a que sept strophes, est 

1. Voir Rotnania, XXXIV (1905), p. 594. 

2. Michaut Taillevent naquit, peut-on croire, un pou avant 1400 (M. Champion dit : t un 
peu avant 1410 »). En 1426, il était « farceur » du duc de Bourgogne et touchait des gages. Il 
mourut, vieux et pauvre, en 1458 (Champion, Histoire poétique , p. 289). 

3. Catalogue Rothschild, t. IV, p. 105. 

4. Publié par B. Hauréau, Notices et Extraits de quelques manuscrits latins de la Bibl. nat., 
t. I, p. 365, Notices et Extraits des manuscrits, t. XXXII, I, p. 312 ; et par Th. Wright, The 
latin poems commonly attributed to Walter Mapcs. London, 1841, p. 93-95. Le même débat en 
français a été publié par P. Meyer, Romania, t. I (1872), p. 202. Sur Philippe de Grève, 
chancelier de l’Église et de l'Université de Paris, voir un article de B. Hauréau, Journal des 
Savants, 1894, p. 427-440. 

plaisance 7 


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- 9 8 - 


d’une inspiration toute chrétienne l , nullement amoureuse : l'œil est peccati prin- 
cipium, mortis nuncium. Il n’est d’ailleurs pas besoin de chercher un modèle aussi 
lointain. Le débat du cœur et de l’œil est un des lieux communs de la littérature 
amoureuse du moyen-âge. Ce thème était banal au xv e siècle. U serait facile de 
le montrer par de nombreux exemples. 

Michaut Taille vent regrette quelque part d’avoir « semé en terre déserte », 
c’est-à-dire d’avoir gâché sa vie. Il mourut méconnu, oublié, « povre et viel ». Mais 
s’il avait lieu, vers 1450, de se plaindre de sa destinée, on peut dire qu’il a de nos 
jours pris une assez belle revanche. M. Pierre Champion lui a consacré tout un 
chapitre de son Histoire poétique du XV Q siècle 2 . Il le proclame un « vrai poète », 
« charmant » à ses heures. A vrai dire, les poésies amoureuses de Michaut Taillevent, 
son Débat du Cœur et de l'Œil, ne sont pas ce qu'il a fait de mieux. Ses poésies offi¬ 
cielles 3 valent encore moins peut-être. Sa misère l’a mieux inspiré. Son Passe temps 
est une œuvre sincère; on peut la lire encore aujourd’hui. 

Michaut Taillevent est, en outre, l'auteur de deux petits poèmes qui sortent de 
la littérature courante et officielle. Seul, le manuscrit de Stockholm les a conservés. 
Nous en avions depuis longtemps une copie dans nos dossiers ; nous croyons utile 
de les publier ici. 

Dans le premier, intitulé La Desirousse Michault Taillevent 4 , Taillevent raconte 
d'une manière plaisante comme il fut dévalisé par des écorcheurs dans le bois de 
Pont-Sainte-Maxence. Ayant passé Louvre en Parisis et Senlis, il fut surpris par 
la nuit et obligé de coucher « en ung buisson ». II se représente « tout tremblant de 
peur et de hide », l'oreille tendue, épiant le moindre bruit. Au petit jour, une bande 
de brigands, armés de « grans paffus », qui semblaient frères à « Tarrabin Tar- 
rabas » 5 , lui rompirent presque « tout le groing » et lui volèrent cheval, 

Chaperon, espec, bourse et gans. 

Taillevent espère que le duc de Bourgogne, lui venant en aide, le gratifiera d’un 
cheval. 


1. Voir un article de E. Faral, Notice sur le ms. lut. de la Bill, nat., n° 3718 dans la Romania, 
XLVI (1917). P- 235. 

2. T. I, p. 285-338. 

3. La moralité composée par Taillevent en 1435. à l'occasion de la Paix d’Arras, présente 
au moins un intérêt : le tableau des malheurs du peuple de France, t le plus povre des crestiens », 
brossé par Povre commun. Cette moralité faisait sans doute partie du programme des fêtes et 
« esbatemens » du congrès, mais aucun chroniqueur n’en parle. Peut-être la note suivante, tirée 
des comptes de la ville de Saint-Omer pour l'année 1436-1437, se rapporte-t-elle au petit « jeu 
de la paix » de Michaut Taillevent : « A certaines personnes jueurs de personnages qui ont juc 
et monstré a l’ostei de la Couronne ung jeu de mistere de la paix qui a este faitte a Arras entre 
le roy de France et monseigneur le duc de Bourgogne auquel jeu furent monseigneur le bailly 
de ceste ville, sen lieutenant, pluseurs de messeigneurs, maicurs et cschevins de l'une et de l'autre, 

pour ce a eulx donné.iiij s.» Voir Justin de Pas. Mystères et jeux scéniques à Saint-Omer aux 

XV e et XVI e siècles (dans les Mémoires de la Société des Antiquaires de la Morinie, t. XXXI, 
p. 359. n. 4). 

4. Fol. 156 vo-158 v°. 

5. Un imprimeur imaginaire, vers 1589, s’intitulait : Tarabin Tarabat. Voir Catalogue 
Rothschild , t. I, p.. 537, n° 797. L'expression « tarabin, tarabas ® se trouve deux ou trois fois 
dans Rabelais. Voir une note de l’édition Abel Lefranc, t. IV, p. 149, n. 40. 


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— 99 — 


Dans ce petit récit, qui rappelle de très loin le Dit du florin de Froissart, et fait 
penser à répitre de Clément Marot, Au Roy pour avoir esté dérobé , Taille vent ne 
se donne pas comme un foudre de guerre. Peut-être, en forçant la note, espérait-il 
égayer son très redoubté seigneur et le rendre d'autant plus généreux. Les comptes 
de Bourgogne nous apprennent qu'en 1426 et en 1431, Michaut Taillevent reçut une 
fois 15 livres, une autre fois 19 livres 19 sous pour acheter un cheval. La Destrousse 
date peut-être de l'une ou de l'autre de ces années-là. 


La destrousse Michault Taillevent 

I. A mon tresredoubté seigneur 
Le duc de Bourgongne excellent. 

Et a tous chevaliers d’onneur 

Et escuiers pareillement, 4 

Supplie Michault humblement 
Qu'U ait ung petit d’audience. 

Et racontera son tourment 

Qu'il eut ou bois Sainte Maixencc. 8 

II. Comme, nagaires, sur le plain, 

Se mist au dehors de Paris 
Et vint avec d’autres tout plain 

Jusqucs a Louvres en Parisis, 12 

Ou grant chemin outre Scnlis, 

Pour ce qu'a Pons logicr cuidoit. 

Mais, par droit usage tousdis. 

Il avient ce qu'avenir doit. 16 

III. Et pour ceste cause il a vint, 

Quant il fut du boys a l'entree, 

Que jour faillit et la nuit vint, 

Dont la convint, celle vespree, 20 

Couchier a la dure terree 
Et son corps a Dieu commander. 

Mais, s'il faisoit chiere effraee, 

Pas ne le convient demander. 24 

IV. Donc, quant il vist que c'estoit forche 
Et que la nuit venoit a fait 

Et n'avoit ne chambre ne porche 

Et qu'il falloit qu'il fust de fait 28 

Comme homme de joye deffait 
Par tristesse et par desplaisir, 

Il avisa son lit tout fait 

En ung buisson pour soy gésir. 32 

V. Ainsi, comme povre esgaré, 

Estrené de dures estraines. 

Regarda lors son lit paré 

Duquel estoicnt les courtines 36 


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Toutes de chardons et d’espines, 

Et la couche de terre dure. 

Le chevet de grosses racines, 

Et de ronces la couverture. 40 

VI. Et puis ou buisson se bouta 
Et mist a son cheval la bride 
Sur le col et l'abandonna. 

Tout tremblant de peur et de hidc 44 

Qu’on ne fist de lui homicide. 

Aprez s’assit en requérant 
Nostre Dame et Dieu en aide 

Que lui fust escu et garant. 48 

VII. Et com cil qui tousjours a peur 
En tel estât qu’on ne le tue, 

Et qui n’est onques bien asseur 

Puis qu’il ot rien qui se remue, 52 

Se soubzlevoit, a col de grue, 

Tout bellement, sur ses genoulz, 

Et avoit l’oreille tendue 

A tout lez pour le peur des loupz. 56 

VIII. Puis escoutoit se point sonner 
Orroit a ses villes voisines, 

Ou s’il orroit le coq chanter 

Environ l’eure de matines, 60 

Mais il n’oyoit coq ne gclincs 
Ne chien abaier la entour. 

Néant plus, dont c’estoit mauvaiz sincs, 

Que s’il fust mussié en ung four. 64 

IX. En aprez fondoit argumens 

En soy des biens qui sont mondain, 

Et puis en rendoit jugemens 

Disant qu'ilz ne sont pas certain 68 

Et qu’on se traveilloit en vain 
En ce monde de les acquerre, 

Car, s’on gaigne huy, on pert demain. 

Pourtant est fol qui les enserre. 72 

X. Si je pers, se dist il aprez. 

On dira, se l’eust bien gardé. 

Espoir, que faisoit il si prez ? 

Ou on pourra d’autre costé 76 

Dire : C'est cy cas de pité 
Et de fortune tout ensemble. 

S’en doit estre, pour vérité, 

Plus pardonnable, se me semble. 80 

XI. Ainsi eust la mainte pensee 
Et mainte chose retourna, 


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— IOI 


Tant que la nuit si fust passée 
Et que ce vint qu'il adjouma. 

Puis a son chemin retourna 
Cuidant avoir tous griefz passez. 
Mais depuis gaires loingz n'ala 
Qu'il fut de tous poins destroussez. 

XII. Car, à l’issir de son buisson, 
S'acompaigna de charios 
Et d'autres gens assez foison, 
Marchans et chartiers grans et gros. 
Mais, quant vint à l'issir du bos. 
Et d'une place grande et belle. 

Ils furent aussi bien enclos 
Que perdrix a une tonnelle. 

XIII. Et la, a hacques et a maques, 

Vindrent gens atout grans paffus, 
Armez de fer et de viez jaques, 

Cum gladiis et fustibus . 

Se sembloit Liloy Tarrabus, 

Frere a Tarrabin Tarrabas, 
Abrigadez et fervestus 
Pour combatre a blis et a blas. 


XIV. 


Et la tolli on et donna 
A Michault, je vous certiffie. 

Tolli I comment ? on lui osta 
Quanqu'il avoit pour ceste fie. 
Donna 1 et quoy ? une brongnie 
Si grande que d'un cop de poing 
Sur la mâchoire, lez l'oye, 

On lui rompi prés tout le groing. 


XV. Et la cause pourquoy du rost 
Ot Michaut, lors ne fut si non 
Pour l'amour qu'il ne bailloit tost 
Ses besongnes en habandon. 
Combien qu'il leur baillast sans don 
Chaperon, espee, bourse et gans. 
Et puis aprez, de grant randon. 
Saillirent ou bos les brigans. 


XVI. Or vous a compté s'aventure 
Michault et son péril mortel. 

Et comment celle nuit obscure 
Il fist le guet a son cretel. 

Et puis perdit tout son chatel. 
Priez a l’umble Vierge franche 
Et a son Filz espirituel 
Qu'il lui doint bonne recouvranche. 


84 

88 

92 

96 

100 

104 

108 

112 

116 

120 

124 

128 


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— 102 


XVII. Hault prince, je vous ay conté 
Comment j'ay esté a destroit. 

Mais se dit vous ay vérité 

Se sçay je assez bien que bon droit 132 

A bien mestier, en maint endroit, 

D'ayde par espccial. 

Si ques aidiez moy, pour Dieu soit, 

Tant que je rcssoye a cheval 1 136 

L’autre petit poème, intitulé Dialogue fait par Michault de son voiage de Saint 
Glaude l , est plus original et plus nouveau. Il est meme seul de son espèce au xv e siè¬ 
cle. A propos d'un voyage à Saint-Claude, Taillevent raconte les impressions que lui 
firent les hautes montagnes, les vallées profondes, les roches « bises »,.les torrents 
qui faisaient un bruit de tonnerre ; puis il décrit la ville de Salins, qui est « ung droit 
miracle ». 

Au sujet de Salins, il suffira de se reporter à l’ouvrage de M. Max Prinet, L 1 in¬ 
dustrie du sel en Franche-Comté (Besançon, 1900) pour avoir un commentaire expli¬ 
catif de chacune des strophes de Taillevent : sur la Grande Saunerie, qui est une 
« belle seignourie » (p. 50 et 157), sur le bois qu'on « charrie incessament » (p. 179), 
sur le puits de Salins et les sources tant douces que salées (p. 159), sur les chau¬ 
dières de fer (p. 173) et la cuite du sel (p. 174). 


Dialogue fait par Michault de son voiage de saint Glaude. 

I. Compaignon qui viens de saint Glaude, 

Par ta foy, dy moy du pays. 

— Qu’en diroic en response chaude ? 

Onqucs ne fus si esbahiz. 4 

— Les montaignes que tu y viz 

Que t'en semble ? Esse pas merveille ? 

— Je ne vi onqucs la pareille. 7 

II. — Sont clics haultes, sc t’aist Dieux ? 

Il convient que tu m’en devises. 

— Aussi haultes qu'on peut vir Dieux, 

Et sont trestoutes roches bises 11 

De grandes pierres entrassises, 

Plus grosses que n’est ung mousticr ; 

C'est bien massonné sans mortier. 14 

III. — Et quant on monte ces montaignes 
N'est on point de joieux affaire ? 

— On ne pelle mie chastaignes ! 

On a bien autre chose a faire. 18 

Tout autretant vauldroit detrairc 


1. Fol. 158 v°-is9 v°. 


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— 103 — 


Comme ung cheval a la chaîne. 

Garde derrière, Moreau rue I 1 

IV. — Ou fut le chemin mal ouny ? 

— Au premier de nostre ambassade, 

Droit au dessus de Poligni. 

La eusmes nous telle estrigade 
Que lassee en fut la brigade. 

Mais le bon vin blans nous sauva. 

Bon fait boire quant on y va. 

V. — Et que dy tu de ces gran9 vaulx 
Qui sont si creux et si parions ? 

— C'est pour perdre hommes et chevaux. 
Par ma foy, qui cherroit au fons. 

Puis que je fu levé de fons 
Je ne vy chose si diverse. 

Il n'est pas eureux qui y verse. 

VI. — Or me dy, se Dieu te secourt, 

De l'eaue issant de mainte roche. 

— C'est une eaue bruiant qui court 
Plus tost que quarreau ne descoche. 

On l’orroit bien bruyre de coche. 

Ce semble tonnoire et tempeste. 

Tel bruit n'est pas bon en la teste. 

VII. Qui en Savoie aler vouldroit 

Il verroit mainte roche horrible. 

Des grans merveilles qu'on verroit 
On feroit une grosse bible. 

C’est(e) trestoute chose impossible 
A croire qui ne l’avroit veu. 

Dieu a tout partout grant vertu. 

VIII. — De Salins ? — De Salins, quel pars ? 

— As tu point veu la Saunerie ? 

— C'est ung songe de toutes pars. 

C'est une belle seignourie. 

— As tu veu comment on charie 
Tous les jours boys incessamment ? 

— J'ay tout veu et quoy et comment. 

IX. — As tu veu le puis de Salins 
Et la fontaine belle et clere ? 

— Je l'ay veu et tous les engins 
Des eaues, foy que doy ma mere; 

L'une est douce, l'autre est amere. 

— Et que dy tu de tel sinacle ? 

— Que j’en dy ? C'est ung droit miracle. 


21 














Sur cette locution, voir Romania, t. XXXIV (1905), p. 136, n. 1. 


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— 104 — 


X. — Or me conte du sel la guise. 

Comment se fait il ? — Par chaufer. 

Ly ung souffle et l'autre ratise 

Dessoubz grans chaudières de fer. 67 

Ce semble leens ung enfer. 

— La stragule est [elle] congrue ? 

— Tu l'as bien veu, tu n’es pas grue. 70 

XI. — Et des roches au fin coupet. 

Quelz chasteaux y a il estables ? 

— Chasteau Bclin, Groçon, Poupet 1 . 

Tous les ay escrips en mes tables. 74 

Ce sont fortresses imprenables. 

On n’en pourroit avoir le bout. 

On les maudit bien, mais c'est tout. 77 

XII. Tu as bien fait relacion, 

Du voyage où tu as esté. 

— J’en feray ung plus lonc sermon, 

Mais que y revoie en l'esté. 81 

Et s'il n'est aussi bien dicté 
Que de Mehun ou de Machaut. 

On prcigne en gré, c’est de Michaut. 84 

S'appuyant sur l'allusion à la Savoie qui se trouve à la strophe VII, M. Cham¬ 
pion a rattaché ce petit poème au voyage que fit le duc de Bourgogne en 1433 à 
Chambéry « pour assister aux noces du comte de Genève et parler de la paix géné¬ 
rale avec le duc de Savoie ». 

A vrai dire, le but du voyage de Michaut Taillevent était Saint-Claude et non 
Chambéry. Se trouvant à Saint-Claude, impressionné par les hauts sommets qu'il 
avait autour de lui et qu'il découvrait à l'horizon, Taillevent fait la réflexion que, 
si on allait en Savoie, (il emploie le conditionnel), on verrait «mainte roche hor¬ 
rible et de grans merveilles » 2 . Puis, cela dit, il en revient à Salins qu'il décrit minu¬ 
tieusement. 

M. Champion qui paraît affectionner tout particulièrement les récits de fêtes, 
festins et « entremets », n'a pas manqué, à propos du Dialogue de Taillevent, de 
raconter les noces du comte de Genève à Chambéry, le château de bois où il y avait 
un gentilhomme qui portait des plumes de paon et figurait le dieu d'Amours, les 
hommes sauvages, le bouquetin vivant, les colonnes et les danseurs de morisque. 
Mais tout cela n'est pas en place. 

Quand et à quelle occasion Michaut Taillevent vint-il à Saint-Claude ? Saint- 
Claude était un lieu de pèlerinage très couru. Philippe le Bon le visita à deux ou trois 
reprises, en 1442 et en 1443 ; le Dialogue date-t-il de ces années-là ? Peut-être. 


1. M. Prinet, Ouv. cil. pp. 205 et 254, mentionne Chastel-Belin et le château de 
Grozon, mais non Le Poupet. 

2. Charles d’Orléans parle aussi des neiges des montagnes de Savoie, itdit. P. Champion, 
t. I, p. 186. 


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— 105 — 


Fol. lx. C Comme les amans qui sont audit jardin de plaisance , après ce débat du 
cueur et de l'œil, se esjoyssent et esbatent a faire plusieurs balades et rondeaulx 
pour les dames qui y sont, les ungs pour l'onneur des dames et les autres au 
deshonneur. Ensemble les responces des dictes dames aux amans. Et d'autres plu¬ 
sieurs choses joyeuses . 

Avant d'énumérer les différentes ballades et chansons qui remplissent une bonne 
partie du Jardin de Plaisance, nous croyons utile de dresser préalablement la liste 
des principaux chansonniers, avec ou sans musique, auxquels nous renvoyons dans 
notre commentaire bibliographique K 

CHANSONNIERS FRANÇAIS DU XV e SIÈCLE ET DU DÉBUT DU XVI e . 

Les manuscrits précédés d'un astérisque contiennent la musique. 

Berlin, Cabinet des estampes, 78 B 17. (anc. Hamilton 674). 

Ed. M. Loepelmann, Die Liederhandschrift des Cardinals de Rohan, 1923. 

* Bologne, Bibliothèque universitaire, cod. 2216. 

Voir J. Wolf, Geschichte der Mensural Notation , t. I, p. 198. 

* Bologne, Liceo musicale, cod. 37. 

Voir Torchi, I monumenii deü' antica musica francese in Bologna (Revista musi¬ 
cale italiana, t. XIII, 1906, p. 486) et J. Wolf, Ouv. cit ., t. I, p. 197. 

* Bologne, Liceo musicale, cod. 109. 

Voir Torchi, Ouv. cit., p. 499. 

* Bologne, Liceo musicale, cod. 143. 

Voir Torchi, Ouv. cit., p. 502. 

* Bologne, Liceo musicale, cod. 148. 

Voir Torchi, Ouv. cit., p. 499. 

* Bologne, Liceo musicale, cod. Rusconi. 

Voir Torchi, Ouv. cit., p. 502. 

* Bologne, Liceo musicale, ms. sans cote. 

Voir Torchi, Ouv. cit., p. 503. 

* Bruxelles, Bibliothèque royale, ms. 228. 

Voir Gachet, Albums et œuvres poétiques de Marguerite d'Autriche , p. xv. 

* Bruxelles, Bibliothèque royale, ms. 9085. 

Voir E. Closson, Basses dances , publ. pour la Société des bibliophiles et icono- 
philes de Belgique, 1912. 

* Bruxelles, Bibliothèque royale, ms. 10572. 

Voir Gachet, Ouv. cit., p. xiv. 

* Bruxelles, Bibliothèque royale, ms. 11.239. 

Voir Gachet, Ouv. cit., p. xv. 

* Buxheim, voir Munich. 

* Cambrai, Bibliothèque municipale, ms. 124. 

Voir E. de Coussemaker, Notice sur les collections musicales de la bibliothèque 

1. Une Bibliographie des chansonniers du XV ® siècle paraîtra l'année prochaine. 


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— io6 — 


de Cambrai ... 1843, p. 65-92 et A. Molinier, Catalogue général des manus¬ 
crits, 1891, art. 125-8. 

* Chantilly, Musée Condé, ms. 1047. 

Voir Cabinet des livres, Manuscrits, t. II, p. 277 et J. Wolf, Ouv. cit., t. I, p. 328. 

Clermont-Ferrand, Bibliothèque de la ville, ms. 249. 

Voir C. Couderc, Notice du ms. 249 de la bibl. de Clermont-Ferrand dans le 
Bulletin de la Soc. des anciens Textes français, 1889, p. 98. 

Copenhague, Bibliothèque royale, fonds Thott, ms. 416. 

Voir A. Abrahams, Description des manuscrits français du moyen-âge de la 
bibl. royale de Copenhague, p. 122. 

* Cortona, Bibliothèque communale, cod. membr. 95-96. 

Voir G. Mancini, I manoscritti délia libreria del commune e deU' accademia etrusca 
di Cortona, 1884. Cfr. Paris, Bibl. nat., nouv. acq. franç. 1817. 

* Dijon, Bibliothèque de ha ville, ms. 517. 

Voir S. Morelot, Notice sur un manuscrit de musique ancienne 1 dans les 
Mémoires de la commission des antiquités du département de la Côte-d'Or, 
1856, p. 133-160. 

Douai, Bibliothèque de la ville, ms. 767. 

Voir Dehaisncs, Cat. général des manuscrits, 1878, p. 464. 

Dresde, manuscrit du prince Jean de Saxe. 

Voir Pctzhold, Rondeaux d'amour, dans le Bulletin du bibliophile belge, t. III 
(1846), p. 236. 

Épinal, Bibliothèque de la ville, ms. 189. 

* Escorial, cod. IV. a. 24 et V. III. 24. 

Voir P. Aubry, Iter hispanictim, dans les SammelbanJc der internaiionalen 
Musikgcsellschaft, t. VIII (1906-7), p. 517. 

* Florence, Reale istituto musicale, fonds Basevi 2439. 2 

Voir L. de Burbure, Etude sur un manuscrit du XVI e siècle, dans les Mémoires 
couronnés ... par l'académie royale de Belgique, 1882, t. XXXIII. 

* Florence, Reale istituto musicale, fonds Basevi 2442. 

* Florence, Biblioteca nazionale, centr. XIX. 59. 

* Florence, Bibliotheca nazionale, centr. XIX. 107. 

* Florence, Biblioteca nazionale, centr. XIX. ni. 

* Florence, Biblioteca nazionale, centr. XIX. 112. 

* Florence, Biblioteca nazionale, centr. XIX. 117. 

* Florence, Biblioteca nazionale, centr. XIX. 121. 

* Florence, Biblioteca nazionale, centr. XIX. 164-167. 

* Florence, Biblioteca nazionale, centr. XIX. 176. 

* Florence, Biblioteca nazionale, centr. XIX. 178. 

* Florence, Biblioteca nazionale, centr. Panciatichi 26. 

Voir J. Wolf, Ouv. cit., t. I, p. 244. 

* Florence, Biblioteca nazionale, centr. Panciatichi 27. 

1. M. A. Pirro a entrepris la publication complète de ce chansonnier. 

2. M l,e G. Thibault nous a obligeamment prêté ses dépouillements des manuscrits florentins 
sur lesquels elle prépare un travail, et nous lui exprimons ici notre sincère reconnaissance. 


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— 107 — 

* Florence, Biblioteca Riccardiana 2794. 

Grenoble, Bibliothèque de la ville, ms. 874. 

Voir Catalogue des manuscrits, p. 266. 

Lille, Bibliothèque de la ville, ms. 402. 

Voir Le Glay, Cat. des manuscrits de la Bibliothèque de Lille, 1848, n° 372. 
Londres, Musée britannique, add. mss. 31922. 

* Londres, Musée britannique, add. mss. 29987. 

Voir J. Wolf, Ouv. cit ., t. I, p. 269. 

* Londres, Musée britannique, roy. 20. A. XVI. 

Londres, Musée britannique, Lansdowne 380. 

Lyon, Bibliothèque de la ville, ms. 1235. 

Voir L. Clédat, Ballades , Chansonnettes et Rondeaux du XV e siècle , dans 
Lyon-Rtvue, 1886, p. 304. 

* Modene, Biblioteca estense, cod. L. 568. 

Voir Camus, Notices et extraits des manuscrits français de Modène , dans la Revue des 
langues romanes , t. XXXV (1891), p. 249 et J. Wolf, Ouv. cit., t. I* p. 335. 

* Mont-Cassin, Bibliothèque de la ville, ms. 871. 

* Munich, Unlversitàtsbibliothek, cod. 8° ms. 328-331. 

Voir Eitner, Ein deutsches Liederbttch im Manuscript, dans les Monatshefte 
für Musikgeschichte, t. XXXII (1900), p. 97 et 113. 

* Munich, Staatsbibliothek, cod. germ. 810 (anc. mus. tns. 3232). 

Voir J.-J. Maier, Die musikalischcn Handschrilten der K. Hol-und Staats¬ 
bibliothek in Muenchen> 1879, p, 125. 

* Munich, Staatsbibliothek, cod. 3192. 

Voir Riemann, Sechs bisher nicht gedruckte Chansons von Gilles Binchois , 1892. 

* Munich, Staatsbibliothek, cod. 3725, dit Buxheimer Orgelbuch. 

Voir Eitner, Das Buxheimer Orgelbuch, dans les Beilage tu den Mônatsheften 
für Musikgeschichte, 1888. 

* Oxford, Bodley, canonici mise. 213. 

Voir Stainer, Dufay and his contemporaries, 1898. 

* Paris, Bibliothèque nationale, fonds franç. 1130. 

* Paris, Bibliothèque nationale, fonds franç. 1596. 

* Paris, Bibliothèque nationale, fonds franç. 1597. 

Paris, Bibliothèque nationale, fonds franç. 1701. 

Paris, Bibliothèque nationalè, fonds franç. 1719. 

Voir Schwob, Le Parnasse satyrique du XV e siècle, 1905. 

Paris, Bibliothèque nationale, fonds français, 1722 l . 

Paris, Bibliothèque nationale, fonds franç. 2206. 

* Paris, Bibliothèque nationale, fonds franç. 2245. 

Paris, Bibliothèque nationale, fonds franç. 2264. 

Paris, Bibliothèque nationale, fonds franç. 2473. 

Paris, Bibliothèque nationale, fonds franç. 9223. 

Voir G. Raynaud, Rondeaux et autres poésies du XV e siècle, 1889. 

1. Ce manuscrit nous a été signalé par M 11 * G. Thibault que nous remercions de son 
obligeance. 


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• Paris, Bibliothèque nationale, fonds franç. 9346. 

Voir A. Gasté, Chansons normandes du XV e siècle , 1866, et T. Gérold, Le manus¬ 
crit de Bayeux, 1921. 

• Paris, Bibliothèque nationale, fonds franç. 12744. 

Voir G. Paris et A. Gevaert, Chansons du XV e siècle , 1875. 

• Paris, Bibliothèque nationale, fonds franç. 15123. 

Paris, Bibliothèque nationale, fonds franç. 24315. 

Paris, Bibliothèque nationale, fonds franç. 25553. 

• Paris, Bibliothèque nationale, nouv. acq. franç. 1817. 

Voir Grôber, Zu den Liederbüchern von Corlona dans la Zeitschrift für romanische 
Philologie , t. XI, 1887, p. 370. 

• Paris, Bibliothèque nationale, nouv. acq. franç. 4379. 

• Paris, Bibliothèque nationale, nouv. acq. franç. 4599. 

• Paris, Bibliothèque nationale, fonds italien 568. 

Voir J. Wolf, Ouv. rit., t. I, p. 250. 

Paris, Bibliothèque de Madame la baronne J. de Rothschild, n 08 2798, 2819, 2964 et 
2973, ce dernier connu sous le nom de chansonnier cordiforme 

Voir É. Picot, Catalogue de la bibl. de feu M. le baron J. de Rothschild. 

• Paris, Collection de Monsieur le marquis de Laborde *. 

• Pavie, Bibliothèque universitaire, ms. 362. 

Voir L. de Marchi et G. Bertolani, Inventario dei manoscritli délia R. Università. 

• Pérouse, Bibliothèque communale, ms. 431 (G 20). 

Voir A. Bellucci, Inventario dei manoscritli délia biblioteca communale. 

• Prague, Bibliothèque universitaire, XI. E. 9 adlig. N. 13. 

Voir J. Wolf, Ouv. cit. f t. I, p. 188. 

• Ratisbonne, Proskesche Bibliothek des bischôflichen Ordinariats, ms. C. 120. 

• Rome, Archives de la chapelle Giulia. 

Voir J. Wolf, Isaac , p. 173. 

• Rome, Bibliothèque casanatense, cod. O. V. 208 (n° 2856). 

• Rome, Bibliothèque vaticane, Urb. lat. 1411. 

Voir J. Wolf, Ouv. cit., t. I, p. 192. 

• Saint-Gall, Stiftsbibliothek, cod. 461, 462, 463, 464. 

• Strasbourg, Bibliothèque de la ville, M. 222 C. 22 (brûlé en 1870). 

Voir A. Van den Borren, Le manuscrit musical M. 222. C 22 de la bibliothèque 
de Strasbourg dans les Annales de l’Académie royale d'archéologie de Bel¬ 
gique, 1924, p. 343. 

Soissons, Bibliothèque de la ville, mss. 201, 202, 203 et 204. 

Voir A. Molinier, Cat. gén. des Manuscrits , 1885, p. 128 et suivantes. 

• Tournai, Musée de la ville. 

• Trente, Bibliothèque du chapitre, cod. 87-92. 

Voir G. Adler et O. Koller, Sechs Trienter Codices, dans les Dcnkmaeler der Ton- 
kunst in Oesterreich , t. VII, XI, XIX et XXVII. 

• Vienne (Autriche), Bibliothèque nationale 18810. 

1. M me la baronne de Rothschild a eu la bonté de nous permettre de le consulter. 

2. Nous remercions M. le comte A. de Laborde d'avoir bien voulu le mettre à notre dispo¬ 
sition. Le manuscrit sera publié prochainement avec celui de Dijon. 


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— 109 — 


* Vienne (Autriche), Bibliothèque nationale 18746. 

Vienne (Autriche), Bibliothèque nationale 2619. 

Westminster àbbey, voir Bulletin delà Société des anciens Textes français , 1875, p. 32. 

* Wolfenbuttel, Bibliothèque grand-ducale, Extravag. 287 l . 

Les recueils imprimés que nous citons le plus fréquemment sont : . 

Le Vergier d'honneur , éd. en car. goth., s. 1 . n. d. (Pierre Le Dru 2 ), Bibl. nat.. Réserve 
Lb M 15 A et Vélin 2241. 

La Chasse et départ d'Amours, s. d., Paris, Philippe le Noir, Bibl. nat., Réserve Ye 297 
(Lachèvre, Bibliographie des recueils collectifs de poésies du XVI e siècle , p. 14). 

La fleur de toutes joyeusetez contenant Epistres..., éd. en car. goth., s. 1 . n. d., Bibl. nat.. 
Réserve Ye 2713 (Lachèvre, Ouv t cit., p. 32). 

Rondeaux en nombre troys cens cinquante..., s. d., Paris, en la rue Neufve Nostre Dame a 
l'enseigne Saint Nycolas, Bibl. nat.. Réserve Ye 1401 (Lachèvre, Ouv. cit ., p. 16). 

E. M. Bancel, Cent quarante cinq rondeaux d'amours , Paris, [1875], Bibl. nat., Réserve Ye4757 
(éd. faite d'après le ms. 7559 des nouvelles acquisitions françaises de la Bibl. nat.). 
Pour les recueils de chansons parus chez Attaignant et les éditeurs de musique du 
xvi« siècle, nous nous bornons à renvoyer à la Bibliographie der Musiksammelwerke de 
R. Eitner, Berlin, 1877. 


7 . Fol. lx. <£ Et premièrement balade d'ung amoureux a sa dame. 

Ma doulce amour, ma joye souveraine, 

Escoutez moy, s'il vous plaist, ung petit... 

Refrain : 

Entre voz bras me vueillez faire feste. 

Le premier vers rappelle une ballade « attribuable 1 à Deschamps (édit. Raynaud, 
t. X, p. li) : 

Ma doulce amour, ma dame souveraine. 

8 . Fol lx v°. <£ Response de la dame a l'amoureux. 

Mon doulx amy, j'ay veu vostre requeste 
Touchant le fait et de vous et de moy... 

Refrain : 

Pour vous monstrer que je suis vostre amye. 
édition : 

Fleur de toutes joyeusetez , fol. evij. 

9 . Fol. lxj. C Rondeau en chant. 

Pour advenir a mon actainte 
Laisser me fault semblans divers... 

1. Le texte du manuscrit sera publié avec ceux de Dijon et du marquis de Laborde. 

2. Voir M. Davies, Cal. F air fax-Murray, n° 496. 


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— IIO — 


MANUSCRITS : 

Berlin, ms. Rohan, fol. 104 v°. 

Londres, Mus. brit., Lansd. 380, fol. 244 v°. 
Pavie, Bibl. univ. 362, fol. 37 v°. 

édition : 

Loepelmann, Handschrift Rohan , art. 234. 


10 .. Fol. lxj. C Dictié et chançon magistrale. 

Ma bouche rit et ma pensee pleure. 

Mon œil s'esjoye et mon cueur mauldit l’heure... 

manuscrits : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1719, fol. 61 et 132. 

— Bibl. nat., fonds franç. 15123, fol. 30 v°. 

— Bibl. nat., nouv. acq. franç. 4379, fol. 4 v°. 

— Bibl. J. de Rothschild, n° 2973 ; fol. 42 v°. 

— Chansonnier de Laborde. fol. 27 v°. 

Berlin, ms. Rohan, fol. 83 v°. 

Dijon, 517, fol. 4 v°. 

Florence, Istituto mus., Basevi, 2439, fol. 40 v°. 

Florence, Bibl. naz., centr. XIX. 176, fol. 32 v°. 

Rome, cappella Giulia, fol. 69. 

Wolfenbuttel, fol. 30 v°. 

éditions : 

Jardin de Plaisance , n° 103, avec trois vers de plus, sous le nom de 
Motet magistral. 

Odhecaton , Pétrucci, art. 59. 

Tabl. de luth , Pétrucci, 1507, libro 1 °, fol. 31. 

Premier livre du recueil des fleurs , P. Phalese, p. 20. 

Meslange de chansons , Leroy et Ballard, art. 12. 

Loepelmann, Handschrift Rohan , art. 142. 

Cette chanson est citée deux fois par Molinet, d'abord dans Y Oraison a la Vierge , puis 
au début de la 11 e strophe du Dialogue du Gendarme et de VAmoureux. Voir art. 18, vers 30. 


11 . Fol. lxj. H Balade amoureuse. 

Dame plaisant qui confortez les cueurs 
Des vrays amans par vostre vision... 

Refrain : 

A la mort suis, souveraine maistresse. 
manuscrits : 

Paris, Bibl. nat., fonds ital. 568, fol. 19. 
Strasbourg (brûlé), art. 70. 


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— III 


12 . Fol Ixj. C Rondel a ce propos. 

Pour prison ne pour maladie 
Ne pour chose que l’en me die... 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 15123, fol. 87 v°. 

— Bibl. nat., nouv. acq. franç. 4379, fol. 22 v°. 

— Chansonnier de Laborde, fol. 65 v°. 

Berlin, ms. Rohan, fol. 89 v°. 

Escorial, IV. a. 24, fol. 39 v°. 

Florence, Riccardiana 2794, fol. 23 v°. 

Londres, Mus. brit., Lansd. 380, fol. 239. 

Pavie, Bibl. univ. 362, fol. 29 v°. 

Rome, Vat., urb. lat. 1411, art. 15. 

Trente, art. 1010. 

Vienne (Autriche), ms. 2619, fol. 79. 

éditions : 

Lœpelmann, Handschrift Rohan, art. 168. 

Denkmaeler der Tonkunst in Oesterreich, t. VII, p. 259. 

Le premier vers est cité dans le Mistère de Saint-Quentin, éd. Châtelain, p. 133, 
et par Molinet dans Y Oraison a la Vierge Marie. 

C’est également le timbre d’une pièce pieuse de Feo Belcari commençant par : Gesù 
fammi morire (éd. Florence, 1863, p. 46). 


13 . Fol. Ixj v°. Ç Balade de bergerie. 

En revenant du boys l'autrier 
J'oys le doulx chant des oyseaulx... 

Refrain : 

Ce fut la plus belle des troys. 
manuscrits : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 12744, fol. 4 v°. 
Soissons 203 (189 C), fol. 56 v°. 

éditions : 

Fleur de toutes joyeusetez, fol. Givj. 

Œuvres de Villon, éd. Lacroix, p. 237. 
Campaux, Villon, p. 354. 

G. Paris, Chansons du X V e siècle, p. 6. 


14 . Fol. Ixj v° C Rondel moral. 

Robin, Robin, seuffre que l'en te boute. 
Se tu vois rien musse toy, clos les yeulx... 


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— 112 


MANUSCRIT : 

Berlin, ms. Rohan, loi. 168. 

éditions : 

Schwob, Parnasse , p. 200. 

Lœpelmann, Handschrijt Rohan , art. 505. 


15 . Fol. lxj v°. Ç Rondel en chant. 

Le plus dolent qu'oncques fut né 
S’en va mon cueur... 

manuscrits : 

Berlin, ms. Rohan, fol. 77. 

Londres, Mus. brit., Lansd. 380, fol. 244 v°. 

édition : 

Lœpjlmann, Handschrift Rohan , art. 113. 

G. Raynaud a publié un rondeau de Huet de Vigne (Rondeaux du XV 0 siècle , p. 142), 
dont l'incipit seul est analogue. 


16 . Fol. lxj v°. <£ Autre rondel moral. 

En ce monde de présent 
Je ne voy que tromperie... 


manuscrits : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 2473, fol. 11. 
Douai, 767. 

Soissons, 203 (189 C), fol. 53. 


17 . Fol. lxij. H Rondel amoureux. 

Souviengne vous de vostre amy, 
Ma belle dame souveraine... 

édition : 

Campaux, Villon , p. 340. 


18 . Fol. lxij. C Balade faicte de plusieurs chançons. 

Mon seul plaisir, ma doulee joye, 

Je ne sçay quel propos tenir... 

Cette chanson est formée par l’assemblage de 32 incipit ; elle a été souvent transcrite 
au xv e siècle : 


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MANUSCRITS I 


Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1597, fol. 49. 
Paris, Bibl. nat., fonds franç. 12744, fol. 48 v°. 
Bruxelles, Bibl. royale 11239, fol. 25 v°. 
Florence, Istituto mus., Basevi 2439, fol. 1. 
Tournai, Musée de la ville, art. 7. 

éditions : 

G. Paris, Chansons du XV e siècle , p. 71. 
Lœpelmann, Handschri/t Rohan , p. xviii. 


1. Mon seul plaisir, ma doulce joyc, 

La maistresse de mon espoir... 


MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 15123, fol. 69 v°. 

— Bibl. nat., nouv. acq. franç. 4379, fol. 3 v° et 23 v°. 
— Chansonnier de La borde, fol. 61 v°. 

— Chansonnier J. de Rothschild, fol. 44 v°. 

Bale, F. X. 1, 2, 3, 4, art. 115. 

Berlin, ms. Rohan, fol. 82 v°. 

Escorial, IV. a. 24, fol. 27. 

Florenoe, Bibl. naz., centr. XIX. 176, fol. 58 v<>. 
Londres, Mus. brit., Lansd. 380, fol. 238 v°. 

Pavie, Bibl. univ. 362, fol. 24 v°. 

Ratisbonne, fonds Proske, p. 274. 

WOLFENBUTTEL, fol. 42 V°. 


ÉDITIONS : 

P. Champion, Du succès de l'œuvre de Charles d'Orléans , dans les 
Mélanges o//erts à M. E. Picot ,t. I, p. 419. 

Lœpelmann, Handschri/t Rohan , art. 137. 


M. Champion a montré que ce rondeau n’est qu’une imitation d’une pièce de Chartes 
d’Orléans : Mon seul amy , mon bien , ma joye. C’est le timbre d’une laude de Feo Belcari 
intitulée : Délia partita delta grazia (éd. Florence, 1863, P- 33 ). c’est également celui d’une 
autre pièce commençant par : Madré , che festi colui. publ. avec celles de Belcari (éd. cit . 9 
p. 33). Le premier vers est cité dans le Mistère de Saint Quentin , édit. Châtelain, p. 134. 
Il a été de môme cité deux fois par Molinet dans YOraison a la Vierge Marie et dans le 
Dialogue du gendarme et de l'amoureux. C’est le timbre d’un Noël (voir Catalogue Rothschild , 
n° 2981, art. 9). 


2. Je ne sçay quel propos tenir... 

C'est le premier vers de Ylsloire de Narcissus et d'Echo, Bibl. nat., nouv. acq. franç. 4512, 
fol. 71 v°. 

3. S’aucune espérance n’avoye... 

PLAISANCE H 


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— ii4 — 


4 - Une foys avant que mourir... 

Ce rondeau est cité par Molinet dans la 27 e strophe du Dialogue du gendarme et de 
Vamoureux. C'est également le timbre d’une Basse dance, publ. par M. E. Closson, art. 24. 

5. S’aucun bien me doit advenir... 

6. J'ay prins amours a ma devise 

Pour conquérir joyeuseté... 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 15123, fol. 21 v°. 

— Bibl. nat., fonds franç. 24315, fol. 29. 

— Bibl. nat., nouv. acq. franç. 4379, fol. 27 v° 

— Chansonnier de Laborde, fol. 26 v°. 

— Bibl. J. de Rothschild, n° 2973, fol. 23 v°. 

Berlin, ms. Rohan, fol. 160. 

Bologne, Liceo musicale, cod. 143. 

Dijon, 517, fol. 1 v°. 

Florence, Bibl. naz., centr. XIX. 59, fol. 7 v°, 158 v° et 189 v°. 

— Bibl. naz., centr. XIX. 178, art. 2 et 3. 

— Bibl. naz., Panciatichi 27, fol. 41 v°. 

Londres, Mus. brit., Lansd. 380, fol. 242 v°. 

Londres, Mus. brit., add. 31922, fol. 41 v<>. 

Ratisbonne, fonds Proske, p. 286. 

Rome, Cappella Giulia, fol. 59 v°. 

WOLFENBUTTEL, fol. 38 V°. 

ÉDITIONS : 

Odhecaton , Pétrucci, art. 8 et 23. 

Jardin de Plaisance , fol. 71 v°, art. 102. 

Canti B , Pétrucci, art. 3 et 33. 

Canti C, Pétrucci, art. 41, 55 et 90. 

Tabl. de luth, Pétrucci, 1507, libro 1 °, fol. 11 et libro IL 
Recueil de chansons, Bibl. nat., Réserve Vm 7 504, art. 17. 

Denkmaeler der Tonkunst in Oesterreich, t. XIV, p. 29, 77, 78 et 185. 
Lœpelmann, Handschri/t Rohan , art. 470. 

C’est le timbre d'une laude de Feo Belcari : Con gran fervor, Gesu, ti vo cercando et d'une 
laude anonyme commençant par : Madré, chc festi colui cite ti fece (éd. cil., p. 56). Ce rondeau 
est cité par Molinet dans VOraison a la Vierge et dans la quatrième strophe du Dialogue 
du Gendarme et de l'Amoureux. Il existe une parodie de cette chanson : J'ay pris deux poux 
dans ma chemise. 

7. Je languiray triste et pensif... 

Dans les Trente chansons musicales, Attaignant, 1533, fol. 4, on trouve une pièce dont 
l’incipit est semblable. 

8. Se n'ay vostre grâce requise... 

9. En ung vert pré soubz la saulsoye... 


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10. 

Nouvelles je ne puis oyr... 

II. 

En aucun lieu ou je diroye... 

12. 

Voulentiers parleroye a luy... 

13 - 

Ung jour joyeulx, l’autre marry... 

14. 

Je suis de si trescourt tenue... 

15 . 

En tous les lieux la ou je suis 


probablement pour : 

En tous les lieux ou j'ay esté... 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1719, fol. 62. 

— Bibl. nat., fonds franç. 9223, fol. 101. 
Berlin, ms. Rohan, fol. 181 v°. 

Dijon, 517, fol. 80 v°. 

éditions : 

Raynaud, Rondeaux du XV* siècle , p. 157. 
Lœpelmann, Handschri/t Rohan , art. 564. 

16. Le souvenir de vous me tue, 

Mon seul bien, puisque ne vous voy... 


MANUSCRITS .* 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 15123, fol. 20 v°. 

— Chansonnier de Laborde, fol. 51 v°. 

— Bibl. J. de Rothschild, n° 2973, fol. 30 v°. 

Berlin, ms. Rohan, fol. 185. 

Dijon, 517, fol. 84 v°. 

Florence, Bibl. naz., centr. XIX, 176, fol. 52 v°. 

Munich, Buxheimer Orgelbuch, art. 256. 

Pérouse, Bibl. communale, ms. 431. 

Rome, Cappella Giulia, fol. 58. 

WOLFENBUTTEL, fol. 48 V°. 

ÉDITIONS : 

Jardin de Plaisance , fol. lxviij, art. 68. 

Chasse et départ d'Amours, fol. iii. 

Tabl. de luth , Pétrucci, 1507, libro II. 

Hortus musarum, P. Phalese, 1553, t. II, art. 18. 

Septiesme livre contenant XXX chansons, Attaignant, fol. 15. 

Le Paragon des chansons, neufiesme livre..., Moderne, 1541, fol. 11. 
Œuvres de Villon, éd. Lacroix, p. 234. 

Campaux, Villon, p. 339, 

Ce rondeau qui, selon l’attribution du ms. de Rome, serait d'Amoul Greban, est cité 
par Molinet dans la 32 e strophe du Dialogue du Gendarme el de VAmoureux. 


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17 Comme femme desconfortee 

Sur toutes autres esgaree... 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1597, fol. 29 v°. 

— Bibl. nat., nouv. acq. franç. 4379, fol. 13 v°. 

— Bibl. J. de Rothschild, n° 2973, fol. 38 v°. 

Berlin, ms. Rohan, fol. 117. 

Dijon, 517, fol. 38. 

Escorial, IV. a. 24, fol. 131 v°. 

Florence, Istituto mus., Basevi, 2439, art. 38 et 67. 

Florence, Bibl. naz., centr. XIX, 176, fol. 123 v°. 

Munich, Bibl. univ., cod. ms. 328-331, fol. 121. 

Rome, Cappella Giulia, fol. 102 v° et 81 v°. 

Rome, Casanatense O. V. 208, art. 90. 

WOLFENBUTTEL, fol. 32 V°. 

C'est le timbre d'une messe se trouvant dans le ms. 54, fol. 69, des Archives de la 
chapelle papale. 

éditions : 

Jardin de Plaisance , fol. xciij, n° 335. 

Canti C, Pétrucci, art. 108 et 146. 

Tabl. de luth , Pétrucci, 1507, libro 1 °, fol. 6 v°. 

Trium vocum carmina , H. Formschneider, 1538, art. 26. 
Ambros-Kadc, Auscrwaehlte Tonuerke, p. 180. 

Lcepelmann, Handschri/t Rohan , art. 289. 

Ce rondeau est mentionné par Molinet dans la 31 e strophe du Dialogue du Gendarme et 
de V Amoureux, et dans Y Oraison a la Vierge. C’est également par ce vers que débute la 
Femme mocqueresse mocquee. Voir Picot, Romania, XVI (1887), p. 472, et Montaiglon et 
Rothschild, Recueil , t. X, p. 269. Ce rondeau eut une contrepartie : 

Comme un homme desconforté 
Qui de longtemps a transporté... 

manuscrit : 

Paris, Bibl. J. de Rothschild, n° 2973, fol. 19 v°. 


18. 

Sans nul confort disant hemy... 

19. 

Terriblement suis fortunée 

Et de grant douleur atomec... 


MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., nouv. acq. franç. 4379, fol. 26 v°. 

— Bibl. J. de Rothschild, n° 2973, fol. 54 v°. 
Berlin, ms. Rohan, fol. 125. 

Londres, Mus. brit., Lansd. 380, fol. 241. 

Payie, Bibl. univ. 362, fol. 17 v°. 

Trente, art. 994. 


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ÉDITIONS : 


Jardin de Plaisance , fol. lxx, n° 96. 

Dcnkmacler der Tonkunst in Oesterreich , t. XI, p. 112. 

Lœpelmann, Handschri/t Rohan , art. 322. 

Ce rondeau est cité pai le Mistère de Saint Quentin , édit. Châtelain, p. 133, et par 
Molinet dans la 14 e strophe du Dialogue du Gendarme et de /' Amoureux. 


20. 

Je n’ay ne bon jour ne demy... 

21. 

Mon pere m’a donné mary 


A qui la barbe grise point... 


MANUSCRITS : 

Florence, Istituto mus., Basevi 2442, p. 123. 

Sàint-Gàll 463, art. 33. 

éditions : 

Canti B , Petrudci, art. 44. 

Canti C, Pétrucci, art. 67. 

Chansons a troys (1520), Bibl. nat.. Rés. Vm 7 669, art. 23. 

C'est le timbre d'une chanson d’Alione : Venus, a toy je me complains, (éd. Brunet, 
fol. Eiiij v°) et d'une chanson sur la Nativité, vie et passion de N.-S. J.-C. (Saint-Omer, 


ms. 657). 


22. 

Bien dois mauldire la joumee... 

23 . 

Rossignolet du boys (joly) 


Qui chante au verd bocage... 


éditions : 

Vingtdeuxiesme livre , Attaignant, 1547, fol. 3. 

Chansons nouvellement... Bonfons, 1548, art. 20. 

Septiesme livre de chansons , Leroy et Ballard, 1573, p. 9. 

Weckerlin, Anciennes chansons populaires , p. 132. 

Ce timbre est indiqué dans les Chansons nouvellement composées , Paris, Bonfons, art. 6. 

24. Puis que suis si mal fortunée... 

Peut-être est-ce : Puis que je suis infortunée, qui est dans le ms. IV. a. 24, fol. 51 v° 
de l'Escorial ? 

25. Princesse d'Amours excellente... 

26. Par (Pour) le regard de voz beaulx yeulx 

Et de vo maintien bel et gent... 


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— n8 


MANUSCRITS ! 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 15123, fol. 39 v°. 

— Bibl. nat., nouv. acq. franç. 4379, fol. 21 v°. 

— Chansonnier de Laborde, fol. 63 v°. 

Escorial, IV, a. 24, fol. 40 v°. 

Mont-Cassin, 871, fol. 10 v°. 

Munich, Buxheimer Orgelbuch, n° 30 et 31. 

Pavie, Bibl. univ. 362, fol. 47 v°. 

WOLFENBUTTEL, fol. 37 V°. 

ÉDITIONS : 

Jardin de Plaisance, fol. Ixxvij, art. 165. 

Campaux, Villon , p. 340. 

Cette chanson est citée par Molinet dans l’Oraison a la Vierge et dans la 13 e strophe du 
Dialogue du Gendarme et de l’Amoureux. Voir art. 165. 

27. J'ay mis mon cueur et mon entente... 

La seconde moitié de ce vers a probablement été modifiée pour les nécessités de la rime 
et du sens. C'est peut-être : 

J'ay mis mon cueur et ma pensee 
Sachiez de vray certainement... 

Chanson de Dufay qui est dans le ms. d’Oxford, Bodl. canon 213, fol. 126. 

28. A vous servir de cueur joyeux... 

Peut-être est-ce : A vous servir entièrement, qui se trouve dans le ms. franç. 1719 
de la Bibl. nat. à Paris. 


29. 

déformation de : 
Voir art. no. 


Belle n'auray je jamais mieulx 
N’auray je jamais mieulx que j'ay... 



Ma bouche rit et mon cueur pleure... 
Quant parmy gens je treuve l'heure... 


MANUSCRITS ! 

Florence, Bibl. naz., centr. XIX. ni, fol. i v°. 

Florence, Bibl. naz., centr. XIX. 112, fol. 7 r°. 

éditions : 

Trente et sept chansons musicales... Attaignant, mars 1531, fol. 8. 
Septiesme livre contenant vingt et quatre chansons... T. Susato, 1545, 
fol. 12. 

Trente sixiesme livre contenant XXX chansons... Attaignant, 14 mars 
1549, fol. II. 


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— ii9 — 


A. Smijers, Œuvres de Josquin des Pris, cinquième livraison, 1924, 
n° 19. 

Voir art. xo et 103. 

3 i- Vueillez oyr tous amoureux... 

32 . La tristesse ou mon cueur demeure... 

19 . Fol. lxij. Chançon. 

En despit des envieux 
Vouldray faire chiere lie... 

Elle se rapproche d'une autre chanson : 

En despit des faulx envieulx 
Qui font aux loyaulx amoureux... 

éd. Gèrold, Le Manuscrit de Bayeux, art. 10. 


20 . Fol. lxij. C Rondel. 

Mon cueur souspire 
En grief martire... 

manuscrit : 

Soissons, 203 (189 C), fol. 52 v°. 

21 . Fol. lxij v°. C Balade de deux Escossois. 

Hac ma mignon, que dit y capitain, 

Hons vous tantost. — Ou plaira moy qu’il ail... 

Refrain : 

Moy conseil point entry hors de reara. 
manuscrit : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 2206, fol. 128. 

Voir art. 419. 


22 . Fol. lxij v°. <L Rondel a noter. 

L’homme banni de sa plaisance, 

Vuide de joye et de lyesse... 

manuscrits : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1719, fol. 87 v°. 
— BibL nat., fonds franç. 15123, fol. 29 v°. 


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— 120 


Paris, Bibl. J. de Rothschild, n° 2973, fol. 31 v*. 

— Chansonnier de Laborde, fol. 62 v°. 
Berlin, ms. Rohan, fol. 118 v°. 

Bologne, Liceo musicale, cod. 143. 

Dijon, 517 fol. 94 v°. 

Florence, Bibl. naz., centr. XIX. 176, fol. 54 v°. 
Saint-Gall 461, fol. 84 v°. 

éditions : 

Odhecaton, Pétrucci, art. 52. 

Tabl. de luth, Pétrucci, 1507, libro II. 

Fleur de toutes joyeusetez, fol. Fvij. 

Lœpelmann, Handschri/t Rohan, art. 294. 

Voir É. Picot, Cal. J. de Rothschild, n° 2973, art. 19. 


23. Fol. lxij v°. CE Autre rondel de refus. 

Noz amys, vous vous abusez 
D’atendre l’amoureuse grâce... 

MANUSCRITS : 

Paris, Chansonnier de Laborde, fol. 67 v°. 
Escorial, IV. a. 24, fol. 124 v°. 


24. Fol. lxij v°. CE Comedie joyeuse. 

Clerc que dis tu ? — Que veulx tu que je die ? 

— Escrips. — Et quoy ? — Les croniques de France... 

Refrain : 

Me dis tu voir ? — Oïl, sainte Marie. 
manuscrit : 

Londres, Mus. brit., Lansd. 380, fol. 219 v°, sous ce titre : Ballade 
qui parle du temps présent. 

édition : 

Campaux, Villon, p. 363. 

25. Fol. lxiij. CE Joyeux rondel. 

Chantons trestous gaudeamus 
Et ne soyons ne sours ne mus... 

manuscrit : 

Soissons 203 (189 C), fol. 56. 

éditions : 

Fleur de toutes joyeusetez, fol. Gv. v°. 

La muse folastre (Jene, 1617), t. I, fol. 64. 

Campaux, Villon, p. 335. 

Schwob, Parnasse, p. 201. 


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— 121 


26 . Fol. lxiij. <L Autre rondel. 

Moy estant jeune et volaige 
Cuydoie par auctorité... 


27 . Fol. lxiij. C La balade du loup garoux. 


édition : 


Il faut que je vous dye 
D’ung tresgentil galoys... 

Refrain : 

.loup garoux. 

Schwob, Parnasse, p. 202. 


28 . Fol. lxiij v°. C Rondel. ■ 

Je sçay que, pour moins d’une plaque, 

Qui veult il hurte a vostre caque... 

éditions : 

Le livre qui guarist de tous maulx et de plusieurs aultres avec plusieurs 
rondeaulx et balades, imprimé nouvellement a Paris, fol. Aiiij v° 
(Versailles, fonds Goujet 164, in-8). 

Schwob, Parnasse, p. 205. 

29 . Fol. lxiij v°. <[ Balade. 

Je me doubte qu'il ne viengne cher temps 
Et qu’il ne soit une maulvaise annee... 

Refrain : 

Car nul n’entend fors qu’a emplir son sac. 

édition : 

Œuvres complètes d'Eustache Deschamps, éd. Queux de Saint-Hilaire, 
t. I, p. 229. 


30 . Fol. lxiij v°. Ç Rondel a ce propos. 

Jamais brebis n’engresseront 
En lieu ou loups font leurs repaires... 

31 . Fol. lxiij v°. C Autre rondel. 

Je ne puis estre resjouye 
Tant que j’aye nouvelle ouye... 


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— 122 


Dans les Vingt et huit chansons , Attaignant, 1530, fol. 10, il y a une chanson qui com¬ 
mence par ces mots : Je ne puis estre... 


32 . Fol. lxiiij. C Rondel d'estuves. 


Buvez a moy par delà 
De bon cueur, je vous en prie 


éditions : 

Campaux, Villon , p. 336 
Schwob, Parnasse , p. 207. 


33 . Fol. lxiiij. Ç Autre rondel . 

Toutes les foiz que je vous voy 
Ou qu'en vous pense sans reprouche... 


édition : 

Schwob, Parnasse , p. 206. 

Ce rondeau débute de la môme façon que celui qui se trouve au fol. 176 v° du ms. Rohan. 
Dans le Vingtquatriesme livre contenant XXVI chansons , Attaignant, 1547, et dans d'autres 
imprimés du xvi® siècle, on retrouve les mêmes premiers mots. 


34 . Fol. lxiiij. C Sole balade. 

Une meschinete servant 
Viz hier bien tart a la nuytie... 

Refrain : 

Une andouille a faire bons pois. 

édition : 

Schwob, Parnasse , p. 208. 


36 . Fol. lxiiij. Balade des abus des femmes. 

Puis que femmes furent bonnes galoises. 
Puis qu’a force plumèrent leurs visaiges... 

Refrain : 

Les trois estas s’en deulent a merveilles. 


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— 123 


MANUSCRIT : 

Londres, Westminster abbey, art. 59, fol. 37 v°. Voir Bulletin de 
la Société des anciens Textes, 1875, p. 34. 


36 . Fol. lxiiij v°. <£ Autre rondel. 

Ce me semblent choses perdues 
De vestir femmes richement... 

éditions : 

Le livre qui guarist de tous maulx et de plusieurs aultres avec plusieurs 
rondeaulx et balades, imprimé nouvellement à Paris, fol. Aiii v° 
(Versailles, fonds Goujet 164, in-8). 

Le Paragon des chansons, second livre... Moderne, 1538, fol. 4. 

Quart livre contenant XXVIII chansons , Attaignant, 1540, fol. 16. 
Musica und Tabulatur , Hans Gerle, 1546. 

Schwob, Parnasse , p. 210. 


37 . Fol. lxiiij v°. C Rondel. 

Hahay I estes vous rencherie. 

Dieux y ait part, puis devant hier... 

MANUSCRITS : 

Escorial, IV. a. 24, fol. 81 v°. 

Munich, Staatsbibliothck, mus. ms. 1516, art. 102. 

éditions : 

Trente et cinq chansons musicales, Attaignant, art. 30. 
Œuvres de Villon, éd. Jannet, p. 139. 

Œuvres de Villon , éd. Lacroix, p. 227. 

Campaux, Villon, p. 347. 

Schwob, Parnasse, p. 262. 

Voir n° 177. 

38 . Fol. lxiiij v°. <[ Balades joyeuses. 

Oncques Hester ne souffrit tant de paine 
Ne Job autant de tribulation... 

Refrain : 

Mais c'est vous pour, dame. Dieu le vous mire. 


39 . Fol. lxiiij v°. C Balade en forme de complainte. 

Mort ou mercy ay longtemps désiré 
Et sans cause n'ay pas eu tel désir... 


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— 124 


Refrain : 

Si pry Amours que mort ou amé soye. 
manuscrit : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç., 6771, fol. 84. 


40 . Fol. lxiiij v°. C Autre balade. 

Jugez amans et oyez ma doulour 
Comment amours et ma dame ensement... 

Refrain : 

Elle me hait et est mon ennemye. 

Cette ballade est de Guillaume de Machaut. 
édition : 

Chichmarcf, Guillaume de Machaut, Poésies lyriques, t. II, p. 653. 
Voir Œuvres d'Eusiache Deschamps, éd. Queux de Saint-Hilaire, t. II, p. xxxv, art. 103. 


41. Fol. lxv. C Autre balade. 

Dame sans per que pieça comparay 
Au beau cler jour qui joye nous amaine... 

Refrain : 

A qui fortune est de présent ennemye. 


42. Fol. lxv. CE Autre balade. 

Mon esperit se combat a nature 

Dedans mon corps dont moult suis esbahis... 

Refrain : 

Se ma dame n’en fait bien brief l’accort. 

Cette ballade est de Guillaume de Machaut. 
éditions : 

Queux de Saint-Hilaire et Raynaud, Œuvres d'Eustache Deschamps. 
t. X, p. Ivij. 

Chichmaref, Guillaume de Machaut, t. I, p. 226. 

43. Fol. lxv. CL Autre balade. 

Se Lancelot, Paris, la belle Helaine, 

Tristan, Jason, Juno, ne Narcisus... 


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— 125 — 


Refrain : 

Doulce dame pour vostre amour avoir. 
manuscrit : 

Westminster abbev, fol. 15 v°. Voir Bulletin de la Société des anciens 
Textes français, 1875, p. 31 : 

Se Lancelot, Paris, Genevre, Hellaine. 


44 . Fol. lxv v°. C Autre balade. 

Hé I doulx regard, pourquoy plantas l’amour 
Dedans mon cueur qui le pâlit et taint... 

Refrain : 

Mauldit de Dieu soit qui en toy se fie. 
édition : 

Voir Œuvres d'Euslache Deschamps, éd. Queux de Saint-Hilaire, 
t. II, p. xxxv, art. 102. 


46 . Fol. lxv v°. C Autre balade. 

De Fortune me dois plaindre et louer, 

Ce m’est ad vis, plus qu’autre créature... 

Refrain : 

Amy qui fust si tresbien asseuré. 

Cette ballade est de Guillaume de Machaut. 
édition : 

Chichmaref, Guillaume de Machaut, t. I, p. 176. 

Aux manuscrits cités par l’éditeur, il faut ajouter Paris, Bibl. nat., nouv. acq. 
franç. 6771, fol. 64 et Strasbourg (brûlé), art. 102. 


46 . Fol. lxv v°. C Autre balade. 

Je doy tresbien ma dame comparer 
A l’ymage que fist Pymalion... 

Refrain : 

Quant je la prie, riens elle ne respond. 

Cette ballade est de Guillaume de Machaut. 
édition : 

Chichmaref, Guillaume de Machaut, t. I, p. 183. 


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— 126 — 


Le Dit de la Harpe de Machaut commence par ces mêmes mots : 

Je puis trop bien ma dame comparer... 

Froissart (éd. Scheler, t. II, p. 386) a une ballade commençant par : 

Je puis moult bien ma dame comparer. 


47 . Fol. lxvj. <[ Autre balade. 

Aspre refus contre doulce priere, 

Dur escondit en lieu de bon semblant... 

Refrain : 

Pour bien servir en ay je tel guerdon. 


48 . Fol. lxvj. C Autre balade. 

De petit peu, de nyent voulenté 

De moult assez doit prendre, ce m'est vis... 

Refrain : 

Oncques n'ayma qui pour si peu hay. 

Cette ballade est de Guillaume de Machaut. 
éditions : 

Chichmaref, Guillaume de Machaut , t. II, p. 550. 

J. Wolf, Geschiclite der Mensural Notation , t. II, art. 24. 

Raynaud, Œuvres complètes d'Eustache Deschamps , t. X, p. lxii. 

Aux indications bibliographiques données par Chichmaref, il faut ajouter : Paris, 
Bibl. nat., fonds ital. 568, fol. 124 v° ; Florence, Bibl. naz., Panciatichi 26 et Prague, 
Bibl. univ. XI. E. 9. adlig. N. 13, fol. 12 v°. 


49 . Fol. lxvj. Rondel. 

Est il mercy de quoy l'en puist fincr ? 

Est il pitié qu'on puist en vous trouver ?... 

manuscrits : 

Paris, Chansonnier de Laborde, fol. 24 v°. 

— Bibl. J. de Rothschild, n° 2973, fol. 36 v°. 

Berlin, ms. Rohan, fol. 100 v°. 

Dijon, 517, fol. 56 v<>. 

WOLFENBUTTEL, fol. 2 V°. 

ÉDITION : 

Lœpelmann, Handschrift Rohan , art. 216. 


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50. Fol. lxvj. C Autre rondel. 

Ma redoubtee plus qu’oneques mais, 

Ma voulenté se renouvelle... 

61. Fol. lxvj. C Autre rondel. 

Or ne laissez jamais venir 

Mon cueur avecques sa maistresse... 

52. Fol. lxvj v°. Autre rondel. 

Je me metz en vostre mercy, 

Belle, qui suis vostre amoureux... 

C'est l'imitation d’une chanson de Charles d'Oil< 5 an c : 

Je me metz en vostre mercy, 

Trcsbellc, bonne, jeune et gente... 

53. Fol. lxvj v°. <[ Autre rondel . 

A peu que le cueur ne me part, 

Belle, quant de vous se départ... 

54. Fol. lxvj v°. Autre rondel. 

Non pas que je vueille penser 
Qu'a bien et loyaulment amer... 

MANUSCRITS : 

Paris, Chansonnier de Laborde, fol. n v°. 

— Bibl. nat., fonds franç. 1722, foi. 79. 
Berlin, ms. Rohan, fol. 163 v°. 

Florence, Bibl. naz., centr. XIX. 59, fol. 255 v°. 

édition : 

Lœpclmann, Handschrijt Rohan , art. 4S6. 

55. Fol. lxvj v°. C Autre rondel. 

Vostre rigueur trop infortune [lisez : importune) 
Me juge a mort, dont ma fortune... 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç, 15123, fol. 152 v°. 

— Bibl. nat, nouv. acq. franç. 4379, fol. 9 v°. 


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— 128 — 


56 . Fol. lxvj v°. <[ Autre rondel. 

S’autre que moy voulez aymer, 

Belle, que j’ay longtemps amee.... 

manuscrit : 

Berlin, ms. Rohan, fol. 148 v°. 

édition : 

Lœpelmann, Handschrift Rohan, art. 422. 


57 . Fol. lxvij. C Rondeau quant on péri sa dame. 

Ainsi que la turtre se plaint 
Quant elle a perdu sa pareille... 


58 . Fol. lxvij. C Autre rondel. 

Se n’ay secours de vous, ma dame, 

Du grief que j’ay pour vous aymer... 

manuscrit : 

Paris, Bibl. nat., nouv. acq. franç. 4379. fol. 71 v°. 


59 . Fol. lxvij. C Autre rondel. 

La plus mignonne de mon cueur, 

Je m’esbahis dont ce me vient... 

MANUSCRITS : 

Berlin, ms. Rohan, fol. 97 v°. 

Dijon, 517, fol. 102 v°. 

WOLFENBUTTEL, fol. 56 V°. 

éditions : 

Campaux, Villon, p. 341. 

Lœpelmann, Handschrift Rohan, art. 202. 


80 . Fol. lxvij. C Autre rondel. 

Qui ne le croit, il est damné, 

Que je ne soye aussi tanné... 

manuscrit : 

Paris, Bibl. nat., nouv. acq. franç. 4379, fol. 33 v°. 


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— 129 — 


61 . Fol. lxvij. CE Rondel en dyalogue. 

Quant seray je clamé pour vostre amy ? 
Mon seul désir quant vendra la joumee ?... 

manuscrit : 

Dijon, 517, fol. 70 v°. 


62 . Fol. lxvij. CE Rondeau pour prendre congii de sa dame. 

Le dire adieu qui le dira 
Quant départir il me fauldra ?.. 

édition : 

Campaux, Villon, p. 341. 


63 . Fol. lxvij v°. CE Rondel. 

A bien juger mon povre affaire 
Et piteux cas sans riens en taire... 


éditions : 

Œuvres de Villon, éd. Jannet, p. 133. 
Œuvres de Villon, éd. Lacroix, p. 222. 
Campaux, Villon, p. 344. 


64 . Fol. lxvij v°. CE Autre rondel. 

Se ma dame je perdoye, 
Hermite vouldroye devenir... 


66 . Fol. lxvij v°. CE Autre rondel. 

O quelle lyesse de cueur ! 

O quel louenge de valeur... 

66 . Fol. lxvij v°. CE Autre rondel. 

Je suis vostre amy, s’il vous plaist, 
Accordez moy sans plus de plaist... 

En acrostiche : Jaques Balochert. 

PLAISANCE 


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— 130 — 


67 . Fol. lxvij v°. H Rondeau excellent pour personne fortunée. 

Parachevé ton entreprinse 
Que tu as dessus nous emprise... 

Rondeau cité par Pierre Fabri dans son Grand et vrai art de pleine rhétorique , éd. Héron, 
t. II, p. 65. 


68 . Fol. lxviij. {£ Autre rondel. 

Le souvenir de vous me tue, 

Mon seul bien, quant je ne vous voy... 

Voir art. 18, vers 16. 

Il semble que l'attribution du ms. de la Cappella Giulia à Amulphus G[reban] 
désigne non seulement le musicien, mais aussi le poète. 

Une chanson de a mal mariée : « A Rouen, la bonne ville », a pour refrain : « Las, 
mon amy, le souvenir de vous me tue ». Romania, XXXVIII (1909), p. 311. 

a Souvenir tue » était la devise de Claude Bouton, seigneur de Corberon. Voir Beauvois, 
Un agent politique de Charlcs-Quint , le bourguignon Claude Bouton , p. clxi. 


69 . Fol. lxviij. C Autre rondel. 

A vous sans autre me viens rendre. 

Il m’est force qu'ainsi le face... 

manuscrit : 

Dijon, 517, fol. 18 v°. 

Nous lisons en acrostiche : A Jaqucline. Il est permis de se demander si ce n’est pas 
Jaqueline de Hacqueville à qui Busnoys, auteur de la musique et probablement des 
paroles, adressa un autre rondel (voir art. 241). 


70 . Fol. lxviij. C Autre rondel. 

Celle qui toutes autres passe 
Ne souffreroit temps ne espace... 

71 . Fol. lxviij. Autre rondel. 

L'ung plus que tous est en mon souvenir 
Auquel pour rien qui me puist advenir... 


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— 1 3 1 


72 . Fol. lxviij. <£ Balade. 

Dame de qui toute ma joye vient, 

Je ne vous puis trop aymer ne chérir... 

Refrain : 

Qu’en cent mil ans desservir ne pourroye. 

Ballade de Guillaume de Machaut qui fait partie du Remède de Fortune. 
éditions : 

Raynaud, Œuvres complètes d'Eustache Deschamps , t. X, p. lxvii, 
t. II, p. xxxvi, art. 106. 

Hœpffner, Œuvres de Guillaume de Machaut , t. II, p. no. 


73 . Fol. lxviij v°. C Autre balade. 

L'arriere ban de mortelle douleur 
Sur mon cueur fait ung desespoir venir... 

Refrain : 

Qui par longtemps ma tenu compaignie. 


74 . Fol. lxviij v°. C Balade excellente en priant sa dame. 

Des ans y a passez deux et demy 
Que je vous ay pour ma dame choysie... 

Refrain : 

Pardonnez moy, besoing le me fait faire. 

Ballade d’Oton de Granson. 

MANUSCRITS ET ÉDITIONS .* 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 2201, fol. 94 v°, six douzains dont le 
premier a été publié par A. Piaget, Romania, XIX (1890), p. 432. 
Londres, Westminster abbey, art. 36. Voir Bulletin de la Société 
des anciens Textes , 1875, p. 32. 

Schirer, Oton de Granson , p. 75. 


75 . Fol. lxix. C Autre balade . 

C'est noble chose que d'amour 
Qui bien y scet perseverer... 

Refrain : 

Dieu luy doint grâce de bien faire. 


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— 132 — 


Il existe une contre-partie qui a le même refrain : 

Mauvaise chose est que d’amour... 

édition : 

L'Esperil troublé, art. 92. 


76 . Fol. lxix. C! Autre balade. 

Las ! pourquoy vis je de mes yeulx 
Vostre belle plaisant beaulté ? 

Refrain : 

Le premier jour que je vous vy. 

Cette ballade est de Jean de Garencières. 
manuscrit : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 19139, p. 442. 

édition : 

A. Piaget, Jean de Garencières , Romania ; XXII (1893), p. 441. 
Cette ballade est insérée au fol. xcix v° sous une autre forme (art. 403). 


77 . Fol. lxix. C Rondel. 

Certes mon œil richement visa bel 

Quant premier vis ma dame bonne et belle... 

Cette pièce est de Guillaume de Machaut. 
édition : 

Chichmaref, Guillaume de Machaut , t. I, p. 210. 


78 . Fol. lxix. C Autre rondel. 

Rose sans per sur toutes separee, 

Nul ne se doit a vous equiparer... 

manuscrit : 

Florence, Bibl. naz., Panciatichi 26, fol. 62. 

édition : 

Montaiglon, Recueil de poésies françoises, t. X, p. 186 et t. XI, p. 409. 

79 . Fol. lxix. C Autre rondel. 

Passe rose sur toutes pure et fine 
Et de bonté la doulce fleur de lis... 


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— 133 — 


80 . Fol. lxix v°. CL Autre rondel. 

Se vous n’estes pour moz [lis. : mon) guerredon nee 
Dame, mal vis vo doulx regard riant... 

Rondel de Guillaume de Machaut. 
éditions : 

Chichmaref, Guillaume de Machaut, t. II, p. 571. Aux manuscrits 
cités on peut ajouter : 

Florence, Bibl. naz., Panciatichi 26, fol. 60. 

Prague, Bibl. univ. XI. E. 9 adlig. N. 13, fol. 10 v°. 

Strasbourg (brûlé), art. 119. 


81 . Fol. lxix v°. CE Autre rondel. 

Hellas, ma dame, qu’est ce la ? 
Vostre doulx œil qui me navra... 

82 . Fol. lxix v°. CL Autre rondel. 

Si tost que de vous me souvient, 
Désir me point de toutes pars... 


88. Fol. lxix v°. CL Autre rondel. 

Quant je vous oy souspirer, 
L’autre jour, si piteusement... 


84 . Fol. lxix v°. CL Autre rondel. 

Le plus grant eur que j’aye sur terre 
Me fait si tresperverse guerre... 


85 . Fol. lxix v°. Autre rondel. 

Quant on vous mect en desplaisir 
Et mon œil s’en peult parcevoir... 


88. Fol. lxx. CL Autre rondel. 

Souffrir me fault et tousjours endurer. 
Durer ne peult mon importunité... 


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— 134 — 


87 . Fol. lxx. CE Autre rondel. 

Mon seul bien, ma gente princesse, 

Mon vray désir et mon soûlas... 

C'est probablement la chanson dont l’incipit et la musique se trouvent dans le 
ms. XIX. 176, fol. 51 v° de la Bibl. naz. de Florence. 


88. Fol. lxx. CE Autre rondel. 

Le cher don d'amours, je vous prie, 

Octroyez moy quant vous plaira.. 

89. Fol. lxx. CE Autre ro>ulel. 

De la montaigne ou je souloye 
Mener esbatement et joye... 

manuscrit : 

Dijon, 517, fol. 142 v°. 

90. Fol. lxx. CL Autre rondel. 

Pour entretenir mes amours, 

Colorer me fault mains fins tours... 

éditions : 

Œuvres de Villon , éd. Jannet, p. 136. 

Œuvres de Villon, éd. Lacroix, p. 224. 

Campaux, Villon, p. 346. 

Une chanson très semblable, qui commence par le même vers, se trouve dans le 
ms. 2794, fol. 57 v°, de Florence, Riccardiana. 


91. Fol. lxx. CE Autre rondel. 

Nonpareille dame en amours, 
Ouvrez le coffre de secours... 

On lit en acrostiche : Nollcite Martine. 


92. Fol. lxx v°. CE Autre rondel. 

Du bon du cueur, sans autre amer, 
Vous aymeray ma doulce seur... 


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— 135 - 


MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., nouv. acq. franç. 4379, fol. 39 v°. 
Dijon, 517, fol. 22 v°. 

Florence, Bibl. naz., centr. XIX. 5g. fol. 49 v°. 


93 . Fol. lxx v°. C Autre rondel. 

Mieulx ayme la mort que languir 
En tel douleur ou suys pour vous... 


94 . Fol. lxx v°. C Autre rondel. 

Dieu gard la dame sans reprise, 

La tresplaisant et la plus belle... 

manuscrit : 

Florence, Bibl. naz., centr. XIX, 176, fol. 24 v°. 

édition : 

G. Thibault, Quelques chansons de Du/ay , dans la Revue de musi¬ 
cologie, 1924, p. 101. 


95 . Fol. lxx v°. C Autre rondel. 

Je n'ay quelque cause de joye 
Ne je n ay quelque esbatement... 

manuscrit : 

Escorial, V. III. 24, fol. 40. 

éditions : 

P. Aubry, Sammelbande der internat ionalcn Musikgescllscha/t, 
t. VIII, p. 521. 

Second livre des chansons, P. Phalesc, 1553. 


96 . Fol. lxx v°. Motet en chant . 

Terriblement suis fortunée 
Et de grant douleur atoumee... 

Voir art. 18, vers 19. 

97 . Fol. lxxj. C Autre rondel. 

Vray dieu d'Amours, helas, hemy, 
Pourquoy m’est eslongné celluy... 


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98 . Fol. lxxi. C Autre rondel. 

Que dur m'est le departement 
De vous, ma gracieuse dame,... 

99 . Fol. lxxj. C Autre rondel ou motet. 

Ha ! ma maistrcsse et ma plus qu'autre amye, 

De mon désir la mortelle ennemye... 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., nouv. acq. franç. 4379, fol. 42 v°,superius seulement. 

— Chansonnier de Laborde, fol. 3 v°. 

Berlin, ms. Rohan, fol. 100. 

WOLFENBUTTEL, fol. 28 V°. 

ÉDITIONS : 

Canti C, Pétrucci, fol. 159. 

Tabl. de luth , Pétrucci, 1507, libro 1 °, fol. 9. 

Loepelmann, Handschrift Rohan , art. 214. 

Cette chanson est citée par Guillaume Coquillart dans les Droits nouveaux , éd. Héri- 
cault, t. I, p. 140. 

100 . Fol. lxxj. C Autre rondel ou motet. 

S'une foiz me dictes oy, 

En foy de noble et gentil femme... 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1719, fol. 95. 

Dijon 517, fol. 146 v°. 

édition : 

Œuvres de Villon , éd. Jannet, p. 134. 

101 . Fol. lxxj. C Autre rondel. 

A ma dolente départie, 

Quant il fauldra qu'adieu vous die... 

édition : 

Montaiglon, Recueil de poésies françoises , t. X, p. 192, et t. XI, p. 409. 

102 . Fol. lxxj v°. Autre rondel. 

J'ay prins amours a ma devise 
Pour conquérir joyeusetc 

Voir art. 18, vers 6. 


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— 137 — 


103 . Fol. lxxj v°. Ç Motet magistral. 

Ma bouche rit et ma pensee pleure, 

Mon œil s’esjoye et mon cueur mauldit l’heure.. 

Voir art. io et 18, vers 30. 

104 . Fol. lxxj v°. C Autre rondel. 

Acueilly m’a la belle au gent atour 
Tournant mon bien en douloureux destour.. 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 15123, fol. 6 v°. 

Dijon, 517, fol. 6 v°. 

Florence, Bibl. naz., centr. XIX. 176, fol. 59 v°. 

Trente, art. 1150. 

édition : 

Denkmàler der Tonkunst in Oesterreich, t. XI, p. 76. 

C’est le timbre d’une laude de Francesco d’Albizo commençant par : A Maria, fonte 
d’amore... publiée avec celles de Feo Belcari (id. cit., p. 84). 

» 

106 . Fol. lxxj v°. C Autre rondel . 

Las ! je ne sçay que faire doye 
Je voy eslonger toute joye... 

106 . Fol. lxxj v°. Autre rondel. 

Reposons nous entre nous, amoureux 
Du temps jadis, no saison est passée... 

Rondeau d'Antoine Busnoys adressé à Molinet. 

MANUSCRITS .* 

Paris, Bibl. J. de Rothschild, n° 471, fol. 24. 

Tournai, 105, fol. 146. 

édition : 

Second livre des chansons , T. Susato, art. 2. 

La réponse de Molinet : Je souloie estre un remboureur de bas... se trouve dans les deux 
manuscrits cités, dans le ms. LIII de Stockholm et dans le ms. 12375 du fonds franç. de la 
Bibl. nat. Il a été édité par Schwob, Parnasse , p. 143. 

107 . Fol. lxxij. C Autre rondel. 

Je boy ! — A qui ? — A la plus belle 
Qui soit vivant a mon advis... 


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- 138 - 


MANUSCRIT ! 

Soissons, 203 (189 C), fol. 47. 

ÉDITION : 

Campaux, Villon , p. 335. 


108 . Fol. lxxij. C Autre rondel. 

Ha ! Faulx Danger, estes vous la 
Venu pour espier la feste ? 


109 . Fol. lxxij. C Autre rondel. 

Se mieulx ne vient d’amours, peu me contente, 

Une j’en sers qui est bien suffisante... 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1597, fol. 31 v°. 

— Chansonnier de Laborde, fol. 14 v°. 

Berlin, ms. Rohan, fol. 146. 

• Dijon, 517, fol. 73 v<>. 

Dresde, ms. Jean de Saxe, fol. 395. 

Florence, Ist. musicale, Basevi 2439, foi. 62 v°. 

Lille, 402, art. 395. 

Saint-Gall, 461, art. 86. 

Soissons, 204 (190), fol. 9 v°. 

Wolfenbuttel, fol. 3 v°. 

éditions : 

Odhecaton, Pétrucci, art. 56. 

Canti C, Pétrucci, art. 157. 

Recueil de chansons , Bibl. nat., réserve Vm 7 504 (iii), art. 65. 
Œuvres de Villon , éd. Jannct, p. 135. 

Œuvres de Villon , éd. Lacroix, p. 233. 

Campaux, Villon , p. 345. 

Loepelmann, Handschrift Rohan , art. 411. 

II existe une réponse : 

Si pis ne vient d'amours je me contente... 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 2245, fol. 15 v°. 

— Bibl. nat., fonds franç. 1722, fol. 47 v° 

Lille, 402, art. 396. 


110 . Fol. lxxij. C Autre rondel. 

N’auray je jamais mieulx que j'ay ? 
Suis je la ou je demourray ?... 


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— I 39 — 


MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 15123, fol. 109 v°. 

— Bibl. nat., nouv. acq. franç. 4379, fol. 14 v°. 

— Bibl. J. de Rothschild, n° 2973, fol. 32 v°. 

— Chansonnier de Laborde, fol. 53 v°. 

Dijon, 517, fol. 113 v°. 

Escorial, IV. a. 24, fol. 130 v°. 

Florence, Bibl. naz., centr. XIX. 176, fol. 53 v°. 

WOLFENBUTTEL, fol. ^ V°. 

éditions : 

Trente et six chansons , Attaignant, art. 21. 

Meslange de chansons , Leroy et Ballard, art. 37. 

Cette chanson est citée par Molinet dans la 29 e strophe du Dialogue du Gendarme et de 
VAmoureux. Voir art. 18, vers 29. 


111 . Fol. lxxij. <£ Autre rondel. 

V[u]eille ou non vueille celle que j'ay servie, 
Une j'en sers en tout bien assouvie... 

Voir art. 372. 


112 . Fol. lxxij v°. C Autre rondel. 

En ce que me povez desplaire, 

Mon amy que tant cher je tien... 

Il faut lire : Sur quanque me povez desplaire. 
manuscrit : 

Berlin, ms. Rohan, fol. 170 v°. 

édition : 

Lœpelmann, Handschri/t Rohan, art. 517. 


113 . Fol. lxxij v°. C Autre rondel . 

Tel fait semblant d'estre joyeux 
Et rit de la bouche et des yeulx... 

manuscrits : 

Berlin, ms. Rohan, fol. 169 v°. 

Florence, Bibl. naz., centr. XIX. 59, fol. 203 v°. 
Soissons, 203 (189 C), fol. 34. 

édition : 

Lœpelmann, Handschrift Rohan , art. 512. 


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— 140 — 


114 . Fol. lxxij v°. C_ Autre rondel. 

Les biens dont vous estes la dame 
Ont mon cueur si tresfort espris... 

manuscrit : 

Berlin, ms. Rohan, fol. 169 v<>. 

éditions : 

Montaiglon et Rothschild, Recueil de poésies /rançoises, t. X, p. 190 
et t. XI, p. 29. 

Œuvres de Villon , éd. Lacroix, p. 221. 

Campaux, Villon , p. 338. 

Lœpelmann, Handschri/t Rohan , art. 511. 


115 . Fol. lxxij v°. H Autre rondel. 

J'en ay le dueil et vous la joye. 

J'en ay la guerre et vous la paix... 

Ce rondel est de Blosseville. 

Paris, BibL nat., fonds franç. 1719, fol. 54 et 122. 

— Bibl. nat., fonds franç. 1722, loi. 26. 

— Bibl. nat., fonds franç. 9223, fol. 59. 

Berlin, ms. Rohan, fol. 150. 

Dijon, 517, fol. 141 v°. 

éditions : 

G. Raynaud, Rondeaux et autres poésies du XV • siècle , p. 97. 
Lœpelmann, Handschri/t Rohan , art. 430. 

Le môme auteur composa un rondel très semblable en vers de quatre syllabes : 

J’en ay le dueil 

Et vous la joye (voir Raynaud, ouv. cit ., p. 69). 


116 . Fol. lxxij v°. CL Autre rondel. 

Vostre œil qui est si fort adestre 
Au commandement de chascun... 

Rondel de Jean, comte de Clermont. 
manuscrits : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 9223, fol. 8 v°. 

Berlin, ms. Rohan, fol. 109 v°. 

éditions : 

Bancel, Cent quarante cinq rondeaux , art. 76. 

G. Raynaud, Rondeaux et autres poésies ..., p. 5. 
Lœpelmann, Handschri/t Rohan , art. 254. 

Cfr. Vostre doux œil qu'avez si fort adestre, fonds franç. 1722, fol. 27. 


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— I 4 I — 


117 . Fol. lxxiij. C Autre rondel. 

Fine a affiner [/is. : Fine affinee] remplie de finesse 
Qui d affiner ne cessez nullement... 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1722, fol. 24 v°. 

Berlin, ms. Rohan, fol. 170. 

Londres, Mus. brit., Lansd. 380, fol. 240 v°. 

éditions : 

Gratien Du Pont, Art de rhétorique , fol. XL v°. 

Quart livre contenant vingt huit chansons , Attaignant, 1540, fol. 6. 
Lcepelmann, Handschrijt Rohan , art. 514. 

118 . Fol. lxxiij. C Autre rondel . 

Vie de court (qui tant est) douloureuse 
Aux bons (et) aux folz dommageuse... 

manuscrit : 

Berlin, ms. Rohan, fol. 168 v°. 

édition : 

Lcepelmann, Handschri/t Rohan , art. 506. 

119 . Fol. lxxiij. C Autre rondel. 

Esguillon, serpentin, danger, 

Maistresse de: bourdes forger... 

manuscrit : 

Berlin, ms. Rohan, fol. 171. 

édition : 

Lcepelmann, Handschrijt Rohan , art. 518. 

120 . Fol. lxxiij. C_ Autre rondel. 

Querez ailleurs paille ou estrain, 

Garde n'avez que je vous housse... 

manuscrit : 

Berlin, ms. Rohan, fol. 171. 

édition : 

Lcepelmann, Handschrijt Rohan , art. 519. 


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— 142 — 

121 . Fol. lxxiij. C_ Rotidel en lay. 

Vostre œil me guerroyé 
Si tresasprement... 

122 . Fol. lxxiij. C Autre rondel. 

Resjoyssez vous, amoureux, 

Et laissez soussy et esmay... 

123 . Fol. lxxiij v°. C Autre rondel. 

Je ne me congnois en semblant 
Qui est douleur de couverture... 

124 . Fol. lxxiij v°. C Autre rondel. 

Le grant regret et adieu dire 
Et trespiteux departement... 


125 . Fol. lxxiij v°. C. Autre rondel. 

Esclave puist il devenir 
En une galee sur mer... 

MANUSCRITS : 

Escorial, IV. a. 24, fol. 19 v°. 

Escorial, V. III. 24, fol. 45. 

Munich, Buxheimer Orgelbuch, art. 101 et 102. 

Rome, Vat., Urb. lat. 1411, art. 12. 

Strasbourg (brûlé), art. 193. 

Trente, art. 490. 

Cette chanson est citée par Molinet dans l 'Oraison a la Vierge et dans la 9 0 strophe 
du Dialogue du Gendarme et de VAmoureux. 

128 . Fol. lxxiij v°. Autre rondel. 

Mon bien, mon amy. 

Des bons le meilleur... 


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— 143 — 


MANUSCRIT : 

Berlin, ms. Rohan, fol. 113 v°, dont le premier vers est seul 
semblable (éd. Lœpelmann, art. 271). 


127 . Fol. lxxiij v°. C Autre rondcl. 

Pour ung trou puant plain d'ordure 
Ou maint vit a gecté sa cure... 

édition : 

Le livre qui guarist de tous maulx et de plusieurs aultres avec plusieurs 
rondeaulx et balades, imprimé nouvellement a Paris, fol. Aiiij (Ver¬ 
sailles, fonds Goujet 164, in-8). 


128 . Fol. lxxiiij. Rondel en lay. 

Mon bien imparfait 
Lequel qui vous plaist... 

MANUSCRITS ! 

Escorial, IV. a. 24, fol. 71 v<>. 

Londres, Brit. mus., Lansd. 380, fol. 247. 

Munich, Buxheimer Orgelbuch, art. 62. 

Vienne, Bibl. nat. 18746, fol. 38. 

Le premier vers est cité dans le Mistère de Saint Quentin , éd. Châtelain, p. 134. 


129 . Fol. lxxiiij. H Autre rondel. 

Cueur douloureux qui ne faiz que pleurer, 
Plaindre, gémir et demener tristesse... 

180 . Fol. lxxiiij. Autre rondel. 

Je vous requiers, doulce Jehannete, 

Pour tout le martire dolent... 

181 . Fol. lxxiiij. Autre rondel. 

S'il est plaisir que je vous puis[se] faire, 

Belle, plaisant, courtoise et débonnaire... 


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— 144 — 


132 . Fol. lxxiiij. <£ Autre pondel . 


Mon bien, m'amour, ma joye et mon désir, 

A qui je suis, d’autre avoir n'ay désir... 

En acrostiche : Marie Mor\é\let. Ce rondeau semble fait sur une ballade qui commence 
par ces mêmes mots : 

Mon bien, m'amour, ma joie desiree. 

Paris, Bibl. nat., nouv. acq. franç. 1869, fol. 21 v°. 


138 . Fol. lxxiiij. <£ Autre rondel. 

Franc cueur gentil sur toutes gracieuse, 

Riche d'honneur et de tous biens gamye... 

MANUSCRITS : 

Escorial, IV. a. 24, fol. 20 v°. 

Trente, art. 1534. 

édition : 

Denkmaelrr der Tonkunst in Oesterreich , t. XI, p. 83. 

Cette chanson devint une danse italienne : Franco cuore gentile, qui se dansait à deux. 
Elle se trouve dans le ms. L. v. 29 de la Bibl. communale de Sienne, fol. 73. Voir Biblio- 
filia , t. XVI, p. 201 et 204. En acrostiche de ce rondeau on lit le nom de la dame : Fran- 
choise. 


184 . Fol. lxxiiij v°. Autre rondel. 

Ma plus qu assez et tant bruyante, 
Tant gorgiase et tant godine... 

manuscrit : 

Dijon 517, fol. 28 v°. 


136 . Fol. lxxiiij v°. Autre rondel. 

Banny de joye et pleur [lis. : plein] de desconfort, 
Triste et dolent, sans avoir esperance... 

186 . Fol. lxxiiij v°. Autre rondel. 

Une sans plus a mon désir, 

Autre souhait je ne vouldroye... 


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— 145 — 


ÉDITIONS : 

Le Paragon des chansons , fol. 24. (Voir Eitner, liv. cit., p. 45). 

Musika und Tahulatur , H. Gerle, 1546. 

Il est peu probable que cette chanson soit la même que celle qui commence par : Cela 
sans plus ... qui se trouve dans de très nombreux manuscrits mais avec Tincipit seul 


137 . Fol. Ixxüij vo. C Autre rondel. 


L'homme enragé, hors du sens, forcené, 
Esservelé, impacient, frenetique... 


MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1719, fol. 88 v°. 
Dijon, 517, fol. 51 v°. 


138 . Fol. lxxiiij v°. C Autre rondel. 

Quelque jour quant temps il sera, 

Mon piteux cas adviserés... 

Rondel de Le Rousselet. 
manuscrit : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 9223, fol .61 v°. 

édition : 

G. Raynaud, Rondeaux et autres pièces du XV e siècle , p. 101. 


139 . Fol. lxxv. C Autre rondel . 

Quant vous tenrez voz grans estas, 
Continuez ma pension... 


140 . Fol. lxxv. Autre rondel. 

Se je garde bien vostre honneur 
Sans penser aucun deshonneur... 

manuscrits : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 15123, fol. 74 v°. 

— Chansonnier de Laborde, fol. 43 v°. 

Dijon, 517, fol. 14 v°. 

Florence, Bibl. naz., centr. XIX. 176, art. 4. 

Voir art. 373. 

PLAISANCE IO 


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— 146 — 


141. Fol. lxxv. C Autre rondel. 

Pensez y se le povez faire 
Sans perdre vostre renommee... 

manuscrit : 

Florence, Bibl. naz., centr. XIX. 59, fol. 41 v°. 


142. Fol. lxxv. C Autre rondel . 

Viengne comment pourra venir. 

Il ne me chault quoy ne comment... 


édition : 

Chansons nouvellement composées sur plusieurs chants, Paris, 1548, 
Jean Bonfons, art. 52; dans le môme recueil, notre chanson sert 
de timbre à celle de l’art. 38. 


143. Fol. lxxv. Autre rondel. 

Bon jour, bon an, bonne sepmaine. 

Honneur, santé, joye prouchaine... 

MANUSCRITS : 

Berlin, ms. Rohan, fol. 140 v°. 

Escorial, V. III. 24. fol. 18 v°. 

éditions : 

Œuvres de Villon, éd. Lacroix, p. 238. 

H. Knust, Jahrbuch /tir rom. and engl. Litcratur, t. IX, p. 277. 
Campaux. Villon , p. 338. 

Lœpelmann, Handschrijt Rohan , art. 3S8. 

Il existe plusieurs pièces très analogues faites pour le début de l’année, la plus connue, 
qui ressemble beaucoup à celle-ci, est : 

Bon jour, bon mois, bon an et bonne cstrainc 
Vous doint celui qui tout tient en demaine... 

Elle dut probablement sa vogue à la musique de Dufay : 
manuscrits : 

Paris, Bibl. nat., nouv. acq. franç. 4379, fol. 52 v°. 

Oxford, Bodl., canonici 213, fol. 44. 

éditions : 

Chasse et départ d'amours, fol. Aij v°. 

Stainer, Dufay, art. 44. 


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— 147 — 


144 . Fol. lxxv. C Autre rondel. 

Je l’ayme bien, sans penser nul diffame. 
Mon gorgias, mon friant musequin,.. 


146 . Fol. lxxv v°. Ç Autre rondel. 

Vostre bruit et vostre grant famé 
Me fait vous aymer plus que femme... 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 24315, fol. 30 v°. 

— Bibl. nat., nouv. acq. franç. 4379, fol. 20 v°. 

— Bibl. J. de Rothschild, n° 2973, fol. 28. 

— Chansonnier de Laborde, fol. 17 v°. 

Florence, Bibl. naz., centr. XIX. 176, fol. 36 v°. 

Trente, art. 769. 

éditions : 

Montaiglon et Rothschild, Recueil de poésies françoises, t. X, 
p. 190 et t. XI, p. 409, à la suite du Procès des deux amants. 
Denkmaclcr der Tonkunst in Oesterreich, t. XI, p. 114. 

Cette chanson est citée par Molinet dans YOraison a la Vierge et dans le Dialogue du 
Gendarme et de l'Amoureux. Elle a été parodiée dans la Fleur de toutes joyeusetés , fol. Gv 
de l’éd. de 1538 (Bibl. nat.. Réserve Ye 1417). 


146 . Fol. lxxv v°. C Autre rondel. 

Recours d'honneur et de lyesse 
A qui chascun doit recevoir... 

manuscrit : 

Paris, Chansonnier de Laborde, fol. 9 v°. 


147 . Fol. lxxv v°. <£ Autre rondel. 

En quelque place que je soye, 

Ung tout seul jour je n ay de bien... 


édition : 

Montaiglon et Rothschild, Recueil de poésies /rançoiscs , t. X, 
p. 184 et t. XI, p. 409. 

Dans le ms. du Vatican, Reg. 1326, sur un feuillet de garde, se trouvent quelques vers : 

En quelque place que je soye 
Quant de vous ay souvenance... 

Voir Langlois, Notice des manuscrits français et provençaux de Rome, p. 124, n. 2. 


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— I4 8 — 


148 . Fol. lxxv v°. H Autre rondel. 

Pour tous mes souhais acomplir. 

Autre chose ne vueil avoir... 

Ce n’est peut-être que la contre-partie de : 

Pour tous mes plaisirs desconfire, 

Dueil et souci s’en vont de tire... 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl nat., fonds franç. 1719, fol. 108. 
Berlin, ms. Rohan, fol. 68. 

édition : 

Lœpelmann, Handschri/t Rohan , art. 73. 


149 . Fol. lxxv v°. Autre rondel. 

En vray espoir de parvenir a bien, 

Mon cueur, mon corps aujourd'uy vous présenté... 

150 . Fol. lxxvj. C Autre rondel. 

Vueillent ou non les envieux, 

Par Dieu, m’amour et mon seul bien... 

manuscrit : 

Berlin, ms. Rohan, fol. 170 v°. 

édition : 

Lœpelmann, Handschri/t Rohan , art. 516. 

C'est, quant au premier vers seulement, un souvenir du rondeau de Guillaume Alexis 
dont deux imitations ont été publiées, t. II, p. 60 de ses Œuvres. 


151 . Fol. lxxvi. Autre rondel. 

Pour les biens qu’en vous sont compris 
Tellement de vous suis espris... 

manuscrit : 

Berlin, ms. Rohan, fol. 172. 

édition : 

Lœpelmann, Handschri/t Rohan , art. 524. 


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— 149 — 


152 . Fol. lxxvj. Autre rondel. 

Combien qu'on ait grant desplaisir 
Quant il convient se départir... 

manuscrit : 

Berlin, ms. Rohan, fol. 88 v°. 

édition : 

Lœpelmann, Handschri/t Rohan , art. 164. 


153 . Fol. lxxvj. C Autre rondel. 

Quant mon œil plu$ ne vous verra, 

Helas ! qui me confortera ?... 

manuscrit : 

Berlin, ms. Rohan, fol. 84 v°. 

édition : 

Lœpelmann, Handschri/t Rohan , art. 145. 

Ce même manuscrit contient un rondeau layé dont le début et le contenu sont très 
semblables. Voir art. 272. 


154 . Fol. lxxvj. C Autre rondel. 

Quant les trois anges corneront, 

Piteusement sera corné... 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 2230, fol. 238. 

— Bibl. nat., fonds franç. 2375, fol. 185. 

— Bibl. nat., fonds franç. 5699, fol. 3 v°. 

Arsenal, n° 3059, sur le plat inférieur. 

Poitiers, 215, fol. 37. 

éditions : 

Motz dorez de Cathon , 1530, Paris, Jean Longis, fol. Diij v°. 
Winkler, Vaillant , Vienne, 1918. 

Ce rondeau de Pierre Chastellain dit Vaillant forme le début de la Cornerie des anges . 


155 . Fol. lxxvj. Autre rondel . 

Joye, soûlas, honneur, liesse. 

Bon jour, bon an, longue duree... 


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— 150 — 


156 . Fol. lxxvj v°. C Autre rondel . 

Le jour que suis que ne vous voye. 
Mon tresgracieux souvenir... 

manuscrit : 

Berlin, ms. Rohan, fol. 172. 

éditions : 

Campaux, Villon , p. 339. 

Lœpelmann, Handschrijt Rohan , art. 523. 


157 . Fol. lxxvj v°. C Autre rondel. 

Pour Dieu 1 vueillez mon fait entendre 
Sans y songer plus longuement... 

manuscrit : 

Berlin, ms. Rohan, fol. 170. 

édition : 

Lœpelmann, Handschrijt Rohan , art. 513. 


158 . Fol. lxxvj v°. C Rondel simple. 

Quiconques veult d'amours joyr 
Doit avoir foy et esperance... 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds ital. 568, fol. ir. 
Florence, Bibl. naz., Panciatichi 26, foh 80. 


159 . Fol. lxxvj v°. Autre rondel simple. 

Puis qu’il me fault de vous partir, 

Jamais joye au cueur je n auray... 

Dans les Chansons du XV e siècle publiées par G. Paris, nous retrouvons un rondeau 
très semblable : 

Puis que de vous me fault partir. 

Ma doulce amye que j'ayme tant (art. 110)^ 

Ce premier vers est aussi le refrain d'une ballade qui suit le Songe doré de la pucelle. 
Voir Montaiglon et Rothschild, Recueil de poésies jrançoises, t. III, p. 230. 

160 . Fol. lxxvj v°. <1 Autre rondel simple. 

Quant premièrement te tins, 

Tu fus m’amour principale... 


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MANUSCRIT : 


Clermont-Ferrand 249, fol. 29. 

Dans le Vergier d'honneur , fol. tvj, on trouve un rondeau calqué sur le précédent : 

Quant premièrement te tins 
Je te donnay m'amour entière... 


161 . Fol. lxxvj v°. C Autre rondel. 

Se vous laissiez la porte ouverte 
De vostre chambre en quelque nuyt... 

manuscrits : 

Berlin, ms. Rohan, fol. 168 v°. 

Soissons, 203 (189 C), fol. 54. 

éditions : 

Le livre qui guarist de tous maulx et de plusieurs aultres avec plusieurs 
rondeaulx et balades , imprimé nouvellement a Paris, fol. Aiij v° (Versailles, fonds Goujet 
164, in-8°). 

Schwob, Parnasse , p. 211. 

Lœpelmann, Handschri/t Rohan , art. 504. 

162 . Fol. lxxvj v°. C Autre rondel . 

Pour mon trésor je vous tenoye, 

Mais je voy bien certainement... 

163 . Fol. lxxvij. H Autre rondel. 

Fleur de beaulté, belle et bonne, 

Je m’abandonne... 


164 . Fol. lxxvij. C Autre rondel. 

Tout a par moy affin qu'on ne me voye 
Si tresdolent que plus je ne pourroye... 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 24315, fol. 28. 

— Bibl. nat., nouv. acq. franç. 4379, fol. 18 v°. 

— Bibl. J. de Rothschild, n° 2798, fol. 71 et n° 2973, fol. 40 v°. 
— Chansonnier de Laborde, fol. 5 v°. 

Berlin, ms. Rohan, fol. 83. 

Florence, Ist. musicale, Basevi 2439, fol. 5 v° et 68 v°. 

Munich, Buxheimer Orgelbuch, art. 252. 

WolfenbutTel, fol. 4 v°. 

Vienne, Bibl. nat. 18746, fol. 25. 


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— 152 — 


ÉDITIONS : 

Canti C, Pétrucci, art. 19. 

Lœpelmann, Handschri/t Rohan, art. 138. 

Cette chanson est citée par Molinet dans la 10 e strophe du Dialogue du Gendarme et de 
l'Amoureux, elle est aussi le premier vers de l 'Oraison a la Vierge. 


165 . Fol. lxxvij. C Autre rondel. 

Par le regard de voz beaulx yeulx 
Et vostre maintien bel et gent... 

Voir n° 18, vers 26. 


166 . Fol. lxxvij. C Autre rondel. 

En ung desert ou nul n’abite, 

Vueil com reclus ou vray hermite... 


167 . Fol. lxxvij. <[ Autre rondel. 

Amis, aymez secrètement, 

Chascun soit pour soy secrétaire... 

manuscrit : 

Oxford, Bodl., canonici 213, fol. 123. 


168 . Fol. lxxvij v°. Autre rondel. 

Gardez l’honneur soigneusement 
De vos dames sans nul attraire... 


169 . Fol. lxxvij v°. C Autre rondel. 

Ma parfaite joye 
Quelque part que (je) soye... 

manuscrit : 

Florence, Bibl. naz., centr. XIX. 59, fol. 84 v°. 


170 . Fol. lxxvij v°. C Autre rondel. 

Langue poignant plus qu’esguillon, 
Plaine de grant haine couverte... 


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— 153 — 


171 . Fol. lxxvij v°. C Autre rondel. 

Je renonce a toute esperance 
D’avoir jamais grant habondance.. 

édition : 

Campaux, Villon, p. 350. 


172 . Fol. lxxvij v°. C Autre rondel. 

Mon cueur tait nouvelle entreprise 
Pour conquérir joyeuseté... 

manuscrit : 

Berlin, ms. Rohan, fol. 140 v°. 

édition : 

Lœpelmann, Handschri/t Rohan , art. 389. 

Le premier vers est un peu différent : Mon cueur a fait nouvelle emprise. 


173 . Fol. lxxviij. C Autre rondel . 

Chargé de dueil plus que mon fés 
M'en vois et ne sçay que je fais... 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 15123, fol. 61 v°. 

— Chansonnier de La borde, fol. 66 v°. 

Berlin, ms. Rohan, fol. 126 v°. 

Dijon, 517, fol. 92 v°. 

Florence, Bibl. naz., centr. XIX. 176, fol. 125 v°. 

WOLFENBUTTEL, fol. 43 V°. 

ÉDITION : 

Lœpelmann, Handschrift Rohan , art. 328. 

C'est le titre d'une messe qui se trouve dans le ms. 20 de Cambrai. La Complainte 
d’Amours, insérée dans le Vergier d'Honneur, commence de façon analogue : Chargié de 
dueil plus que ne puis (fol. Eiij). 


174 . Fol. lxxviij. C Autre rondel. 

Puis qu'ainsi est qu'il ne vous plaist. 
Belle, de moy avoir pitié... 

175 . Fol. lxxviij. C Autre rondel. 

Quant je regarde vostre vis . 

Et vostre façon sumptueuse... 


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— 154 — 


ÉDITION : 

Vingt septiesme livre contenant XXVII chansons. Attaignant, 1548, 
fol. 8. 


176 . Fol. lxxviij. CE Autre rondel. 

Mon pere estoit sot en jeune aage 
Et maintenant il n’est pas sage... 


177 . Fol. lxxviij. CE Autre rondel. 

Hahay ! estez vous rencherie ? 
Dieu y ait part puis devant hier... 

Voir n° 37. 


178 . Fol. lxxviij. CE Autre rondel. 

Pourquoy est ce que n'ose dire 
La grant douleur et le martire... 

manuscrit : 

Berlin, ms. Rohan, fol. 84. 

édition : 

Lcepelmann, Handschri/t Rohan, art. 144. 

179 . Fol. lxxviij v°. CL Autre rondel. 

Sefay je tousjours attendant 
Sans que j’aye de vous nouvelle ?... 


180 . Fol. lxxviij v°. CE Autre rondel. 

Se par vous n’ay alegement, 

Ma tresgracieuse maistresse... 

manuscrit : 

Berlin, ms. Rohan, fol. 140. 

édition : 

Lcepelmann, Harulschri/t Rohan, art. 387. 


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— *55 — 


181 . Fol. lxxviij v°. CE Autre rondel. 

Je viens a vous pour enquérir 
S'il vous plaira me secourir... 


MANUSCRIT ; 

Berlin, ms. Rohan, fol. 76. 

édition : 

Lœpelmann, Handschrift Rohan , art. 108. 


188 * Fol. lxxviij v°. CL Autre rondel. 

On m'appellera coquillart. 

Puis que ma dame m'abandonne... 


183 . Fol. lxxviij v°. CE Autre rondel. 

Pour l'amour d'une qui est cy, 

Chanson nouvelle chanteray... 

Cette chanson se rapproche de celle de Dufay : 

Pour l’amour de ma ckmlce amye, 

Ce rondelet vouldray chanter... 

manuscrit : 

Oxford, Bodl., canonici 213, fol. 135. 

édition : 

Stainer, Dufay..., art. 36. 

et de celle de Grant Guillaume, qui se trouve dans le même manuscrit, fol. 94. A la suite 
des Estrennes des filles de Paris , on lit un rondeau décasyllabique dont l'incipit est analogue. 
Voir Montaiglon et Rothschild, Recueil de poésies françoises, t. IV, p. 84. 


184 . Fol. lxxviij v°. CE Autre rondel. 

Mon cueur chante joyeusement 
Quant il luy souvient de la belle.*. 

Rondel de Charles d'Orléans écrit pendant sa captivité en Angleterre. 
MANUSCRITS .* 

Berlin, ms. Rohan, fol. 164. 

Londres, Mus. brit., Harley 7333, fol. 36 v°. 

Londres, Mus. brit., roy. app. 31-35, fol. 26 v° et 49 v°. 
Pavie, Bibl. univ. 362, fol. 31 v°. 


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Rome, Vat., Urb. lat. 1411, art. 7. 

Stockholm, LUI, fol. 159 v°. 

Munich, Mus. ms. 3192, fol. 9 v°. 

éditions : 

Second livre des chansons a quatre parties , 1554, Louvain, P. Phalese. 
H. Noble Mac Cracken, An english /riend of Charles d'Orléans (Publi¬ 
cations of the Modem Language association of America , mars 1911). 
Riemann, Sechs nie ht gedruckte Chansons von G. Binchois , art. 4. 

P. Champion, Du succès de l'œuvre de Charles d'Orléans (Mélanges 
E. Picot , t. I, p. 410). 

Lcepelmann, Handschrilt Rohan , art. 488. 

Cette chanson est citée par Molinet dans son Dialogue du Gendarme et de VAmoureux. 


185 . Fol. lxxix. C Autre rondel. 

Hellas, Fortune ! pourquoy est ce 
Que me tenez en telle destresse .. 


186 . Fol. lxxix. C Autre rondel. 

Tout au plus tost que je pourray, 
Vers la belle retoumeray... 


187 . Fol. lxxix. <£ Autre rondel . 

De cueur joyeux grâce querant, 

Vers vous je viens, haulte princesse... 


188 . Fol. lxxix. C Autre rondel. 

Mes yeulx se font recommander 
A vous, belle, treshumblement... 


189 . Fol. lxxix. Autre rondel. 

A quoy passeray je mon dueil 
Loing de vous, mon doulx pensement... 

MANUSCRITS ! 

Berlin, ms. Rohan, fol. 136 v°. 

Dijon, 517, fol. 137 v°. 


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— 157 — 


ÉDITION I 

Lœpelmann, Handschrift Rohan, art. 371. 


190 Fol. lxxix v°. C Autre rondel. 

Ma tresexcellente mais tresse. 

De sens et d'honneur anoblye... 


191 . Fol. lxxix v°. C Autre rondel. 

Mes yeulx ont a leur gré choisy 
Des plus belles la plus plaisant... 


192 . Fol. lxxix v°. C Autre rondel. 

Le ferme espoir qu’ay d’obtenir 
Et de venir a mon vouloir... 


193 . Fol. lxxix v°. C Autre rondel. 

Vo regard et doulce maniéré 
Me tiennent en si dur party... 


194 . Fo>. lxxix v°. C Autre rondel. 

Adieu, mes tresbelles amours, 

Mon espoir, quanque j’ay de bien... 

MANUSCRITS : 

Escorial, V. III. 24, fol. 26. 

Trente, art. 1468. 

Cette chanson est citée par Molinet dans la 34 e strophe du Dialogue du Gendarme et de 
l'A moureux. 


195 . Fol. lxxix v°. Autre rondel. 

Vous sçavez bien comment il va 
De mes amours, ma seule amye... 


4 


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- 15 » - 


196 . Fol. lxxx. C Autre rondel. 

Adieu m'amour, adieu ma joye. 

Adieu le soûlas que j ’avoye... 

MANUSCRITS : 

Berlin, ms. Rohan, fol. 136 v°. 

Mont-Cassin, Bibl. comra. 871, toi. 3 v°. 

édition : 

Lœpelmann, Handschri/t Rohan , art. 372. 

De nombreuses chansons commencent par ces seuls mots : Adieu m’amour..., 
il se pourrait qu'on trouvât parmi elles la musique de la nôtre : nous ne citerons que le 
ms. de Heilbronn, art. 10 et le Recueil de chansons coté Vm 7 504, art, 67 de la Réserve de 
la Bibl. nationale. 


197 . Fol. lxxx. Autre rondel. 

Ma seule amour tant desiree. 

Bien peu s’en fault que je ne pense... 

C'est l’imitation d'un rondeau de Charles d’Orléans inséré dans la Chasse et départ 
d'Amours, fol. Ej v°. 


198 . Fol. lxxx. C Autre rondel. 

Mon œil est de tendre trempeure, 

Point ne fut a Milan forgé... 

Refrain : 

Navré a mort, loing de son mire. 
manuscrit : 

Berlin, ms. Rohan, fol. 25. 

édition : 

Lœpelmann, Handschri/t Rohan, art. 6. 

Ce soi-disant rondel est une ballade qui comprend une troisième strophe et un envoi 
dans le ms. Rohan. 


199 . Fol. lxxx. C_ Autre rondel. 

Veu qu'en ce point suis désolé, 
Suis je point fol de m’y tenir ?... 


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— 159 — 


200 . Fol. lxxx. C Autre rondel. 

Dedans la mer de longue actente. 

En la valee de désir... 

MANUSCRITS : 

Florence, Bibl. naz., centr. XIX- 176, fol. 64 v°. 

Mont-Cassin, Bibl. de la ville 871, 10I. 133 v°. 

Thème d'un concours poétique du cercle de Charles d'Orléans. Dans le ms. Rohan se 
trouve un rondeau assez semblable, du moins quant au premier vers ; 

En la grant mer de longue actente... (fol. 97). 


201 . Fol. lxxx v°. C! Rondel en lay. 

Quel desplaisir 
Quant departii... 

202 . Fol. lxxx v°. C Autre rondel en lay. 

Ne cuydez plus 
Que je vous ayme... 


203 . Fol. lxxx v°. C Autre rondel. 

Chantons et faisons bonne chiere, 
Beuvons d'autant, sans nul rapel... 


édition : 

Schwob, Parnasse , p. 212. 


204 . Fol. lxxx v°. C Autre rondel. 

Quant ce mal, helas 1 me prendra 
Que de vous partir me fauldra... 

205 . Fol. lxxx v°. Autre rondel. 

La mienne voulenté seroit 
Qu'avecques ma dame seroye... 

manuscrit : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1719, fol. 101. 

édition : 

Campaux, Villon , p. 337. 


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— i6o — 


206 . Fol. lxxx v°. C Autre rondel. 

Mon doulx espoir, mon trestout et ma joye, 
A mon advis la plus belle que voye... 


207 . Fol. lxxxj. <E Autre rondel. 

Je n’ay qu’un seul désir, 
Je n’ay qu’une pensee... 


208 . Fol. lxxxj. <£ Autre rondel. 

S’il advient que mon dueil me tue 
Pour vous, ma seule cher tenue... 

MANUSCRITS : 

Paris, Chansonnier de Laborde, fol. 32 v°. 

Berlin, ms. Rohan, fol. 78. 

Dijon, 517, fol. 3 v°. 

Florence, Bibl. naz., centr. XIX. 176, fol. 85 v°. 

WOLFENBUTTEL, fol. 47 V°. 

édition : 

Lcepelmann, Handschrijt Rohan, art. 118. 

209 . Fol. lxxxj. C Autre rondel. 

Au plus fort de ma maladie 
Il m’est prins une telle envie... 

manuscrit : 

Londres, Mus. brit., Lansdowne 380, fol. 251 v°. 

édition : 

P. Champion, Du succès de l'œuvre de Charles d'Orléans (Mélanges 
Picot, t. I, p. 418). 

Cette chanson est l’imitation d’un rondeau de Charles d’Orléans : 

Au plus fort de ma maladie 
Des freres de mélancolie... 

Le ms. Rohan contient un autre pastiche : 

Au plus fort de ma maladie 

M’a abandonné esperance... (fol. 89 v°). 


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210 . Fol. lxxxj. C Attire rondel. 


S’il ne vous plaist plaindre mes plains 
Qui de tristesse sont si plains... 


211 . Fol. lxxxj. <[ Autre rondel. 

Trop plus en vous qu’en autre femme 
Sans que riens blasme... 

Rondel adressé à Jeanne Filleul. Voir n° 212. 


212 . Fol. lxxxj v°. C Autre rondel. 

Hellas ! mon amy, sur mon ame. 

Plus qu’autre femme... 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1719, fol. 121. 

— Bibl. nat., fonds franç. 9223, fol. 46. 

Berlin, ms. Rohan, fol. 178. 

éditions : 

Raynaud, Rondeaux et autres poésies du XV e siècle, p. 76. 
Lœpelmann, Handschri/t Rohan, art. 549. 

Ce rondel est de Jeanne Filleul. 


213 . Fol. lxxxj v°. C Autre rondel. 

Tant me desplaist adieu vous dire. 
Ma gente dame... 


214 . Fol. lxxxj v°. Ç Autre rondel. 

C’est a jamais que je me suis 
A vous donnée... 


215 . Fol. lxxxj v°. C Autre rondel. 

Acquittez vostre conscience 
Et gardez aussi vostre honneur... 

PLAISANCE 


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ÉDITIONS : 


Chasse et départ d‘Amours, fol. Oij. 

Raynaud, Rondeaux et autres poésies du XV e siècle, p. 46. 
Poésies de Charles d'Orléans, édit, J\ Çhapipigi), t. II, p. 409. 

Ce rondel est de Charles d'CMéans. 


216 . Fol. lxxxj v°. C Autre rondel. 

Adieu des bonnes la meilleur, 
Adieu la joye de mon cueur... 


217 . Fol. lxxxij. C Motet. 

Pour mettre a fin la grant douleur 
Que par trop amer je rcçoy... 

éditions : 

Chasse et départ d'Amours, fol. Niij. 

Poésies de Charles d'Orléans f édit. P. Champion, t. II, p. 390. 
Ce rondeau est de Fredct. 


218 . Fol. lxxxij. <£ Autre rondel. 

Mon cueur s en va en ambaxade, 
Hastivement, belle, vers vous... 

manuscrit : 

Paris, Bibl, pat., fonds franç. 2264, fol. 42 W, 


219 . Fol. lxxxij. C Autre rondel. 

Des amoureux de l'observance 
Dont j'ay este le temps passé... 

éditions : 

Chasse et départ d'Amours, fol. Ov v°. 

Raynaud, Rondeaux et autres poésies du XV e siccle, p. 40. 
Lœpelmann, Handschri/t Rohan, art. 642. 

Poésies de Charles d’Orléans, édit. P. Champion, t. II, p. 425. 
Ce rondeau est de Charles d’Orléans. 


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— 163 — 


220 . Fol. lxxxij. C Autre rondel. 

Depuis que me deistes oy. 

Je n'euz, par Dieu, dueil ne malaise... 


221 . Fol. lxxxij. C Autre rondel. 


Ce fut grant malheur qui m'a vint 
Quant de vous partir me convint... 


222 . Fol. lxxxij. C Autre rondel. 

Bonnes gens, j'ay perdu ma dame. 

Qui la trouvera, sur mon ame... 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1719, fol. 51 et 139. 

— Bibl. nat., fonds franç. 1722, fol. 33. 

— Bibl. nat., fonds franç. 9223, fol. 12. 

— Bibl. nat., fonds franç. 25553, fol. 69. 

Berlin, ms. Rohan, fol. 119. 

éditions : 

Chasse et départ d'Amours, fol. yij v°. 

Raynaud, Rondeaux et autres poésies du XV e siècle, p. 15. 

P. Champion, Pièces joyeuses dans la Revue de philologie française, 
1907 . P- I 75 - 

Campaux, Villon, p. 348. 

Lcepelmann, Handscbift Rohan, art. 300. 

Ce rondel est de Pierre Chastellain dit Vaillant. 


223 . Fol. lxxxij v°. C Autre rondel. 

Je me repens de vous avoir aymee, 

Puis qu'autrement n'avez voulu mon bien... 

MANUSCRITS : 

Berlin, ms. Rohan, fol. 13S. 

Cambrai, 124. 

éditions : 

S’ensuyvent seyze belles chansoyis nouvelles..., art. 4. 

S’ensuyvent dix belles chansons nouvelles..., art. 6. 

Mellangcs de chansons... Leroy et Ballard, 1572. 

Lœpelmann, Handschrift Rohan, art. 377. 

C'est le timbre d'un Noël de Jo. Danicllus, voir Catalogue Rothschild, n° 2986, art. 4. 
Voir G. Paris, Chansons du XV e siècle, p. 26; les quatre premiers vers sont seuls sem¬ 
blables. 


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— 164 — 

II existe une réponse à cette chanson : 

Ne te repens de m'avoir trop aymee 
Car plus qu'a moy je desire ton bien... 

Voir Remania , t. XV (1886), p. 375. 


224 . Fol. lxxxij v°. C Autre rondel. 

Les douleurs que je sens en somme 
Me font mon cueur tant assommer... 

MANUSCRITS : 

Aux manuscrits utilisés par G. Raynaud on peut ajouter : 
Dijon, 517, fol. 130 v°. 

Berlin, ms. Rohan, fol. 128 v°. 

éditions : 

Raynaud, Rondeaux et autres poésies du XV e siècle , p. 6. 
Lœpclmann, Handschri/t Rohan , art. 337. 

Ce rondel est d’Antoine de Cuise. 


225 . Fol. lxxxij v°. C Autre rondel . 

Pour Dieu, deffendez a vostre œil 
Qu'il ne me demande plus rien... 


226 . Fol. lxxxij v°. <£ Autre rondel. 

Par ung regard qui de vous vint 
En devisant a moy ma dame... 

MANUSCRITS .* 

Lille 402, art. 39. 

Soissons 204 (190), fol. 14. 

Dresde, ms. de Jean de Saxe, art. 39. 


227 . Fol. lxxxij v°. C Autre rondel. 

Si eslongné suis de mes amours, 
En vérité, ce poise moy... 


228 . Fol. lxxxiij. C Autre rondel. 

Faulx envieux, de Dieu soyez (vous) mauldiz, 
Vous me cuidez par vous et par voz ditz... 


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— 165 — 


229 . Fol. lxxxiij. Autre rondel. 

A quans coups je le souffreroye 
Q un autre vous entretinsiez... 


230 . Fol. lxxxiij. Autre rondel. 

Ne je ne dors, ne je ne veille, 

Tant ay fort la puce en l’oreille... 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1719, fol. 91. 

Berlin, ms. Rohan, fol. 132 v°. 

Florence, Bibl. naz., centr. XIX, 176, fol. 29 v°. 

éditions : 

Lœpclmann, Handschri/t Rohan , art. 354. 

G. Thibault, Quelques chansons de Du/ay , dans la Revue de musi¬ 
cologie , 1924, p. 100. 


231 . Fol. lxxxiij. Autre rondel . 

Tard aura mon cueur sa plaisance. 

Tard aura mon bien sa naissance... 

manuscrits : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 15123, fol. 66 v°. 

— Bibl. nat., nouv. acq. franç. 4379, fol. 7. 

— Chansonnier de Laborde, fol. 135 v°. 

Dijon, 517, fol. 82 v°. 

Florence, Bibl. naz., centr. XIX, 178, fol. 50 v°. 

Mont-Cassin 871, fol. 142 v°. 

Rome, Cappella Giulia, fol. 86. 

Rome, Casanatense, O. v. 208, art. 74. 

éditions : 

Canti C, Pétrucci, art. 124 et 137. 

Denkmaeler der Tonkunst in Oesterrcich, t. XIV, p. 107. 

E. Droz et G. Thibault, Poètes et Musiciens du XV e siècle , p. 60. 

Cette chanson est citée par Molinet dans l'Oraison a la Vierge Marie et dans la 19 e stro¬ 
phe du Dialogue du Gendarme et de iAmoureux. La musique du ms. Casanatense et la pre¬ 
mière des Canti C est attribuée à Molinet. 


232 . Fol. lxxxiij. C Autre rondel . 

Quant j'ay au cueur aucun contraire 
Et d’avanture j’ay a faire... 


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— l66 — 


MANUSCRIT : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 15123, fol. 184 v°. 


233 . Fol. lxxxiij v°. C Autre rondel. 

Tant est mignonne ma pensee, 

Gente plus que ne fut oncq femme... 

MANUSCRITS : 

Paris, Chansonnier de Labordc, fol. 31 v°. 

Dijon, 517, fol. 16 v°. 

Berlin, ms. Rohan, fol. 146. 

WOLFENBUÎTEL, fol. 51 V°. 

ÉDITION : 

Lœpelmann, Handschri/l Rohan, art. 412. 

234 . Fol. lxxxiij v°. C Autre rondel. 

Se je pers celle que mon cueur ayme tant, 

Toutes mes joyes se perdront quant et quant... 

235 . Fol. lxxxiij v°. <E Autre rondel. 

Se la belle ne prent la cure 
D’aleger mon mal doloreux... 

236 . Fol. lxxxiij v°. C Autre rondel. 

La belle des belles sans per, 

Mon cueur se vient habandonner... 

237 . Fol. lxxxiij v°. C Autre rondel. 

Je languis en dure destresse, 

Prés de vous, nia belle maistresse... 

Le nom Jaques Thesseli, se lit en acrostiche. Le môme rondeau se retrouve un peu pluB 
loin (art. 358) et l’assemblage des lettres initiales donne : Thessuli. 


238 . Fol. lxxxiij v°. C Autre rondel. 

Dictes le moy, mon seul désir, 

Se pour moy je vous vueil choisir... 


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— 167 — 


MANUSCRIT : 

Berlin, ms. Rohan, fol. 164 v°. 

édition : 

Lœpelmann, Handschrift Rohan, art. 491. 


239 , Fol. lxxxiiij. C Autre rondel. 

Faulx envieux, mesdisans par envie, 

Deffendez vous a ce jour d'uy... 

Le premier vers d'une chanson publiée par Gaston Paris (n° 66) est assez semblable. 


240 . Fol. lxxxiiij. C Autre rondel . 

Plus que tous suis infortuné 
Et de si très mal heure né... 


241 . Fol lxxxiiij. C Autre rondel. 

Je ne puis vivre ainsi tousjours 

Amours (lis. : Au mains) que j'aye pour mes doulours... 
manuscrit : 

Dijon 517, fol. 34 v° (chanson d'Antoine Busnoys). 

L'acrostiche entier : Jaqueline d’Aqueville, se lit dans le ms. de Dijon. Voir n° 69. 


242 . Fol. lxxxiiij. Autre rondel . 

Aymé qui vouldra 
Le mieulx qu’il pourra... 

manuscrits : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 572, fol. 216. 
— Bibl. nat., fonds franç. 1721, fol. 26 v°. 
— Bibl. nat., fonds franç. 1722, fol. 26. 
Berlin, ms. Rohan, fol. 195. 

Dijon, 517, fol. 138 v°. 

éditions : 

Cinquicsme livre de chansons , T. Susato, 1543. 
Lœpelmann, Handschrift Rohan , art. 620. 

Ce rondel est de Molinet. 


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— i68 — 


243 . Fol. lxxxiiij. C Autre rondel. 

D’ung autre aymer mon cueur s'esbahiroit (lisez : s’abaisseroit). 
Il ne faut ja penser que je l'estrange... 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 2245, art. 12. 

— Bibl. nat., fonds franç. 15123, fol. 117 v° et 189 v°. 

— Bibl. J. de Rothschild, n° 2819, fol. 29. 

— Chansonnier de Laboide, fol. 13 v°. 

Berlin, ms. Rohan, fol. 118. 

Bologne, Liceo musicale, cod. 148, plusieurs compositions. 
Dijon, 517, fol. 39 v°. 

Florence, Bibl. naz., centr. XIX. 178, fol. 64 v°. 

Florence, Riccardiana, ms. 2794, fol. 19 v°. 

Florence, Ist. mus., Basevi 2439, fol. 7 v°, 8 v° et 70 v°. 
Londres, Mus. brit., Lansd. 380, fol. 242. 

Rome, Cappella Giulia, fol. 10 et 106 v°. 

Rome, Casanatense O. v. 208, art. 13. 

WOLFENBUTTEL, fol. 34 V°. 

Vienne, Bibl. nat. 18746, fol. 19 v°. 

éditions : 

Canti B , Pétrucci, art. 27. 

Tabl. de luth. Pétrucci, 1507, libro II. 

Chasse et départ d’Amours , fol. ziij. 

Lœpelmann, Handschri/t Rohan , art. 293. 


244 . Fol. lxxxiiij v°. C Autre rondel. 

Puis qu'autrement ne me peut estre, 
Il me souffist pour tout mon mal... 

manuscrit : 

Dijon, 517, fol. 165 v°. 


245 . Fol. lxxxiiij v°. ü Autre rondel. 

Nous vous voyons bien, Malebouche, 
Faulx envieux tenir voz plais... 

manuscrit : 

Oxford, Bodl., canonici 213, fol. 30. 

édition : 

Stainer, Dujay..., art. 7. 


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— i 6 g — 

246 . Fol. lxxxiiij v°. CE Autre rondel. 

Se je faiz dueil, je n’en puis mais. 

Nul ne m’en doit donner le blasme... 

MANUSCRITS : 

Berlin, ms. Rohan, fol. 74. 

Munich, Staatsbibliothek, ms. germanique 810. 8o, fol. 104. 

édition : 

Lœpelmann, Handschrift Rohan, fol. 101. 


247 . Fol. lxxxiiij v°. CE Autre rondel. 

Pour acomplir le vouloir de mon cueur, 

Submis me suis a estre serviteur... 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1719, fol. 112 v°. 

— Bibl. nat., nouv. acq. franç. 477, fol. 86 v°. 

Dijon, 517, fol. 63 v°. 

Dresde, ms. de Jean de Saxe, art. 5. 

Lille, 402, art. 5. 

éditions : 

Rondeaux en nombre troys cens cinquante... Paris, s. d., fol. 6 v°. 
Bancel, Cent quarante cinq rondeaux d’amours, 1874, p. 21. 


248 . Fol. lxxxiiij v°. CE Rondel. 

Le despourveu infortuné, 

Incessamment environné... 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 15123, fol. 139 v°. 

— Chansonnier de Laborde, fol. 68 v°. 

Berlin, ms. Rohan, fol. 195 v°. 

éditions : 

Canti C, Pétrucci, art. 121. 

Tabl. de luth., Pétrucci, 1507, libro 1 °, fol. 52 v° et 62. 
Lœpelmann, Handschri/t Rohan, art. 622. 


249 . Fol. lxxxv. CE Autre rondel. 

Jamais si bien ne me peult advenir 

Fors que la mort me viengne brief quérir... 


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— I 7 0 — 


MANUSCRITS : 

Paris, Chansonnier de Laborde, fol. 80 v°. 
Dijon, 517, fol. 48 v°. 

WOLFENBUTTEL, fol. 64 V°. 


250 . Fol. lxxxv. C Autre rondel. 

Mon cueur emble a joye et dueil 
Et ma vie est amere et doulce... 


251 . Fol. lxxxv. C Autre rondel. 

Saint Valentin, puis que j’ay fait de vous, 
A saint Emoul Berviray désormais... 


252 . Fol. lxxxv. C Autre rondel. 

A ce mur hau ! estes vous sourde ? 

Mais qui vit oncques la pareille ?... 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1719, fol. 56 et 124 v°. 

— Bibl. nat., fonds franç. 1722, fol. 41 v°. 

— Bibl. nat., fonds franç. 2230, fol. 240. 

Soissons, 203 (189 C), fol. 55 v°. 

édition : 

E.Winkler, Vaillant (Comptes-rendus de l'Académie des sciences 
Vienne, t. CLXXXVI, 1918, p. 33). 

Ce rondel est de Pierre Chastellain dit Vaillant. 


253 . Fol. lxxxv. C Autre rondel . 

Ung corps ung (lisez : sans) cueur qui n’a que Lame, 
Plain de regretz et de douleurs... 

manuscrit : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 2230, fol. 248. 

édition : 

E. Winkler, Vaillant , p. 40. 

Ce rondel est de Pierre Chastellain dit Vaillant. 


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— xyi — 


254 . Fol. lxxxv. C Autre rondel. 

Espérant d'avoir quelque bien 
D'amours pour qui tant de mal porte... 

MANUSCRITS : 

Paris. Bibl. nat., fonds franç. 1719, fol. 59. 

— Bibl. nat., fonds franç. 1722. fol. 47. 

Berlin, ms. Rohan, fol. 203 v°. 

Londres, Mus. brit., Lansd. 380, fol. 250 v°. 

éditions : 

Fleur de toutes joyeuseiez..., fol. Dv v°. 

Rondeaux en nombre de troys cens cinquante ... Paris, s. d., fol. 25 v°. 
Recueil de tous soûlas et plaisir ... Paris, 1552, Jean Bonfons. 
Lœpelmann. Handschrift Rohan, art. 657. 

Eitner, dans sa Bibliographie des recueils musicaux , indique deux autres éditions, 
p. 473 et 884. 


255 . Fol. lxxxv v°. H Autre rondel . 

J'atens l'aumosne de doulceur 
Par l'aumosnier de Doulx regart... 

manuscrits : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1719, fol. 43. 

— Bibl. nat., fond9 franç. 9223, fol. 25. 

éditions : 

Chasse et départ d 1 Amours, fol. Ov. 

Trente et trois chansons nouvelles , Attaignant, 1529, fol. 3. 
Raynaud, Rondeaux et autres poésies du XV e siècle, p. 41. 
Poésies de Charles d'Orléans , édit. Champion, t. II, p. 422. 

Ce rondel est de Frcdet. 


256 . Fol. lxxxv v°. C Autre rondel . 

Comme moy vous aurez voz gaiges, 

J'en fus bien payé au partir... 

MANUSCRITS ! 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1719, fol. 58. 
Berlin, ms. Rohan, fol. 205. 

éditions : 

Œuvres de Villon , éd. Jannet, p. Î41. 
Œuvres de Villon , éd. Lacroix, p. 230. 
Campaux, Villon, p. 347. 

Lœpelmann, Handschrift Rohan , art. 662. 


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— 172 — 

257. Fol. lxxxv v°. C Autre rotidel. 

S'en amours a ung paradis 

maulx y avoir... 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1719, fol. 51 et 139. 

— Bibl. nat., fonds franç. 9223, fol. 15. 

édition : 

Raynaud, Rondeaux et autres poésies du XV e siècle , p. 22. 
Ce rondeau est de Blosseville. 


Qu'on acquiert pour 


258. Fol. lxxxv v°. Autre rondel. 

Les yeulx ouvers je n'y voy goûte, 

Et moins y voy plus y regarde... 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 2230, fol. 240. 

Berlin, ms. Rohan, fol. 197. 

éditions : 

Fleur de toutes joyeusctez , fol. Fiv v°. 

Rondeaux en nombre troys cens cinquante ... Paris, s. d., fol. xxv. 
Loepelmann, Handschritt Rohan , art. 630. 

Winkler, Vaillant , p. 34. 

Ce rondeau est de Pierre Chastellain dit Vaillant. 


259. Fol. lxxxv v°. <[ Autre rondel. 

Le jour m'est nuyt, 
(Et) joye me nuist... 


MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1719, fol. 131. 

— Bibl. nat., fonds franç. 9223, fol. 31 v°. 

édition : 

Raynaud, Rondeaux et autres poésies du XV e siècle, p. 52. 
Ce rondel est de Martin Le Franc. 


260. Fol. lxxxv v°. Autre rondel. 

C'est par vous que tant fort souspire, 
Tousjours m'empire... 


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— 173 — 


MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1719, fol. 124. 

— Bibl. nat., fonds iranç. 1722, fol. 80. 

— Bibl. nat., fonds franç. 9223, fol. 18. 

— Bibl. nat., fonds franç. 24314, dernier feuillet. 

Berlin, ms. Rohan, fol. 108. 

éditions : 

Meschinot, Lunettes des princes, éd. Trepperel, Paris, 1499, fol. Pj. 
Raynaud, Rondeaux et autres poésies du XV e siècle, p. 28. 
Lœpelmann, HandschrUt Rohan, art. 250. 

Charles d'Orléans, édit. P. Champion, t. II, p. 534. 

Ce rondeau est de Meschinot. Voir art. 592. 


261 . Fol. lxxxvj. CL Autre rondel. 

L’une boute, l’autre requiert, 

Pource se nulle vous enquiert... 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1719, fol. 42. 
— Bibl. nat., fonds franç. 1722, fol 40. 


262 . Fol. lxxxvj. CL Autre rondel. 

Faignant d’avoir mainte douleur escripte 
Dedans mon cueur, contrefaiz l’amoureux... 


263 . Fol. lxxxvj. CL Autre rondel. 

Le noir me plaist mieulx qu’aultrc sorte. 
Il me semble, se je le porte... 


264 . Fol. lxxxvj. CL Autre rondel. 

J’ay des semblans tant que je vueil, 

Mais du surplus il n’est nouvelle... 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1719, fol. 50. 

— Bibl. nat., fonds franç. 1722, fol. 10. 

— Bibl nat., fonds franç. 9223, fol. 38 v°. 
Berlin, ms. Rohan, fol. 184 v°. 

éditions : 

Raynaud, Rondeaux et autres poésies du XV e siècle, p. 63. 
Lœpelmann, HandschrUt Rohan, art. 577. 

Ce rondel est de Monbeton. 


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— *74 — 


266 . Fol. lxxxvj. <£ Autre rondel. 

Quelque chose qu’Amours ordonne, 

Force m'est que vous habandonne... 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1719, fol. 138. 

— Bibl. nat., fonds franç. 9223, fol. 39 v°. 

Berlin, ms. Rohan, fol. 197 v°. 

éditions : 

Œuvres de Villon , éd. Jannet, p. 138. 

Œuvres de Villon , éd. Lacroix, p. 227. 

Campaux, Villon, p. 346. 

Raynaud, Rondeaux et autres poésies du XV* siècle, p, 65. 
Lœpelmann, Handschti/t Rohan, fol. 632. 

Ce rondeau est de Monbeton. 

266 . Fol. lxxxvj v°. Autre rondel . 

Ha ! cueur perdu et désolé, 

De tristesse plus que soulé... 

manuscrit : 

Berlin, ms. Rohan, fol. 129 v°. 

édition : 

Lœpelmann, Handschri/t Rohan, art. 342. 


267 . Fol. lxxxvj v°. <£ Autre rondel. 

Desplaisir chascun jour m'assault 
En disant que quitter me fault... 

manuscrit : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 9223, fol. 36. 

édition : 

Raynaud, Rondeaux et autres poésies du XV e siècle, p. 59. 
Ce rondeau est du seigneur de Tais. 


268 . Fol. lxxxvj v°. Autre rondel. 

De ma dame ne dy nul bien, 

Car quant vers elle vois ou vicn... 


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— 175 — 


MANUSCRIT : 

Berlin, ms. Rohan, fol. 196 v°. 

édition : 

Lœpelmann, Handschrijt Rohan, art. 628. 


269 . Fol. Ixxxvj v°. <£ Autre rondel. 

Plus qu’oncques mais je suis au bas, 
Dueil et soussi sont mes es bas... 


MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1719, fol. 58 et 127 v°. 
— Bibl. nat., fonds franç. 9223, fol. 31. 


édition : 

Raynaud, Rondeaux et autres poésies du XV e siècle, p. 51. 


Blosseville est l’auteur de cette pièce. 


270 , Fol. ljcxxvij. c Autre rondel, 

Maintenant comme je pensoye 
En vous, par Dieu, ma geqte joye... 

manuscrit : 

Berlin, ms. Rohan, fol. 198. 

édition : 

Lœpelmann, Handschri/t Rohan, art. 634. 


271 . Fol. lxxxvij. C Autre rondel. 

N’ay je pas esté bien party 
A ce jour de saint Valentin ?... 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1719, fol. 48 v°. 

— Bibl. nat., fonds franç. 9223, fol. 46 v°. 

édition : 

Raynaud, Rondeaux et autres poésies du XV e siècle, p. 77. 
Ce rondeau est du seigneur de Torcy, 


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— 176 — 


272 . Fol. Ixxxvij. C Autre rondel. 

Pour Dieu, faictes moy cest honneur, 
Ma maistresse, Dieu le vous mire... 


273 . Fol. Ixxxvij. C Autre rondel . 

Se vous me voulez estre bonne 
Autant que je vous seray bon... 

manuscrit : 

Berlin, ms. Rohan, fol. 77 v°. 

édition : 

Lœpclmann, Handschri/t Rohan , art. 115. 


274 . Fol. Ixxxvij. C Autre rondel . 

Le serviteur hault guerdonné, 

Assouvy et bien fortuné... 

La bibliographie de cette chanson est assez difficile à établir, car il existe deux chan¬ 
sons parallèles commençant par les deux mêmes mots et un grand nombre de manuscrits 
ne donnent qu’un court incipit. Voici, pour la chanson du Jardin de Plaisance , les indica¬ 
tions certaines : 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1719. fol. 87. 

— BibL nat., nouv. acq. franç. 4379, fol. 25 v°. 

— Bibl. J. de Rothschild, n° 2973, fol. 33 v°. 

Berlin, ms. Rohan, fol. 91 v°. 

Dijon, 517, fol. 89 v<>. 

Escorial, IV. a. 24, fol. 76 v°. 

Florence, Bibl. naz., centr. XIX. 59, fol. 278 v°. 

Florence, Riccardiana 2794, fol. 22 v°. 

Londres, Mus. brit., Lansd. 380, fol. 241 v°. 

Mont-Cassin 871, fol. 103 r°. 

Pavie, Bibl. univ. 362, fol. 40 v°. 

Trente, art. 1072 et 1139. 

Wolfenbuttel, fol. 24 v°. 

éditions : 

Denkmaelcr der Tonkunst in Oestcrreich , t. VII, p. 238, 239, et t. XIV, 
P* 3 i. 

Lœpelmann, Handschri/t Rohan , art. 176. 

Cette chanson forme le ténor de deux messes. Voir Trente, art. 406 et 503. Elle est citée 
par Molinet dans YOraison a la Vierge et dans la 7 e strophe du Dialogue du Gendarme et de 
VAynoureux. Son succès fut tel qu'Henry de Croy la donne comme modèle de « chanson de 
musique ». Voir E. Langlois, Recueil d'arts de seconde rhétorique , p. 230. C'est le timbre 
d'une laude de Ser Firenze. Voir Lande spirituali di Feo Belcari, p. 228. Le premier vers 
est cité dans le Mistère de Saint Quentin , édit. Châtelain, p. 133. 


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— *77 — 


L'autre rondel, Le serviteur infortuné, contre-partie de celui-ci, est de Blosset (éd. 
Raynaud, p. 93). Les mss. de Pavie, Bibl. univ. 362, fol. 58 v°, et de Mont-Cassin 871, 
fol. 102 v°, contiennent une chanson qui commence par les mêmes mots. 


275 . Fol. lxxxvij. <£ Autre rondel. 

J'ay tel désir que je vous voye 
Que je ne puis par nulle voye... 

276 . Fol. lxxxvij v°. C Autre rotidel. 

Toute joye meslongnera 
Et desplaisir s'aprouchera... 

manuscrit : 

Berlin, ms. Rohan, fol. 93. 

édition : 

Loepelmann, Handschri/t Rohan , art. 184. 
Cette chanson est citée par Molinet dans VOraison a la Vierge. 

277 . Fol. lxxxvij v°. C Autre rondel. 

Puis qu'Amours m'a prins a desplaisir 
Et a voulu autre que moy eslire... 

278 . Fol. lxxxvij v°. C Autre rondel. 

Hellas ! mon cueur, hellas ! mon œil. 
Amours me fist par vous choisir... 

manuscrit : 

Berlin, ms. Rohan, fol. 90. 

édition : 

Lœpelmann, Handschri/t Rohan, art. 169. 


279 . Fol. lxxxvij v°. C Autre rondel. 

Beuvons et faisons bonne chiere 
Et ne soyons plus en soussy... 

édition : 

Schwob, Parnasse , p. 213. 

PLAISANCE 12 


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— i 7 8 - 


280 . Fol. lxxxvij v°. C Autre rondel. 

Las ! demourray je ainsi tousjours ? 

N’auray je de servir Amours... 

281 . Fol. lxxxviij. <£ Autre rondel. 

Qu’en a a faire Malcbouche, 

Mauvais bec et langue legiere... 

MANUSCRITS I 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1722, fol. 8. 
Berlin, ms. Rohan, fol. 179 v°. 

Florence, Bibl. naz., ccntr. XIX. 176, fol. 79 v°. 

éditions : 

Fleurs de toutes joyeusetez, fol. Evj v°. 

Lœpelmann, Handschrilt Rohan , art. 554. 


282 . Fol. lxxxviij. <[ Autre rondel. 

Tout bien de vous me peut venir 
Et d’autre non aucunement... 

manuscrit : 

Florence, Bibl. naz., ccntr. XIX. 176, fol. 81 v°. 


283 . Fol. lxxxviij. Autre Rondel. 

La plus belle eslite 
I)e femme et de fleur... 


284 . Fol. lxxxviij. <L Autre rondel 

Faulte d’argent. Dieu te mauldic, 

Pourquoy me viens tu si souvent ?... 

éditions : 

Trente et troys chansons... Attaignant, 1529, fol. 14. 
Schwob, Parnasse , p. 214. 


285 . Fol. lxxxviij. Autre rondel. 

Adieu, mon cueur, servez la belle, 
Et je m'en vois plain de soussy. 


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— i79 — 


MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1719, fol. 48 v°. 
— Bibl. nat., fonds franç. 1722, toi. 32 v°. 


286 . Fol. lxxxviij. C Autre ronde!. 

Je le voy bien selon les vers 
Que mes amours ne sont pas nettes... 


MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1719, fol. 57 et 126. 
— Bibl. nat., fonds franç. 9223, fol. 13. 


édition : 

Raynaud, Rondeaux et autres poésies du XV e siècle , p. 18. 


Pierre Chastellain dit Vaillant est l’auteur de ce rondeau. 


287 . Fol. lxxxviij v°. <L Autre rondel. 

A ce coup n’est mon cueur plus mien, 
Ne je n'y vueil avoir plus rien... 


288 . Fol. lxxxviij. v°. Autre rondel. 

De ma joye n'est plus nouvelle 
Se ne suis vostre retenu... 

manuscrits : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1719, fol. 57 et 127. 

— Bibl. nat., fonds franç. 9223, fol. 48. 

édition : 

Raynaud, Rondeaux et autres poésies du XV e siècle , p. 80. 
Ce rondeau est de Robert Le Sénéchal. 

289 . Fol. lxxxviij v°. Autre rondel . 

Je m’en vois et mon cueur demeure 
Avec maleur qui me cueurt seure... 

L>ans le ms. Rohan se trouve un rondeau dont l’incipit est pareil (art. 647). 


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— 180 — 


290 . Fol. lxxxviij v°. C Autre rondel. 

Requiescant , las ! in pace 
Le monde s'en va en l'empire... 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1719, fol. 44. 
Berlin, ms. Rohan, fol. 198 v°. 

Soissons, 201 (189 A), fol. 49 v°. 

édition : 

Lœpelmann, Handschri/t Rohan , art. 636. 


291 . Fol. lxxxviij v°. <E Autre rondel. 

Adieu, mon amy, 
Tousdis en soussy... 


292 . Fol. lxxxix. C_ Autre rondel. 

De mourir vueil faire entreprise 
Pour hors de ce monde me traire... 


293 . Fol. lxxxix. Autre rondel. 

A ceste der(re)niere venue 
Avons fait nouvelle aliance... 

MANUSCRITS : 

Berlin, ms. Rohan, fol. 136. 

Dijon, 517, fol. 36 v°. 

édition : 

Lœpelmann, Handschri/t Rohan , art. 369. 


294 . Fol. lxxxix. <£ Autre rondel. 

Que gaignerés vous a ma mort 
S’il advient que par vous je meure... 

Dans le ms. franç. 1722, fol. 32, de la Bibl. nat. et les Cent quarante cinq rondeaux 
publiés par Bancel, il y en a un dont le début est analogue : Que gaignez vous a me 
faire mourir (p. 30). 


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— i8i — 


295 . Fol. lxxxix. <[ Autre rondel. 

Adieu vous dy la lerme a l'œil. 

Adieu ma tresgente mignonne... 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 2230, fol. 241. 
Florence, Bibl. naz., centr. XIX. 176, fol. 121 v°. 

éditions : 

Œuvres de Villon , éd. Lacroix, p. 225. 

Œuvres de Villon , éd. Jannet, p. 137. 

Winkler, Vaillant, p. 36. 

Ce rondeau est de Pierre Chatellain dit Vaillant. 


296 . Fol. lxxxix. C Autre rondel. 

Mon cueur m'est icy venu dire, 

Se je m'en vois, qu'il demourra... 

manuscrits : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1719, fol. 48 et fol. 141. 
— Bibl. nat., fonds franç. 1722, fol. 10 et 16. 


297 . Fol. lxxxix. Autre rondel. 

Le cueur troublé, le sens perdu, 
Me suis trouvé tout esperdu... 


manuscrits : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1719, fol. 54 et fol. 122. 

— Bibl. nat., fonds franç. 9223, fol. 39. 

édition : 

Raynaud, Rondeaux et autres poésies du XV e siècle , p. 64. 
Ce rondeau est de Blosseville. 


298 . Fol. lxxxix v°. C Autre rondel. 

En la forest de Longue attente 
Des brigans de Soussy bien trente... 

manuscrits : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1719, fol. 63. 

— Bibl. nat., fonds franç. 9223, fol. 20 v°. 
Berlin, ms. Rohan, fol. 203. 


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— 182 — 


ÉDITIONS : 

Raynaud, Rondeaux et autres poésies du XV e siècle, p. 33. 
Lœpclmann, Handschrift Rohan, art. 651. 

Poésies de Charles d Orléans, éd. P. Champion, t. II, p. 420. 

Ce rondeau est de Frcdet. 


299 . Fol. lxxxix v° C Antre rondel. 

En la forest de Longue attente 
Demeure sans maison ne tente... 

MANUSCRITS I 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1719, fol. 65 et 130. 

— Bibl. nat., fonds franç. 9223, fol. 19. 

Berlin, ms. Rohan, fol. 188. 

éditions : 

Raynaud, Rondeaux et autres poésies du XV e siècle, p. 30. 
Lœpelmann, Handschri/t Rohan, art. 592. 

Ce rondeau est de Blossevillc. 

300 . Fol. lxxxix v°. C Autre rondel. 

Vivre en desplaisir 
Fait tousjours venir... 

manuscrit : 

Londres, Mus. brit., Lansd. 380, fol. 252. 

301 . Fol. lxxxix v°. C Autre rondel. 

Sinon seulement vostre grâce 
En vous servant ne vueil quérir... 

manuscrit : 

Paris, Bibl. nat., fonds français 1722, fol. 23 v°. 

302 . Fol. lxxxix v°. C Autre rondel. 

Qui veult de dame a moy changer 
Est il nulle ame qui s en vante... 

manuscrits : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1719, fol. 45 et fol. 135. 

— Bibl. nat., fonds franç. 9223, fol. 33. 

Berlin, ms. Rohan, fol. 198 v°. 

Soissons, 203 (189 C), fol. 34 v°. 


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— 183 - 


ÉDITIONS ! 

Fleur de toutes joyeusetez, fol. Dvij. 

Raynaud, Rondeaux et autres poésies du XV e siècle, p. 53. 
Lcepelmann, Handschri/t Rohan, art. 637. 

Ce rondeau est de Jean, duc de Lorraine. 


303 . Fol. lxxxx. C Autre rondel. 

Je change a vous, se c’est vostre vouloir, 

Et pour la vostre je vous en quitte deux... 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1701, fol. 43. 

— Bibl. nat., fonds franç. 1719, fol. 45. 

— Bibl. nat., fonds franç. 9223, fol. 32 v°. 

Berlin, ms. Rohan, fol. 199. 

éditions : 

Raynaud, Rondeaux et autres poésies du XV e siècle, p. 54. 
Loepelmann, Handschri/t Rohan , art. 638. 

Rondeau de Blosseville en réponse au précédent. 


304 . Fol. lxxxx. <1 Autre rondel. 

Se me pars sans mes maulx vous dire 

Je ne desire... 


manuscrit : 

Berlin, ms. Rohan, fol. 134 v°. 

édition : 

Lcepelmann, Handschri/t Rohan , art. 363. 


805 . Fol. lxxxx. H Autre rondel. 

Au povre d'amours 
Qui est si fort pris.. 


manuscrit : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 2230, fol. 242 v°. 

édition : 

Winkler, Vaillant , p. 38. 

Ce rondel est de Pierre Chastellain dit Vaillant. 


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— 184 — 


306 . Fol. lxxxx. C Autre rondel. 

Pour acquérir honneur et pris 
J'ay entrepris... 

Cette petite pièce fait partie d’un des concours poétiques organisés à la cour de Chailes 
d’Orléans. Voir Raynaud, Rondeaux et autres poésies du XV* siècle , p. 123-131. 


307 . Fol. lxxxx. H Autre rondel. 

Ha I Nostre-Dame, 
Presque me pasme... 


308 . Fol. lxxxx. Autre royxdel. 

En attendant garison ou la mort 
Ou lit de pleurs ou je gis presque mort... 

MANUSCRITS I 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1719, fol. 133 v°. 

— Bibl. nat., fonds franç. 9223, fol. 34. 

Berlin, ms. Rohan, fol. 78 v°. 

éditions : 

Raynaud, Rondeaux et autres poésies du XV e siccle , p. 56. 
Lœpelmann, Handschrilt Rohan, art. 119. 

Ce rondeau est de Robcrtet. 


309 . Fol. lxxxx v°. Ç Autre rondel 

Tu te brusles a la chandelle, 

Helas, mon cueur ne vois tu pas... 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1719, fol. 225. 

— Bibl. nat., fonds franç. 9223, fol. 40 v°. 

éditions : 

Œuvres de Villon , éd. Lacroix, p. 225. 

Œuvres de Villon, éd. Jannet, p. 136. 

Campaux, Villon, p. 350. 

Raynaud, Rondeaux et autres poésies du XV* siècle, p. 66. 
L’auteur de ce rondeau est Antoine de Cuise. 


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-i8 5 - 


310 . Fol. lxxxx v°. C Autre rondel. 

Ha ! mort, helas ! 

Veu que je suis de vivre las... 

MANUSCRITS ! 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1719, fol. 4 v°. 

Berlin, ms. Rohan, fol. 66 v°. 

éditions : 

Lœpelmann, Handschrift Rohan , art. 67. 

Poésies de Charles d’Orléans , édit. P. Champion, t. II, p. 530. 

Ce rondeau est d'Antoine de Cuise. 


811 . Fol. lxxxx v°. C Autre rondel. 

Yeulx aveuglez par force de désir, 
Sans garison vous me faictes gésir... 


manuscrits : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1719, fol. 42 et fol. 134. 

— Bibl. nat., fonds franç. 9223, fol. 33 v°. 

édition : 

Raynaud, Rondeaux et autres poésies du XV e siècle , p. 55. 

Rondeau écrit par Blossevillc pour Ysabeau Blosset dont le nom se lit en acrostiche. 


812 . Fol. lxxxx v°. C Autre rondel. 

De mon fait je ne sçay que dire, 

Partout ou je vois je m'adiré... 

manuscrits : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1719, fol. 41 v°. 

— Bibl. nat., fonds franç. 9223, fol. 38. 

Berlin, ms. Rohan, fol. 76. 

éditions : 

Œuvres de Villon, éd. Jeannet, p. 315. 

Campaux, Villon, p. 344. 

Raynaud, Rondeaux et autres poésies du XV e siècle, p. 62. 
Lœpelmann, Handschrift Rohan , art. 109. 

Ce rondeau est de Blossevillc. 


313 . Fol. lxxxxj. H Autre rondel. 

Or est mon cueur en abisme de dueil. 
Mort despieça... 


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— i86 — 


314 . Fol. lxxxxj. CE Autre rottdel. 

Quelque chose que je vous die. 

Mon povre cueur est tant loyal... 

manuscrit : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 9223, fol. 10 v°. 

édition : 

Raynaud, Rondeaux et autres poésies du XV e siècle, p. 13. 

Rondeau de Pierre Chastellain dit Vaillant. 

315 . Fol. lxxxxj. CE Autre rondel . 

Mon mary s'emburelicoque 
Ht dit, par sa foy, que je troque... 

édition : 

Scliwob, Parnasse , p. 215. 

316 . Fol. lxxxxj. CE Autre rondel . 

Quant de vous seul je pers la veue 
De qui tant chere suis tenue... 

manuscrit : 

Dijon, 517, fol. 33 v°. 

317 . Fol. lxxxxj. CE Autre rondel. 

A qui diray je ma douleur, 

Quant a vous, qui estes ma dame... 

manuscrit : 

Berlin, ms. Rohan, fol. 132. 

édition : 

Lœpelmann, Handschri/t Rohan, art. 353. 

On retrouve plusieurs fois une chanson dont le premier vers, seul indiqué, a de grandes 
analogies avec celui-ci : 

A qui diray je mes pensées... 

Heilbronn, x. 1-2, fol. 19 ; Canti R, Pétrucci, art. 51 et Recueil de 
chansons , Bibl. nat., Réserve Vm 7 504, art. 21. 


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— 187 — 


318 . Fol. lxxxxj v°. CE Autre rondel. 

Ravy d’amours, despourveu de bon sens. 
Que penses tu quant a ce te consens... 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1719, fol. 108. 

— Bibl. nat., fonds franç. 1722, fol. 90. 
Berlin, ms. Rohan, fol. 96. 

Dijon, 517, fol. 129 v°. 

Dresde, ms. Jean de Saxe, art. 41. 

Lille, 402, art. 41. 

WOLFENBUTTEL, fol. 54 V°. 

ÉDITIONS : 

Bancel, Cent quarante cinq rondeaux ..., art. 6. 
Œuvres de Villon, éd. Lacroix, p. 233. 
Campaux, Villon , p. 349. 

Lœpelmann, Handschri/t Rohan, art. 197. 

319 . Fol. lxxxxj v°. CL Autre rondel . 

Or suis je ou estre desiroie, 

Or ay je ce qu’avoir vouloie... 

320 . Fol. lxxxxj v°. CI Autre rondel. 

Mon seul et souverain désir, 

Mon confort et mon vray espoir... 

MANUSCRITS : 

Escorial, V. III. 24, fol. 20 v°. 

Oxford, Bodl., canonici 213, fol. 71. 


821 . Fol. lxxxxj v°. CE Autre rondel. 

Certes, ma doulce dame chere, 
Se par vous je suis abusé... 


322 . Fol. lxxxxj v°. CI Autre roïidel. 

Sire, vous vous rompez la teste 
Et jouez bien a l’abusé... 


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— 188 — 


323 . Fol. xcij. C Autre rondel. 

La tresamoureuse esperance 
De brief revoir mon bel amy... 


324 . Fol. xcij. C Autre rondel. 

Vostre tresdoulx regard plaisant. 

Belle et bonne que j’ayme tant... 

MANUSCRITS : 

Escoriàl V. III. 24, fol. 6 v<>. 

Munich, Staatsbibliothck, ms. 3192, fol. 7 v°. 

Rome, Vat., Urb. lat. 1411, art. 13. 

édition : 

Riemann, Sechs bisher nicht gedruckte Chansons von Gilles Binchois, 
art. 1. 


326 . Fol. xcij. H Autre rondel. 

Puis qu'ainsi est que choisy ay 
A mon povoir et sans delay... 

326 . Fol. xcij. C Autre rondel. 

Jamais mon cueur joye n’aura 
Ne desplaisir ne le lairra... 

327 . Fol. xcij. H Autre rondel. 

Ou loing ou prés qu[e]lque part que je soye, 
Ne pour chose que de mes yeulx je voye... 


328 . Fol. xcij v°. Autre rondel . 

Adieu, jusques je vous revoye, 

Adieu, le doulx fleuve de joye... 

manuscrits : 

Berlin, ms. Rohan, fol. 137. 

Escoriàl, V. III. 24, fol. 29 v°. 

Munich, Staatsbibliothek, ms. 3192, fol. 10 v°. 


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ÉDITIONS I 


Riemann, Sechs bisher nicht gedruckte Chansons von Gilles Binchois , 
art. 4. 

Lœpelmann, Handschri/t Rohan , art. 374. 

Cette chanson est citée par Molinet dans la 38 e strophe du Dialogue du Gendarme et de 
VA moureux. 


329 . Fol. xcij v°. CE Autre rondel. 

Jamais tant que je vous revoye, 

Ma tresbelle dame de joye... 

MANUSCRITS î 

Paris, Bibl. nat., nouv. acq. franç. 6771, fol. 96 v°. 

Oxford, Bodl., canonici 213, fol. 9 v°. 

édition : 

Stainer, Dufay..., p. 64. 

C'est le timbre d’une Louange a Notre-Dame de Feo Belcari (éd. cit ., p. 7), et Molinet 
la cite dans VOraison a la Vierge Marie. 


330 . Fol. xcij v°. CL Autre rondel. 

En peu d'heure sont mis au bas 
Tous mes plaisirs et mes es bas... 

On lit en acrostiche rétrograde : Me[r]guerite. Le huitième vers manque. 


331 . Fol. xcij v°. CE Autre ro)idel. 

Sans ce que j'aye en riens méfiait 
Envers vous ne vouldroye meffaire... 

Rondeau sur les mômes rimes dans le ms. Rohan : 

« Se j'ay riens envers vous méfiait ». 

édition : 

Lœpelmann, Handschri/t Rohan , art 93. 


332 . Fol. xcij v°. CE Autre rondel . 

Semblant joyeux, plain de tristour, 
Seuffre le mal que mon cueur cele... 


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— 190 — 


333 . Fol. xcij. v°. H Autre rondel. 

Plus ne seray de vert vcstu. 

Le noir sert mieulx a ma livrée... 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. 1 ut., nouv. acq. franç. 4379, fol. 34 v°. 
Berlin, ms. Rohan, fol. 142. 

Florence, Bibl. naz., ccntr. XIX. 59, fol. 253 v°. 
WOLFENBUTTEL, fol. 55 V°. 

ÉDITIONS : 

Vergicr d'Honneur, fol. B vij v°. 

Lœpelmann, Handschri/t Rohan, art. 394. 


334 . Fol. xciij. 4 L Autre rondel. 

Je n’ay désir de vivre en joye 
Pour ce qu'il faut, las, que je soye... 

335 . Fol. xciij. C Autre rondel. 

Comme femme desconfortee 
Et plus que nulle autre esgaree... 

Voir art. 18, vers 17. 


336 . Fol. xciij. C Autre rondel. 

Le malheureux habandonné 
Cruellement reguerdonné... 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., nouv. acq. franç. 4379 , fol. 29 v°. 
Londres, Mus. brit., Lansd. 380, fol. 238. 


337 . Fol. xciij. C Autre royidel. 

Une tresgente damoiselle ** • 

Qui est de France la plus belle... 

338 . Fol. xciij. C Autre royidel. 

Vous soyez le bien retourné, 

Mon doulx amy, ma seule joye... 

Ce rondel est la contre-partie du suivant. 


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339 . Fol. xciij v°. Cl Autre rondel. 


Vous soyez la tresbien venue 
Et a tresgrant joye receue... 

Une ballade de Charles d’Orléans commence de même (éd. P. Champion, t. I, p. 6</). 
Un des auteurs du Vergier d'honneur la imité : 

Vous soyez le tresbien venu... 


340 . Fol. xciij v°. <£ Autre rondel. 

La douleur que je reçoy 
Et la griefve maladie... 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl nat., fonds franç. 15123, fol. 113 v°. 

Stockholm, LIII, fol. 137 v°. 

Dans le ms. nouv. acq. franç. 4379, fol. 4 r°, on trouve une pièce qui commence par 
les mêmes mots. 


341 . Fol. xciij v°. C Autre rofidel. 

Bien venez, ma tresredoubtee, 

Bien venez, ma treshonnoree... 

C’est le timbre d’une laude de Feo Belcari (éd. cit. t p. 46). 


342 . Fol. xciij v°. C Autre rondel. 

En fréquentant les basses marches 
Et les maretz du bas pays... 


édition : 

Schwob, Parnasse , p. 216. 


343 . Fol. xciij v°. Cl Autre rondel . 

Gentil archer qui me guerroyes 
De ton fort traict, tu as grant tort... 


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— IQ2 — 


344 . Fol. xciiij. C Autre rondcl. 

Adieu, toute joyeuseté. 
Adieu, adieu liesse et joye... 


346 . Fol. xciiij. C Autre rondel. 

Hé ! fortune, pourquoy si fortunée 
Suis je par toy ? as tu ma mort juree... 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 15123, fol. 112 v°. 

— Bibl. nat., nouv. acq. fianç. 4379, fol. 16 v°. 
Berlin, ms. Rohan, fol. 120 v°. 

Londres, Mus. brit., Lansd. 380, fol. 253 v°. 
Pavie, Bibl. univ. 362, fol. 48 v°. 


éditions : 


P. Champion, Du succès de Vœuvre de Charles d'Orléans (Mélanges 
E. Picot, t. I, p. 417). 

Lœpelmann, Handschrill Rohan, art. 304. 


346 . Fol. xciiij. C Autre rondel. 

Tresdoux rossignol gracieux, 
Messager de bonne nouvelle... 


347 . Fol. xciiij. Autre rondel. 

Puis que je vis le regard gracieux 

Et la beaulté de ma dame et maistressc... 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 15123, fol. 70 v°. 

Escorial, IV. a. 24, fol. 38 v°. 

Florence, Bibl. na?., ccntr. XIX. 176, fol. 57 v°. 

Mont-Cassin, 871, fol. 137 v°. 

En acrostiche, on lit le nom de la dame : Venelle. Le premier vers est cité dans le 
Mistère de saint Quentin, éd. Châtelain, p. 134. 


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— 193 — 


348 . Fol. xciiij. CE Autre rondel. 

Mon cueur a une fleur choisy 
A laquelle s’est adonné... 

L’acrostiche devrait donner : Marguarite, le neuvième vers est mal transcrit. 


349 . Fol. xciiij. CL Autre rondel. 

Déporté toy, dame Fortune, 
Car par ton horrible rancune... 

350 . Fol. xciiij v°. CL Autre rondel. 

Puisque d’elle nouvelles ay 
A mon gré, ainsi que desire... 


351 . Fol. xciiij v°. CL Autre rondel. 

J’attens le confort de la belle, 

J’attens brief le retour de celle... 

MANUSCRIT6 : 

Berlin, ms. Rohan, fol. 98 v°. 

Escorial, IV. a. 24, fol. 80 v°. 

édition : 

Lœpelmann, Handschri/t Rohan, art. 207. 


352 . Fol. xciiij v°. CE Autre rondel. 

Qui plus veult a vous obéir 
Que celluy qui tout son désir... 

353 . Fol. xciiij v°. CL Autre rondel. 

Gentilz galans, soions tousjours joyeux 
Et je vous en prie treshumblemcnt... 


354 . Fol. xciiij v°. CE Autre rondel. 

A joye puissiez vous avoir 

Bon jour, bon an et bonne estrainne... 

PLAISANCE 


*3 


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— i 9 4 — 


355 . Fol. xcv. C Autre rondel. 

Puis qu'ainsi est que ne puis parvenir 
Aux haultains biens de mon doulx souvenir... 

manuscrit : 

Berlin, ms. Rohan, fol. 88. 

édition: 

Lœpelmann, Handschrijt Rohan , art. 160. 

366 . Fol. xcv. C Autre rondel . 

Ceste venue soit telle 
Et rassemblée si bonne... 

357 . Fol. xcv. C. Autre rondel. 

Je demande voz bcaulx yeulx voir. 

Ma tressouverainc maistresse... 

368 . Fol. xcv. C_ Autre rondel. 

Je languis en telle destresse 
Apres vous, ma belle maistresse... 

Voir art. 237. 

359 . Fol. xcv. Autre rondel. 

Mon doulx espoir, je vous supply 
Ne me laissez sans réconfort... 

360 . Fol. xcv v°. Autre rondel. 

Faictes moy sçavoir de la belle 
Tout ce qui s'en pourra escrire... 

manuscrit : 

Berlin, ms. Rohan, fol. 88. 

édition : 

Lœpelmann, Handschrijt Rohan , art. 161. 


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361 . Fol. xcv v°. C Autre rondel. 


Languir me fault en griefz douleurs 
Moy qui n’ay que plaintes et plours... 


manuscrit : 


ÉDITION : 


Pavie, Bibl. univ. 362, fol. 34 v°. 


Hortus musarum ... P. Phalese, Louvain, 1552, art. 15, 


362 . Fol. xcv v°. Autre rondel. 

A cheval, tout homme, a cheval, 
Gentilz compaignons, mettez selles... 


manuscrit : 

Escorial, IV. a. 24, fol. 63 v°. 

Cette chanson est citée par Molinet dans la troisième strophe du Dialogue du Gendarme 
et de VAmoureux. 


363 . Fol. xcv v°. C Autre royidel . 

Adieu ma tresbelle maistresse, 

Adieu celle que j’ayme tant... 

MANUSCRITS I 

Escorial, IV. a. 24, fol. 14 v°. 

Escorial, V. III. 24, fol. 26 v°. 

Munich, Buxheimer Orgelbuch, art. 143. 

Strasbourg (ms. brûlé), art. 83. 

Trente, art. 1469. 

éditions : 

Denktnaeler der Tonkunst in Ocstcrreich , t. XI, p. 95. 

Jahrbuch lür romanische und englische Literatur , t. IX, p. 278. 


364 . Fol. xcv v°. 4 [. Autre rondel . 

C’est assez pour mourir de dueil 
Qui sommes ung cueur et ung vueil... 

manuscrits : 

Berlin, ms. Rohan, fol. 88 v°. 

Escorial, V. III. 24, fol. 34 v°. 


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— iüô — 


ÉDITION : 

Lœpelmann, Hundschri/t Rohan, art. 162. 


365 . Fol. xcv v°. <[ Autre rondel. 

. Ne vous desplaise, ma maistressc, 
Se plus a vous n’ose parler... 


366 . Fol. xcvj. C Autre rondel . 

Las, j’avme miculx mes jours briefmcnt fmer 
Que vivre en pleurs tous les jours de ma vie... 


367 . Fol. xcvj. C Autre rondel. 

Amours et danger sont d’accord 
De me faire tousjours languir... 


368 . Fol. xcvj. C Autre rondel. 

Hau ! compagnons, resveillons nous, 

Et 11e soyons plus en soussy... 

MANUSCRITS : 

Munich, Staatsbibliothek, ms. mus. 3224, fol. 1. 
Oxford, Bodl., canonici 213, fol. 34. 

éditions : 

Stainer, Dufay..., p. 127. 

Schwob, Parnasse, p. 217. 

369 . Fol. xcvj. <£ Autre rondel. 

•Franc corps gentil, trop m'est dur et amer 
A endurer de vous le départir... 


370 . Fol. xcvj. [Rondel]. 

Soiez faitis et menez joye 
Amy, car amours me convoyé... 

MANUSCRITS : 

Strasbourg (ms. brûlé), fol. 49. 

Prague, Bibl. universitaire, cod. XI. E. 9 adlig. N. 13, fol. 7. 


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— 197 — 


371. Fol. xcvj. Autre rondel. 

Grâce attendant ou la mort pour tous mes, 

J'ay trop esté d'esperance abusé... 

manuscrit : 

Florence, Bibl. naz., centr. XIX. 176, fol. 46 v°. 

édition : 

E. Droz et G. Thibault, Poètes et Musiciens du XV e siècle , p. 43. 

L'acrostiche : Gilles Mureu t indique le nom de l’auteur, Gilles Mureau, maître de la 
musique de la cathédrale de Chartres, qu’Eloy d’Amerval cite dans la Grande Diablerie ci 
dont plusieurs chansons se trouvent dans des chansonniers florentins et parisiens. Le 
ms. de Florence lui attribue la mélodie du rondeau. 


372. Fol. xcvj v°. C Autre rondel. 

Vueille ou ne vueille celle que j'ay servie 
Une j en sers en tout bien assouvie... 

Voir art. ni. 


373. Fol. xcvj v°. Autre rondel. 

Se je garde bien vostre honneur 
Sans penser aucun deshonneur... 

Voir art. 140. 


374. Fol. xcvj v°. C Autre rondel. 

Ce qu'on fait a catimini 
Touchant multiplicamini... 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 15123, fol. 34 v°. 
Florence, Bibl. naz., centr. XIX. 59, fol. 282 v°. 

WOLFENBUTTEL, fol. 49 V°. 

ÉDITION ! 

Schwob, Parnasse , p. 218. 


375. Fol. xcvj v°. C! Autre rondel. 

Le chois d'amours, des belles l'exemplaire, 
Le miroir des belles et l'eslite... 


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— iq8 — 


376. Fol. xcvj v°. CL Autre rondel. 

Layssons passer amour mortelle, 

Mort telle endure qui trop dure... 

manuscrit : 

Berlin, ms. Rohan, fol. 167 . 

édition : 

Lœpelmann, Handschrift Rohan, art. 500 . 

377. Fol. xcvj v°. CL Autre rondel. 

Amoureux œil, 

Plaisant archer... 


378. Fol. xcvij. CL Autre rondel. 

Que veult on plus que d’aymcr l’exemplaire 
Des bonnes et des plus belles l’cslitc... 

379. Fol. xcvij. CL Autre rondel. 

Le mendiant transi me clame 

Qui suis ravy et si ne sçay que j’aymc... 

380. Fol. xcvij. [Quatrain], 

Quelle douleur, quelle angoisse, quel dueil, 
Quel desplaisir, quel ennuy et destressc... 

381. Fol. xcvij. Autre rondel. 

Belle, tant vous desire a veoir 
Que sans vous ne puis joyc avoir... 


382. Fol. xcvij. CI Autre rondel. 

Je languis en piteux martire 

Pour vous, ma dame et ma maistresse... 


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— 199 — 


383. Fol. xcvij. C_ Autre rondel. 

Tant me desplaist mon hatif partement, 
Ma souveraine et ma der(re)niere joye... 


384. Fol. xcvij v°. <[ Autre rondel. 

Par img souspir lequel je vous envoyé, 
Âcompaigné de pleurs tenant sa voye... 


385. Fol. xcvij v°. H Autre rondel. 

Placebo sans dilexi 

Est en tous lieux bien venus... 

386. Fol. xcvij v°. ü Autre rondel. 

Le plus dolent que jamais on verra, 

Le plus troublé qui oncques ne sera... 

Cette chanson se rapproche beaucoup du n° 15 et de celle de Huet de Vigne (éd. Ray¬ 
naud, Rondeaux..., p. 142 ). Le ms. franç. 1719 , fol. 98 , de la Bibl. nat. contient un 
rondeau : 

Le plus dolent que jamais on peust dire... 

dont le texte est semblable au nôtre. Ce même rondeau est dans le ms. Rohan, art. 452 . 


387. Fol. xcvij v°. Ç Autre rondel. 

Pour changer l'air ne pour fuyr les lieux. 

Pour autre veoir ne pour vouer aux dieux... 

MANUSCRITS : 

Paris, Chansonnier de Laborde, fol. 70 v°. 

— Bibl. nat., fonds franç. 1722, fol. 12. 
Dijon 517, fol. 79 v°. 


388. Fol. xcvij v°. Autre rondel. 

Changer ne vueil, tesmoing vo cueur, beau sire, 
Ains pour meilleur, pour itel ne pour pire... 

manuscrit : 

Berlin, ms. Rohan, art. 182 v°. 


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— 200 


ÉDITION : 

Lœpelmann, Handschri/t Rohan , art. 569. 

Cet éditeur n'a pas remarqué l'acrostiche : Catherine d'Alençon, qui est peut-être le 
nom de l’auteur ou celui de la dame qui fit composer le rondeau. 

Changer ne veulx est inscrit comme devise dans un manuscrit de la Bibl. nationale. 
Voir P. Paris, Les manuscrits /rançois , t. II, p. 79. 


389. Fol. xcviij. Autre rondcl. 

Joye me fuit et douleur me court scure, 
Courroux me suit sans rien qui me sequeure... 


MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1719, fol. 33 v°. 

— Bibl. nat., fonds franç. 15123, fol. 163 v°. 

— Bibl. J. de Rothschild, n° 2798, fol. 72. 

— Chansonnier de Laborde, fol. 96 v°. 

Dijon, 517, fol. 26 v°. 

Florence, Bibl. naz., centr. XIX. 176, fol. 13 v° 
Trente, art. 1364. 

éditions : 

Bancel, Cent quarante cinq rondeaux , art. 136. 

Montaiglon, Recueil..., t. V, p. 263. 

Denkmaclcr der Tonkunst in Ocsterreich, t. VII, p. 247. 

Cette chanson est probablement l’imitation d'un rondeau d’Alain Chartier : 

Joye me fuit et desespoir me chasse. 

Je n'ay plaisir ne je ne le pourchasse... 


manuscrits : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 19139, p. 104. 
Berlin, ms. Rohan, fol. 86. 

Florence, Laurentienne, Ash. 51. 
Grenoble, 874, fol. 60 v°. 

Lyon, 1235, fol. 173. 

éditions : 

Lyon-Revue , 1886, p. 311. 

Lœpelmann, Handschri/l Rohan, art. 152. 


Sur ce même thème, Raynaud a publié dans ses Rondeaux... une pièce d’Antoine 
de Cuise : 

Joye me fuit, Douleur m'assault... (p. 116). 


390. Fol. xcviij. C Autre rondel. 

Au grant dueil que mon cueur raporte 
Sans riens avoir qui me conforte... 


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— 201 


MANUSCRIT : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 9223 , fol. 30 . 

ÉDITION 

Raynaud, Rondeaux et autres poésies du XV e siècle, p. 40 . 
Ce rondeau est de Tanneguy du Chastel. 


391. Fol. xcvüj. CL Autre rondel. 

Qu’est ce que j’oy ? ho, paix, est ce mon cueur 
Qui pleure et dit qu’il est de mourir seur... 


392. Fol. xcviij. CI Autre rondel. 

N'est ce grant fait 
Tant plus me fait... 


393. Fol. xcviij. CI Autre rondel. 

En la forest de Longue Actcnte 
Forvoyé de joyeuse sente... 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1719, fol. 63 et 123. 

— Bibl nat, fonds franç 9223 , fol. 21 . 

Berlin, ms. Rohan, fol. 202 . 

éditions : 

Raynaud, Rondeaux et autres poésies du XV e siècle , p. 34 . 
Lœpclmann, Handschrijt Rohan , art. 652 . 

Poésies de Charles d’Orléans , édit. P. Champion, t. II, p. 421 . 

Ce rondeau est de Charles d’Orléans. 


394. Fol. xcviij v°. CI Autre rondel. 

Je ne l’ose dire 
Mais pensez ma dame... 


395. Fol. xcviij v°. CE Autre rondel. 

Quant mon vouloir s'acomplira 
Et vo vouloir alors aura.. 

manuscrit : 

Berlin, ms. Rohan, art. 79 v°. 


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— 202 


ÉDITION : 

Lœpelmann, Handschrijt Rohan , art. 124 . 


396. Fol. xcviij v°. Autre rondcl. 

Mieulx ne si bien pour avoir tout plaisir 
En ce monde l'en ne pourroit choisir... 


397. Fol. xcviij v°. C Autre rondel. 

Franc cueur gracieux 
Je suis amoureux... 


398. Fol. xcviij v°. Autre rondel. 

Je demeure seule esgaree 
De toute joye separee.. 

manuscrit : 

Beri.in, ms. Rohan, fol. 135 v*. 

éditions : 

Lœpelmann, Handschrijt Rohan t art. 366 . 

Quarante deux chansons musicales , et Vingt six chansons musicales . 
Attaignant, art. 4 . 

Cette chanson est citée par Rabelais dans son Cinquième livre. C’est aussi le timbre 
d'un des Crans Nouelz nouveaux..., Paris, s. d., en la rue ncufve nostre dame a l’enseigne 
de l'escu de France, fol. Gij v° (Bibl. nat.. Réserve Ye 2683 ). 


399. Fol. xcix. Autre rondel. 

Tout prestement qu'en la ville seray 
Et je verrai Olive la plus belle 

édition : 

Schwob, Parnasse , p. 219 . 


400. Fol. xcix. H Autre rondel. 

A la mort suis pour vous, ma chere dame, 
Gueres n’aura mon doloureux corps d’ame... 


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MANUSCRIT : 

Berlin, ms. Rohan, fol. 77 v°. 

édition : 

Lœpelmann, Handschrift Rohan, art. 116. 

Cet éditeur n’a pas remarqué le nom donné en acrostiche : Agnès de Suauld, à qui le 
rondeau était destiné. Le ms. Rohan contient une autre pièce adressée à la même dame, 
probablement par le même auteur : 

A vous belle très débonnaire, 

Gente, belle, doy bien complaire, 

Nuit et jour aussi vous servir. 

Et qui ne peust a ce venir 
Se doibt mectrc a part et retraire. 

Dieu prist plaisir a vous parfaire 
En forme d’ung ange pourtraire 
Sur le vif sans point y faillir 
A vous belle. 

Vous plus louer n’est necessaire, 

A l’ueil se voit, si m'en vueil taire. 

Vers vous suis venu requérir 
Le bien pour le mal acquérir. 

Dix fois le jour dis, sans tort faire, 

A vous belle. 

Lœpelmann, Handschrilt Rohan . art. 256, se trouve aussi dans les 
mss. franç. 1717, fol. 97 v° et 1722, fol. 38 v° de la Bibl. nat., dans la 
Chasse et départ d'Amours, fol. zi et dans Bancel, Ceni quarante cinq 
rondeaux d'amours, p. 58. 


401. Fol. xcix. CL Autre rondel. 

Quant il vous plaira 
Mon cucur garira... 

manuscrit : 

Berlin, ms. Rohan, fol. 80 v°. 

édition : 

Lœpelmann, Handschrilt Rohan , art. 127. 


402. Fol. xcix. CE Balade. 

Vous qui parlez d'amours en general 
D'armes, d'oiseaulx, de chien et de faucon... 

Refrain : 

Amours sont telles, point n'en fault enquérir. 
Aux amans font passer val et montaigne. 


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— 204 — 


403. Fol. xcix v°. Balade . 

Las pourquoy virent mes yeulx, 

Dame, vostre plaisant beaulté... 

Refrain : 

Le premier jour que je vous vy. 

Cette pièce est de Jean de Garencières et figure déjà dans le Jardin de Plaisance sous 
le n° 76 . Le début de cette ballade rappelle les vers de Guillaume de Machaut : 

Helas ! pourquoy virent onques mi oueil 
Biauté, pour moy décevoir et tralr... 

Ed. Chichmaref, t. I, p. 69 . 


404. Fol. xcix v°. C Dictii. 

Ung frisque mignon experlucat 
Délibéré en chascuns lieux.. 


405. Fol. c. C Autre rondel. 

Vous sembl[e] il pour advancer 
Et prononcer... 

406. Fol. c. C Autre rondel. 

Sans trop déclarer le cas 
Sur ce pas... 


407. Fol. c. C Autre rondel. 

Comme oyseau qui va voletant 
D'arbre en arbre sans cesse... 


408. Fol. c. <[ S'ensuit ung devinait. 

Enfans, enfans, veez cy vos peres 
Et noz peres et noz maris... 


409. Fol. c. C Autre devinait. 

Ung enfant est nez qui encores vit, 
Son pere est mort et en terre mis... 


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— 205 — 

410. Fol. c. <E Contemplation d'ung amant a sa dame 

En contemplant de la plus belle dame 
Qui soit de cy a La Rochelle... 

Cette pièce est formée de huit huitains et d’un sixain. A la deuxième strophe on lit en 
acrostiche le nom de la dame : Alison. 


411. Fol. c v°. C Rondel. 

A brief parler, je suis ravy, 

Je ne fus oncq en tel soussy... 


412. Fol. c v°. € Balade d'amours . 

Amours, amours, tresprecieusc pierre, 

Vous avez fait des choses souveraines... 

Refrain : 

Amours a mis mains vaillans cueurs en serre. 


413. Fol. cj. C Dictié. 

Maintien (lisez : Maintenant) je vueil commencer 
A dire los de la plus belle... 

Nous lisons en acrostiche : Madamoyselle de Selignat. Il faut modifier le sixième vers : 

Ordonnée est bien en ses fais. 

Cette dame fut avec Jeanne Filleul (voir art. 212 ) dame d’honneur de Marguerite 
d'Écosse. Voir Du Fresne de Beaucourt, Histoire de Charles VII, t. IV, p. 90 . 


414. Fol. cj. C Autre dictié. 

Jeune, gente et tresbelle dame, 

Humble maintien, joyeux et asscuré(e)... 

En acrostiche on lit : Jehane de Lus. Voir le rondeau suivant. 


415. Fol. cj. C Autre rondel. 

Jehanne de Lux, ma tresbelle maistresse, 
Je me suis mis en hardiesse... 


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— 20Ô — 


416. Fol. cj v°. Ç Autre rondel. 

L'amoureux povre guerdonné, 

Que penses tu, combien as tu gaigné... 


417. Fol. cj v°. C[ Autre rondel. 

Prenez en gré pour ceste foiz, 
Ma dame, se je me feigny... 


418. Fol. cj v°. C Rond[eau ] chapellet. 

Ainsi qu'a l'œil vous povez veoir 
Qu'a soy l'ambre la paille tire... 


419. Fol. cj v°. Balade d'ung Escossois. 

Adieu ma pere, ma créateur gardi 

Le bon roy de Frans de mond le plus hardi... 

Refrain : 

Lais faire ly, toumy vous en Tourain. 

La pièce est censée écrite par un des Écossais de la garde de Charles VIII. L'armée 
est sur le point de partir pour l'Italie, mais le parti des pacifistes intrigue auprès 
du roi pour rendre l’entreprise impossible. L’Écossais exprime sa confiance dans les géné¬ 
raux chargés du commandement : le duc d’Orléans, le grand écuyer, Pierre d’Urfé, et le 
maréchal d’Esquerdes. Celui-ci mourut le 22 avril 1494 , la pièce est donc antérieure à 
cette date. 

Cette ballade, où l'auteur imite la façon de parler des Écossais, a été écrite en même 
temps que la pièce n° 21 , dialogue entre deux soldats qui vont partir pour Naples et dont 
l’un n’a guère envie de sortir du royaume. Sur la façon de parler des Anglais et des Écos¬ 
sais, voir E. Droz, Les fortunes et adversitez de Jean Regnier , p. 232 . 


420. Fol. cj v°. Demandes joyeuses . 

Deux hommes ayment une femme et elle ne veult que nul homme l'ayme, 
et elle mande tous deux, ilz viennent... 

Ces demandes et réponses d’amour étaient un jeu de société fort répandu et goûté 
au moyen-âge. Elles ont été étudiées par A. Klein, Die altfranzôsischen Minncfragen , 
Marburg, 1911 . Cet auteur a publié un certain nombre de versions en prose et en vers, mais 
n’a pas connu les Demandes joyeuses du Jardin de Plaisance . 


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— 207 — 


421 . Fol. dj v°. CE S'ensuit ung dictié adressant aux bourgoises de Lyon. 


Salut a vous, dames de Lyonnois, 

Plaisans minois, visages angéliques... 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1721, fol. 48 : Faict par Me Guillaume 
Crétin, trésorier du Bois de Vincennes. 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 12490, fol. 78 v°. 

Bruxelles, Bibl. royale, 21552-21569. 

éditions : 


La rescription des femmes de Paris aux femmes de Lyon. S. 1 . n. d. 
(Paris, vers 1512), in-4, 4 ffnc., car. goth., 30 lignes sans signât. 
Bibliothèque de Lyon 767. 

Une poésie satyrique du XVI e siècle... avec un commentaire et des 
notes, par J. de Lubac, Lyon, 1864, extrait de la Revue du Lyon¬ 
nais, t. XXVIII (1864), p. 558 et t. XXIX (1864), p. 81. 

L’épitaphe de Triboulet... et autres poésies inédites du XV e et XVI e 
siècle, recueillies et mises en ordre par A. Joly, Lyon, 1867, p. 74-77. 

La querelle des dames de Paris, de Rouen, de Milan et de Lyon..., 
par E. Picot, Paris, 1917. Mémoires de la Société de l’histoire de 
Paris et de l’Ile-de-France, t. XLIV (1917), pp. 107-162. et à part, 
in-8°, 60 pp. 


M. de Lubac croyait ce poème de 1525 environ, tandis qu’É. Picot le datait 
des premières années du xvi e siècle. Figurant dans le Jardin de Plaisance, il ne 
peut, par conséquent, être postérieur à 1501. 

Quatre petits poèmes, au moins, naquirent de la rivalité existant entre les 
dames de Paris et celles de Lyon, à cause du séjour que le roi et la cour, se ren¬ 
dant en Italie, firent dans cette dernière ville. Louis XII entra dans Lyon le 
10 juillet 1499 et cet événement fut célébré par de grandes fêtes. Les dames de 
Paris, par la voix de leur « secrétaire », M e Guillaume Crétin, chantre de la Sainte 
Chapelle et trésorier de la Chapelle du bois de Vincennes, adressèrent à leurs rivales 
une épître où elles leur reprochaient leurs coquetteries et leurs ruses. Après avoir 
énuméré les artifices de toilette de ces dames, l’homme d’église terminait en rap¬ 
pelant que la mort les saisira toutes. 

Les dames de Lyon répondirent 1 , et reprenant tous les points énumérés dans 
l’épître précédente, elles prétendirent à leur tour « réformer » les dames de Paris 2 , 
leur reprochant leur vénalité, leur orgueil, leur saleté et leur fausseté. Une 


1. Picot, ouv . cil ., p. 38. 

2. Ib. t p. 48. 


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— 208 — 


deuxième réplique 1 des Parisiennes, due certainement à la plume de Crétin, leur 
« secrétaire », chercha à réfuter des accusations parfois assez grossières. 

Dans le Jardin de Plaisance , la première pièce de ce débat est seule reproduite. 
Comme presque tous les poèmes de cette anthologie elle est anonyme, mais l'at¬ 
tribution du manuscrit parisien est confirmée par un passage d’une lettre de Crétin 
à une de ses amies lyonnaises, dans laquelle il avoue avoir « blasmé le nom de Lyon- 
noises » 2 . Ce n’était pas la première fois que ce poète prenait la plume en faveur 
des dames de Paris ; il avait adressé auparavant au roi Charles VIII une Epilre 
dans laquelle les dames reprochaient à leur souverain d’habiter Amboise et de 
délaisser la capitale 3 . 

Il serait intéressant de savoir qui défendit les Lyonnaises contre leurs rivales 
de Paris. Quatre des dernières pièces du Jardin de Plaisance semblent fournir une 
réponse à cette question 4 . 


422 . Fol. ciij. CL Autre balade. 

Le dieu d’Amours fait du lys escusson, 

Plus n’est parlé du heaulme de bataille... 

L’auteur, dans cette ballade sans refrain qui, à première lecture, paraît incom¬ 
préhensible, cherche à dépeindre le temps présent où tout va à l’envers. Les premiers 
vers semblent viser le duc d'Orléans (les lambeaux), on l’accuse d’oublier les entreprises 
guerrières et de danser sur l’air de : L’amy Baudichon, ma dame ... Nous croyons que le poète 
anonyme fait allusion à la vie mondaine et élégante de Louis, frère de Charles VI, qui 
fut assassiné en 1407 ; la ballade serait donc antérieure à cette date. Ce que nous savons 
de la vie de ce prince permet de dire que « le dieu d'Amours fit du lys escusson ». (Voir 
Christine de Pisan, Dit de la Rose t éd. M. Roy, t. II, p. 30). 


423 . Fol. ciij. CE Badale (lisez : Balade) morale. 

Qui ses besongnes veult bien faire 
Selon le temps qui ores court... 

Refrain : 

Monseigneur dit bien, il a droit. 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1717, fol. 63. 

— Bibl. nat., fonds franç. 2201, fol. 92. 

— Bibl. nat., nouv. acq. franç. 6221, fol. 10 v°. 


1. Picot, ouv. cit., p. 57. 

2. Poésies de Guillaume Crétin, Paris, 1723, p. 242. 

3. Th., p. 175-179. 

4. Voir art. 663, 664, 665 et 666. 


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— 209 — 

Paris, Bibl. Jacquemart-André 686. 

— Bibliothèque de M me la comtesse do Béhaguc. (Voir Réper¬ 
toire méthodique de la librairie Damasccnc Morgand , n° 2832). 
Berne, 205, fragment. 

Cambridge, Trinitv Coll., R. 3.120. 

Stockholm, LUI, fol. 7 v°. 

édition : 

Œuvres d'Eustache Deschamps, cd. G. Raynaud, t. X, p. xxi. 

Clément Marot composa sur cet incipit, un rondeau paru pour la première fois dans 
Y Adolescence Clémentine éditée chez Juste, à Lyon, le 21 février 1534. 


424 . Fol. ciij. C Balade pour ung prisonnier. 

S'en mes maulx me peusse esjouyr 
Tant que tristesse me feust joye... 

Refrain : 

Une fois avant que mourir. 
éditions : 

Œuvres de Villon , éd. Lacroix, p. 229. 

Œuvres de Villon, éd. Jannet, p. 140. 

P. Champion, Le prisonnier desconforté, p. 79 (la troisième strophe 
seulement). 

425 . Fol. ciij v°. <£ Balade morale. 

D’une dague forte et agüe 
Soit il frappé parmy l’eschine... 

Refrain : 

Qui autruy blasme sans raison. 

MANUSCRITS I 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1719, fol. 175. 

— Bibl. nat., fonds franç. 2206, fol. 182 v°. 

— Arsenal 3059, fol. 124. 

Berlin, ms. Rohan, fol. 31 v«. 

éditions : 

S’ensuyt le predespoyr de l'amant avec le hazard d’Amour... Voir 
Cat. Rothschild , t. I, p. 392. 

Œuvres de Villon , éd. Lacroix, p. 232. 

Œuvres de Villon , éd. Jannet, p. 143. 

Campaux, Villon, p. 358. 

Loepelmann, Handschritt Rohan, art. 19. 

PLAISANCE 14 


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— 210 — 


426 . Fol. ciij v°. <£ Balade joyeuse. 

Ung asne vy l’autre jour complaignant 
Chargé de bois sur le pont de Fleurence... 

Refrain : 

Sans grant travail honneur n’est pas acquis. 


427 . Fol. ciiij. <[ Autre balade. 

Las ! que je seuffre grief torment, 
Las ! que je vis en grant douleur... 

Refrain : 

Se n’alegez ma maladie. 


428 . Fol. ciiij. <£ Autre balade. 

Ma dame, pour vous dire vérité, 

Je m’esbahiz moult de vostre maniéré... 

Refrain : 

Autant ou plus le bran que la farine. 

édition : 

Schwob, Parnasse , p. 220. 


429 . Fol. ciiij. C Balade de mariage. 

J’ay demouré entre les Sarrazins 
Es esclaves ou pays de Surie... 

Refrain : 

Gard soy chascun qu'il n’y soit attrappé. 
manuscrits: 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 840, fol. 256. 

Épinal, 189, fol. 84. 

Stockholm, LIII, fol. 5 v°. 

éditions : 

Crapelet, Eustache Deschamps , p. 100. 

Queux de Saint-Hilaire, Œuvres d'Eustache Deschamps, t. V, p. 217. 
Bijvanck, Spécimen d'un essai critique sur les Œuvres de Fr. Villon , 
P- 49 - 


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430 . Fol. ciiij v°. Autre balade. 


— 211 


Chascun se loue de mariage, 

Mais je ne m’en sçaroye loer... 

Refrain : 

Au feu dessoubz la chemince. 
éditions : 

Esperit troublé, fol. Hviij v°. 

Schwob, Parnasse, p. 222. 

431 . Fol. ciiij v°. Autre balade. 

Servir vous veuil bonnement sans faulx tour, 
Ma doulce amour, ou j'ay mis ma plaisance... 

Refrain : 

A vous servir de cueur et de pensee. 

432 . Fol. cv. 41 Balade pour ung prisonnier. 

Helas ma tresbelle maistresse 
Et vous mes bons loyaulx amys... 

Refrain : 

En espérance d’avoir mieulx. 

édition : 

P. Champion, Le prisonnier desconlorti, p. 79. 

433 . Fol. cv. 4 £ Autre balade. 

Amours a qui je suis tout sien 
Me fait si doulcement escrire... 

Refrain : 

Le jour que vous verra mon œil. 

434 . Fol. cv. Autre balade. 

Gente de corps, miroir qui mon cueur art. 
Bouche iyant, yeulx vers et nez traictiz... 

Refrain : 

Se vostre amour ne m’est brief accordée. 


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— 212 


Les chansons commençant par ces mots sont nombreuses. M. E. Langlois en a cité 
quelques-unes dans son Recueil d'arts de seconde rhétorique , p. 231, n. 3. La ballade du 
Jardin de Plaisance semble n’être qu’un développement de la 47 e chanson du manuscrit 
de Bayeux publié par M. T. Gérold : 

Gente de corps, belle aux beaulx yeulx. 

Bouche riant, plaisant et belle... 


436 . Fol. cv v°. Autre balade. 

Je ris souvent en grant destresse, 

Je faiz semblant d’estre joyeux... 

Refrain : 

La douleur qui tant m'est contraire. 


436 . Fol. cv v°. Balade pour ung prisonnier. 

Je desire souvent la mort 
Combien qu'el soit fiere et hideuse... 

Refrain : 

Mauldiz ma vie malheuree. 


437 . Fol. cv v°. QBalade d’un g amoureux a sa dame. 

Adieu mon cueur, le maistre cueur d’amours, 
Adieu ma joye et trestout mon plaisir... 

Refrain : 

Le povre amant de dueil ensevely. 


édition : 

Œuvres de Villon , éd. Lacroix, p. 239. 
Campaux, Villon , p. 353. 


438 . Fol. cvj. C_ Response de la dame a Vamoureux . 

Amis loiaulx, des beaulx le mirouer, 

En vous mon cueur tresamoureusement... 

Refrain : 

Faictes de moy comme ung vray amoureux. 


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— 213 — 


439 . Fol. cvj. Ç Balade pour un g prisonnier. 

Du trésor d'amours chastelaine 

Espérance de tout mon bien... 

Refrain : 

Se de vous ne suis alegé. 

Dans les deux premières strophes on lit en acrostiche : De Beauvais ; or nous savons que 
c'était là le nom d'une des prisons du Châtelet. Voir P. Champion, François Villon , t. I, 
p. 266. Dans la troisième, on lit De Meau , mais les vers ont été modifiés. On devait, comme 
dans les strophes précédentes, lire De Beauvais. 


440 . Fol. cvj. <£ Autre balade pour ung prisonnier. 

Rire ne puis pour esbat que je voye, 

Je n'ay plaisir a rien qu’on me présente... 

Refrain : 

De mes pechez humble pardon me face. 

édition : 

P. Champion, Le prisonnier desconforté , p. 80. 

441 . Fol. cvj. v°. 4 £ Balade pour ung autre prisonnier. 

Doulce chose est de loyaulment aymer, 

Car de tous biens amours est fondement... 

Refrain : 

Car a cela nous incite nature. 


442 . Fol. cvj v°. Encores balade pour ung prisonnier. 

Puis qu'en douleur me fault user ma vie 
Sans joye avoir, soûlas n'esbatement... 

Refrain : 

Endurer fault humaine créature. 


443 . Fol. evij. Encores de ce. 

Cuer désolé, banni de tout soûlas. 

Ne pense plus qu’a la fin seulement... 

Refrain : 

En ce monde n’a que dueil et misere. 


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— 214 — 


ÉDITION : 

P. Champion, Le prisonnier desconforté, p. 80-81. 


444 . Fol cvij. Balade . 

Or nous commence a venir le printemps 
Que tous amans se doivent resjouir... 

Refrain : 

En grant déduit et en doulce plaisance. 


445 . Fol. cvij v°. 4 L Autre balade. 

Du tout me metz en vostre obeyssance. 
Commandez moy tout ce qu'il vous plaira... 

Refrain : 

Je meurs de soif auprès de la fontaine. 
MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1719, fol. 143. 
Londres, Westminter abbey, fol. 27 v°. 

édition : 

Esperit troublé , art. 18. 

Voir art. 475. 


446 . Fol. cvij v°. 4 L Autre balade. 

Je vous choisy noble loyale amour, 

Je vous choisy souveraine plaisance... 

Refrain : 

Que jamais autre que vous ne choisiray. 
manuscrit : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 2201, fol. 83 v°. 

édition : 

Piaget, Oton de Granson et ses poésies , dans la Remania, t. XIX 
(1890), p. 422. 

Ballade dite de saint Valentin d’Oton de Granson. L'envoi n’est pas de Granson. 


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— 215 — 


447 . Fol. cvij v°. Autre balade. 

Mon seul amy tresbicn aymc 
Ou je prens mon plus de plaisance... 

Refrain : 

Et vous serés bien mon amy. 


448 . Fol. cvij v°. <[ Autre balade. 

Que dictes vous de mon appel, 

Garnier ? fis je sens ou folie ? 

Refrain : 

Estoit il lors temps de [me] taire ? 

édition : 

L. Thuasne, François Villon , t. I, p. 292. 

Cette ballade est de Villon, de même que les n 08 449 à 456. 

449 . Fol. cviij. Q Autre balade. 

Frères humains qui apres nous vivez 
N’ayez les cueurs contre nous endurcis... 

Refrain : 

Mais priez Dieu que tous nous vucille absouldre. 

édition : 

L. Thuasne, François Villon , t. I, p. 290. 


460 . Fol. cviij. Ç Autre balade. 

Qu’est ce j'oy ? — Ce suis je. — Qui ? — Ton cueur 
Qui ne tient mais qu’a ung petit filet... 

Refrain : 

Plus ne t’en dis et je m’en passeray. 

édition : 

L. Thuasne, François Villon , t. I, p. 285. 


461 . Fol. cviij v°. C Autre balade. 

Tous mes cinq sens, yeulx, oreilles et bouche. 
Le nez et vous le sensitif aussi... 


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— 2IÔ — 


Refrain : 

Mere des bons et seur des benoistz anges. 

édition : 

L. Thuasne, François Villon, t. I, p. 293. 

452 . Fol. cviij v°. Autre balade. 

Tant grate cliievre que mal gist, 

Tant va le pot a l’eaue qu'il brise... 

Refrain : 

Tant crie l'on Noël qu'il vient. 

édition : 

L. Thuasne, François Villon , t. I, p. 268. 

453 . Fol. cix. H Rondel. 

Jenin l'anemy 
Va t'en aux estuves... 


édition. 

I.. Thuasne, François Villon, t. I, p. 274. 

Ce rondel est généralement attribué à Villon, à tort probablement. 

454 . Fol. cix. C Balade. 

En reagal, en arcenic rocher, 

En orpiment, en salpestre et cliaulx vive... 

Refrain : 

Soient frites ces langues envyeuses. 

édition : 

L. Thuasne, François Villon, t. I, p. 239. 

Cette pièce forme les vers 1422-1456 du Testament de Villon. 


455 . Fol. cix. Autre balade . 

Se j'ayme et sers la belle de bon hait 
M’en devez vous tenir ne vil ne sot... 


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— 217 — 


Refrain : 

En ce bordel ou tenons nostre estât 

édition : 

L. Thuasne, François Villon , t. I, p. 246. 
Ballade de la Grosse Margot, vers 1591-1627, du Testament. 


466 . Fol. cix v°. Ç Autre balade . 

Je congnois bien mouschcs en laict, 

Je congnois a la robe l'homme... 

Refrain : 

Je congnois tout fors que moy mesmes. 

édition : 

L. Thuasne, François Villon , t. I, p. 270. 


467 . Fol. cix v°. Autre balade . 

On parle de champs labourer, 

De porter chaume contre vent... 

Refrain : 

Povres housseurs ont assez paine. 
manuscrit : 

Poitiers, 215, fol. 22, qui ne contient que la première strophe avec 
le refrain suivant : 

Ung amoureux a plus grant peyne. 

éditions : 

Œuvres de Villon , éd. Jannet, p. 119. 

Œuvres de Villon , éd. Lacroix, p. 208. 


468 . Fol. cix v°. Autre balade. 

Hellas ! mes yeulx, mon cueur avez trahy 
A Dieu m’en plains, vecy raison pourquoy... 

Refrain : 

Humble mercy descendant de pitié. 


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— 2l8 — 


459 . Fol. ex. <£ Autre balade. 

I-c monde va en amendant, 

Chascun entant a Dieu servir... 

Refrain : 

Ainsi que l'escrevice va. 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 2206, fol. 103. 

Berlin, ms. Rohan, fol. 31. 

Berne, 205, fol. 206. 

Cambridge, Trinity Coll., R. 3. 20. 

éditions : 

Esperü troublé , art. 20. 

Loepelmann, Handschrift Rohan, art. 18. 

Le Doctrinal de seconde rhétorique de Baudet Herenc contient une ballade assez sem¬ 
blable. Voir E. Langlois, Recueil d'arts de seconde rhétorique, p. 182. 


460 . Fol. ex. Ç Autre balade. 

Il n est danger que de vilain, 

N orgueil que de povre enrichi... 

Refrain : 

Ne chere que d’homme joyeulx. 


manuscrits : 


Paris. Bibl. nat., fonds franç. 1130, fol. 151 v°. 

Bibl. nat., fonds franç. 1881, fol. 218. 

Bibl. nat., fonds franç. 2206, fol. 106 v°. 

Arsenal 3059, fol. 22. 

— Bibliothèque de M me la comtesse de Béhague, p. 45 (Voir 
art. 423). 

Berlin, ms. Rohan, fol. 41. 

Besançon, 554, fol. 107. 

Bruxelles, Bibl. roy. 11023, fol. 54. 

Lyon 1235, fol. 170 v°. 

Londres, Mus. brit., Lansd. 380, fol. 220. 

— Mus. brit., Harl. 4397, fol. 82. 

— Mus. brit., Harl. 4473, fol. 40. 

Oxford, Bodl., canonici 213, fol. 108. 

Oxford, Clark. XXXIV, fol. 113. 

Stockholm, LUI, fol. 3. 

Vienne (Autriche), 3391, fol. 481. 

Wolfenbuttel, 84. 7. Aug. 


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— 219 — 


La première strophe est copiée sur un feuillet de garde. VoirCastan, Cat. des Incunables 
de Besançon , p. 73. 

Les trois premiers vers se trouvent à la suite du Psalterium Beata Marier dans le ms. 571 
de la Bibl. de Metz. 

éditions : 

Esprit troublé , art. 14. 

La Dance aux aveugles , Lille, 1748, p. 273. 

Œuvres de Villon, éd. Lacroix, p. 231. 

Œuvres de Villon, éd. Jannet, p. 142. 

Campaux, Villon , p. 357. 

Lyon-Revue, 1886, p. 307. 

Lœpelmann, Handschrift Rohan, art. 35. 

P. Meyer, éd. du Curial anglais de Furnivall, p. 18, avec la traduc¬ 
tion anglaise de la ballade par Caxton, p. 19. 

Cette ballade d’Alain Chartier a été parodiée par Villon : 

Il n'est soing que quant on a fain 
Ne service que d'ennemy... 

Refrain : 

Ne bien conseillé qu’amoureux. 

Le ms. franç. 24442 de la Bibl. nat. nous fournit une autre composition analogue : 

Il n'est aise qu'avoir argent 
Ne menger que bonnes viandes... 

édition : 

Schwob, Parnasse, p. 177. 

Le premier vers : « Il n'est danger que de villain » a été reproduit par Molinet à la fin 
de la troisième strophe des Aages du Monde, édit. 1531, fol 25, et à la fin de la sixième 
strophe de la Complainte de renommee pour le trespas du duc Philippe de Bourgoigne, id., 
fol. 53 v°. 


461 . Fol. ex. Autre balade. 

Las ! je me plains d’amours et de ma dame 
Et de mes yeulx dont j’ay veu sa beaulté... 

Refrain : 

Je hez ma dame que tant aymer souloye. 

édition : 

Œuvres de Villon, éd. Jannet, p. 138. 


462 . Fol. ex v°. <£ Autre ballade pour ung prisonnier. 

Hellas ! je suis au pays de servage 
Ou je me voy en grant subjection... 


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— 220 


Refrain : 

Que male mort si les puist accueillir. 


463 . Fol. ex v°. Autre balade . 

Je hez ma vie et desire ma mort 

Et mauldis l’heure qu'oneques fus amoureux... 

Refrain : 

Quant est a moy je ne vueil plus aymer. 
manuscrit : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 19139, p. 465. 

édition : 

Piaget, Jean de Garenciêres, dans la Romania, XXII (1893), p. 461. 

Ballade de Jean de Garenciêres à laquelle Bucy répondit par les vers suivants : 

J’ayme ma vie sans desirer ma mort 
Et l’eure aussi que je suis amoureux... 

Refrain : 

Car quant a moy je vueil tousjours amer. (Ibid., p. 462). 

Dans une autre de ses ballades, Garenciêres reprend ce vers et en fait son refrain : 

Helas a qui diray je ma tristesse 
Ne la douleur que mon cueur portera... 

Refrain : 

Je hez ma vie et desire ma mort. (Ibid., p. 438). 


464 . Fol. ex v°. Rondel. 

D n'est trésor que de lyesse 
Chascun se vueille resjoyr... 

C’est probablement la chanson qui se trouve dans le Paragon des chansons, huitiesme 
livre, Jacques Moderne, 1541, fol. 22, dans le Neu/viesme livre contenant XXVIII chansons, 
Attaignant et H. Jullet, fol. n, et dans Musica und Tabidatur de Hans Gerle, 1546. 


465 . Fol. ex v°. Autre rondel. 

Pour nous maintenir en santé 
Soyons joyeux et beuvons bien... 


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— 221 


466 . Fol. cxj. C_ Balade. 

L’autrier nous fusmcs de compagnons plusieurs 
Oui entrep[ris]mcs le chemin d’oultremer... 

Refrain : 

Car maint amant y ont perdu leur dame. 


manuscrit : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 19139, p. 425. 

Ballade de Jean de Garencières. Cf. Piaget, Jean de Garencières, dans la Romania, 
XXII (1893), p. 454. 


467 . Fol. cxj. CE Rondel. 

Par longtemps ay nagé en l’onde 
En la cruelle mer parfonde... 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franc. 9223, fol. 16 v°. 

Berlin, ms Rohan, fol. 70. 

ÉDITIONS : 

Raynaud, Rondeaux et autres poésies du XV e siècle, p. 25. 
Lœpelmann, Handschrift Rohan, art. 81. 


468 . Fol. cxj. CE Balade. 

Pluye d’avril et rousee de may, 

Prez verdoyans et gracieux bocage... 

Refrain : 

Son doulx servant et son amy me clame. 


469 . Fol. cxj. CE Autre balade. 


S’il n'est d’argent ou de joyaulx gamy 
Celluy est fol qui cuyde avoir amye... 


Refrain : 

Ja povre homs ne sera bien aymé. 


manuscrit : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1x30, fol. 150 v°. 


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— 222 — 


470. Fol. cxj v°. C Autre balade . 

J’ay longuement Amours servy 
Pour cuider leur bien acquester... 

Refrain : 

Estre homme d’armes ou amoureux. 
manuscrit : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 19139, p. 467. 

édition : 

Piaget, Jean de Garencières , dans la Rotnania, XXII (1893), p. 468. 
Cette ballade est de Jean de Garencières. 

471. Fol. cxj v°. <£ Autre balade. 

Pour tout plaisir ay je dueil angoisseux, 

Pour tout soûlas rage desmesuree... 

Refrain : 

Me fault souffrir perpétuellement. 

Autre refrain : 

Et si ne puis ne guérir ne mourir. 

472. Fol. exij. H Autre balade. 

Adieu ma dame souveraine, 

Adieu belle et bonne sans per... 

Refrain : 

Souviengne vous de vostre amy. 

473. Fol. xcij. 41 Autre balade. 

Adieu vous dy, ma tresbelle maistresse, 

Adieu vous dy, mon souverain plaisir... 

Refrain : 

Adieu vous dy, celle ou j’ay ma fiance. 

474. Fol. xcij. 4E Autre balade. 

Doulce benigne pour plaisance mondaine 
A gouverner ung franc cueur amoureux... 

Refrain : 

Je prie amours que le puissiez servir. 


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— 223 — 


475 . Fol. cxij v°. C Autre balade. 

Ma doulce dame en qui j’ay ma fiance, 
Commandez moy tout ce qu’il vous plaira... 

Refrain : 

Je meurs de soif auprès de la fontaine. 

C’est la même ballade que le n° 445. 


476 . Fol. cxij v°. H Autre balade. 

Aucunes gens se vont esmerveillant 
Comment celle que tant aymer souloie... 

Refrain : 

Je n'en dy plus, du remenant me tais. 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1130, fol. 152. 
Clermont-Ferrand, 249, fol. 85. 

éditions : 

Raynaud, Œuvres d’Eustache Deschamps , t. X, p. lxxiv. 
Schwob, Parnasse , p. 226. 


477 . Fol. cxij v°. Ç; Autre balade. 

Je suis baigné du vent d’adversité 
Jusqu’en la mer de tribulation... 

Refrain : 

Je ne sçay plus a quel saint m’avouer. 


478 . Fol. exiij. Ç Balade responsive. 

D'ou venez vous ? — D'ou, voire ? De la court. 

Et que fait on ? — Riens qui vaille. — Comment ?... 

Refrain : 

Qui, voise ? — Qui ? — Les trois estas de France. 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1707, fol. 62. 

Berlin, ms. Rohan, fol. 27 v°. 


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— 224 — 


ÉDITIONS : 

Guillaume Coquillarl , éd. Tarbc, t. II. p. 236. 
Campaux, Villon, p. 361. 

Le Roux de Lincy, Chansons historiques, t. I, p. 351. 
Jacques Du Clcrcq, Mémoires, éd. Buchon, p. -i 00 . 
Lcepclmann, Handschrift Rohan, art. n. 

479 . Fol. cxiij. C Autre balade. 

Toy qui veulx d’amer 
Faire l’entreprise... 

Refrain : 

Abas la, fou la. 


MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1719, foL 178. 

— Bibl. nat., fonds franç. 2375, fol. 131 v°. 

édition : 

Schwob, Parnasse, p. 125. 

Cf. Pour abatre une gouge fine... 

Refrain : 

Sans mot dire, abas la, fous la. Stockholm LUI, fol. 20. 


480 . Fol. cxiij. C Autre balade. 

Plus n’ay le vit tel que souloye 
Je ne sçay s'il est vif ou mort... 

Refrain : 

S’il ne me servist de pisser. 
manuscrit : 

Stockholm LIII, fol. 19. 

Cf. Plus n’ay tel chouart que souloye... 

Refrain : 

S’il ne me servist a pisser. 

Besançon, 556, fol. 59 v<>. 

Ed. Montaiglon, Recueil, t. V, p. 117. 


481 . Fol. cxiij v°. Autre balade. 

Une haguenee atout le doré frain 
Sur le pavé tracassant sechement... 

Refrain : 

Ainsi que dient ceulx qui l’ont chevauchée. 


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— 225 — 


MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 3939, fol. 29 v°. 

Soissons, 201 (189 A), fol. 46. 

— 202 (189 B), fol. 41. 

Stockholm, LUI, fol. 17 v°. 

éditions : 

La Fontaine des amoureux de science ... Paris, s. d., fol. Ev. Voir Cat . 

Rothschild , n° 2578, t. III, p. 380. 

Montaiglon, Recueil de poésies françoiscs, t. VIII, p. 335. 

Schwob, Parnasse , p. 198. 


482 . Fol. cxiij v°. C_ Rondel. 

En prison, au[x] champs, dehors l’uys, 
Me mist ma dame cropir la... 


483 . Fol. cxiij v°. H Autre rondel. 

En désirant ce que ne puis avoir, 

En congnoissant ce que ne quiers sçavoir... 

MANUSCRITS : 

Florence, Riccardiana 2794, fol. 3 v°. 

Lille, 402, art. 556. 

Soissons, 203 (189 C), fol. 48. 

éditions : 

Fleur de toutes joycusetez , fol. Eiij v°. 

Cent quarante et citiq rondeaux d'amours , art. 134. 

Le quatriesme livre des chansons , T. Susato, 1544, fol. 14. 


484 . Fol. cxiiij. C_ Autre rondel. 

t 

Se vous n avez autre vouloir 
D'alegcr mon povre martire... 

manuscrit : 

Berlin, ms. Rohan, fol. 121 v°. 

édition : 

Lœpelmann, Handschri/t Ro!uin t art. 30S, où le rondeau se trouve 
en entier. 


485 . Fol. cxiiij. C Autre rondel. 

Pourroit on jamais choisir mieulx 

Que j'ay fait, donc (je) me tiens heureux... 

PLAISANCE 15 


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— 226 — 


MANUSCRIT : 

Berlin, ms. Rohan, fol. 84. 

édition : 

Lœpelmann, Handschrijt Rohan , art. 143. 


486 . Fol. cxiiij. C Autre rondel. 

S en vous ne tient ma souvenance 
De vous servir j’ay esperance... 


487 . Fol. cxiiij. C Autre rondel. 

Tant que loyalle me serez 

Et moy a vous n’en faictcz doubtc... 

édition : 

Fleur de toutes joycuselez , fol. Gij. 

Dans la Chasse et départ d'Amours on trouve un rondeau semblable : 

Tant que serez loyalle et bonne 
A moy et bien vous marnerez... fol. Yj. 


488 . Fol. cxiiij. <[ Autre rondel. 

Avant la main fournir pecune 
Ce n’est pas pour gens advanccr... 

manuscrit : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 12578, fol. 1 v°. 


489 . Fol. cxiiij. H Autre rondel. 

Les desloyaulx ont la saison 
Et des bons nully ne tient compte... 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1719, fol. 61 v° et fol. 132. 

— Chansonnier de Laborde, fol. 101 v°. 

Berlin, ms. Rohan, fol. 79. 

Dijon, 517, fol. 9 v°. 

édition : 

Lœpelmann, Handschrift Rohan , art. 121. 

Le ms. de Laborde contient une réplique de ce rondeau (fol. 76 v°) : Les desloyalles ont 
le temps... 


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— 227 — 


490 . Fol. cxiiij v°. Q Autre rondel. 

A mon gré j'ayme la plus belle 
Qui oncques fut ne qui jamais sera... 

manuscrit : 

Soissons, 203 (189 C), fol. 34 v°. 

ÉDITION : 

Fleur de toutes joyeusetez, fol. Dvj. 

491 . Fol. cxiiij v°. C Autre rondel. 

En attendant de vous [dame] secours 
Je me suis mis en si grant pensement... 

Un rondeau publié par Schwob, Parnasse ; p. 107, commence par ce même vers. 


492 . Fol. cxiiij v°. C Autre rondel. 

En despit de vous, Malle bouche, 
Puis que Franchise l'a permis... 


manuscrit : 

Paris, Bibl. nat., fonds français 1722, fol. 20. 

L'allusion à Maistre Mouche se trouve textuellement dans le Monologue des Perruques 
(Œuvres de Coquillart , éd. Héricault, t. II, p. 290). 


493 . Fol. cxiiij v°. <[ Autre rondel. 

Se vous pensés que je vous ame 

Celluy que sçavez vous au port (lis. : emport)... 

manuscrit : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 9223, fol. 10 v°. 

édition : 

Raynaud, Rondeaux et autres poésies du XV e siècle , p. 12. 
Ce rondeau est de Pierre Chastellain dit Vaillant. 


494 . Fol. cxiiij v°. C Autre rondel. 

Jamais ne seray amoureux. 

Aux dames j'en fais la responce... 


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— 228 — 


MANUSCRITS : 

Paris, Chansonnier de Laborde, fol. 64 v°. 

— Bibl. nat., fonds irançais 1722, fol. 19 v°. 
Berlin, ms. Rohan, fol. 159. 

Dijon, 517, fol. 100 v°. 

VV'OLFENBUTTEL, fol. 12 V°. 

édition : 

Lœpelmann, Handschri/l Ruban , art. 466. 


495 . Fol. cxiiij v°. C Autre rondel. 

Jour et nuyt mon las cueur souspire 
Car ma douleur croist et empire.. 


496 . Fol. cxv. C Autre rondel . 

Fors seulement l’attente que je meure 
A mon las cueur nul espoir ne demeure... 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1597, fol. 37 v° et 61. 

— Bibl. nat., fonds franç. 1719, fol. 34. 

— Bibl. nat., fonds franç. 1722, fol. 72 v°. 

— Bibl. nat., nouv. acq. franç. 1817, fol. 20. 

— Chansonnier de Laborde, fol. 95 v°. 

— Bibl. du Conservatoire, Tablature de Kleber, fol. 32 v°. 
Augsbourg, Stadtbibliothek, 2 0 cod. mus. 142 a, fol. 40. 
Bale, Bibl. univ. F. X. 1, 2, 3, 4, art. 118. 

Berlin, ms. Rohan, fol. 69. 

Bologne, Liceo musicale, cod. Rusconi (3 versions). 
Bruxelles, Bibl. royale 228, fol. 16. 

Cambrai, 124, fol. 144. 

Dijon, 517, fol. 25 v°. 

Florence, Bibl. naz., centr. XIX. 167, fol. 79 et 80. 

Florence, Ist. mus., Bascvi 2439, fol. 17-23 v° (7 versions). , , 
Londres, Mus. brit., Lansd. 380, fol. 251. 

Londres, Mus. brit., add. 35087, fol. 80 v°. 

Ratisbonne, fonds Proske, p. 320-337 (6 versions). 
Saint-Gall, 461, fol. 2 v°et 18 v° (8 vcisions). 

— 463, art. 193 et 194. 

— 464, fol. 9 et 9 v°. 

Tournai, art. 8. 

Vienne (Autriche), Bibl. nat. 18746 (6 versions). 
W'OLFENBUTTEL, fol. 44 V°. 

éditions : 

Recueil de chansons , Bibl. nat.. Réserve Vm 7 504, art. 31 et 51. 
Chansons à troys (1520), Bibl. nat.. Réserve Vm 7 669, art. 19. 
Canti B t Pétrucci, art. 31. 

Canli C, Pétrucci, art 5, 6, 24 et 52. 


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. — 229 — 

In disent Buechlyn... Arnt von Aich, fol. 74 .(Voir Eitner, Liv. cit ., 
P- 14 ) 

Ténor trium vocnm car mina... Formschneider, 1538, art. 31. 

Dix neuf chansons... Attaignant, art. 10. 

Chansons réduites ^en tablature de luth... Pierre de Phalerys, 1546, 
livre deuxième, art. 6. 

Ambros-Kade, Auserwaehlte Tonwerke..., p. 29 et xix. 

Grœber, Zu den Liederbuechern von Cortona , art. 22. 

Lœpelmann, Handschri/t Rohan , art. 77. 

Cette chanson eut un succès énorme et fut mise en musique par Ockeghem, Brumel, 
Pipelare, Obrecht, Agricola, Laval, Verbonet, Lcriche et de Sylva. 

Michel Brenet en donne une bibliographie assez incomplète dans son article sur Jean 
de Ockeghem , p. 72. Elle ne semble pas avoir remarqué que les paroles du supérius des mss. 
franç. 2245 et 1596 de la Bibl. nat. ne sont pas celles de notre chanson. 

Dans les dernières années du xv e siècle déjà, la chanson fut refaite et imitée : 

Fors seulement la mort sans autre attente 
De réconfort sous douloureuse tente... 


MANUSCRIT : 

Saint-Gall 463, art. 46. 

éditions : 

Chansons a troys (1520), Bibl. nat., Réserve Vm 7 669, art. 6. 

Premier livre de cluinsons a trois parties , Leroy et Ballard, Paris. 
1578, p. 14. 


497 . Fol. cvx. Autre rondel. 

Oncques homme femme ne vit 
Sur sa teste porter cornette... 

manuscrit : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 12578, feuillet de garde. 
Ce soi-disant rondel n’est qu’un ditié de quatre vers. 


498 . Fol. cxv. [Dictié]. 

Qui veult orlogc maintenir, 
Jeune femme a gré servir... 


499 . Fol. cxv. C Autre rondel. 

Merciez Dieu aussi Fortune 
Qui vous a ainsi fortuné... 

manuscrit : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 2230, fol. 248 v°. 


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— 230 — 


ÉDITION I 

Winkler, Vaillant, p. 41. 

Ce rondel est de Pierre Chastellain dit Vaillant. 

500 . Fol. cxv. Autre rondel. 

Sur toutes suis infortunée 
Car jamais ne pour chose nee... 

501 . Fol. cxv. <£ Autre rondel. 

Ce (lisez : Sot) œil, trop estes volontaire, 

Ne croyez plus ce fol désir... 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1719, fol. 52. 

— Bibl. nat., fonds franç. 9223, fol. 9. 

Berlin, ms. Rohan, fol. 187. 

éditions : 

Raynaud, Rondeaux et autres poésies du XV e siècle, p. 8. 
Loepelmann, Handschri/t Rohan, art. 58S. 

Ce rondeau est de Pierre Chastellain dit Vaillant. 


502 . Fol. cxv v°. C [Autre rondel]. 

De la blasmer j'auroye grant tort 
Plus tost desireroyc la mort... 


503 . Fol. cxv v°. C_ Autre rondel. 

Au plus offrant ma dame est mise 
Et [au] dernier enchérisseur... 

manuscrit : 

Bruxelles, Bibl. royale 10572. 

éditions : 

Fleur de toutes joycusclez , fol. Gj v°. 

Œuvres de Villon, éd. Lacroix, p. 228. 

Œuvres de Villon, éd. Jannet, p. 139. 

Campaux, Villon, p. 349. 

Gachet, Albums et oeuvres poétiques de Marguerite d'Autriche, p. 56. 


504 . Fol. cxv v°. C! Autre rondel. 

L'exillé de toute esperance, 
Banny de mondaine plaisance... 


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— 231 — 


505 . Fol. cxv v°. <£ Autre rondcl. 

Sot œil, raporteur de nouvelles, 
Tu voys et si ne sçay pourquoy... 


éditions : 

Chasse et départ d'Amours, fol. Oj v°. 

Raynaud, Rondeaux et autres poésies du XV e siccle, p. 9. 
Montaiglon, Recueil de poésies françaises, t. V, p. 262. 
Lœpelmann, HandschrUt Rohan, art. 658. 

Poésies de Charles d'Orléans, édit. P. Champion, t. II, p. 318. 

Ce rondeau est de Charles d’Orléans. 


506 . Fol. cxv v°. C Autre rondcl. 

Et bien, bien, il m'en souviendra, 

Par dieu, dame, le temps qui vient... 


édition : 

Trente et cinq chansons musicales , Attaignant, art. 32. 


507 . Fol. cxv v°. Autre rondel . 

Puis que plus ne suis aymé de M 
Et que M ne tient de moy compte... 

manuscrit : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1719, fol. 115. 

édition : 

Bancel, Cent quarante cinq rondeaux d'amours..., p. 81. 

Ce rondeau est une réplique de celui de Blosseville : 

Celle pour qui je porte l’M 
Je vous asseure que je l’ame... 


manuscrits : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1719, fol. 51 v° et 139. 

— Bibl. nat., fonds franç. 9223, fol. 43. 

Berlin, ms. Rohan, fol. 198. 

éditions : 

Raynaud, Rondeaux et autres poésies..., p. 72. 
Lœpelmann, Handschrift Rohan, art. 633. 


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508 . Fol. cxvj. H Autre rondel. 


Tant sont les yeulx de mon cueur endormis 

En non chaloir qu’avoir (lisez : qu'ouvrir) ne les pourroye... 


éditions : 

Chasse et départ d'Amours, fol. Nij v°. 

Poésies de Charles d'Orléans , edit. P. Champion, t. II, p. 305. 

Ce rondel est de M e Jean Caillau. 


509 . Fol. cxvj. Autre rondel. 

Doubtant reffuz qui par trop fait a craindre, 

Il me convient tout a part moy complaindrc... 

manuscrits : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1719, fol. 22. 

Dresde, ms. Jean de Saxe, art. 94. 

Lille, 402, art. 94. 

éditions : 

Bancel, Cent quarante cinq rondeaux d'amours, art. 8. . 
Rondeaux en nombre troys cens cinquante , fol. L. 


510 . Fol. cxvj. Autre rondel. 

Assouvy suis, mais, sans cesser, désire, 

Je me souhetz et ne me peut suffire... 

manuscrit : 

Berlin, ms. Rohan, fol. 127. 

éditions : 

Trente et quatre chansons musicales , Attaignant, art. 18. 

Lœpelmann, Handschri/t Rohan , art. 331. 

Ce rondeau est cité par Gratien Du Pont dans son A rt et science de rhétorique, fol. xxxvm. 


511 . Fol. cxvj. <£ Autre rondel. 

Amours, c’est le cry de la nuyt. 

Et fault que celluy qui conduyt... 

manuscrit : 

Berlin, ms. Rohan, fol. 189 v°. 

édition : 

Lœpelmann, Handschrift Rohan, art. 599. 


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— 233 — 


512 . Fol. cxvj. H Autre rondel. 

Il reviendra in patria 

Nostre prélat, s'il vous plaist, sire... 


513 . Fol. cxvj v°. Autre rondel. 

Il est venu impropria 
Le prélat qu'avons demande... 

manuscrit : 

Paris, Bibl. nat., fends franç. 1722, fol. 79 v°. 

Ces deux pièces ont trait au séjour que le cardinal d’Angers, Jean Balue, fit en Italie 
pendant les années 1482-3, années qui suivirent son emprisonnement pour trahison. Grâce 
à l'intervention de la cour de Rome et de Julien de la Rovere, il put quitter la France et 
se rendre en Italie où il passa deux ans, jouant un rôle tout à fait effacé et « agissant simple¬ 
ment comme ecclésiastique ». 

Après la mort de Louis XI, il rentra en France comme légat du pape et il fut reçu à 
Paris, en août 1484, avec tous les honneurs dus à son rang. Voir H. Forgeot, Jean Balue, 
1895 (Bibliothèque de l'École des Hautes Études, fasc. 106). 

M. Déprez a publié sept pièces satyriques relatives au cardinal d’Angers. Voir La 
trahison du cardinal Balue dans Mélanges d'archéologie et d’histoire , École française de 
Rome, t. XIX (1899), p. 259. 

Il n’est peut-être pas inutile de signaler ici deux rondeaux du manuscrit Rohan (éd. 
Lœpelmann, art. 444 et 445). Dans le premier, l'auteur fait allusion à une aventure arrivée 
au cardinal au cours d'une expédition amoureuse, où il aurait eu une ou deux dents cassées. 
Il ne semble pas que ce soit l'histoire rapportée par l’auteur de la Chronique scandaleuse, 
(éd. B. de Mandrot, t. I, p. 112-3). Le second rondeau raconte les amours de Jeanne du 
Bois, « femme d’un notaire du Chastelet dudit lieu de Paris, qui se party et absenta hors de 
la maison de sondit mary et s’en ala où bon luy sembla et depuis par longtemps fut perdue » 
(ouv. cit. t t. I, p. 33). C'est la liaison avec cette dame qui valut à Balue d'être attaqué et 
battu la nuit par des inconnus : « on disait officieusement que le sire de Villers-Bocage, 
jaloux d’avoir Balue comme compétiteur dans les amours d’une certaine Jeanne du Buis, 
n'avait rien trouvé de mieux que de soudoyer quelques ribauds pour faire donner à l'évêque 
une rossée en conséquence ». Voir Déprez, ouv . cit. t p. 280. 


514 . Fol. cxvj v°. {[ Autre rondel. 

Tant ay d'ennuy et tant de desconfort, 

Tant est mon dueil aigre, poignant et fort... 

manuscrit : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1597, fol. 28 v°. 

édition : 

Neuviesme livre de chansons a quatre parties , Paris, 1569, Le Roy, 
fol. 9. 


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— 234 — 


515 . Fol. cxvj v°. CI Autre rondel. 

A tous ceulx (lisez : toutes deux) et chascune a par soy, 

J'en ayme l'une et l’autre sur ma foy... 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1719, fol. 1 v°. 

— Bibl. nat., nouv. acq. franç. 477, fol. 75 v°. 

— Bibl. J. de Rothschild 2964, fol. 25. 

Dresde, ms. Jean de Saxe, art. 23. 

Lille, 402, art. 23. 

éditions : 

Chasse et départ d’Amours, fol. xiiij v°. 

Fleur de toutes joyeusetez, fol. Hj de l'éd. 

Bancel, Cent quarante cinq rondeaux d'amours , p. 100. 

P. Champion, Pièces joyeuses , dans la Revue de philologie française , 
1907, p. 171. 

510 . Fol. cxvj v°. C Autre rondel . 

Excepté vous, chef d’œuvre de nature, 

Servir ne veulx, car le mal que j'endure... 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1722, fol. 62 v°. 

Dresde, ms. Jean de Saxe, art 398. 

Lille, 402, art. 398. 

édition : 

Bancel, Cent quarante cinq rondeaux d'amours , art. 15. 


517 . Fol. cxvj v°. C Autr[e] rondel 

Infortuné suis (lisez : sans) espoir d'avoir mieulx 
En languissant de ma vie ennuyeux... 

Le nom de l'auteur est donné en acrostiche : Jehan Lalemant . Le douzième vers manque. 
Voir 526 et 555. Peut-être ce poète peut-il être identifié avec Jean Lalemant l’aîné, tré¬ 
sorier de l'extraordinaire des guerres, receveur général de Normandie. Voir Cat. des actes 
de François I er , t. X, p. 199. 


518 . Fol. cxvij. CI Autre rondel. 

Tous regretz fors q’un je les passe 
Mais a bien peu que ne trespasse... 


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— 235 — 


619. Fol. cxvij. C Autre rondel. 

Pour parvenir a ce que [je] pretendz 
Tout au travers d'umain désir m'estens... 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1722,10I. 69. 
Cambrai, 124, art, 134. 


620. Fol. cxvij. C Autre rondel . 

Esse bien fait, dictes moy, belle amye. 

D'avoir voulu mettre en tel desconfort... 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1722, fol. 22. 

— Chansonnier de Laborde, fol. 45 v°. 

WOLFENBUTTEL, fol. 8 V°. 

ÉDITIONS : 

Chasse et départ d‘Amours, fol. yj. 

Trente et quatre chansons, Attaignant, fol. 13. 

Bancel, Cent quarante cinq rondeaux d'amours , art. 124. 

Cf. Est ce fait de leale amie : Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1719, 
fol. 38 v°. 

édition : 

Chasse et départ d'Amours, fol. yiij. 


521. Fol. cxvij. C Autre rondel . 

Mon souvenir me fait mourir 
Pour les regretz que fait mon cueur... 

manuscrits : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1597, fol. 26 v°. ; 

— Bibl. nat., fonds franç. 2245, fol. 1 v°. 

— Chansonnier de Laborde, fol. 106 v°. 

Bologne, Liceo musicale, cod. 148, art. 26. 

Bologne, Liceo musicale, cod. Rusconi (deux versions). 
Florence, Bibl. naz., centr. XIX, 178, art. 16. 
Florence, Riccardiana 2794, fol. 75 v°. 

Londres, Mus. brit., Roy. 20. A. XVI, art. 22. 
Londres, Mus. brit., add. 35087, fol. 28 v°. 

Rome, Cappella Giulia, fol. 45 v<>. 

éditions : 

Odhecaton , Pétrucci, art. 90. 

Tabl. de luth, Pétrucci, 1507, libro 1 °. fol. 35 v°. 


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— 236 — 


522 . Fol. cxvij. <£ Autre rondel. 

Loing de plaisir et prés de desplaisance 
Doresnavant feray ma demourancc... 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1722, fol. 44. 

— Bibl. nat., nouv. acq. franç. 477, fol. 43. 

Dresde, ms. Jean de Saxe, art. 513. 

Lille, 402, art. 513. 

édition : 

Bancel, Cent quarante cinq rondeaux d’amours , art. 127. 


523 . Fol. cxvij v°. C! Autre rondel. 

Pour vous guérir entièrement 
L'aspreur de voz mains et jarsure... 

manuscrit : 

Berlin, ms. Rohan, fol. 74 v°. 

éditions : 

Loepelmann, Handschri/t Rohan, art. 102. 
Schwob, Parnasse , p. 228. 


524 . Fol. cxvij v°. C Autre rondel. 

En travail suis sans espoir de confort, 

Presque transsy et vaulx a demy mort... 

525 . Fol. cxvij v°. Autre rondel. 

Moy qui faiz chançons et rondeaulx, 

Midy est et n'ay desjeuné... 

manuscrit : 

Berlin, ms. Rohan, fol. 186. 

éditions : 

Vergier d'honneur , fol. Diij. 

Schwob, Parnasse, p. 229. 

Lcepelmann, Handschri/t Rohan, art. 583. 

526 . Fol. cxvij v°. <£ Autre rondel. 

Je l'aymeray puis que je l'ay entrepris [lisez : empris) 
En elle sont tous ensemble compris... 

Rondeau avec acrostiche de Jehan Lalcmant. Voir n 08 517 et 555. 


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— 237 — 


527 . Fol. cxvij v°. Ç Autre rondel. 

Noir et tanné sont mes couleurs, 

De gris ne vueil [je] plus porter... 

manuscrit : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1722, fol. 73. 
Rabelais cite cette chanson au chap. 33 de son Cinquième livre. 


528 . Fol. cxvij v°. Autre rondel. 

Tel est le temps, il s en fault contenter 
En esperance q'un autre reviendra... 

éditions : 

L’unziesme livre contenant vingt et neuf chansons, Susato, Anvers, 1549. 
Fleur de toutes joyeusetez, Paris, 1538, Antoine Bonnemere pour Vin¬ 
cent Sertenas, fol. Lviij. Cette édition ne donne qu’un huitain 
formé des vers 1-4, 8-10 de notre rondeau. 

529 . Fol. cxviij. Autre rondel. 

Une fois [nous] fault tous mourir. 

Riens n'y vault grâces requérir... 

530 . Fol. cxviij. Autre rondel. 

De vous servir de corps et dame 
Sans avoir gaiges ne bienffais... 

Les chansons qui commencent par ces mots ne donnent jamais le premier vers entier. 


531 . Fol. cxviij. Autre rondel. 

Trop en [y] a qui deux en ame, 

Enviz se travaille et pourmaine... 
manuscrit : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1722, fol. 83. 


532 . Fol. cxviij. Autre rondel. 

Se vous sçaviez la douleur de mon cucur, 
Le bon désir, la grant affection... 


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— 238 — 


533 . Fol. cxviij. f£ Autre(r) rondel. 

De reffus plaine est une que tant j’ayme 
Et n'est possible combien que corps et ame... 


534 . Fol. cxviij v°. C Autre(r) rondel. 


De m'esjouyr et faire bonne chiere 
Comme les autres, par foy, je n'ay garde... 


535 . Fol. cxviij v°. tj; Autre rondel. 

Tous ceulx qui m'ont donné le bont 
Je vous fois assavoir qu'ilz m'ont... 


586 . Fol. cxviij v°. Autre rondel. 

Escu d'ennuy semé de plours, 

Bordé de sable et de foiblesse... 

manuscrit : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1719, fol. 92. 


537 . Fol. cxviij v°. H Autre ro?idel. 

Cuydant estre aymé de la belle 
Qui n'a fors que elle est mortelle... 

manuscrit : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1719, fol. 21 v°. 

édition : 

Bancel, Cent quarante cinq rondeaux d'amours , art. 104. 


538 . Fol. cxviij v°. Autre rondel. 

Gisant envers sur une couche 

Sans avoir (lisez : ouvrir) les yeulx ne la bouche... 

manuscrits : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1722, fol. 23 v°. 
Berlin, ms. Rohan, fol. 132 v°. 

édition : 

Lœpelmann, Handschrift Rohan , art. 351. 


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— 239 — 


539 . Fol. cxix. Ç Autre rondel . 

Vous me tenez par voz faulx yeulx, 

Je pers le sens et n’ay repos... 

540 . Fol. cxix. H Autre rondel. 

Puis que ainsi l’avez voulu 
Et que seul m’avez retenu... 

manuscrit : 

Berlin, ms. Rohan, fol. 159. 

édition : 

Lœpelmann, Handschrilt Rohan, art. 467. 


541 . Fol. cxix. Autre rondel. 

Quelque maniéré que je face, 

Quant est a moy je ne pourchasse... 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1722, fol. 8. 

— Bibl. nat., fonds franç. 9223, fol. 16. 

Berlin, ms. Rohan, fol. 199 v°. 

éditions : 

Fleur de toutes joyeusetez , fol. Fiv. v°. 

Raynaud, Rondeaux et autres poésies du XV e siècle, p. 24. 
Lœpelmann, Handschri/t Rohan , art. 641. 

La version du Jardin de Plaisance est incomplète, celle du ms. Rohan a 15 vers et celle 
publiée par Raynaud, 21. L’auteur du rondeau est Fredet. 


542 . Fol. xcix. C Autre rondel. 

Puis qu'il fault que je le vous die 
D’amours ne viennent pas mes plains... 
manuscrit : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1722, fol. 19 v°. 

éditions : 

Fleur de toutes joyeusetez, fol. Fiij v°. 
Campaux, Villon, p. 355. 


543 . Fol. cxix. Ç Autre rondel. 

Comme les loups d'icy en la 
User vueil du mes de nature... 


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— 240 — 


544 . Fol. cxix. Autre rottdel. 

Si vous m’aimez aucunement 
Et de le faire ayez talent... 

éditions : 

Trente et trois chansons nouvelles , Attaignant, 1529, fol. 9 v°. 

Fleur de toutes joyeusetez , Paris, 1538, Antoine Bonnemere pour Vin¬ 
cent Sertenas, fol. Lv v°. 

Bancel, Cent quarante cinq rondeaux d’amours , art. 27. 


545 . Fol. cxix v°. Autre rondel. 

Tout droit, de coste, en l’envers, 

Et en tous sens vostre me clame... 

manuscrit : 

Berlin, ms. Rohan, fol. 70. 

édition : 

Lœpclmann, Handschri/t Rohan, art. 85. 


546 . Fol. cxix v°. Autre rondel. 

A quoy tient il le cueur me voile, 

Par Dieu, ma dame, quant je vous voy... 

MANUSCRITS : 

Berlin, ms. Rohan, fol. 170. 

Copenhague, fonds Thott 416, plat inférieur. 
Londres, Mus. brit., Lansd. 380, fol. 251 v°. 


éditions : 

Abrahams, Description des manuscrits franç. de Copenluigue , p. 126. 
Lœpclmann, Handschri/t Rohan , art. 515. 


547 . Fol. cxix v°. <£ Autre rondel. 

Au besoing est l'amy congneu 
Qui trompe trompeur on le tient... 

Ce rondeau est peut-être inspiré de celui de Charles d'Orléans : 

Au besoing congnoist on l’amy 
Qui loyaulment aider désire... 


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— 241 — 


ÉDITIONS : 

Chasse et départ d'amours , fol. Eij v°. 

Poésies de Charles d'Orléans , éd. P. Champion, t. II, p. 4. 


B 48 . Fol. cxix v°. 4L Autre rondel. 

Mais que ce fust secrètement 
En aucun lieu ou je diroye... 

manuscrit : 

Londres, Mus. brit. Add. 35087, fol. 29 v°. 


549 . Fol. cxix v°. 4L Autre rondel. 

(De) quelque bon petit mut pour rire 
Ma dame se dictes ouy... 


550 . Fol. cxix v°. 4 L Autre rondel. 

Espérance m est venu vcoir 
Disant que face bonne chieru... 


551 . Fol. cxx. 4 L Autre rondel. 

J’en ay dueil qui trop me tormente 
Pour les regretz dont fort lamente... 

Les chansons qui commencent par ces mots sont nombreuses, mais le texte est toujours 
différent de celui donné par le Jardin de Plaisance : 

Je n’ay dueil qui de vous ne viengne 
Mais quelque mal que je soustiengne... 

qui fut mis en musique par Agricola. Une autre chanson : 

J’en ay dueil que je ne suis morte 
Ne dois je pas vouloir mourir... 

se retrouve dans plusieurs chansonniers. Le rondel du Jardin en était une imitation et les 
premiers mots rappelaient une mélodie très connue sur laquelle probablement il se 
chantait. 


552 . Fol. cxx. C Autre rondel. 

C’est grant maleur et fortune mauldicte. 

Grief desespoir et rigueur interdite... 

PLAISANCE l6 


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— 242 — 


553 . Fol. cxx. C Autre rondel. 

Je t'en prie, Tacinet, 

Vien a moy quant je t'acine.. 

édition : 

E. Langlois, Recueil d'arts de seconde réthorxque, p. 198, n. 2. 


554 . Fol. cxx. C Autre rondel . 

Ja deray mort en prison trop obscure 
Amour m'a mis par son dard et pointure... 

Rondel de Jaques de Bigue dont le nom se lit en acrostiche. Il est également l'auteur 
du rondeau 556. Ce poète nous est un peu connu par les lettres que Crétin, son ami, lui adressa 
de Lyon (Les poésies de Guillaume Crétin , éd. Coustelier, 1723, p. 204 et 207) : dans 
la Complainte sur la mort de /eu Guillaume de Bissipat (Ibid., p. 69) Crétin dit : 

Secourez moy Biguë et Villebresme, 

Jehan de Paris, Marot et de la Vigne... 

Ce passage situe Jaques de Bigue parmi les rhétoriqueurs du début du XVI e siècle. Il com¬ 
posa une relation des obsèques de Pierre de Bourbon (Bibl. nat., fonds franç. 5872, publ. 
par La Mure, Hist. des ducs de Bourbon, t. III, p. 221-9) et une Epitaphe d'Anne de Bre¬ 
tagne : 

La terre, monde et ciel ont divisé madame 
Anne qui fut des roys Charles et Loys femme. 

La terre a pris le corps qui gist soubz ceste lame 
Pardurable a jamais sans estre blasmé dame. 

Et le ciel, pour sa part, a voulu prendre l'ame. 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1721, fol. 35 v°. 

— Bibl. nat., nouv. acq. franç. 477, fol. 88. 

Il remplit sous Charles VIII, Louis XII et François I er les fonctions de valet de cham¬ 
bre et mourut probablement vers 1516 (voir Bibl. nat., fonds franç. 7856, page 937, et Guy, 
l'Ecole des rhétoriqueurs, p. 206). 


555 . Fol. cxx. C Autre rondel. 

Jamais femme ne choisis t mieulx 
Et en despit des envieux... 

Rondel avec acrostiche Jehan Lalemant. Voir n 08 517 et 52b. 

556 . Fol. cxx v°. C Autre rondel. 

Je le sçay bien que vous estes la dame 
A qui est deu loz, bruyt, honneur et famé... 

Rondel dont les derniers vers manquent, mais qui doit être de Jaques de Bigue comme 
le n° 554. En acrostiche : Jaques de. 


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— 243 — 


557. Fol. cxx v°. H Autre rondel. 

C'est [a] mon gré que m’a point la plus belle. 
Elle vault bien qu'on luy baille honneur... 


558. Fol. cxx v°. C Autre rondel 

Si dolent je me trouve a part 
De laisser tout mon bien a part... 

éditions : 

Chasse et départ d'Amours, fol. Miij. 

Poésies de Charles d’Orléans, éd. P. Champion, t. II, p. 299. 
Ce rondeau est de René d'Anjou. 


559. Dol. cxx v°. <£ Autre rondel. 

Quant je fuz prins au pavillon 
De ma dame tresgente et belle... 


éditions : 

Chasse et départ d’Amours, fol. Nij. 

Vergier d'honneur, fol. zvj. 

Lœpelmann, Handschrift Rohan, art. 567. 

Poésies de Charles d'Orléans, édit. P. Champion, t. II, p. 303 ; aux 
manuscrits énumérés par ce dernier éditeur il faut ajouter le ms. Rohan, fol. 182 v°. 

Rondeau de Charles d’Orléans. 


560. Fol. cxx v°. C Autre rondel. 

Ceste fillette a qui le tetin point 
Qui est si gente et a les yeulx si vers... 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1721, fol. 26. 

Copenhague, fonds Thott 416, plat inférieur. 

Soissons, 203 (189 C), fol. 94 v°. 

éditions : 

Fleur de toutes joyeusetez, fol. Fvj. 

Parangon des chansons, sixiesme livre, Lyon, J. Moderne, 1540. 
Abrahams, Description des manuscrits français de Copenhague, p. 126. 
Schwob, Parnasse, p. 168. 

Rondel de Molinet. 


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— 2 44 — 


561 . Fol. cxx v°. C Autre rondcl. 

Toutes les nuitz que sans vous je me couche 
Pensant a vous ne faiz que sommeiller... 

MANUSCRITS : 

Bologne, Liceo musicale, ms. sans cote. 

Soissons, 203 (189 C), fol. 33. 

Vienne (en Autriche), Bibl. nat. 18810, fol. 53 v°. 

éditions : 

Fleur de toutes joyeusetez, fol. Dvj. 

Chansons réduites en tablature de luth... Pierre de Phalcys, 1546, 
livre deuxième, art. 26. 

Liber tnusicus duarum vocum..., P. Phalese, 1571, fol. 22. 

Premier recueil des recueils... Leroy et Ballard, 1573, p. 12. 

Le ms. de Bologne contient une réponse à cette chanson : 

Qu'est il besoing chercher toute la nuit... 


562 . Fol. exxj. C Autre rondel. 

Voz yeulx, voz maniérés, voz pas 
Monstrent bien que ne voulez pas... 
manuscrit : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1722, fol. 26. 


563 . Fol. exxj. Ç Autre rondel. 

Celle (lisez : Ccste) belle petite bouche 
Que tant a baisier je desire... 

manuscrit : 

Londres, Mus. brit., app. roy. 26-30, art. 3. 

éditions : 

Fleur de toutes joyeusetez , fol. Evij. 

Tiers livre... 1554, Louvain, P. Phalese. 

Premier livre du recueil des fleurs... 1560, P. Phalese. 

La fleur des chansons a trois parties... 1574, Louvain, P. Phalese et 
J. Bcllcrc. 


564 . Fol. exxj. Ç Autre rondel. 

A quoy tient il ? dont vient cela 
Que je suis tant amoureux d'elle... 

éditions : 

Trente et deux chansons musicales, Attaingnant, art. 15. 

Le livre qui guarisl de tous maulx et de plusieurs aidtres avec plusieurs 


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— 245 — 


rondeau!x et balades , imprime nouvellement a Paris, fol. Aiiij 
(Versailles, fonds Goujet 164, in-8). 

De nombreuses chansons commencent par ces quatre mêmes mots : 

A quoi tient il le cucur me vole... 

Jardin de Plaisance , art. 546. 

A quoi tient il que je n'ay vostre grâce... 

Vergier d'honneur , fol. vv v°. 

A quoi tient il que je ne vois souvent... 

Vergier d’honneur , fol. Fiv v°. 


665 . Fol. exxj. CI Autre rondel. 

Je feroye voulentiers cela 
Mais que mon amy le me fist... 

éditions : 

Le livre qui guarist de tous maulx et de plusieurs aulires avec plusieurs 
rondeaulx et balades , imprimé nouvellement a Paris, fol. Aiiij v° 
(Versailles, fonds Goujet 164, in-8). 

Schwob, Parnasse , p. 56, cf. p. 246. 


666 . Fol. exxi. CI Autre rondel. 

Rendez moy le cueur qui fut mien 
Ou le traictiez plus doulcement... 

567 . Fol. exxj. CI Autre rondel. 

Ung plaisir est bien cher vendu, 

Plus voys avant mieulx le congnois... 

568 . Fol. exxj v°. CE Autre rondel. 

Se L M n'esse pas bien raison 

Qu’on l’ayme ? que voulez vous dire... 

569 . Fol. exxj v°. CI Autre rondel. 

A deux belles mon cueur je donne 
En facent ce qu'il leur plaira... 

570 . Fol. exxj v°. CI Autre rondel. 

Qu'en dictes vous ? ferez [vous] rien 
De ce dont tant vous ay requise... 


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— 246 — 


MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1722, fol. 40 v°. 

Berlin, ms. Rohan, fol. 68. 

éditions : 

Bancel, Cent quarante cinq rondeaux d'amours , art. 29. 
Lœpclmann, Handschrilt Rohan, art. 74. 

671 . Fol. cxxj v° C Autre rondel. 

Elle m'ayme, je le sçay bien, 

Et je l'ayme car je suis sien... 

manuscrit : 

Soissons, 203 (189 C), fol. 33 v°. 

édition : 

Fleur de toutes joyeusetez , fol. Dvj v°. 


672 . Fol. cxxj v°. C Autre rondel. 

Si je suis gueres en ce villaige 
Qui est appelle Saint Florent... 


673 . Fol. cxxij. Autre rondel . 

Incessamment mon povre cueur lamente, 

Sans nul repos souvenir me tormente... 

manuscrits : 

Bruxelles, Bibl. royale 10572. 

Saint-Gall, 463, art. 197. 

Vienne, Bibl. nat. 18746. 

éditions : 

Le Paragon des chansons ... 1538, fol. 26 (Voir Eitner, liv. cit., p. 45). 

Trente sixiesme livre contenant XXX chansons ..., Attaingnant, 
14 mars 1549, fol- x 4- 

Livre des meslanges ... Leroy et Ballard, Paris, 1560, fol. 28. 

Mellange de chansons... Leroy et Ballard, Paris, 1572, fol. 52. 

Gâchet, Albums et oeuvres poétiques de Marguerite d'Autriche (1849), 
P- 25. 

A. Smijers, Œuvres de Josquin des Prés , troisième livraison, art. 6. 

Ce rondeau fut fait pour Isa beau Faucon dont le nom se lit en acrostiche. Il est 
placé en tête du Livre du faulcon des dames , poème allégorique écrit vers la fin du 
xv® siècle, réimprimé par Montaiglon et Rothschild dans le XII e tome du Recueil 
d'anciennes poésies françoises , p. 264. Le nom de la dame se lit encore à la page 273. Ce 
rondeau est reproduit en fac-similé dans Y Histoire de l'imprimerie de Claudin, t. II, p. 496. 

Dans le ms. 4 de Cambrai on trouve une messe désignée par ce seul mot : Incessamment. 


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— 247 — 


574 . Fol. cxxij. <[ Autre rondel. 

En may que les champs sont tous vers 
Et de verte couleur cou vers... 

Rondel qui, comme le précédent, provient du Livre du taulcon des dames , Montai- 
glon, Recueil, t. XII, p. 267. 


575 . Fol. cxxij. <£ Autre rondel. 

C'est grant fait que de jalousie 
Entre deux loyaulx amoureux... 

Rondel tiré du Livre du faulcon des dames, Montaiglon, Recueil , t. XII, p. 284. 


676 . Fol. cxxij. C Autre rondel. 

Cueur ennuyeux, envieux, 

Quant il veult a autruy nuyre... 

Tiré du Livre du taulcon des dames , Montaiglon, Recueil , t. XII, p. 286. 
édition : 

Trente chansons musicales , Attaignant, fol. 13. 


577 . Fol. cxxij. C Autre rondel. 

Ne pensez plus au plaisir de mes yeulx, 

Mais regrettez no[stre] foie accointance... 

Tiré du Livre du taulcon des dames , Montaiglon, Recueil , t. XII, p. 292. 

578 . Fol. cxxij. Autre rondel. 

Prenez en gré ce présent 
Petit que je vous envoyé... 

édition : 

Lunettes des princes , Paris, Treppcrel, 1499, fol. Pj. 
Ce rondel est de Meschinot. 


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— 248 — 


579 . Fol. cxxij v°. <£ Autre rondel. 

Entre vous tous [très] parfais amoureux, 

Levez les yeulx, prenez a cecy garde... 

Ce soi-disant rondel est un huitain rimant ababbaba. 

580 . Fol. cxxij v°. Autre rondel. 

Au gré d'amours se veult brancher, 

Porter gectz et du mectz trancher... 

manuscrit : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1719, fol. 1. 

581 . Fol. cxxij v°. <[ Autre rondel. 

M'aymerez vous bien 
Dictes par vostre ame... 

manuscrit : 

Tours 905, fol. 71. 

éditions : 

Lunettes des princes , Paris, Treppcrcl, 1499, fol. Oiij v<>. 
Poésies de Charles d’Orléans , édit. P. Champion, t. II, p. 533. 

Ce rondel est de Meschinot. 

582 . Fol. cxxij v°. Ç Autre rondel. 

Donnez moy encores cela 
Si [vous] voulez que je plus celle... 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1719, fol. 70. 

Tours 905, fol. 79. 

éditions : 

Lunettes des princes, Paris, Treppcrcl, 1499, fol. Piij v°. 
Schwob, Parnasse, p. 68. 

Ce rondel est de Meschinot. 

583 . Fol. cxxij v°. <£ Autre rondel. 

Déporté toy, beau sire, car je jure 
Que point ne suis a ce habandonnée... 


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— 249 — 


584. Fol. cxxij v°. Autre rondel. 

Vivent les gorgias de court 
Qui au col portent les coliers... 

édition : 

Schwob, Parnasse, p. 230 . 


685. Fol. cxxiij. <£ Autre rondel. 

Pour passer temps ung jour vouloye 
Nager en l’isle de Venus... 

édition : 

Schwob, Parnasse, p. 231 . 

586. Fol. cxxiij. C Autre rondel. 

Ung jour, a part, m’avanture 
De prier damoiselle d’amours... 

Le premier vers devrait rimer en ance. 

687. Fol. cxxiij. C Autre rondel. 

Ma dame regardez en pitié 
Celluy qui jamais santé... 

588. Fol. cxxiij. Balade. 

Belle en qui [est] toute joye et doulccur 
Et beaulté plus qu’en nulle créature... 

Refrain : 

Si vous supplye que de moy vous souviengne. 


689. Fol. cxxiij v°. <£ Autre balade. 

Cueur amoureux de noble dame espris, 
Belle et bonne, tant qu’a ce doit suffire... 

Refrain : 

En vray espoir d’acroistre vostre honneur. 


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— 250 — 


590. Fol. cxxiij v°. <£ Autre balade. 

Tresvoulentiers de cueur te salueroye 
Ainsi que j'ay de toy la souvenance... 

Refrain : 

Car au vray dire je t'ayme mieulx que moy. 

591. Fol. cxxiij v°. C Autre balade. 

Jamais ne fut si tresnavré ne poinct 
De vostre amour, car partout contrepoinct... 

Refrain : 

Belle, ne me refusez point. 

Cette pièce n'est une ballade que par le titre, elle n'a que deux strophes d’inégale 
longueur qui n'ont pas les mêmes rimes. 

592. Fol. cxxiij v°. Rondel. 

C’est par vous que tant fort souspire 
Tousjours m'empire... 

Rondel de Meschinot. Voir art. 260 . 

593. Fol. cxxiiij. Autre rondel. 

Ceulx qui deussent par[ler] sont mutz. 

Les loyaulx sont pour sotz tenuz... 

manuscrit : 

Tours 905, fol. 91. 

édition : 

Lunettes des princes, Paris, Trepperel, 1499 , fol. Qvj. 

Rondel de Meschinot. 

594. Fol. cxxiiij. C Autre[rondel. 

La teneur de cent mille escuz 
Et le dessur de ma maistresse... 

manuscrit : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1722, fol. 16 v°. 

éditions : 

Fleur de toutes joyeusetez, fol. Div. 

Schwob, Parnasse, p. 235 . 


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— 251 — 


Dans la Fleur de toutes joyeusetez, il est suivi de quelques vers imités de la chanson 
de Busnoys : 

Cent mil escutz et la monnoye 
Et paradis quand je mourroye, 

Plus ne sçaurois que souhaitter. 

Fors la dame de cueur entier 
Qui est remplie de toute joye. 

Cent mil escutz tous au soleil 
Dedans ung bauldrier de velours, 

Puis dormir, quant on a sommeil. 

Avec sa dame par amours. 


595. Fol. cxxiiij. C Autre rondel . 

Vostre flacon fermant a vis. 

Madame, je le vous renvoyé... 

manuscrit : 

Paris, Bibl. nat., tonds franç. 1722, fol. 17. 

édition : 

Schwob, Parnasse , p. 234. 

596. Fol. cxxiiij. Autre rondel . 

Le trou du cul d'une nourrice 
C'est le plus beau rondeau qui soit... 

édition : 

Schwob, Parnasse , p. 232. 


597. Fol. cxxiiij v°. <£ Balade. 

Mignon maintien, gorgiase beaulté 

(O) bruit triumphant, mon tout, ma seule dame... 

Refrain : 

Car je ne voy si belle que vous estes. 


598. Fol. cxxiiij v°. Autre balade . 

Une dame d'excellente beaulté 
En tous ses faiz doit estre moderee... 

Refrain : 

Parfaicte en biens seroit la plus du monde. 
MANUSCRITS ! 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1719, fol. 145. 
— Bibl. nat., fonds franç. 1721, fol. 62. 

— Bibl. nat., fonds franç. 23757, fol. 45. 


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— 252 — 


ÉDITION : 

Œuvres complètes de Villon , édit. Longnon, p. 195 (d’après les deux 
premiers manuscrits cités). 

Cette ballade, dite Blason de la belle fille , est de Pierre d’Anché. 


599 . Fol. cxxiiij v°. Autre balade . 

Pour blasonner ung cheval proprement 
Il doit avoir la chiere relevee... 

Refrain : 

Fier et puissant, c'est pour [le] roy de France. 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1576, feuillet de garde. 

— Bibl. nat., fonds franç 1719, fol. 146. 

— Bibl. nat., fonds franç. 1721, fol. 61 v°. 

— Bibl. nat., fonds franç. 3939, fol. 29. 

— Bibl. nat., fonds franç. 12490, fol. 123 v°. 

Blason d’un bon cheval par Pierre d’Anché. 

Il existe du même auteur un troisième blason qui est, en général, cité avec les deux 
autres ; c est celui des vins : 

A bien juger de tous les vins français... 

Refrain : 

Beaune a le bruyt sur tous par excellence. 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1721, fol. 60 v°. 

édition : 

Cabinet historique , t. X (1864), p. 341. 

Ces trois blasons ont été imprimés à Paris pour les Marnef. Un exemplaire de cette 
édition est à Versailles (fonds Goujet 164, in-8), et un autre à Chantilly (coté IV D 127). 
En 1546, ils furent joints aux Œuvres de Me Guillaume Coquillart (Voir Picot, Le monologue 
dramatique , dans la Romania, t. XV, p. 396). Au début du XIX e siècle, Méon les inséra 
dans ses Blasons et poésies anciennes , 1807, p. 91, 334 et 335. 

Pierre d'Anché est l’auteur d'un rondeau qui se trouve dans le ms. autographe de 
Charles d'Orléans : 

Gardez vous bien de ce fauveau... 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1701, fol. 41. 

— Bibl. nat., fonds franç. 1719, fol. 38. 

— Bibl. nat., fonds franç. 1722, fol. 33 v°. 

— Bibl. nat. fonds franc. 1921, fol. 61 x°. 

— Bibl. nat., fonds franç. 25458. fol. 537 ; l'attribution, qui est au 
haut de la page, semble être une signature et on lit d’Anchie . Cette 
petite pièce a été souvent reproduite mais sans indication d'auteur. 

éditions : 

Chasse et départ d’amours, fol. xiij. 

Vergier d'honneur , fol. zvj. 


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— 253 — 


Le second volume des molz dorez du grand et saige Cathon , Paris, 
*533* toi cxxxvj. 

Œuvres de Charles d’Orléans, édit. Guichard, p. 426. 

Schwob, Parnasse . p. 28 et 243. 

Langfors, Le roman de Fauvel , p. cvm. 

D'Anché composa une ballade sur l’argent : 

Argent prent villes et chasteaulx 
Reste sans plus qu’argent ne donne... 

Refrain : 

Santé, jeunesse et paradis. 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1719, fol. 180. 

— Bibl. nat., fonds franç. 1721, fol. 63. 

— Bibl. nat., fonds franç. 3939, fol. 86. 

éditions : 

Fleur de joyeusctez , fol. Gj. 

A. Joly, Epitaphe de Triboulei ensemble le Débat du Boucanier et du 
Gorrier et autres poésies inédites du XV e et XVI e siècles. Lyon, 
1867, P- 68. 

Un ms. de Poitiers lui attribue un compliment adressé à Anne de Bcaujeu : 

Quant la beaulté de la chaste Lucresse, 

Les granz vertus Penelope de Grèce... 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 24392, feuil. de garde. 

Poitiers, 215, fol. 97. 

édition : 

E. Langlois, Les mss. du roman de la Rose , p. 62. 

Dans le ms. de Poitiers, on lit encore deux pièces qui portent son nom, une Epitaphe 
du bon capitaine Sallezart (fol. 35) publ. par M. A. Thomas, Jean de Salazar et le guet- 
apens d'Amiens dans la Bibliothèque de l'Ecole des Charles , 1925 (sous presse) et une 
parodie du Bénédicité (fol. 94 v°) : 

Dieu nous gart d’un tour de Breton, 

D'un misserre et de son boucon... 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 2206, fol. 119, d'après lequel il a été 
publié par M. Schwob, Parnasse , p. 195. 

Pierre d’Anché fréquenta la société des rhétoriqueurs ainsi que le prouve une ballade 
contenue dans le Vergier d'honneur : 

Parfaict esprit en l’art de rhétorique, 

Investigant son hault bruyt terrifique, 

En tous endrois, selon cours de nature, 

Raison pourquoy science magnifique 
Rent en vous seul sa bonté puriffique 
D’amours unye et doulce conjecture, 

Nom avez quis d'estre prompt en facture, 

Chascun par droit voire en toute saison 
Humaynement par droit, et par raison, 

En est tesmoing, juste comme une ligne. 

Ccluy duquel avez fait le blason 
Vous va revoir moyennant le sansigne. 


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— 254 — 


En l'eglise Nostre Dame pudique. 

Habille et prompt d'affection unique, 

Congneu vous ay sans nulle forfaicture. 

N'avez vous dit la ballade auctentique 
Dames louant en leur ordre et pratique ? 

Reprenant puis celle de la monsture 
Revenante a cheval de droicture, 

En exposant leur requise achoison 
Joyeusement sans nulle desraison. 

Puis pour le bien que vostre essence guigne 
Celuy duquel avez fait le blason 
Vous va revoir moyennant le sansigne. 

Comme l'argent excede plomb vilique, 

Mirre, l’alun et rose, la sousique, 

Souef velours, drap de grosse vesture, 

Semblablement vostre entendement frisquc 
A ce mestier sans faveur je desclique 
Innumerable entre autre créature. 

Requise est fort partout vostre escripture 
De gens de bien et de bonne maison. 

Voyant doncques des beaux vers la foison 
Que vostre esprit royallement engigne, 

Celuy duquel avez fait le blason 

Vous va revoir moyennant le sansigne. (Fol. yjv°). 

Cette ballade est probablement d’André de la Vigne et le blason, dont il est question 
dans le refrain, est celui des vins. 

Pierre d'Anché, que l'on a appellé successivement Danthe et Danche, semble pouvoir 
être identifié avec Pierre d'Anché, seigneur de la Brosse, qui épousa d’abord Ysabeau de 
Pardaillan puis Guyonne de Chabannais Comporté, laquelle testa le 25 juin 1520. Elle 
avait elle-même épousé en premières noces, en 1460, Geoffroy Tavan, seigneur de 
Mortemer (Beauchet-Filleau, Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou , 
1891, t. I, p. 66 et t. Il, p. 161). 


600 . Fol. cxxv. C Autre balade. 

Se (tu) veulx aujourd'uy vivre en paix 
Plus qu’oncques mais te fault souffrir... 

Refrain : 

C'est la chose dont plus t'enorte. 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1140, fol. 70. 

— Bibl. nat., fonds franç. 5727, fol. 1 v°. 

— Bibl. nat., fonds franç. 25434, fol. 60. 

— Bibl. nat., nouv. acq. franç. 6221, fol. 10 v°. 

— Bibl. nat., nouv. acq. franç. 10032, fol. 142 v°. 

Cambrai, ms. 811-812. 


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— 255 — 

ÉPINAL, ms. 189, fol. 7 v° et 161 v°. 

Berlin, ms. Rohan, fol. 26. 

Rome, Vat., Ottoboni 1212. 

Turin, L. IV. 3, fol. 137. 

éditions : 

Relier, Romvart , p. 644. 

Montaiglon et Rothschild, Recueil..., t. X, p. 361. 
Raynaud, Œuvres d'Eustachc Deschamps, t. X, p. xx. 
Lœpelmann, Handschri/l Rohan, art. 8. 


601 . Fol. exxv. Dictié. 


En povre loyaulté. 
En clerc humilité... 


MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 2307, toi. 43. 

— Bibl. nat., fonds franç. 5391, fol. 4 v°. 

— Bibl. nat., fonds franç. 5727, fol. 1. 

— Bibl. nat., fonds latin 2607, fol. 73 v°. 
Clermont-Ferrand, 249, fol 31. 

Fribourg (Suisse), ms. Diesbach, fol, 99 v°. 
Londres, Mus. brit., Lansd. 380, fol. 135 v°. 
Londres, Mus. brit., Harl. 4473, fol. 42 v° et 45. 
Poitiers, 215, fol. 43. 

éditions : 

Montaiglon, Recueil, t. VI, p* 196. 

P. Champion, La librairie de Charles d'OrVans, p. 90. 
M. Schwob, Parnasse, p. 306. 


602 . Fol. exxv. Rondel. 

Quant on te dira villenye 
Mectz le en ton sac et le lye... 

édition : 

Schwob, Parnasse, p. 236. 

Ce soi-disant rondel est formé par la réunion de trois dictiés. Voici les deux autres : 


603 . Fol. exxv. [Dictié]. 

Femme qui fait tetins paroir 
Et cul par estroicte vesture... 

édition : 

Schwob, Parnasse, p. 237. 


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— 256 — 


604 . Fol. cxxv. [Dictié]. 

On ne peult con garder sans coillcs 
Ne que sans sel freschcs andoilles. 

édition : 

Schwob, Parnasse , p. 238. 

605 . Fol. cxxv. <£ Balade et du nom de la dame. 

Cueur tresvaillant autant qu'il est possible, 

Louer doit on vostre benivolence... 

Ces deux strophes intitulées ballade donnent en acrostiche le nom d'une dame lyon¬ 
naise : Clemence Pasquete. 


606 . Fol. cxxv v°. C Rondel. 

Homme soyez tousjours saige 
Aymant des dames leur honneur... 


607 . Fol. cxxv v°. <[ Autre rondel. 

Banny d'amours vous me voulez, m'amye 
Par Faulx danger qui dit que sus ma vie.. 


608 . Fol. cxxv v°. Ç Autre rondel . 

Se [lisez : Ce] deul que porte en cueur et face 
Qui toutes mes joyes efface... 

609 . Fol. cxxv v°. C; Autre rondel. 

Triste penser, adversaire du corps, 

En noz deux pars riens ne peult acquérir... 

Ce rondel est formé cîc deux dictiés. 


610 . Fol. cxxv v°. [Huitain], 

L'or se compare au cler soleil, 
Argent tient espece de lune... 


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— 257 — 


611 . Fol. cxxv v°. Balade. 

L’autrier m en alois a l'esbat 
Avecques desennuy aux champs... 

Refrain : 

Pour la venue du moys de may. 


612 . Fol. cxxvj. [Balade]. 

Treshumblement je vous supplie mon cueur 
Que vueillez prendre en vous joyeux courage... 

Refrain : 

Ce moys de may qui est prés devenu. 


613 . Fol. cxxvj. CC Comment un g povre amoureux qui esloit en la compaignie des 
dames estant au jardin de plaisance s'enhardit de deprier l'une des dames. Et 
les responces de la dicte dame a ycelluy amant. 

Au point du jour, quant j'euz pris mon repos 
Je me levay, puis sur ung banc m'assis... 

Nous ne connaissons de ce débat ni manuscrit ni édition. 

Ce « povre amoureux », ou plutôt cet amoureux pauvre, assez beau compa¬ 
gnon, mais « mal accoutré d'abis » cherche à gagner les faveurs d’une dame « pre- 
cellente de corps ». Mais il a beau vanter ses talents extraordinaires, se dire « beau¬ 
coup plus preux qu’Olivier, per de France », dont cependant les exploits de Contan- 
tinople témoignaient d’une certaine verdeur ; il a beau s’appeler « Herculès 
ressuscité » et « le second preux Hector », la dame ne se laisse pas éblouir. Elle estime 
que a grant amour commence par pécune ». Or, le « povre amoureux » est en proie 
à a faulte d'argent ». Il le constate lui-même et se compare à Villon, 

Aussi demeure povre comme Villon, 

Et n’ay rouelle seulement que le trou ! 

Finalement, le « povre amoureux » est congédié par la dame. 

L'auteur, caché derrière « ung vieulx tapis » avait tout entendu. Il écrivit ce 
débat ayant le sentiment, non sans raison, de rapporter « quelque cas incivil ». 
Le dialogue, en effet, est rempli d'allusions malpropres et de métaphores érotiques. 

On remarquera la césure épique fréquemment employée par le rimeur anonyme. 

Dans la troisième strophe, il faut remplacer six fois Icy par J’ay. 

PLAISANCE 17 


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— 258 — 


614 . Fol. cxxix v°. Comment deux amoureux , l'ung estrange de sa dame et 
l’autre escondit, se comptaignent ensemble au jardin de plaisance. 

En attendant allégement 

Des griefz maulx qu’il me fault porter... 

Le Débat de Vestrange et de l’escondit n'est connu que par le Jardin de Plaisance. 

L'auteur, « embusché », écoute deux amoureux qui se lamentent. Chacun d’eux 
se croit le plus malheureux des hommes. L'un est « estrange », c’est-à-dire éloigné 
de sa dame et n'en peut avoir de nouvelles. L'autre est « escondit » sans avoir pu 
obtenir de sa dame la moindre faveur. 

Ce médiocre poème n’a qu'un intérêt. Les deux « dollans » choisissent 
pour juges du débat, l'un messire Pierre de Brézé, a le bon comte de Maulévrier », 
l'autre « le gentil seigneur de Cressol ». 

Pierre de Brézé, comte de Maulévrier, grand sénéchal de Normandie, n'est 
pas connu seulement par ses exploits guerriers et son grand sens politique, il était, 
au dire de Georges Chastellain, « le plus bel parlier de son temps ». Il s'intéressait, 
comme tout bon chevalier, à la poésie et aux questions d’amour. Sa devise était 
La plus du monde. Dans le Cœur d'Amours espris , le roi René le représente comme 
« fort assailly et point d’amours ». Blosseville l’avait choisi avec Jean d'Estoutevüle # 
seigneur de Torcy, comme juge du Débat du vieil et du jeune. Il mourut à la bataille 
de Montlhéry le 16 juillet 1465. 

Quant à Louis de Crussol, grand pannetier de France, sénéchal de Poitou, il 
mourut en août 1473. 

Le Débat de Vestrange et de Vescondit, qui est antérieur à 1465, porte de nom¬ 
breuses traces des rimes que Regnaud le Queux appelait « diphtongues picardes » : 

Fol. cxxx puis : ennuys : ad vis : trente six. 

— ad vis : ennuys. 

— ouyr : fournir. 

Fol. cxxxj ennuys : mys : truis : puis. 


615 . Fol. cxxxij v°. Comment ung amoureux fait ung dyalogue a sa dame au 
jardin de plaisance. Et puis elle /ait la conclusion. 

Helas ! qu'est ce d’amours ? Trop me font merveiller, 

Car d'y penser tresfort ne me puis tra veiller... 

Ce dialogue amoureux, en 136 quatrains monorimes, plus un lai, est un rajeu¬ 
nissement d’un poème de la fin du xiv e siècle. Les 195 premiers vers de la version 
originale se trouvent dans le manuscrit de la Bibl. nat., nouv. acq. franç. 4531, 
fol. 95-97 v° : C’est la proiere d’un chivalier et la response d’une dame. M. Alfred 
Jeanroy les a publiés dans la Romania, t. XLIII (1914), p. 1-13, dans un article 
intitulé : Le Débat du clerc et de la damoiselle, poème inédit du XIV e siècle. 


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— 259 — 


Les personnages qui dialoguaient étaient originairement un clerc et une damoi- 
selle. Mais un lecteur du manuscrit, « plus soucieux, remarque M. Jeanroy, de 
rhonneur des gens d’église que de la propreté du manuscrit et de la correction 
des vers », a partout corrigé clerc en chevalier et damoiselle en dame. Dans le Jardin 
de Plaisance , les interlocuteurs sont simplement nommés L'homme et La femme. 
Mais on voit, dès les premiers vers, que cet homme était un clerc. La dame l'ap¬ 
pelle sire clerc ou beau très doulx clerc. De son côté, le clerc appelle la dame madame 
ou ma maistresse ou ma très doulce cousine ou doulce amie . 

Voici en quelques mots le résumé du dialogue : 

Un clerc, malade d’amour, crie merci à une dame qui le reçoit fort mal. Elle 
le traite de fol et lui dit : « Fuiez de devant moy ». Jamais encore un clerc n’a osé lui 
tenir pareil langage. Le clerc, qui a de la persévérance, raconte comment il a été 
déçu par son œil ; il est malade à mort ; il prie la dame de donner à son mal méde¬ 
cine ; il lui offre un « annelet » ; il sera « le plus joly varlet ». La dame, qui n'a de lui 
cure, le prie de laisser là son « gengler ». Mais le clerc se compare à un tigre déçu 
par un miroir et facilement capturé. La dame de son côté prend comme modèle 
l'aspic, lequel pour fuir un danger, se bouche les oreilles. Le clerc, qui puise sa science 
dans les bestiaires, raconte la nature de l'aigle et celle de la « teurtre ». Il a recours 
ensuite à des arguments d’un autre ordre. Les clercs, déclare-t-il dévotement, sont 
« sergens Dieu » ; le bien qu’on leur fait, Dieu le rend. La dame répond qu'en 
effet les bons clercs sont les serviteurs de Dieu : 


Son servant n’estes pas, ains estes son contraire, 
Quant par faulses paroles me voulez a vous traire. 


Le clerc n'en continue pas moins à citer l’Évangile qui exalte la charité et recom¬ 
mande de faire l'aumône. Que la dame, en conséquence, lui fasse l'offrande de son 
corps ! La dame répond simplement que Dieu ne commande pas charité « en tel 
guise ». 

Enfin, dernier argument, le clerc passe aux yeux de beaucoup de gens pour 
l’amant de la dame. On le raconte et l'affirme. Faites, supplie le clerc, qu'ils disent 
vrai, sinon « ilz sont damnez au feu ». Plus de deux cents âmes sont ainsi « en per- 
dicion ». 

Vous et moi sommes cause de leur foloiement. 


La dame se contente de répondre à son séducteur : 

Fuiez vous en d’icy ou vous vous ferez batre ! 

Le clerc prétend qu'il finira désormais sa vie « en tristesse ». 

La résistance de la dame était feinte. A son tour, elle crie merci. Elle com¬ 
pare son ami à Godefroi de « Billon » et à Bertrand de « Claquin », le vaillant cham¬ 
pion. Puis le poème, brusquement, tourne à l'obscénité. Le tout se termine par un 
lai et par une conclusion morale, qui est bien en place. 


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— 2Ô0 — 


Nous renvoyons à l’article de M. Jeanroy pour les détails sur la versification, 
la liaison de certaines strophes et les refrains qui, dans le manuscrit, suivent 
les quatrains 8 et 36. M. Jeanroy va jusqu’à penser « qu’à l’origine chaque couplet 
se terminait par un refrain, comme dans le poème Des confrères d'Amour. » 

On peut rapprocher du Dialogue du clerc et de la damoiselle un dialogue sem¬ 
blable, également du xiv e siècle, entre un chevalier et une dame, tout aussi pas¬ 
sionné mais plus discret et plus honnête. Copié dans de nombreux manuscrits du 
xv e siècle, il fut introduit dans le petit cycle de la Belle dame sans merci , sous le 
titre, qui n’était pas le sien, de la Belle dame qui eut merci *. 


016 . Fol. cxxxvj v°. C Cy après s'ensuivent les lamentacions de Jehan de Calais , 
lequel riestoit plus au jardin de plaisance. 

Pour m’oster de mélancolie 
Et de foie pensee mainte... 


C’est seulement par le Jardin de Plaisance que ce petit poème est connu. 
M. É. Picot 2 a cru pouvoir identifier l’auteur avec un commandeur de Campigny 
qui vivait entre les années 1474 et 1482, mais le contenu du poème ne permet pas 
d'accepter cette hypothèse. 

Voici ce que l’auteur dit de lui-même : Pour fuir'mélancolie, folle pensée et 
oisiveté, il a composé une complainte relatant ses malheurs. Quoique jeune, il 
est seul et plein d'affliction : 


Car je suis en religion 
Mucé... 


Fugitif, il a dû se cacher en « franchise et en terre sainte » pour sauver sa vie et 
échapper à la juridiction civile. Depuis qu'il est « en franchise enclos tout seulet », 
ses amis se détournent de lui ; sa femme est sa seule consolation : 

Elle me paist comme ung enfant. 

Je suis comme ung oiseau en cage 
Qu'il fault paistre dru et souvent 
Tant du manger que du breuvage. 

Pourtant le pauvre homme n'est ni voleur, ni meurtrier, ni « meseau ». Son seul 
crime est d'avoir aimé le roi : 

Se Dieu veult que de ma droicture 
A aymer le Roy soye enclin. 

Je ne fais point contre nature, 

Dieu le veult et le droit divin. 


1. Romania , t. XXXI (1902), p. 200 et suiv. 

2. De l’intérêt du grand pouillé du diocèse d’Evreux, p. 14, et C. Guéry, Les commanderies dans 
le département de l’Eure, 3 e partie, p. 43. 


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— 2 ÔI — 


Il jette un regard sur sa vie passée qui fut heureuse et oisive, et ce souvenir l'emplit 
d'autant plus d'amertume que ce malheur est le premier qu'il éprouve. 

Ces détails assez précis permettent, semble-t-il, de proposer une autre identifi¬ 
cation. Nous connaissons un Jean de Calais, riche bourgeois parisien, qui eut pen¬ 
dant l'occupation de Paris par les Anglais (avant 1430) des démêlés avec la justice 
du roi Henry IV pour avoir médit des intrus et désiré la paix, et qui, pour cette 
raison, fut emprisonné. En 1430, il s’affilia à une conjuration dauphinoise qui 
devait favoriser le retour de Charles VII. La conjuration fut découverte au début 
d'avril. On arrêta cent cinquante personnes : six furent décapitées, d'autres noyées 
ou mises à la torture, d'autres enfin a finerent par chevance », c'est-à-dire ne 
durent la vie qu’à une forte rançon. Jean de Calais fut de ceux-là, puisque une 
lettre de rémission, datée du 5 avril, lui permit de sortir du Châtelet l . Dix ans 
plus tard, il devint l'un des quatre échevins de la ville, et en 1451 on le retrouve 
marguillier de l'église de Saint-Jean en Grève. 

La Lamentation daterait de la première affaire. L’auteur, poursuivi à cause 
de ses propos subversifs, se serait caché dans une église et, pour tromper son ennui* 
aurait composé des vers. Il trouvait le temps long et voulut sortir trop tôt, oubliant 
le conseil que Raison lui avait donné : 

Escoute moy, n'ys point du sueil 

Et n'y va ne matin ne tard. 

Pour ce bien dire je te vueil : 

Qui mal se garde tost se pert. 

Nous ne savons rien des circonstances qui amenèrent son arrestation. 


617 . Fol. cxxxix. Comment le parlement d'amours fut tenu au jardin de plaisance 
contre la belle dame sans mercy. 

Le jour de l'an qui renouvelle 
Amours me fist commandement... 

Nous renvoyons à la notice sur le Parlement d'Amours de Baudet Herenc parue 
dans le t. XXX (1901) de la Romania , p. 317-320 f . On y trouvera une énumération 
de dix-sept manuscrits de Paris, Besançon, Fribourg en Suisse, La Haye, Londres, 
Rome, Saint-Pétersbourg et Turin. Dans Y Inventaire des bijoux , vêtements , manuscrits 
et objets précieux appartenant à la comtesse de Montpensier (1474) se trouvait un 
volume intitulé : Les Derreniers arretz du parlement d'amours 3 . Il s’agissait proba¬ 
blement du poème de Baudet Herenc. 

Le manuscrit Montpensier mis à part, le titre de Parlement d'Amours ne se lit 


1. A. Longnon, Parts sous la domination anglaise (1420-1436). p. 301-308. 

2. Tirage à part : A. Piaget, La Belle dame sans merci et ses imitations , Paris, 1905, p. 29-31. 

3. Annuaire-Bulletin de la Société de /’Histoire de France, Paris, 1880, p. 305. 


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— 2Ô2 — 


dans aucune autre copie L Le poème de Baudet Herenc était intitulé ou bien Les 
accusations contre la Belle dame sans merci ou bien Le Jugement ou Le Procès de 
la Belle dame sans merci. 

Le compilateur du Jardin de Plaisance a sans doute eu sous les yeux un manus¬ 
crit — tels que le 1131 ou le 1727 de la Bibl. nat. — dépourvu de titre. Il lui a été 
facile de trouver celui de Parlement d’amours. Dès les premiers vers, en effet, on 
trouve décrite l'organisation de ce parlement, dont le premier président était Franc 
Vouloir, le procureur. Espoir, l'avocat, Désir, le greffier, Souvenir, et l'huissier, 
Doux Penser. Devant ce parlement comparaît la dame sans merci qui se voit « des- 
gradee du nom de dame ». 

André Du Chesne a publié le poème de Baudet Herenc dans les Œuvres de mais - 
tre Alain Chartier 2 d’après le manuscrit Du Puy (auj. Bibl. nat., fonds franç. 1727) 
qui est sans titre. Du Chesne, ne connaissant pas à ce moment l’édition du Jardin 
de Plaisance, a intitulé lui aussi le poème de maître Baudet : Le Parlement d’amour, 
nouvellement mis en lumière. 

Dans une note de la fin du volume (p. 865), Du Chesne, qui croyait le poème 
d'Alain Chartier, dit avoir connu trop tard l'édition du Jardin de Plaisance , « ce 
que je confesse ingenuement n’avoir apperceu, sinon depuis l'Édition présente, car 
autrement je ne l’eusse pas donnée comme nouvelle pièce, ains comme nouvelle¬ 
ment restituée à l'autheur ». 

Sur les dix-sept manuscrits, deux seulement nomment l'auteur : l'Arsenal 3521 
attribue le poème à Baudart Hereng, le ms. 554 de Besançon à maistre Baudet. 
Dans le ms. de Turin, L. IV, 3, disparu dans l'incendie de 1904, le poème, ou, comme 
dit le titre, « la Balade » était attribuée « maistre Alain ». 

Sur Baudet Herenc, voir Romania , t. XXX (1901), p. 320 et 322, et E. Langlois, 
Recueil d’Arts de seconde rhétorique, p. xxxil-XL. 


018 . Fol. cxlij v°. C Comment au jardin de plaisance est baillé sentence en la 
court d’amours contre la belle dame sans mercy. 

Ne tout aydé ne tout grevé, 

Moitié en vie, moictié mort... 

C'est la Cruelle femme en amours d’Achille Caulier. Nous renvoyons à la notice 
parue dans la Romania , t. XXXI (1902), p. 315-322 3 , où sont énumérés onze manus¬ 
crits de Paris, Fribourg en Suisse, La Haye, Saint-Pétersbourg et Vienne en Autriche. 
Aucun ne donne le nom de l’auteur. On remarquera l'acrostiche de la dernière 
strophe : Acilès. 


1. A la notice qui sert de titre au poème de Baudet Herenc dans le fr. 24440 de la Bibl. 
nat., un lecteur a ajouté d’une écriture moderne : Le parlement d'amour. 

2. Paris, 1617, p. 695-710. 

3. Tirage à part, p. 63-70. 


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— 2 Ô 3 — 

Ce poème est la contrepartie de la Dame leale qui ne figure pas dans le Jardin 
de Plaisance. 

Sur Achille Caulier, qui est aussi l’auteur de Y Hôpital d f Amours et d’un Lay 
a l'honneur de la Vierge Marie , voir Romania, t. XXXI (1902), p. 317-8 et t. XXXIV 

( 1905 ). P- 564. 

La Cruelle femme en amour est publiée dans la Romania , t. XXXI (1902), p. 322- 
349. Dans le Jardin de Plaisance , la strophe xviij manque, ainsi que les vers 
659-660 et 683. 


619 . Fol. cxlviij. CI La relacion faicte au jardin de plaisance du débat de Vamant et 
de la dame qui est sans conclusion. 

Ung doulz matin a la froidure 
Pour oublier temps et tristesse... 

Poème anonyme, aujourd’hui conservé dans deux manuscrits : Arsenal 3523, 
fol. 793-818 : La conclusion du débat sans relation , et Bruxelles, Bibl. roy. 10969, 
fol. 153-171 : La relation du débat sans conclusion. 

Le titre du poème dans le Jardin de Plaisance est conforme à celui du manuscrit 
de Bruxelles. Le copiste du manuscrit de l’Arsenal a interverti les mots. 

Le Débat sans conclusion se trouvait aussi dans le manuscrit de Turin, L. IV, 3, 
fol. 118 V°-I24 v°. 

Il est inséré dans la Chasse et départ d'Amours avec un début et un dénouement 
modifiés. 

Voir la notice parue dans la Romania , t. XXXIV (1905), p. 57 0_ 574 *• 


620 . Fol. cliij. CE Le racomptement fait au jardin de plaisance de deux amans 
fortunez d'amours. 

Ung jour [p]assez, n’a mye longuement, 

En ung chasteau assis moult plaisamment... 

Poème d’Alain Chartier connu sous le titre de Débat des deux fortunés d'amour. 

MANUSCRITS ! 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 924, fol. 172 : Le débat des deux for¬ 
tunez en amours autrement dit le gras et le maigre, fol. 197 v°. 
— Bibl. nat., fonds franç. 1127, fol. 134-154 v°. 

— Bibl. nat., fonds franç. 1128, fol. 136-159. 

— Bibl. nat., fonds franç. 1131, fol. 51-68 v° : Explicit le débat 
du gras et du maigre. 


1. Tirage à part, p. 192-196. 


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264 — 


Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1642, fol. 178 : Cy commence le débat 
de deux amans, autrement le gras et le maigre. — Fol. 195 v° : 
Cy finist le débat des deux amans, autrement le gras et le maigre. 
— Bibl. nat., fonds franç. 1727, fol. 27 : Le débat des deux for¬ 
tunés d'amours. — Fol. 41 v°. 

— Bibl. nat., fonds franç. 2230, fol. 6 v° : Après s'enssuit le débat 
du bien et du mal d’amours. — Fol. 27 v° : Explicit le livre du 
débat du bien et du mal d'amours. 

— Bibl. nat., fonds franç. 19139, p. 318 : Cy commence le gras 
et le maigre. — P. 358. 

— fonds franç. 20026, fol. 60 v° : Le débat du bien et du mal 
d'amours. — Fol. 81 : Explicit le livre du débat du bien et du 
mal d’amours. 

— Bibl. nat., fonds franç. 24435, fol. 174-190 v°. 

— Bibl. nat., fonds franç. 24440, fol. 75-94 : Ci fine le gras et 

le maigre. 

— nouv. acq. franç. 4512, fol. 35 v° : Le débat des deux fortunés, 
autrement dit le gras et le maigre. — Fol. 55 v°. Explicit. 

Aix, 168. fol. ni : Le débat sur la quantité de fortune des biens et 
des mauls d’amours que aucuns nomment le gras et le mesgre. 
Berne, 473, fol. 66 v°-86 v°. 

Copenhague, Bibl. royale (anc. Harrassowitz, Catalogue 341, 
art. 936, fol. 99-118). 

Grenobi e, 874, fol. 64 v° : Cy commence le traictié des biens et des 
maulx de fortune sur amours que aucuns nomment le gras et le 
mesgre. — Fol. 90 v°. 

La Haye, 328, fol. 81-103 v°. 

Rome, Vatican 4794, fol. 117-166 v°. 

Turin, L. II. 12, fol. 165 : Débat du gras et du meigre. 

Vienne (Autriche), Bibl. nat. 2619, fol. 118 v° : Cy commence le 
débat du gras et du maigre fait par ledit maistre Alain. — Fol. 125V 0 
Explicit le gras et le maigie. 

Le Débat du gras et maigre est mentionné dans l’Inventaire Montpensier. 1 
éditions : 

Chose à noter, le Débat des deux fortunés d'Amours ne figure pas dans les premières 
éditions des œuvres d'Alain Chartier, celles de Pierre Le Caron, de la veuve Trepperel et 
de Philippe le Noir. Il est publié pour la première fois dans l'édition de Galliot du Pré en 
1526. 

André Du Chesne a donné le texte du Débat des deux fortunés d'Amours 1 d’après 
le manuscrit de la Bibl. nat., fonds franç. 1727 3 . 

Dans le Jardin de Plaisance , le premiei vers seul du quatrain 238 est rapporté ; 
est omis aussi le premier vers du quatrain 239 (fol. cixl, lisez dix). Les quatre vers 
de la fin manquent : 


1. Ouv. cit., p. 303. 

2. Les Œuvres de maistre Alain Chartier , p. 549-581. 

3. Voir Romania, t. XXIII (1894), p. 192-208. 


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— 2Ô5 — 


Ce livret voult dicter et faire escrire, 

Pour passer temps sans oultrage vilain, 

Ung simple clerc que l'en appelé Alain 
Qui parle ainsi d’amours par oyr dire. 

Ce poème est un débat, comme on en a tant écrit au moyen-âge, sur les biens 
et les maux d'amour. Après dîner, « en ung chastel », dans une brillante compagnie 
de dames, de damoiselles et de chevaliers, le poète entend un chevalier, joyeux et 
« en bon point », faire l'éloge de l'amour ; un autre chevalier, vêtu de noir, pensif 
et pâle, soutient la thèse contraire. Alain, qui était lui-même en deuil de sa dame 
et se tenait à l'écart, « triste et farouche », est chargé d’écrire tout le débat pour 
le soumettre à Jean, comte de Foix. Chartier comble d’éloge ce personnage, « de 
Phebus heritier », dont il rapporte la devise, qui fait probablement allusion au 
second mariage du ('bon conte de Foix » avec Jeanne d'Albret en 1423 : 

1? 

Car en son mot il porte, par déport. 

Comme cellui qu'Amours maine a bon port : 

J'ay belle dame l . 

Le comte de Foix, nous apprend Chartier, était « en ost armé », absent pour 
peu de temps. Cette circonstance permet de dater le poème de 1425 à 1426 *. 

Les manuscrits nous apprennent que le poème de Chartier était intitulé le Débat 
du bien et du mal d'amour ou le Débat des deux amants . De bonne heure, il a été 
désigné familièrement : le Débat du gras et du maigre. Ce titre est « ridicule, lourd et 
inepte » disait au xvm e siècle l’avocat Besly. Cet ami et correspondant de Du Chesne 
écrivait en 1617 au sujet du Débat du gras et du maigre : « L'autheur introduict 
deux chevaliers, l'un qu’il figure « en bon point, non maigre, ne pâlie », l'autre 
qu'il représente « pensif et pâlie » ; et les fait disputer et débatre lequel y a plus de 
biens ou de maux en amours. Voilà d’où ces beaux esprits, forgéz en despit des 
Muses et d'Apollon, ont puisé ce magnifique frontispice » 8 . Besly n'était guère plus 
satisfait du titre : Débat des deux fortunés . Mais il avait tort. On trouve ce titre dans 
un ou deux manuscrits et il n'est pas de l'invention du compilateur du Jardin de 
Plaisance. 

Alain Chartier s'est-il inspiré du Débat des deux amants , composé entre 1400 
et 1402 par Christine de Pisan ? U le paraît. La forme est la même : quatrains 
enchaînés. Le plan est le même et les idées à peu près semblables. Là aussi, dans 
une brillante assemblée de dames et de chevaliers, il y a débat entre un écuyer 
« bel de corps et de face », et un chevalier, pensif et pâle. Le juge est le duc d'Orléans. 
Et Christine, qui avait assisté au débat, est chargée d'en faire un « dittié » 4 . 


1. M. Pierre Champion (Ouv. cit., p. 83), par distraction, attribue comme devise au comte 
de Foix : Par déport et J’ai belle dame. M. Champion s’est sans doute laissé tromper par Du 
Chesne qui a mal ponctué les vers ci-dessus et a écrit avec une majuscule : Par déport. Toujours 
trompé par Du Chesne, M. Champion intitule le poème de Chartier : Les deux fortunes d'amour. 

2. Romania, t. XV (1886), p. 611-613. 

3. Les Œuvres de maistre Alain Chartier , fol. bij. 

4. Œuvres poétiques , édit. Maurice Roy, t. II, p. 49. 


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— 266 — 


M. Pierre Champion a consacré au poème d’Alain Chartier un chapitre intéres¬ 
sant de son Histoire poétique du XV* siècle, intitulé : M• Alain Chartier, poète de 
l'amour. Le Débat du gras et du maigre chevalier ou Les deux fortunes (sic) d'amour. 
On y apprend, comme à l’ordinaire, beaucoup de choses, celles-ci entre autres : 
Alain Chartier, qui était regardé de son temps comme « l’espion et le secrétaire 
d’amour », était timide et laid. Qu’on nous permette d’en finir avec une légende 
qui a bien vécu quatre siècles : la timidité et la laideur d’Alain Chartier. 

Nous ne croyons pas, et nous ne savons ce qui a pu faire croire, à la timidité 
naturelle ou autre d’Alain Chartier. Quant à sa laideur, il serait peut-être temps 
de n’en plus parler. Elle date de 1524, c’est-à-dire des Annales d’Aquitaine. Pour 
rendre le baiser de la dauphine plus chaste et pour lui donner un plus grand prix, 
Jean Bouchet a inventé la laideur d’Alain Chartier : « Madame, je suis esbahy 
comme avés baisé cet homme qui est si laid, car à la vérité il n’avoit pas beau visage. 
Et elle fit réponse : Je n’ay pas baisé l’homme, mais la précieuse bouche de laquelle 
sont issus et sortis tant de bons mots et vertueuses parolles ». 

Les propos de Bouchet sur la laideur d’Alain, comme le baiser lui-même, sont 
de la fantaisie sentimentale. Mais les historiens de la littérature s'en sont emparé, 
depuis l’abbé Massieu jusqu’à M. Pierre Champion. On disait d'Alain Chartier, 
rapporte l’abbé Massieu, « qu’il était un des plus beaux esprits et un des plus laids 
hommes de son siècle » l . J. Delort dit à peu près la même chose : « Le plus laid 
de tous les hommes mais aussi le plus spirituel de son siècle » 2 . Aux yeux de Victor 
Jeanroy-Félix, Alain Chartier « pour l’honnêteté morale et la laideur physique fut 
le Pellisson de ces temps troublés » 3 . On connaît les jolis vers d’Alfred de Musset 
adressés à Madame *** qui avait envoyé, par plaisanterie, un petit écu à l’auteur : 

Quand vous trouverez le mérite 
Et quand vous voudrez le payer. 

Souvenez-vous de Marguerite 
Et du poète Alain Chartier. 

Il était bien laid, dit l’histoire, 

La dame était fille de roi... 4 

Faut-il aussi rappeler que Théodore de Banville parle de l’air « fantastique et 
bizarre » de maître Alain, 

Et quelque peu tortu comme les vieux lauriers * ? 

Le manuscrit de la Bibliothèque nationale, français 2152, renferme un poème 
intitulé : Le Débat de deux gentilz hommes contraires en amours. C’est le poème d’Alain 


1. Histoire de la Poésie françoise, Paris, 1739. 

2. Essai critique sur l’histoire de Charles VII , Paris, 1824. 

3. Histoire abrégée de la littérature française depuis ses origines jusqu'à Malherbe, Paris, 
s. d. 

4. Premières poésies, Paris, Charpentier, 1859, p. 174. 

5. Les Princesses , XIV. 


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— 267 — 


Chartier démarqué et en grande partie copié par un rimeur anonyme et amoureux. 
Le poème de Chartier a 310 quatrains, celui du plagiaire est réduit à 123 quatrains. 
Nous en reproduisons, ci-après, quelques fragments, en ayant soin de placer entre 
parenthèses le numéro du quatrain correspondant d’Alain Chartier : 


1. 


2. 




5 . 

[ 7 ] 


6 . 

[ 8 ] 





Je me trouvay, il n’y a pas long temps. 
En une bande que nommer je n'entans. 
Car je n’en veulx faire nulz mal contens, 
Ou maintes belles 


Honnestes dames et jeunes damoiselles 
C'estoyent trouvées aux nopces d'unes d’elles. 
Pour passer temps a ouyr de leurs nouvelles 
Les escoutoye. 

Et aux devis d'elles ne me boutoye 
Ne leurs propoz empescher ne vouloye, 

Car pour celle heure autre affaire n'avoye. 
lllec estoyent 

Des gentilz hommes qui apparence avoient 
De gens de court ; vers elles s’esbatoyent. 
D’onneur, d'armes et d'amours quaquetoyent. 
Maintz propoz dirent 

Et maintz bons motz dont les dames se rirent. 
Et comptèrent comptes qui bien leur seirent, 
Et puis après a diviser se mirent 
D’amours les heurs. 


Comme il y a asssez joye et douleurs. 

De joyeux ris et puis lermes et pleurs. 
Plaisir aux ungs, desplaisir a plusieurs. 
Ainsi disoyent 


Les gentilz hommes qui la se deduisoyent. 
Comme savans bien parfont en lisoient 
Et telz propoz aux dames divisoient. 

Une y avoit 


Belle et honneste qui bien parler savoit 
Et de la bande au hault bout se seoyt 
Qui leur vouloir assez apparcevoit. 

Et pour esbatre 

S'alla ung peu en leurs devys ambatre 
Et demanda a troys d’eux ou a quatre. 
Pour les faire passer temps a debatre 
Davant les dames. 


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— 268 — 


10. Qui ly dissent vérité sur leurs âmes, 

[56] Sans en mentir, pour hommes ny pour femmes, 
Si cher qu'il ont d’eschever honte et blasme 
Comme loyaulx, 

11. Si en amours a biens et plaisirs si haulx : 

[51] Dueil ou soussi ou telz mortelz assaulx 
Duquel y a plus de biens ou de maulx. 

Ung peu muserent, 

12. L'ung sur l'autre de parler s'cscuserent, 

[52] Les ungs prierefnt], les autres refusèrent, 

De telz honneurs aulcune espace usèrent. 

Lors ung d’entreux 

13. Vis qui n’estoit ne morne ny songeux, 

[53] Maisgre, pâlie ny merencolieux, 

Mais en bon point, sain, alegre et joyeux. 

Et dict adoncques : 

14. Puisque vous autres ne voulez dire, doncques 

[55] J e parleray et dis devant quelconques 
Qui bien ayment et qui aymerent oncques 

Qu’en bien aymer 

15. Dont nul ne doit le hault los entamers 

[56] Qui que s'en loue ou s'en vueillc blasmer, 

Y a trop plus du doulx que de l'amer, 

Je l'ose dire. 


Quant il eust dicte 

58. L'opinion qu'aprés luy je recite 

r i68 i 

Et sa raison bien saigement deduicte, 

Elle luy fut prestement contredicte 
D'ung vis a vis. 

59. Qui escoutoit d'assez loing leurs devys, 

[171] Maisgre et pencif, comme il me fut advis, 
Qui dit alors : Vrayement voz plaisans dis 

Sont a louer 

60. Pour passer temps, s’esbatre et se jouer, 

[172] Car bien ne siet de riens trop de louer, 
Mais de la fin ne vous puis je advouer 

Ou vous tendez 

61. Ne je ne sçay comme vous entendez 

[173] L’oppinion que de ces cas rendez 

Ne les raysons dont vous la deffendez, 
Synon qu’ayez 


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— 26g — 


62. Les mauls d’amours bien petit essayez, 

[174] Ou que si bien trouvé vous en soyez 
Que de voz comptes sont les amys rayez 

Et obliez. 

62. Je croyroys bien que en esbat le diriez, 

[175] Aultruy s’en deult et vous vous en riez. 

Mais peult estre qu'onc n'y fustes liez 

A droicte certes. 

64. Sy n'en plaignez les douleurs ny les pertes 

[176] Ny les amys (sic) qu’on y a sans dessertes 
Et bien pouvez par parolles appertes 

En dire assez. 

65. Car vos maulx sont, Dieu mercis, bien passez 

[177] Et gros et gras en estes repassez 

Et maintz autres en sont mors trespassez 
Par tel esbat. 


107. Car amours fait cueur d’amant betomcr 

[267] Et de son droit estât le detorner, 

Et en homme par son pouoir tomer, 

Sens incensible. 

108. Et ce qui doit aider estre nuysible 

[268] Et ce qu'on peult fait trouver impossible 
Et ce qu'on veoit apparoir invisible. 

Surté doubter, 

109. Et en doubte seurement se bouter, 

[269] A son proffît son contraire escouter 
Voulurent croire et rayson rebouter. 

Pour ce maintien 

no. Et a bon droit la querelle soustien 

[277] Le cueur gardant des dames que je tien 
Quant amours a plus de maulx que de bien. 

Et adont ce teut 

ni. Car tant le cueur serré et doutant heut 

[278] Que ses souspirs entretenir ne peut. 

Lors le premier ses raisons laraenteut 

Sans y muser 

112. Et va dire pour sa part excuser : 

[279] Amis, celuy s'est d'amours mal ruser 
Qui de ces biens ne scet a droit user, 

Et qui en use 


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113- Sy follement que sa vie y use 

[280] Et de soy mesmes ce destourbe et encuse. 

Mal s’y conduit et amours le reffuse 

Par sa follie. 

114. C’est tout par luy s’il a merencolye. 

Mais quant amours qui ces servans n’oblie 

[281] Le fait entrer en pencee jolye. 

Comme ycy (sic) compté, 

115. Par qui maint cueur est a vertus dompté, 

[282] Ja pour chose qu'il vous ait ycy compté, 

N’amaindrerez son loz ne sa bonté 
Ne sa value 

116. N'en doit estre ne foullee ny pollne, 

[283] Pourtant s'aulcungs en ont ioye tollue 
Par conduicte meschante et dissolue 

Et ce decoyve 

117. Pour en user aultrement que ne doyve 

[284] Et mal loyer a la fin en reçoyve, 

Ilz ont brassé, c’est rayson qu’il le boyve. 

Se neantmoings 

118. En ceste foy je demeure et remaings 

[285] Que saiges gens trop oultres ny atains 

Par bonne amour n'en peuvent valoir moins. 
Lors ce picqua 

119. Le douloureux qui honnyc (sic) la replicque a. 
[287] De son propoz de tous pointz s'applicqua 

Sur ung seul mot que alors declicqua 
Et dit en armes 

120. D'omme despit : Quel bailleur de lentemes ! 
Vous en parlez ainsi comme clerc d’armes 
Qui n'avez eu de telz maulx les armes. 

Et plus n'en dy. 

121. Quant de chascun le débat l’entendi 
[289] Ce que l'ung dit et l'autre deffendi 

Sy que nul d'eulx pour mat ne ce rendi, 

Lors leurs devys 

122. Mis en escript, car il me fut advys 
Que bien valloit î'escript estre remys 
Au jugement de celle ou Dieu a mys 

Sens et sa van ce. 


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— 271 — 


123 . Beaulté, vertus, parfaicte congnoissance, 

Autant qu'en dame que je congnoisse en France. 

Nul ne la peult louer a souffisance 
N'assez en dire. 

Pour elle j'ay voulu ce livre escrire 
Luy suppliant qu'elle le vueille lire 
Pour en juger et excuser les faultes. 

Peu savant suis en matière si haulte 
Et parle ainsi d’amour par ouyr dire. 

Le manuscrit français 2152 (anc. 7979, 3 . 3 Colbert 5182) appartenait à un 
seigneur de Saligny. Au fol. 1 v°, se trouvent les armoiries coloriées : de gueules 
à 3 tours d'argent ajourées de sable , et la devise N*an doutes. 

On relève les mômes armoiries et la même devise au fol. 101 v° du manuscrit 
français 3939 de la Bibliothèque nationale. Ce volume appartenait à Renaud- 
Lourdin de Coligny, dit de Saligny, seigneur de Saligny, baron de la Motte-Saint- 
Jean, de Beaumont, du Rousset, etc., chambellan des rois Charles VIII, Louis XII 
et François I er , né en 1478, mort en 1547 l . On lit au fol. 101 v° : 

La devise des troys cousins germains : 

A mon retour, de Chastillon 
Il se fera, Andelot 
N'an doutes, de Saligny. 

La devise des Saligny se retrouve dans les manuscrits français 6169 et 19128 
de la Bibliothèque nationale. 


621 . Fol. clxj. La complainte du prisonnier d'amours /aide au jardin de plaisance. 

Prés de ma dame et loing de mon vouloir, 

Plain de désir et crainte tout ensemble... 

Une édition séparée, extraite du Jardin de Plaisance , a été publiée vers 1540 
avec le même titre : La complainte [| du prisonnier d'amours || /aide au Jardin 
de || plaisance a . 

Nous renvoyons à la notice sur la Complainte du prisonnier d'amours parue dans 
les Mélanges offerts à M. Emile Picot 3 . 

Poème factice formé de 14 rondeaux d'Alain Chartier. Le titre est fourni par le 
premier vers du troisième rondel. D'après le manuscrit du Musée britannique, 
Add. 21247, la devise amoureuse de l'auteur du Livre des quatre dames était pré¬ 
cisément : Au povre prisonnier. 


1. P. Anselme. Histoire généalogique, t. VII, p. 157. 

2. Catalogue Rothschild, t. IV, p. 569. 

3 - Paris, 1913. t. II, p. 155-162. 


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— 272 — 

I. Prés de ma dame et loing de mon vouloir, 
Plain de désir et crainte tout ensemble... 

MANUSCRITS I 

Berlin, m*. Rohan, fol. 93 v°. 
Clermont-Ferrand, n° 249, fol. 18. 
Grenoble, n° 874, fol. 58 v°. 

Vienne (Autriche), n° 2619, fol. 77 v°. 

édition : 

Lœpelmann, Handschrift Rohan , n° 186. 


II. Comme(nt) osera la bouche dire 
Ce que le cueur pas penser n'ose... 

manuscrits : 

Grenoble, n° 874, fol. 61. 

Berlin, ms. Rohan, fol. 102. 

Vienne (Autriche), n° 2619, fol. 77 v°. 

édition : 

Lœpelmann, Handschrift Rohan, n° 222. 


III. Au povre prisonnier, ma dame, 

Donnez l'aumosne de liesse... 

MANUSCRITS : 

Grenoble, n° 874, fol. 61. 

Lyon, n° 1235 (anc. 1107), fol. 174. 

Berlin, ms. Rohan, fol. 100 v°. 

éditions : 

Lyon-Revue , recueil littéraire, historique et archéologique , Lyon, 1886, 
p. 313 (article de M. Clédat). 

Lœpelmann, Handschrift Rohan , n° 215. 


IV. Ou mon désir m'assouvira 
Ou ma tristesse m'occira.. 

MANUSCRITS ! 

Berlin, ms. Rohan, fol. 102. 
Clermont-Ferrand, n° 249, fol. 18. 
Grenoble, n° 874, fol. 61 v°. 

édition : 

Lœpelmann, Handschri/t Rohan , n° 223. 


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— 273 — 


V. Tr(a)istre plaisir et amoureuse joye, 

Aspre doulceur, desconfort envieux... 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 9346, fol. 74 v° (avec musique). 
Berlin, ms. Rohan, fol. 65. 

Florence, Laurentienne, Ashb. 51. 

Grenoble, n° 874, fol. 59. 

Londres, Mus. brit., roy. 20. C. VIII, fol. 165. 

Lyon, n° 1235, fol. 172. 

Oxford, Bodl., can. 213, fol. 56 (avec musique de Binchois). 

éditions : 

Lyon-Revue, 1886, p. 320. 

Gasté, Chansons normandes, p. 108. 

Gérold, Le manuscrit de Bayeux , art. 73. 

Stainer, Du/ay ..., art. 9. 

Lœpelmann, Handschrift Rohan, n° 60. 

E. Droz et G. Thibault, Poètes et musiciens du XV e siècle, p. 29. 

Jean Regnier, bailli d’Auxerre, introduisit textuellement dans son poème la chanson 
d’Alain Chartier et composa, sur le même thème, une « chanson en ballade layée ». Édit. 
E. Droz, p. 154 et 235. 

VI. Mort sur le pied faignant d'avoir plaisir, 

[Et] estrainé de doloreuse estraine... 

MANUSCRITS .' 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1722, fol. 90 v ü . 

Berlin, ms. Rohan, fol. 86. 

Grenoble. n° 874, fol. 59. 

Lyon, n° 1235, fol. 174 v°. 

éditions : 

Rondeaux en nombre de troys cens cinquante (Bibl. nat.. Rés. Ye 1401, 
fol. xxiiij v°). 

Chasse et départ d’Amours (Bibl. nat., Rés. Ye 300). 

Lyon-Revue, 1886, p. 318. 

Lœpelmann, Handschrift Rohan, n° 151. 

VII. Riche d’espoir et povre d'autre bien, 

Comblé de dueil et vuide de liesse... 

MANUSCRITS : 

Berlin, ms. Rohan, fol. 102 v°. 

Grenoble, n° 874, fol. 59 v°. 

Lyon, n° 1235, fol. 172. 

éditions : 

Lyon-Revue , 1886, p. 312. 

Lœpelmann, Handschrift Rohan, n° 224. 

PLAISANCE iS 


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— 274 — 


VIII. Je n’ay povoir de vivre en joye. 

Et si ne puis mourir de dueil... 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1719, fol. 93 v°. 

— Chansonnier de Laborde, fol. 17 v° (le supérius manque). 

Berlin, ms. Rohan, fol. 65. 

Grenoble, n° 874, fol. 62. 

Londres, Mus. brit., roy. 20. C. VIII, fol. 165. 

Lyon, n° 1235, foi. 172. 

éditions : 

Lyon-Revue, 1886, p. 317. 

Lœpelmann, Handschrift Rohan , n° Or 

IX. Helas I ma courtoise ennemye 
Et mon gracieux adversaire... 

manuscrits : 

Aix, n° 168. 

Grenoble, n° 874, fol. 62. 

éditions : 

Rondeaux et ballades inédits d'Alain Chartier , d’après un manuscrit 
de la Bibliothèque Méjancs à Aix, publiés par Philippe] de Ch[cn- 
nevières], Caen, 1846. 

Lœpelmann, Handschri/t Rohan, n° 220. 


X. Je vis le temps que je souloyc 
Vivre en espoir d estre joyeux... 

MANUSCRITS : 

Aix, n° 168. 

Grenoble, n° 874, fol. 62. 

édition : 

Rondeaux et ballades inédits d’Alain Chartier, Caen, 1846. 


XI. Dehors ! dehors ! Il vous fault deslogicr 
Désir sans joye et pensee d’amours... 

MANUSCRITS : 

Berlin, ms. Rohan, fol. 101 v°. 
Grenoble, n° 874, fol. 60. 

Lyon, n° 1235 fol. 172 v°. 

éditions : 

Lyon-Revue , 1886, p. 315. 

Lœpelmann, Hand^chri/t Rohan, n° 219. 


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- 2 75 - 


XII. Ainsi que bon vous semblera 
Et que vostre plaisir sera... 

MANUSCRITS : 

Berlin, ms. Rohan, fol. ioo. 

Grenoble, n° 874, fol. 64. 

Lyon, n<> 1235, fol. 174. 

éditions : 

Lyon-Revue , 1886, p. 313. 

Lœpelmann, Handschri/t Rohan , n° 213. 


XIII. Quant ung jour suis sans que je voye 
Ung seul plaisir que mes yeulx ont... 

MANUSCRITS : 

Grenoble, n° 874, fol. 64 v°. 

Berlin, ms. Rohan, fol. 103. 

édition : 

Lœpelmann, Handschri/t Rohan , n° 226. 


XIV. Au feu I au feu ! qui trestout mon cueur ard 
Par ung brandon tiré d'ung doulx regard... 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 9346, fol. 51 v° (avec musique). 
Berlin, ms. Rohan, fol. 103. 

Grenoble, n° 874, fol. 60 v<>. 

éditions : 

A. Gasté, Chansons normandes , p. 78. 

Gérold, Le manuscrit de Baveux , art. 50. 

Lœpelmann, Handschri/t Rohan , n° 227. 


622 . Fol. clxij. Ç La lamentacion /aide au jardin de plaisance du povre serviteur 
sans guerdon. 

Souspirs tirés par desconfort 
Pe l’abisme de mes pensees... 

manuscrits : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1661, fol. 153-157. 

— Bibl, nat., fonds franç. 2364, fol. 217-223 v°. 

Bruxelles, Bibl. royale 10966, fol. 133-140. 

— Bibl. royale 11020, fol. 1-17. 

La Haye, n 9 779. 

Londres, Brit. mus., Roy. 19. A. III, fol. 69-76. 


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Le petit poème intitulé le Serviteur sans guerdon renferme les lamentations d’un 
amoureux sur la dureté d'une dame dont il ne peut obtenir merci. Pour ne pas 
compromettre son « ennemye mortelle », le serviteur sans guerdon est obligé de 
feindre d'être joyeux. Mais ses yeux rient sans joie et 

Malgré la bouche souspirs parlent 
Et malgré les yeulx lermes saillent. 

L'amant, désespéré, est résolu à mourir et il supplie la dame de prier pour lui. 
Voici les derniers vers, corrigés d'après les manuscrits : 

Et quant vous orrez tesmoigner 
Que piteusement mort seray 
Pour vous que tant aymé au ray. 

Je vous requier 
Et supplie de cueur entier 
Que vous vueillez pour moy prier. 

Se la personne avez haye 
Jusqucs a son jour derrenier, 

Au moins vueillez lame avoir chier, 

Je vous en prie. 

Le Serviteur sans guerdon se termine dans le Jardin de Plaisance par un sixain 
et par le quatrain suivant dans les manuscrits : 

Puis que de ma douleur cruelle 
N'cspoire jamais guérison. 

C’est bien droit que chascun m’appelle 
Le serviteur sans guerredon. 


623 . Fol. clxiiij v°. Comment au jardin de plaisance est /ait débat de l'homme 
marié et de l’homme non marié . 

Pour cuider courroux eschiver 
Et passer temps aucunement... 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 924, fol. 221-228 v°. 

— Bibl. nat., fonds franç. 1661, fol. 100-105. 

— Bibl. nat., fonds franç. 2264, fol. 159-169 v°. 

— Arsenal, n° 3523, p. 83-98. 

Chantilly, n° 685, fol. 158-166. 

La Haye, T. 328, fol. 139-144 v°. 

Saint-Pétersbourg, n° 565, fol. 161-168. 

éditions : 

Édition S. 1 . n. d., car. goth., (Bibl. nat.. Rés. Ye 1438). 
Montaiglon, Recueil de poésies françoises , t. IX, p. 148-163. 


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— 277 — 


Ce poème est intitulé dans les manuscrits le Dit du nouveau marié. Le manus¬ 
crit de Saint-Pétersbourg a l'explicit suivant : « Explicit Resveille qui dort ». 

Ce poème, qui est un éloge du mariage, est un débat entre un célibataire endurci 
et un jeune « sacquement » nouvellement marié. Ce dernier, plaisant et sage, était 
doué de talents divers : il parlait bien, savait faire des contes et des « dictés » et 
toucher de la harpe. C'était « merveilles de l'ouyr ». Après avoir longtemps devisé, 
les deux amis se couchent. Mais le nouveau marié, le cœur tout rempli de son bon¬ 
heur, ne peut se taire. Il fait un vif éloge du mariage et montre à son compagnon 
qu'un homme seul n'est rien. Le célibataire défend sa liberté comme il peut. Le 
mariage l'effraye : 

Tout le cucur de paour me herice 
Quant je pense a celle advanture. 

Les éventualités les plus diverses sont envisagées. Si, au pis aller, la femme 
trompe son mari, le mieux est d'avoir assez de philosophie pour tout prendre en 
gré et pour tout avaler 

Comme lait ou miel en fia] bouche. 

Un « coqu », d'ailleurs, vit aussi longtemps qu'un homme qui ne l'est pas : 

Un coqu qui a bien lourt chant 
Vit autant qu'un rossignolet. 

Le non-marié invoque contre le mariage l'autorité du Roman de la Rose et de 
Matheolus. Mais le jeune « sacquement » a réponse à tout. Peut-être n'avait-il lu 
que la partie de Guillaume de Lorris. Il prétend que dans le Roman de la Rose on ne 
trouve aucune injure contre le sexe féminin. Quant à Matheolus, bigamie seule 
l'inspire : 

Quant est du livre de la Rose 
Il n'en parle que bien a point. 

Et qui bien en entend la glose 1 
Des femmes il ne mesdit point. 

Mais Matheolus fut espoint 
De l'aguillon de bigamye *. 

Pour ce en parle il en ce point. 

Qui le craint ne s'i boute mye. 

Bref, le marié plaide si bien que le célibataire se rend, ce qui met fin au débat. 

Et en ce point nous endormismes. 

Sans plus attendre, le converti donne « cueur et corps à une ». Il en attend 

Le recevoir ou l'escondire. 

1. Jardin de Plaisance : chose. 

2. Jardin de Plaisance : De l’aguillon de son amye. 


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— 278 — 


Il est meme fort pressé. Le poème finit par ces vers : 

Il n’est pas aise qui attend. 

M. de Montaiglon trouve que ce denlief vers fait penser à la « forêt de longue 
attente » et aii refrain : 

Car trop ennuie qui attend. 

• • • 

et il se demande si le Débat du marié et du non-marié n'appartiendrait pas « à quel¬ 
qu'un des poètes du monde littéraire de Charles d'Orléans ». Supposition en l'air, 
que rien ne semble confirmer. Le ton de ce poème n’est pas celui du cercle litté¬ 
raire de Blois. C’est une imitation, lointaine il est Vrai, du Débat Réveille-matin 
d’Alain Chartier, dans lequel deuk compagnons, couchés dans le même lit, discutent 
jusqu’à l'aube de choses amoureuses. 


624 . Fol. clxvj v°. Le livre des dames a icelles baillé au jardin de plaistiricè foUf les 
instruire et doctriner en quelle maniéré elles se doivent tenir et contenir. 

Ce livre petit priseront 
Dames se amendées n’en sont... 

Ce Livre des dames n'est autre qile le Chasloiement des dames de Robert de 
Blois suivi de la Chanson d'amours. 

Sur les manuscrits, voir uii article de Paul Meyer dans la Èomahia, t. XVI, 
p. 43, et l'édition des oeuvres de Robert de Blois publiée par Jacob Ulrich, Robert 
von Blois sdmmtliche Werke. Berlin, 1889-1895, t. I, p. xiv-kv ; t. III, p. V-Vi. 

Le Chasloiement remplit les feuillets clvij à clxx. Il a été publié par Méori, d ; àprès 
le manuscrit de la Bibl. nat., anc. 7218, aujourd’hui fonds franç. 837, FabliauX 
et contes , t. II, p. 184-208, et par Jacob Ulrich. Ouv . cit. t t. III, p. 57-78. 

Une analyse de ce poème a été faite par M. Ch.-V. Langlois, La vie en France 
au moyen-âge d'après quelques moralistes du temps. Paris, Î908, p. 173-183. 

Dans l'édition de Jacob Ulrich, lé Chastoitment à 757 vers. Dans le Jardin de 
Plaisance les vers 91-146, 158, 188, 307-8, 613, 724-5 manquent. 

Le Chastoiement est immédiatement suivi, fol. clxx v°, de la Chanson d'amours 
sans titre : 

En la fin de mdn livre vueil 
Parler d’amours ou derrain fueil... 1 

Dans les premiers vers, Robert de Blois se nomme en toutes lettres : 

Robert de Bloys y fist escrire 
Ce qu'il en sceust penser et dire... 


1. Jardin de Plaisance : seueil. 


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— 279 — 


Publiée par Méon, à la suite du Chastoiement, Ouv. cit., t. II, p. 208-219, et par 
Ulrich, Ouv. cit., t. II, p. 102-143, la Chanson d'amours a 357 vers. Dans le Jardin 
de Plaisance les vers 175-180, 257-260, 287-8, 313-4 manquent. 

Le Chastoiement et la Chanson d'amours sont copiés à la suite l'un de l'autre 
dans le manuscrit franç. 837 de la Bibl. nationale que Méon a publié. Le compila¬ 
teur du Jardin de Plaisance a eu sous les yeux un manuscrit semblable, qu'il a rajeuni 
et qu’il n'a pas toujours compris. La Chanson d'amours figure dans un manuscrit 
du xv e siècle, celui de Westminster abbey. 

Il est intéressant de trouver des poèmes du xm® siècle dans une anthologie 
de 1501. U faut croire que les règles du savoir-vivre et des bonnes manières écrites 
par Robert de Blois pour les lectrices du xm® siècle étaient encore valables pour 
celles du xvi®. Faut-il prendre à la lettre toutes les recommandations de Robert 
de Blois ? M. Langlois se demande si ce poète n'a pas formulé certaines conseils 
« pout provoquer le sourire » et si certains préceptes ne doivent pas être entendus 
cum grano salis. Dans ce cas, a une foule de conclusions tirées, pour l'histoire des 
mœurs, des œilvres de notre auteur (et de bien d'autres) tomberaient, tout d'un 
coup, à plat »L 

La supposition de M. Langlois, si intéressante d’ailleurs, est-elle juste ? Nous 
croyons qu'il faut prendre au sérieux les préceptes de propreté et de convenance 
élémentaire qui nous étonnent et nous font sourire aujourd’hui. Mais ce n'est pas 
le lieu ici de développer ce point de vue. 


625 . Fol. clxxij v°. Cy après ensuit comment au jardin de plaisance deux dames, 
l'une nornmee la noire et l’autre la tannee, se debatent de leurs amours. 

Mes dames, j'apporte nouvelles 
De deux femmes cointcs et belles... 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds frarlç. 25420. fol. r. 

— Bibl. J. de Rothschild, n° 2798, fol. 122. 

Chantilly, n° 685, fol. 123. 

L'Inventaire Montpensier, p. 305, mentionne un « Débat de deux damoiseles en quayers 
liez d'une corde ». 

Sur le manuscrit de la Bibl. nat., qui provient de la bibliothèque du duc de La Vallière, 
on trouve des renseignements dans le Catalogue des livres de la Bibliothèque de jeu M. le 
duc de La Vallière , par Guillaume de Bure, Paris, 1783, t. II, p. 281, n° 2837, et dans Mon- 
taiglon, Recueil de poésies françoises , t. V, p. 258. 

Le manuscrit Rothschild a appartenu au baron Pichon et au comte de Lignerolles. 
Voir Catalogue Pichon de 1869, n° 479, Catalogue Lignerolles, 1S94, n° 23, et Catalogué 
Rothschild, t. IV, p. 101, n° 2798. 


1. Ch.-V. Langlois, Ouv. cil., p. 1G1. 


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— 28 o — 


ÉDITIONS : 

Brunet, Manuel du libraire , t. II, col. 544, énumère deux éditions 
petit in-8 s. 1 . n. d., car. goth. de 20 ff., (Bibl. nat.. Rés. Ye 2972 
et Chantilly, IV. D. 121, voir Delisle, Catalogue , n° 598). 

Le Débat de deux demoysclles, lune nommée la Noyre , l’autre la 
Tannée , suivi de la Vie de Saint H arène et d’autres poésies du 
XV e siècle , avec notes et glossaire [par M. de Bock], Paris, 1825. 

Montaiglon, Recueil de poésies /ratiçoises , t. V, p. 258-304. 


Le commencement du Débat de deux demoiselles rappelle le début de la Belle 
dame sans merci et de VEmbusche Vaillant. Sorti dans la campagne, l’auteur est 
distrait de ses maux par la splendeur des arbres et des fleurs et par le chant des 
oiseaux. Arrivé à « l’huisset » d’un jardin, il a la curiosité d'entrer. Mais il y avait 
là des gens qui faisaient grand bruit. Il s’éloigne et, au bout d'un verger, dans une 
maison isolée, il entend deux femmes qui devisaient. Il « s’embusche » dans un coin 
obscur. Seul un petit treillis le sépare des dames. L'une a une robe « tannée » et 
l’autre est vêtue de noir. Elles disputent pour savoir laquelle est la plus malheu¬ 
reuse. La Noire aime quelqu’un quelle peut « voir d’œil » chaque jour. 

Mais mon fait est si malheureux 
Que n'ay de luy liens a mon vueil. 


L’ami de la Tannée est absent ; elle ne le voit « nulle fois » ni ne l'entend ; elle 
n'en a pas de nouvelles. 

Les juges du débat sont la duchesse d'Orléans et sa « seur », la comtesse d'Angou- 
lême, c'est-à-dire Marie de Clèves, mariée en 1440 à Charles d’Orléans, morte en 1487, 
et Marguerite de Rohan, mariée en 1446 à Jean d’Orléans, comte d’Angoulême, 
morte en 1496. 

L'auteur est inconnu. A la fin du manuscrit Rothschild on lit plusieurs ballades 
et rondeaux, dont on peut voir la liste dans Montaiglon, Recueil , t. V, p. 263-3, et 
dans le Catalogue Rothschild, t. IV, p. 102-104. Une ballade et deux rondeaux portent 
le nom de Simonet Caillau dans l’édition des Poésies de Charles d'Orléans de J.-Marie 
Guichard. M. de Montaiglon a cru pouvoir en conclure que le Débat des deux demoi¬ 
selles était peut-être de ce rimeur. 

Il est visible que ce poème sort du groupe littéraire de Charles d'Orléans. Le 
choix des deux juges en est une preuve, ainsi que différentes allusions, à la devise, 
par exemple : « Riens ne m'est plus », ou au thème connu : 

Je meurs de soif emprés du puis. 


On relève dans le Débat des deux demoiselles un vers tel quel de la Belle dame 
sans merci : 


Je seuffre mal ardant et chault K 


1. Jardin de Plaisance, fol. clxxv. Œuvres d’Alain Chartier édit. Du Chesne, p. 507. 


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— 28 i — 


Le manuscrit Rothschild contient immédiatement à la suite du Débat de la 
noire et de la tannée un poème dont le titre est à peu près semblable, le Débat d'entre 
le gris et le noir , qu’on retrouve dans le manuscrit franç. 25421 de laBibl. nationale 
(anc. La Vallière 195) x . Il commence par ces mots : 

Couchié soubz saules tout envers 
Sus ung lit basti d’erbe vert... 

En dépit de leur voisinage dans le manuscrit Rothschild et de la ressemblance de 
leurs titres, ces deux poèmes sont complètement étrangers l'un à l’autre. On peut 
croire, à divers indices, que le Débat du gris et du noir a pour auteur le jeune Aymé 
ou Aymon de Montfaucon, l’auteur du Procès du banny à jamais du Jardin d’Amours 
contre la volonté de sa dame , qui devint, quelques années après, en 1491, évêque 
de Lausanne. 


626 . Fol. clxxix. Comment au jardin de plaisance ung des amans descript la com¬ 
paraison des biens et des maulx qui sont en amours. 

L’honneur d'amours et de noblesse, 

Le passe temps et la liesse... 

Poème inconnu d'autre part, qui ne renferme aucun renseignement sur la date 
de sa composition ni sur l’auteur. Ce rimeur anonyme était, on peut le croire, quel¬ 
que honnête ecclésiastique qui, à l’exemple de Guillaume Alexis, tenait à insister 
sur les « advantures adverses » du train d'amour. Il faut relever ses jugements sur 
l'auteur du Blason de jaulses amours , sur Mathéolus et sur Jean de Meun. Guil¬ 
laume Alexis, dit-il, a bien parlé des excès d’amour : 

Assez en parle par raison 
Le moyne qui fist le blason 
Intitulé faulses amours. 

Mais seulement son oraison 
Ne dressa qu'a la desraison 
D’Amours et aus estranges tours 
Dont il en alegua de lours. 

Je ne sçay si en son vivant 
Il y avoit usé ses jours. 

Mais il parla comme sçavant. 

Mais tout savant qu'ait été le moine de Lyre, l’auteur de la Comparaison des 
biens et des maux d'Amours, ennemi des redites, ne répétera pas ses arguments. Il 
s’efforcera de dire 


La chose autrement qu’il n’a dite. 


1. Voir Catalogue La Vallière , t. II, p .284, n° 2842. 


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282 — 


Quant à Mathéolus, ce serait « paine perdue » de reprendre ses « dictz » : 

Matheolus parle comme ung 
Ma[r]chant qui congnoist en commun 
Amours tellement quellement. 

L'auteur se propose de 

Suyvre le rommant de la rose. 

Il trouve, et, dit-il, c’est l’avis général, que maistre Jean de Meun a fort bien 
décrit la vertu et le vice d'amour. On ne pourrait prendre meilleur modèle, et il 
répète : 

Suivre le vueil, mais que je puisse. 

A vrai dire, il n’a guère pu. La tâche était trop haute pour ce rimeur plein de 
bonne volonté mais de peu d'expérience. Il a vraiment raison de parler de son 
« imbecilité » et de réclamer l'indulgence des « liseurs ». Il espère d’ailleurs faire 
une œuvre « durable a tous jours ». 

Pour bien montrer que le train d'amour est divers, l’auteur de la Comparaison 
annonce de nombreux o exemples » : 

Et afîin que mieulx je complante 
Ce livret durable a tousjours. 

Par exemples plus de soixante 
Je prouveray le train d’amours. 

En réalité, les soixante exemples promis se réduisent à deux : Lameth, le a chief 
primitif des bigames » et Nembrot qui éleva la tour de Babel. 

Après avoir parlé de l’amour en général qui est « une mélodie » et qui fait « l'homme 
sçavant », l’auteur de la Comparaison tente de montrer comment naquit amour, 
dans un chapitre intitulé : 

C Comme Dieu le pere , le filz et le saint esperil devant que creer le monde estoient 
gardans amour entre eulx , laquelle est indeficiente , et par amour créèrent le monde . 

Mais, dans les vers qui suivent, il n’est pas question de Dieu le père, du Fils 
ni du Saint Esprit. Le rimeur anonyme raconte comment le gTand dieu Jupiter 
et « son amoureuse » Minerve créèrent la lumière et du même coup « amour par- 
faicte ». Puis Jupiter et « s'amye », désireux d’avoir de « beaulx serviteurs glorieux », 
créèrent les anges. Mais l'orgueil perdit leur capitaine Luciabel, qui, avec ses acco- 
lytes, fut précipité au centre de la terre et d’ange devint diable. 

Le poème se termine par une ballade : 

Que prouffita a Luciffer 
Re/r : Tous les desloyaulx amoureux, 

et par trois ou quatre strophes qui copient le douzain de Guillaume Alexis, 
4 aabaabbb 8 abba. 


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— 283 — 


• 87 . FoL clxxxij v°i <[ Comment au jardin de plaisance l'amoureux est au purga¬ 
toire d'amours et privé de joye . 

A la saison que Silla renouvelle 

Ses doulx trambletz 1 pour mieulx cythariser... 

MANUSCRITS : 

Paris, Arsenal 3113, fol. 38 v°-5ô. 

Chantilly 506 (anc. 897), fol. 11-28 v°. 

édition : 

Le purgatoire da || tnours avec, trois bel || les ballades de fortune. Paris, 
s. <*., in-12, 20 ff., sign. À-Bviiij, Ciiij (Versailles, Fonds Goujet, 
16g, in-12 : Chantilly, IV. D. 58, Catalogue Delisle , n° i6at) f , 

Le Purgatoire d’amoure est daté de 1501 dalis le Jardin de Plaisance. On lit 
à la fin du maiidement de Cupido (fol. clxxxvj y 0 ) : « Donné en îiostte aerin palais 
l’an cinq cens et ung, et de nostre deifique régné le quatricsme ». Cette date, qül 
est celle de la publication du Jardin de Plaisance , a été mise là par le compilateur 
de l'anthologie en lieu et place d'une date plus ancienne. Oh lit dans les manus¬ 
crits : « Donné en nostre aerin palais le premier jour de may l’an de nostre deifique 
régné six mille six cens soixante et trois ». Plus haiit, line supplique est datée du 
« premier jour du joyeux mois l’an soixante et trois ». On peut probablement dire 
que le Purgatoire d'Amours date, non pas de 1501, mais de 1463 s . 

L'auteur du Purgatoire d'Amours est inconnu. Les éditeurs des Mémoires d'Oli- 


1. Jardin de Plaisance : timbres. 

2. Les trois ballades publiées à la suite du Purgatoire d’amours sont les suivantes ; 

I. Je constance faiz a tous assavoir 
Refrain : 

Telz sont les jeuz dont elle scet jouer... 

C'est la première ballade du Régime de Fortune de Michault Taillevent. 

II. Les biens mondains, les hommes... 

Refrain : 

Ce n’est que vent de la gloire du monde. 

Seconde ballade du môme Régime de Fortune. 

III. Sur lac de dueil, sur rivière ehntiieuse 
Refrain : 

En demostrant qu’elle n'est pas es table. 

Quatrième ballade du Régime de Fortune. 

3. Le manuscrit de l’Arsenal 5113 date lui-même de i486. On lit à la fin, fol. Ixij v° : « Ce 
livre fut fait et escript au Chastel de Carlat par le commandement de Monseigneur de Châs- 
telus, gouverneur de Carladès, par moy Jehan Léger, son treshumble serviteur, et fut achevé 
le XV* jour de juing l’an mil CCCCIIIJ XX et six». Le même « escripvain » avait achevé de copier, 
le 24 novembre 1485, pour le même seigneur, François Foucault, seigneur de Chastellus et de 
Croe, le Livre des douze périls d’enfer , traduit pas Pierre de Callemesnil, et la Passion de N.-S. 
Ihesus Christ de Gerson. Bibl. nat., fonds français 448 (anc. 7036). Voir P. Paris, Les manuscrits 
françois de la Bibliothèque du Roi , t. IV, p. 164-170. 


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— 284 — 


vier de la Marche, MM. Beaune et d'Arbaumont, dans leur Notice bibliographique 
sur les ouvrages de cet écrivain \ lui attribuent avec « certitude » le Purgatoire 
d’Amours, qu’ils intitulent : Entretien de Cupido et de l’Amant. Attribution sans 
preuve aucune et sans vraisemblance. S’il fallait faire une supposition, nous 
dirions plutôt, à juger d'après le fond et la forme de ce produit en vers et en 
prose, qu’il est digne de Pierre Michaut. Il est à remarquer que le manuscrit 
de l’Arsenal contient, fol. 1-38, la Dance aux aveugles, et fol. 38 v°-5Ô, le Purga¬ 
toire d’Amours. 

L'auteur, en songe, assiste à une séance du Parlement d'Amours, dont Loyauté 
était le président et Celer, secrétaire. Un amant se présente qui lit une requête 
rédigée par Humble Vouloir : il demande qu'on veuille bien lui restituer son cœur 
qu’il avait cédé jadis au dieu d'Amours « par donnacion entre vivans ». 

Dans son plaidoyer, l'amant énumère les victimes classiques de l’amour, à 
commencer par Narcisse et Echo. Il n’oublie pas Sigismonde et Guiscart et la 
Châtelaine « du Vergier ». La strophe qu'il consacre à Lucrèce et Euryale mérite 
d’être citée : 

Que dirons nous de Lucresse sans noise [lisez : senoise] 

Qui de grant cueur Curialus [lisez : Eurialus] ayma ? 


Ccstc histoire nous en a mise sus 
Et la racompte le grant Valerius. 

On lit dans les manuscrits : 

Ceste histoire nous en a mise sus 
Maistre Eneas qui est pape Pius. 

Pourquoi donc le compilateur du Jardin de Plaisance a-t-il cru devoir changer le 
pape Pius en « le grand Valerius »? La leçon des manuscrits montre bien que le 
Purgatoire d’Amours a été écrit du vivant de Pie II qui mourut en 1464. Cela nous 
ramène à la date de 1463. 

Parmi les victimes de l’amour, l’auteur de Purgatoire cite l’amoureux de la 
Belle dame sans merci et celui de Y Hôpital d’Amours : 

L’amant priant la dame sans mercy 
Finablement mourut en desespoir. 

Ung autre fut prouchain de mort aussi 

Ayant le cueur de mesmc mercy [/«se* : tout nercv] 

Quant il trouva en l’ospital Espoir. 

Enfin, l'auteur du Purgatoire mentionne une autre victime de l’amour, sur¬ 
nommé par Cupido « l’aquariatre » : 

Mais, comme fut [a] ung aultre amoureux 
Par morte amour, a vostre occasion, 

1. T. I, p. CXLIV. 


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— 285 


Il monstra bien qu'il estoit douloureux 
Quant il vous dist tant de motz rigoreux. 

Nous ne savons qui était le personnage surnommé l'acariâtre. Quant à « l'autre 
amoureux », il s’agit ici probablement de « l'outré d'amours par amour morte ». 

Cupido juge que l’amant dont il vient d’entendre les plaintes est un rebelle et 
un furieux. Il ordonne de le mettre au purgatoire. Ce lieu se trouve « au dernier 
coing » du palais d'Amours. Le poème finit par une description du purgatoire, du 
« lac de plours », du puits de Malebouche, du gouffre de désespoir. L'amant subit là 
le supplice « qui est de longue attente ». 

Ce genre de supplice fait penser à la « forêt de longue attente ». Le vers 

Bien assailly et tresbien deffendu 1 

rappelle de même deux rondeaux du roi de Sicile et du duc d'Orléans 2 . 


628 . Fol. clxxxvj [bis] v°. <[ Comment le dieu d'amours pour resjouyr amans et 
amantes qui sont au jardin de plaisance ordonne faire une chasse appellee 
la pipee du dieu d'amours. 

Ou temps de ver que toutes nacions 

Ont les cueurs gays, jolis, plaisans et beaulx... 

Poème dont on ne connaît ni manuscrit ni édition. Il est exactement daté du 
I er mai 1501 : 

L’an mil quatre cens unze avec nouante 
Le premier jour de may tresgracieux. 

Que la terre mect tout[e] son entente 
A soy parer d'habiz moult précieux... 

Mais une question se pose. Pouvons-nous ajouter foi à ce renseignement ? Nous 
avons vu comment le compilateur du Jardin de Plaisance a rajeuni la date 
du Purgatoire d'Amours. A-t-il fait de même pour la Pipée ? Il est prudent de se 
demander s'il n'a pas, d'une façon ou d’une autre, modifié la date de ce poème, si, 
par exemple, il n’a pas écrit nonante pour cinquante ou soixante. Aucune allusion 
précise ne permet de trancher la question, mais nous croyons pouvoir dire que le 
ton général du poème ne semble pas correspondre à la date de 1501. 

Une allusion à la ville de Blois est intéressante. L'auteur de la Pipée raconte 
que dame Courtoisie, fille d'Honneur, était renommée a en ceste ville de Blois » : 

Une dame prés d’Amours ay choisie 

Que Courtoisie 


1. Jardin de Plaisance, fol. clxxxvj v°. 

2. Poésies de Charles d’Orléans , édition P. Champion, t. II, p. 297-8. 


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— 286 — 


On appelloit pour ses doulx faictz courtois. 

Pas ne sembloit les ducz [lisez : durs] Qaraïuentoys 
Qui par crueur ensemble se dévorent. 

Extraictfe] fut d'Honneur, le bon bourgois, 

Et [re]nomme[e] en la ville de Blois 
Ou toutes gens par elle se Uonnorent 1 . 

Il y a là, serahle-t-il, une allusion à la cour de Charles d’Orléans, à Blois, où dame 
Courtoisie régnait en effet et donnait à la ville une physionomie originale et une 
réputation à nulle autre pareille*. 

A deux reprises, il est question dans la Pipée d 1 Amours de la « prison de longue 
attente » s . D'autre part, la pipée est un thème qu’on retrouve chez Charles d’Or¬ 
léans lui-même : 

Laissez aler ces gorgias 
Chascun yver a la pippée... 4 

L’auteur inconnu cite Hygin, Macrobe, Juvénal, Virgile, Tite-Live et Boc- 
cace. Il ne manquait ni de verve ni d'esprit. 

Le poème débute par un éloge du a temps de ver » ou la nature tout entière 
« s'esgaye », les hommes comme les animaux. Partout des fleurs, les oisillons « des- 
goysent ». Le rimeur parle de Cérès, l'opulente déesse 4 , et de Bacchus « aomé de 
florissant couronne ». 

A propos de Bacchus, il raconte, d’après Hygin e , l’histoire « auctentique » 
d’Icarius, qui conduisant un « plaustre » 7 rempli de vin doux, voulut « substanter 
Je pavrç genre humain » et que « bergers jeterent en un puits » 8 . 

Puis, l’auteur de la Pipée en revient à son « intencion », c’est-à-dire à son sujet. 
Il raconte que le dieu d'Amours vint le saisir par la main dans son lit, tandis qu’il 
dormait, et lui fit prendre plume et papier pour écrire exactement tout ce qu'il 
allait voir. Le dieu le conduisit dans un vert pré, aménagé par Jeunesse, où il se 
proposait de tendre « ses gluons » et ses filets pour attraper les humains. Une foule 
était là de gens les plus divers, mâles et femelles. Il y avait même des prêtres et 
des moines qui quittaient « les sainsi lieux solitaires » pour devenir « serfs d’Amours », 

Amours constate avec satisfaction que sa puissance est éternelle et qu’il règne 
sur les vivants, empereurs ou marchands, riches ou pauvres. H cite quelques 
grands personnages « subjugués » par lui et il conclut en çes termes : 

Conclusion : je suis le plus puissant 
_ Roy terrien dessoubz l’espere rende 9 . 

1. Fol. clxxxviij v°. 

2. Jean de Saint-Gelais appelait le château de Blois « le séjour d’Honneur », P. Champion, 
Vie de Charles d’Orléans, p. ^44. 

3. Fol. clxxxix v° et cxc v°. 

4. Edit. P. Champion, t. II, p. 205. 

5. Jardin de Plaisance : Sezes la pulante doesse. 

6. Hygini Fabulre, cap. CXXX. 

7. Icarius, plaustro onerato..., ad pastores devenit. 

8. L'auteur de la Pipée, confondant Icarius avec Icare, raconte qu’il conduisait son 
« plaustre » à travers les airs. 

9. Fol. clxxxix. 


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— 287 — 


Mais « par maniéré de prendre esbatement », le dieu d'Amours qui veut récréer 
« les joyeulx esperis » de ses sujets, imagine de 

Faire une chasse en forme de pipee 
La ou sera mainte beste pipee *. 

Sur un arbre vert, nommé Déduit, dame Beauté, Oiseuse, Doux Parler et Doux 
Regard déposent des « gluons » et tendent des filets. Aussitôt, des oiseaux de toute 
grandeur, de tous climats, de tous plumages, aussi affamés les uns que les autres, 
se précipitent sur l'arbre. Bel Acçueil les saisit et les fourre dans la prison de Longue 
Attente, gardée par Bien Celer. Là les a povres chetifz » passent leur temps à se 
lamenter, jusqu’à ce qu'Espoir, confort des malheureux, vienne les encourager 
« d'une chanson mignote ». 

Le poème se termine par une « Autre chanson en forme de b(l)alade » : cinq 
strophes qui ne sont ni chanson, ni ballade. La conclusion est désenchantée : le meil¬ 
leur moyen d'arriver à « Jouyssance d'Amours », c'est Richesse. 

L’auteur s'excuse, pour finir, d’avoir décrit « en termes gros et lours » 

U pipee <Ju gentil dieu d'Amours. 

Trois ballades et une chanson sont insérées dans ce poème : 

I. Amours, Amours, je vous fais ma cpmplainte... 

Refrain : 

Plus m'est la mort que la vie necessaire. 

IL En douleur vit qui povrcté guerroyé... 

Refrain : 

Mais c’est la mort que d’aymer sans partie. 

Cette ballade se retrouve dans le manuscrit de la Bibl. nat., français 2206, 
fol. 104, où elle est intitulée : Ballade contre les amoureux. 

III. Tous jeunes gens nourris en grant maison... 

Refrain : 

Car eji Amours n’a foy ne loyaulté *. 

Bibl. nat., fonds franç., 1717, fol. 10 v° : Le mirçuer d } Amours en ballade K et 
fraflÇ. 2206, fol. 105 v° : Aultre ballade contre les amoureux. 

La chanson commence par ces vers : 

Je suis Espoir, doulx et solacieux. 

Plus délicat que la manne des cieulx... 


1. Fol. clxxxix. 

2. A l'envoi de cette ballade ,il est question de Matheolus : 

Prince, jadis f/*s. : je dis] comme Matheolus... 


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— 288 — 


629 . Fol. cxcij [/is. : cxcj]. C Comment au jardin de plaisance Vadvocat des dames se 
treuvc qui obtient arrest pour elles contre [c]eulx qui dient mal d'elles , et ne 
saulvent leur honneur femenin par faulx parler qui treuve faulses paroles. 

En la saison ou les seurs de (P)heton 
Avecques Dempnés et le franc Pallemon... 

Poème de Pierre Michaut, intitulé le Procès de Honneur femenin , en vers et en prose. 
11 est conservé dans le manuscrit de l'Arsenal, n° 3521, fol. 192-215, où il a le long titre 
suivant : 

S'ensuit la déduction du procès de Honneur femenin ou est Vadvocat des dames qui procédé 
en audience de court par devant dame Raison séant pour tribunal a faire justice d'aucuns 
faulx injurialeurs de l'onneur femenin contre lequel par presumpeion temeraire, vollenté inic - 
que, bouche mensonguiere et errouteuse aucunes soullees injures non reférables Hz ont déposé 
et mis en escript, mais par bonne et juste advocacie esdictez dames en la dicte court de dame 
Raison sont pour leur honneur véritablement et decorablemcnt desdictez injures relevees, comme 
il appert par ce dit procez ouquel par articles selon ordre de justice sont les dictez injures accu¬ 
satoires resumees par cedit advccat. 

Ce poème n’est pas daté, mais il est signé. La dernière strophe donne l’acros¬ 
tiche Pierre Michault. Dans le manuscrit, cette strophe est suivie d'un quatrain 
supprimé dans le Jardin de Plaisance : 

Qui le chief prendra 
Du couplet derrenier. 

Mon nom trouvera 
Et soumom entier. 

Le premier chapitre en prose raconte à quelle occasion Pierre Michaut a com¬ 
posé ce poème. Le Procès de Honneur fémenin est non seulement une réponse aux 
attaques anciennes de Juvénal, de Jean de Meun et de Mathéolus, mais c'est une 
protestation contre « aucuns vers en latin » qui venaient de procurer à Honneur 
féminin une « nouvelle lésion et blessure ». Le procès se plaide devant dame Raison 
par l’avocat Vray Rapport, lequel est accompagné de Jean Boccace, de maître 
Alain Chartier et de maître Martin Le Franc. La partie adverse a comme avocat 
Faulx Parler, accompagné de « l’homme non congneu » qui avait composé les vers 
latins, ainsi que de Juvénal, de Jean de Meun et de Michelet [lis. : Matheolet]. Après 
plaidoyers et répliques, dame Raison rend son arrêt : elle juge que « famé est en 
femmes » et que ceux qui écrivent contre Honneur féminin « par prose et par vers » 
sont menteurs et dignes d’enfer. 

Dans le Purgatoire d'Amours qu’on pourrait attribuer à Pierre Michaut, nous 
avons relevé le vers : 

Bien assailly et tresbien deffendu. 

On le rencontre de même dans le Procès de Honneur femenin : 

Bien assailly, bien aussi deffendu *. 

1. Fol. cxcvij v°. 


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— 289 — 


Plusieurs strophes manquent dans le texte du Jardin de Plaisanc 6 t entre autres 
six strophes au feuillet cxcv, 2 e col., entre la strophe 


et la strophe 


Thamar conscript (lisez : conceupt) par adultéré 
Mes maistres qui sont cy presens. 


Fol. cxcviij v°. C Après que le dieu d’Amours eut fait faire au jardin de 
plaisance sa chasse et pipee , et que Vadvocai des dames eut obtenu arrest contre 
ceulx qui ne saulvent honneur femenin par faulx parler qui contreuve faulses 
Paroles , les amans firent balades joyeuses et amoureuses , ainsi qu'il s’ensuyt : 


630 . Fol. cxcviij v°. Balades amoureuses. 

Plaintes, souspirs confiz en grief ardure, 
Douleur, tristesse et vie lamentans... 

Refrain : 

D’ung seul regard mon cueur enluminer. 

631 . Fol. cxcix. ü Autre balade. 

Ainsi qu'en may fait la doulce rousce 
Les biens de terre en doulceur amoistir... 

Refrain : 

A luy servir tant comme je vivray. 

632 . Fol. cxcix. Autre balade. 

Puis que pitié est pour moy endormye 
Et doulceur est convertie en durté... 

Refrain : 

Hayr ma vie et dcsirc[r] ma mort. 

Sur ce refrain, voir n° 463. 


633 . Fol. cxcix. Autre balade. 

Povres, maulditz, tristes maulx et dolens, 

Bannys de joye et d'amours reputez... 

Refrain : 

Si prens congié a l'amoureuse vie. 

PLAISANCE I9 


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634 . Fol. cxcix, <£ Aube balade. 

Une belle ente floree 
Laquelle n’est fructifiant... 

Refrain : 

Ung tout seul grain de loyauté. 

636 . Fol. cxcix v°. Autre balade. 

Nature et amours gracy 
De ce que si bel formé... 

Refrain : 

Désir par doulce pensee. 

636 . Fol. cxcix v°. Q Autre balade. 

Pour vivre amoureusement 
En joye d’honneur paree... 

Refrain : 

Amours et dame servir. 

637 . Fol. cxcix v°. <£ Autre balade. 

Ainsi qu’ung cerf qui souvent est chassé 
En la forest des chiens a grant foison.. 

Refrain : 

D’ung veneur [très] soubtil et bien apris. 

638 . Fol. cc. C Autre balade. 

De tout ce qu'on peut dire 
Soient mauldis medisans... 

Refrain : 

Me trahissent par derrière. 

639 . Fol. cc. C Autre balade. 

Dame plaisant ou maint toute bonté, 
Sens et valeur, honneur et courtoisie... 

Refrain : 

Car en méfiait dame nu gist qu’amende. 


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640 . Fol. cc. C Autre balade. 


En prison suis en une tour si forte 
Que je ne sçay se ja en ystray vis... 

Refrain : 

En qui mon cueur a mis toute sa cure. 

641 . Fol. cc v°. Cl Autre balade. 

Dame par qui mainte [s] paine [s] endure 
Durer y vueil a vous servir en grans... 

Refrain : 

Sans vous ne puis avoir ung seul solas. 

642 . Fol. cc v°. Cl Autre balade. 

L'autrier par mélancolie 
En gabant cuydoye aymer... 

Refrain : 

Tel se cuyde chauffer qui(l) s’art. 


643 . Fol. cc v°. Cl Autre balade . 

Rencontré soit des bestes feu gcctans 
Que Jason vit querant la toison d'or... 

Refrain : 

Qui mal vouldroit au royaulme de France. 

MANUSCRITS I 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 2006, fol. 181. 

— Bibl. nat., fonds franç. 2375, fol. 42 
— Bibl. nat., fonds franç. 12490, toi. 98. 

— Bibl. nat., fonds franç. 24315, fol. ni. 

Berlin, ms. Rohan, fol. 39. 

éditions : 

Les Merveilles du Monde , éd. sans ind. typ., fnc. 2 v° (Bibl. nat., 
Rés. Ye 1372). 

Le traicté des eaues artificielles ,... Rouen, Robinet Macé, Bibl. nat., 
Rcs. Te 30 15 A. 

Montaiglon, Recueil de poésies françoiscs , t. V, p. 320. 

L. Pannier, Le débat des hérauts d'armes, p. 4 et 187, avec la réponse 
de John Coke, p. 123. 

Lœpelmann, Handschrift Rohan , art. 31. 

L. Thuasne, François Villon , t. I, p. 272. 

Ballade contre les ennemis de la France, attribuée à François Villon. 


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644 . Fol. cc v°. CE Autre balade. 

On ne tient compte vrayement 
De chose que face ne die... 

Refrain : 

Pour ce que je n'ay point d’argent. 
manuscrit : 

Rome, Vatican, Reg. 1716, feuillet de garde (première strophe). 

éditions : 

Œuvres de Villon , éd. Lacroix, p. 233. 

Campaux, Villon, p. 356. 

Langlois, Notice des manuscrits français de Rome , p. 226, note 1. 


646 . Fol. ccj. CE Autre ballade. 

Estre trop franc et soy fier 
Au beau parler de mainte gent... 

Refrain : 

Avoir tousjours ung pié derrière. 

MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1719, fol. 175. 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 2375, fol. 52 v°. 

éditions : 

Heures à l'usage de Rome , 1517, Jean de Brie, Paris, fol. Ivj 
(4 vers). 

Esperit troublé , art. n. 

Œuvres de Villon , éd. Lacroix, p. 236. 

Campaux, Villon , p. 360. 

Lacombe, Livres d'heures imprimes... p. lxvi (4 vers). 


646 . Fol. ccj. CL Autre balade. 

Il est certain qu’ung jour de la sepmaine 
M’est advenu tresmerveilleuse chose... 

Refrain : 

Tenez vous coy, j’appclleray ma mere. 
manuscrits : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 1719, fol. 163. 
Paris, Bibl. nat., fonds franç. 2264, fol. 57. 


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— 293 - 


ÉDITIONS : 

Fleur de toutes joyeusetez, fol. Aiij. 

Vingt sixiesme livre contenant XXVII chansons , Attaignant, 1548, 
fol. 13. 

Schwob, Parnasse , p. 117. 

Cette ballade a été insérée avec quelques modifications par Sau vigny dans son roman 
des Amours de Pierre Long et de Blanche Bazu , l'an IV, p. 123. 


647 . Fol. ccj v°. H Autre balade. 

Je ne puis plus ainsi que je souloye, 

Car vieillesse m’assault trop durement... 

Refrain : 

Boire sans soif et chevaucher sans selle. 
MANUSCRITS : 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 2275, fol. 54 v°. 
Paris, Bibl. nat., fonds franç. 3939, fol. 27. 
Stockholm, LUI, fol. 17. 

édition : 

Schwob, Parnasse , p. 141. 


648 . Fol. ccj v°. H Autre balade. 

En la forest d'ennuyeuse tristesse 

Ung jour mauldit qu'a part moy cheminoye... 

Refrain : 

L'homme esgaré qui ne scet ou il va. 


éditions : 

Chasse et départ d'Amours, fol. Kiij. 

Esperit troublé , art. 30. 

Poésies de Charles d’Orléans , édit. P. Champion, t. I, p. 88. 
Cette ballade, comme la suivante, est de Charles d'Orléans. 


649 . Fol. ccj v°. Autre balade. 

J'ay esté de la compaignie 

Des amoureux moult longuement... 

Refrain : 

Tout est perdu, c'est a refaire. 


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— 294 — 


ÉDITIONS : 

Chasse et départ d'Amours , fol. Cj v°. 

Poésies de Charles d’Orléans , édit. P. Champion, t. I, p. 89. 

Ballade de Charles d’Orléans. 


650 . Fol. ccij. C Autre balade. 

Ung jour allant m’esbanoier aux champs 

Pour escouter des oisillons les chans... 

Ces six quatrains enchaînés, intitulés Autre balade , sont le début des Regrets et com¬ 
plaintes de la mort du roy Charles VII e derrierement trespassl . Ce poème de 192 quatrains 
enchaînés, se trouve dans le manuscrit de la Bibl. nat., fr. 24435, fol. 87-106. Voici 
la dernière strophe : 

Prenez congié de voz bons jours passez 

Que du feu roy a paine vous passez. 

Dieu lui octroit et a tous trespassez 
Sa gloire, Amen. Jhesus. 

Explicit liber . 

Seuls, les vers consacrés au successeur de Charles VII présentent quclqu’intérêt. Le 
poète recommande à Louis XI «• le pouvre peuple » 

Dont la pluspart n’a son saoul pain bis. 


Si m’esbahis, veu les charges qu’ilz ont, 

Qu'en mer de lermes ton cueur ne noyé et font. 

Les Regrets sont immédiatement suivis dans le manuscrit 24435, fol. 107, du poème de 
Simon Greban, Epitaphes et lamentations du leu roi Charles VII : 

Ou temps de dueil que le roy d’Ilion 
Se vint asseoir ou trosne du lion... 


651 . Fol. ccij. C Rondel. 

Ma dame qui m'avez point 
Au cueur d'une aspre pointure.. 


652 . Fol. ccij. C Autre balade. 

Amant et dame agentie 
Trouvay hier proprement... 

Refrain : 

Puis qu'il vous plaist, je l’agree. 


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663 . Fol. ccij. H Autre balade. 

Nature loue hautement 
Car elle a voulu former... 

Refrain : 

En plaisance me déporté. 

654 . Fol. ccij v°. Autre balade . 

Par trop dormir pert trois vertus ly homs 
Dont il pourroit estre visiblement... 

Refrain : 

Sanation dame et prouffit de corps. 

655 . Fol. ccij v°. Autre balade. 

Aucuns mettent par usage 
Leur estudie a conquester... 

Refrain : 

On n’a que sa vie en ce monde. 

Ce môme refrain se trouve dans une ballade de Deschamps : 

A justement considérer... 

Pakis, Bibl. nat., nouv. acq. franç. 6221, fol. n v°. 

656 . Fol. ccij v°. tE Autre balade. 

Si argent n'estoit plus puissant que nature 
Ne tout le sens qu elle peut doctriner... 

Refrain : 

Suffisamment si argent ne luy aidoit. 

Sur les pièces commençant par ce vers, voir E. Langlois, Recueil d’arts de seconde 
rhétorique, p. 12, n. 5. 

657 . Fol. ccv (lisez : cciij). C Autre balade. 

Pour ce n'est il si doulce nourriture 
Que c'est d'argent grant foison amasser... 

Ballade sans refrain à laquelle il manque une strophe. 


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— 296 — 

658 . Fol. ccv (lisez : cciij). H Autre balade. 

On souloit estre au temps passé 
A l'eglise benignement... 

Refrain : 

Chapperon et chappel en teste. 
manuscrit : 

Paris, Bibl. nat., nouv. acq. franç. 6221, fol. 17. 

édition : 

Raynaud, Œuvres d'Eustache Deschamps , t. V, p. XLI. 

Le même refrain se trouve dans la ballade : 

Doulz Dieux, trop est homs est ourdis... 

Paris, Bibl. nat., fonds franç. 25548, fol. 155. 

659 . Fol. ccv (lisez : cciij). <£ Autre balade. 

Il n'est hom aujourd'huy en vie 
Tant soit d'ignorance contrains... 

Refrain : 

En la taverne que au monstier. 
manuscrit : 

Turin, L. iv. 3, fol. 160 v°. 


660. Fol. ccv v° (lisez : cciij). C Autre balade. 

Tous ceulx qui sont tristes de mon dommage 
Et qui semblant monstrent de moy aymer. . 

Refrain : 

Boire convient qui sa merc n'alaicte. 

édition : 

Schwob, Parnasse , p. 224. 


661. Fol. ccv v° (lisez : cciij v°). <[ Autre balade . 

On a moult parlé des Anglois 
Qui ont esté en ce pais... 


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— 297 — 


Refrain : 

Si tost qu’on parle d'Escot. 

édition : 

Schwob, Parnasse , p. 239. 


662. Fol. ccv v°. (lisez : cciij v°). Comment l'amant yssant du jardin de plaisance 
entra en la forest cuydant avoir plus de joye et il entra en tristesse en plusieurs 
façons. 


Mil quatre cens cinquante neuf 
En avril que l’on voit la fleur... 

Long poème de 5.000 vers environ, dont on ne connaît ni édition ni manuscrit. 

Un passage de la Complainte composée par Simon Greban à l'occasion de la 
mort de Jacques Milet nous apprend que ce poète, dans sa jeunesse, avait composé 
la Forest de Tristesse en l’honneur de sa dame : 

Au temps de son adolescence 
Fit, pour honneur de sa maistresse, 

Ung livre de grant excellence 
Nommé la Forest de Tristesse. 

Ce « livre de grant excellence » est précisément le poème daté de 1459 inséré 
dans le Jardin de Plaisance. 

Nous renvoyons à l’article que l'un de nous a publié dans la Romania, t. XXII 
(ï 893), p. 230-243 : Simon Greban et Jacques Milet 1 . 

Ce qui fait l'intérêt de ce poème, facilement écrit mais démesurément allongé, 
c'est le procès de deux notables adversaires du sexe féminin, Jean de Meun et 
Matheolus. Ces deux « malfaicteurs », prisonniers dans une tour du Chastel d’Amours, 
enchaînés « comme deux pautonniers », 

Faulx hommes et villains facteurs, 

sont amenés devant un tribunal qui, s'il juge sévèrement le « faulx paillait Matheolus » 
et son « villain bouquin tant infâme » appelé le Testament des femmes , a des 
trésors d’indulgence pour Jean de Meun. Ce dernier a composé le Roman de la 
Rose « pour l’honneur de s'amye » que, « en la parclose », il appelait « sa chiere 
Rose » a . C'est ainsi, du moins, que nous entendons les deux vers de la Forest de 
tristesse mal rapportés dans le Jardin de Plaisance : 


1. Sur Jacques Milet, voir un article de M. A. Thomas, intitulé Jaques Milet et les huma¬ 
nistes italiens , paru dans les Studi Medievali , t. I (1904), p. 263-270. 

2. Voir l’article de la Romania, cité plus haut, et les Lamentations de Matheolus, édit, van 
Hamel, t. II, p. clxix-clxxj. Cf. L. Tliuasne, François Villon, t. II, p. 262. 


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— 298 — 


Et m'est advis qu'on f lisez : qu'en] la parclose 
Il la nomma sa chiere rose l . 

On relève une allusion à l'amoureux de la Belle dame sans merci représenté séjour¬ 
nant dans la rivière de Refus : 

lllec viz gésir l’amoureux 
De celle qu’on dit sans mercy. 

Pensif estoit et langoureux 
Et dedans l'eaue tout transi ! . 


663 . Fol. ccxxv. Comment une des dames qui est au jardin de plaisance, fleur de 
rethorique, envoyé une epistre a son singulier amy t grant orateur. 

« Peu de temps a qu'en tes escrips seule a par moy méditant, homme éloquent... » 

Cette pièce et les trois suivantes se rattachent au débat entre les dames de Lyon 
et celles de Paris 3 et comme nous allons voir, elles vont nous fournir le nom de 
l'auteur qui défendit les dames de Lyon contre leurs rivales. Ces quatre pièces 
forment une correspondance en vers et en prose entre un homme de lettres, qui est 
qualifié de a grand orateur », et une de ses amies lyonnaises. Celle-ci, dans une 
épître en prose, loue son correspondant de la a responce faicte en ditz nouveaulx 
pour les dames de Lyonnois, sur certaines faintes et charges par quelque poignant 
escrivain imposées au(x) desavantage de leur honneur ». Tout ce passage est rendu 
compréhensible si on le rapproche de ce que nous avons dit plus haut de cette que¬ 
relle 4 . 

Reconnaissantes, les dames de Lyon remercient celui qui les a défendues, et 
une poétesse, au nom de ses compagnes, lui offre une « chosete » qui est la 
traduction française d’une « epistre assez curieuse ordie en langaige ytalic ». Comme 
il convient, la dame s’excuse de sa « rude pleume » et évoque Sapho, Chris¬ 
tine, Othée et « autres escrivantes ». 


664 . Fol. ccxxv v°. Rethorique composée par ladicte dame. 

Or je reviens au[x]tresenormes faitz 
Dont fortune a tous mes plaisirs deffaitz... 

La « rethorique » traduite par la poétesse lyonnaise aurait pour auteur une 
duchesse de Milan dont deux fils moururent 

L'un par poison, l'autre civilement. 

1. Fol. ccxxiij v°. 

2. Fol. ccxiij v°. 

3. Voir ci-dessus le n° 421. Dictié de Guillaume Crétin adressé aux bourgoises de Lyon. 

4. Voir ci-dessus, p. 207-8. 


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Il s'agit ici d'Isabelle d’Aragon, fille du roi de Naples, qui épousa en 148g Jean- 
Galéas Sforza 1 . De ce mariage naquirent un fils, Francesco, et deux filles, Ippolita 
et Bona. Quand Charles VIII, appelé par Ludovic le More, descendit en Italie, Jean- 
Galéas, malade depuis longtemps, était alité au château de Pavie. Le roi de France 
lui rendit visite et lui promit de s'occuper de Francesco comme de son propre enfant. 
Quelques jours plus tard, le duc mourut 2 après une longue maladie et une vie tout 
entière passée dans les plaisirs et les excès. Faible de constitution et d’esprit, il ne 
s’était jamais occupé des choses du gouvernement et avait de bon coeur, semble- 
t-il, laissé à son oncle, Ludovic le More, le soin des affaires. 

Le cadavre de Jean-Galéas fut exposé dans le Dôme et, bien que sa fin eût été 
prévue, on accusa son oncle de l’avoir fait empoisonner. Sa veuve, après un moment 
de douleur, quitta Pavie et, sur l'invitation de Ludovic le More, rentra à Milan. 
A la chute de l'usurpateur, espérant secrètement une restauration, la pauvre femme 
présenta son fils Francesco à Louis XII, mais le roi garda l'enfant et l'envoya en 
France 3 . Francesco reçut le titre d’abbé de Noirmoutier et mourut, en 1512, d'un 
accident de chasse. 

Séparée de son fils, Isabelle se retira avec ses deux filles à Bari. Bona épousa le 
roi de Pologne et Ippolita mourut en 1501. Mais tous ces événements sont posté¬ 
rieurs au prétendu Lamento de la duchesse. La poétesse lyonnaise déclare n'être 
qu'une traductrice. Il est permis de mettre en doute cette affirmation, car elle est 
fort mal au courant des heurs et malheurs d'Isabelle. Dans « la rethorique », la 
duchesse est faussement appelée Jehanne, et, si elle ne parle jamais de son mari, 
elle pleure la mort de deux fils, de l'aîné qui fut empoisonné et du second qui lui 
fut ravi. 

Le poème tout entier est sorti, peu après 1499, du cerveau de la femme de lettres 
de Lyon. Parmi les poèmes historiques italiens de la fin du xv e siècle et parmi les 
Lamenti , nous n'avons pas trouvé de pièce relative à la mort de Jean-Galéas et à 
l'exil de son fils 4 . 


605 . Fol. ccxxvij v°. <£ La response que jeist le singulier orateur par epistre a 
ladicte dame. 

« Ne m’escrips plus homme éloquent, femme digne de riche plume qui du soef 
basme de lectres distillé par humanité, portes en bouche et main la palme... » 

Le « singulier orateur » remercie la poétesse de « la translacion de ceste plainctive 
epistole de Jehanne de Milan, duchesse jadis, et fille de Cicille sus la perte de ses 
enfans ». 


1. Voir R. de la Sizeranne, Béatrice d'Esle et sa cour, p. 87-115. 

2. Le 21 octobre 1494. 

3. En 1499. 

4. D'Ancona. La poésie popolare italiana, 1878, p. 66-68 et A. Medin e L. Frati, Lamenti 
storici dei sccoli XIV, XV° XVI, 1887-1890, 3 vol. 


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— 300 — 


Après d’interminables louanges exprimées en une langue savante et obscure, 
l'auteur rappelle « celle response par moy n’a gueres a l’honneur des gracieuses 
Lyonnoises a mon povoir mise en avant ». Il annonce une nouvelle œuvre en l'hon¬ 
neur des dames d’Orléans décrivant « la propriété d'une panthère a l’œil plaisante, 
mais de nature deceptive ». 

Mais l’auteur, qui jusqu’ici a gardé l'anonymat, va dans la pièce suivante, donner 
ses initiales, A. V. Ce ne peut être que le rhétoriqueur André de la Vigne, compila¬ 
teur du Vergier d'honneur. 


666 . Fol. ccxxviij v°. {£ A. V. herault des amoureuses entreprises a J. M. facun- 
dissime et tresaffable dame , honneur saluberrime. 

« Prevoiant la cachineuse lecture de ma présent epistre, incapable par la rudité 
du maternel langage et peu fructueux sens d'icelle d’estre par aucun moien... » 

Nous ne sommes pas parvenus à identifier la dame lyonnaise qui se cache sous 
les initiales J. M. Dans le Vergier d'honneur , où de nombreux personnages sont 
cités, nous avons cherché en vain. Peut-être quelque connaisseur d'histoire lyon¬ 
naise sera-t-il plus heureux que nous. 

Dans cette pièce en prose, André de la Vigne louant une fois encore l'esprit de la 
poétesse la compare « a la dame du chasteau a la porte close ». Bientôt il lui écrira 
plus longuement pour l’informer « des adversitez qui, a la distribucion des amoureux 
dons de Venus, me sont par l’industrie de Fol Désir survenues ». 

Il résulte de tout cela qu’André de la Vigne défendit, avant 1501, les dames de 
Lyon contre les attaques des Parisiennes et de leur secrétaire Guillaume Crétin 
et que la Responce /aide par les dames de Lyon 1 et la Reformation des dames de 
Paris 2 sont de lui. 

D’autre part, on voit que la querelle des damés de Paris et de Lyon a précédé 
d’une dizaine d'années celles des dames de Paris, de Rouen et de Milan. 


667 . Fol. ccxxix. Ç Comment au jardin de plaisance Malebouche chasse le chevalier 
dudit jardin de plaisance dont sa dame en meurt de courroux . 

Au temps que Phebus a le cours 
De monstrer sa haulte puissance... 

Poème dont il n’est pas facile de voir le titre, mais qu'on pourrait intituler, selon 
le premier vers de la dernière strophe, Le povre amant desconjorté. 

C'est un dialogue entre un amant et sa dame qui est « la plus belle dame de 


1. Picot. Ouv. cit p. 38. 

2. Picot, Ouv. cit., p. 48. 


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— 3oi — 


France », « la fleur des excellentes », comparable « a une royne ». Malebouche est 
venu troubler leurs amours en répandant partout « ung csclandreux bruit ». L'amou¬ 
reux met la dame au courant de ces « brouetz ». Malebouche va répétant : 

Que certes vous n'estes pucelle. 

A quoi la dame répond : 

Pucelle, quoy ? Il ment le traistre 
Par sa mauldicte gorge infaicte. 

Je le suis et veulx encore estre... 

Pour faire taire les médisants, l'amoureux juge prudent de quitter sa dame. 
Celle-ci se lamente, pleure, crie et meurt. 

Le povrc amant desconforté 
S'en alla moult piteusement. 

Puis la dame, d’autre cos té. 

En sa chambre semblablement, 

S’alla plaindre ainsi tristement 
Qu'un cucur qui a la mort se pasine. 

Voire si tresorriblement 
Qu'en trois jours elle rendit l’amc. 

Le poème finit là. Pour rattacher le Povre amant desconforté au poème suivant, le 
compilateur du Jardin de Plaisance , ou un autre rimeur, ajouta la strophe : 

C'estoit pitié que de la veoir 
Doulouser, crier et complaindre... 


Et pour la mort plus tost attaindre 
Se prist a l'appeller ainsi. 


668 . Fol. ccxxxj. <£ Comment la dame se complaignant douloureusement en requérant 
la mort et depriant , soudainement la vint frapper de sa dardre mortelle dont 
piteusement elle mourut. 

O Mort, détestable et acreuse 
Que ne viens tu m'executer... 

Une dame, séparée de son ami par les médisants, se lamente, invective la mort 
et trespasse. 

C'estoit la fleur des beaultés souveraines. 

Le paragon des visages plaisans... 

Le répertoire aux joyeuses sornettes... 

C’estoit le moulle des petites trongnettes. 


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— 302 — 


Quant à son « tresloyal amant », 

C'estoit des bons l'affronté vestibule. 

Des gracieux le bieneoreux recueil, 

Des vaillans gens l’embrasé turtibule... 

Et le séjour de tout le sang royal. 

A « l’obseque » de la dame assistent « tous les nobles du sang ». Informé du décès 
de son amie, l'amant, venu « la ou estoit le corps latibulé », tombe deux fois pâmé. 
Il « estoit dit en tous ses faitz l'oultré ». L'acteur termine le poème par ces vers : 

Et m’en allay en tout ou en partie 

Mettre cecy soubz propos directeur, 

Prés de la vigne en cler fruict my partie. 

Le surplus fit ung tresnoble orateur. 

Ces quatre vers sont instructifs. On voit que ce poème a été composé ou arrangé 
pour servir de prologue au numéro suivant qui a pour auteur « ung tresnoble ora¬ 
teur », c'est-à-dire à L’Oultré d’Amours de Georges Chastelain. 

On voit aussi par l'avant-dernier vers : 

Près de la vigne en cler fruict my partie, 

que l'auteur de cette détestable composition n’est autre que maître André de la 
Vigne. Il avait l'habitude de signer ses œuvres de cette façon-là 1 . On peut se deman¬ 
der si André de la Vigne n’est pas l’auteur responsable de la vaste compilation qui 
termine le Jardin de Plaisance , dans laquelle trois ou quatre poèmes sont plus ou 
moins bien soudés ensemble. 

On relèvera, fol. ccxxxiij v°, une allusion au « siège devant Nantes » (juin 1487) 
et à « l’assault de Fougiere » (juillet 1488). On sait qu'André de la Vigne est l'auteur 
d'une Ballade sur la prinse de Fougières a . 


669 . Fol. ccxxxiiij. Comment le chevalier est oultré de courroux pour l'amour de 
sa dame qui est allée de vie a trespas. 

Pensant, songeant, a demy trouble. 

Ne trop joyeux, ne peu dehait... 

Il suffira de renvoyer aux Œuvres de Georges Chaslellain , édit. Kervyn de Lettenhove, 
t. VI, p. 67-126, et à Gabriel Pérouse, Georges Chaslellain, étude sur l'histoire politique et 
littéraire du XV* siècle. Paris, 1910, p. 93-99. 

Aux trois manuscrits utilisés par Kervyn de Lettenhove, on peut ajouter Besançon, 
554, fol. 176 v°-2X2, et Chantilly, 687, fol. 66 v°-yS. 


1. Voir E. Picot, Recueil général des sotties, t. II, p. 5-7. 

2. Montaiglon, Recueil, t. VI, p. 115. 


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— 3°3 — 


Le compilateur a laissé de côté les sept dernières strophes de Y Oultré d'Amours 
pour les remplacer par des huitains de sa façon : 

Touttefois après leurs recors 
Pensant de veoir le contenu... 1 

Il explique que le corps et le cœur du chevalier oultré débattent a rigoureuse¬ 
ment ». Ainsi se trouve amorcé le numéro suivant qui est un Débat du cœur et du 
corps . 


670 . Fol. ccxliiij v°. Comment le cueur du chevalier oultré se débat contre son 
corps après sa doleance de la mort de sa dame. 

O cueur nud de force et de sens, 

Trop inutile je te sens... 

Ce Débat du cueur et du corps n'est pas à sa place au milieu des aventures galantes 
et amoureuses du Chevalier oultré. C'est un poème moral et religieux qui est un 
appel à la repentance écrit par un ecclésiastique, peut-être au xiv® siècle. On n'en 
connaît, sauf erreur, ni manuscrit, ni édition. 

En tête du poème, il faut ajouter la rubrique : « Le Corps parle au Cueur. » 

Le Corps, malade, est sur le point de mourir. Le Cueur se sépare de lui. Le Corps 
lui reproche vivement de l'abandonner et d'oublier leur vie commune de quarante 
années : 


Tu as esté palacieux 

Autant que homme dessoubz les cieulx. 

Tant soit il puissant et granthomme. 

Donc tu seroys malgracieux 
Laisser le lieu solacieux. 

Plus n'en a le pape de Romme. 

Le Corps supplie le Cueur de ne pas le « laisser sans retour ». 

Puis « le Corps parle a Maladie ». Il en appelle de sa rigueur. Qu’elle se retire. 
Elle se trompe de jour : 

Pense tu point que tu t'abuses 
Et d’abus trop folement uses. 

Voyant que Mort, l'orde sattrappc, 

Veult aux grans clercs perdre les muses. 

Et mes vielles et mes muses 
Cacher a jamais soubz sa trappe ? 

Enfin le Corps a parle a la Mort » et la prie de s'adresser ailleurs : 

De me toucher te faiz deffence. 


i. Fol. ccxliiij. 


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— 3 U 4 — 


Bien que la Mort soit une dame royale, « prude, véritable et loyale », personne 
ne l'aime. Le Corps cite Boèce : 

Boece dit quant aux jeunes ans. 

Ou jeunes gens sont tous plaisans. 

Tu ne viens, que tu es eureuse, 

Et aux vieulx chanus desplaisans 
Encores sont tes faitz nuysans. 

Et te dit male et malheureuse. 


Le Cueur répond que le Corps, a remply de vile vanité, décharné par Maladie », 
n'a plus rien à faire ici-bas. Qu'il prenne « en Dieu réfection ». Il était jadis « gros et 
refait » ; il a aujourd'hui « les os joints à la peau ». Quoi qu'il fasse, il va mourir : 

Il fault passer par ccste part, 

Feusse lyon, loup ou lyepard, 

Ou saillir parmy la fenestre K 

Ni l’âge, ni la noblesse, ni la richesse n'y peuvent rien. D’ailleurs, quand le Corps 
fut créé, il était réglé d'avance qu’il mourrait. La vie ne va pas sans la mort : 

Par quoy c'est une foie cnvyc 

De dire vie estre ravye 

De la Mort qui ne peut sans elle. 

Au lieu de s'en prendre à la mort, il faut « impugner » à la vie. Que le Corps 
se résigne à mourir, puisque Dieu lui-même est mort. Quelle félicité y a-t-il d'être 
« homme mortel » ? 


Entcndz ce que t’ay recité. 
Tu t'en yras en la cité 
Ou tu seras fait immortel. 


Le Cueur renvoie le Corps au troisième livre d’Ethique 

Voy la translaction antique 
Ou troisiesme livre d'Ethique, 

Et tu verras ta desraison, 

Povre Corps, malheureux éthique. 

Il le renvoie au Nolile du Psalmiste : 

Toy qui fuz jadis gent et mixte, 

Voy le Nolite du Psalmiste, 

Et garde péché sur ce pas... 


i. « Ou tout vif aler es cieulx •, dira Villon. 


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- 305 — 


Il renvoie à l’exemple de Sardanapalus, raconté par Boccace, et au o beau dit » 
d'Albert 

Commençant : Turpe est nobis 

Le Corps se laisse convaincre et 

Pour éviter les lieux maulditz 
Et avoir place en paradis, 

il s’adresse à Dieu et chasse le diable. La dernière strophe, fol. ccxlvij. 

Lors pour éviter les desbaux, 

a été ajoutée par le compilateur pour rattacher le Débat du corps et du cueur au 
poème suivant. 

671 . Fol. ccxlvij. <£ Comment le chevalier oultré d'amours trespasse de dueil de sa 
dame. 

Je, povre amant, en amours malheureux, 

Le plus dolent de tous les amoureux... 

MANUSCRITS : 

Paris, Arsenal, 3523, p. 519-588. 

Rome, Vatican, Reg. 1363, fol. 1-84 v°. 

— — Reg. 1720, fol. 1-54 v°. 

— — Reg. 1728. fol. 135 - 147 - 

Dans l'Inventaire des bijoux, vêtements, manuscrits et objets précieux appartenant à la 
comtesse de Montpensier, publié par A. de Boislisle, on relève la mention suivante : 

La Complainte de l'amant trespassé de dueil et autres livres tout ensemble *. 

L’un de nous a donné des renseignements, auxquels nous renvoyons, sur la 
Confession et Testament de l’amant trespassé de dueil et sur son auteur supposé, Pierre 
de Hauteville, qui fut Prince d’Amour de la Cour amoureuse, né en 1376, mort à 
Lille le 10 octobre 1448 *. 

Voici, en quelques mots, le sujet de ce long poème : 

Un amoureux, qui est en deuil de sa dame, se prépare à mourir lui aussi. Il 
fait venir un prêtre et, parodiant 1 ’Ars moriendi, se confesse des péchés qu’il a pu 
commettre envers sa maîtresse : péchés d’orgueil, d’envie, d’avarice, d'ire, de la 

1. Les citations de l'auteur du Débat du corps et du cueur ne sont pas très précises, pas plus 
celle de Boèce que celle d’Aristote. La « translacion antique » de l’Ethique est-elle une tra¬ 
duction latine ou celle de Nicole Oresme ? Le Nolite du Psalmiste peut être Ps. IV, 5, ou XXXI, 
9, ou LXI, 11, ou plutôt LXXIV, 5-6. Quant au dit d’Albert [le Grand], nous ne l’avons pas 
trouvé dans l'édition de ses œuvres. 

2. Bulletin de la Société de Vhistoire de France , t. XVII (1880), p. 302. 

3. Romania , t. XXXIV (1905), p. 424-428. Voir également sur Pierre de Hauteville un 
article de M. Prinet, Les sceaux et le seing manuel de Pierre de Hauteville, prince d'amour, dans 
la Bibl . de l’Ecole des Chartes, t. LXXVII (1916), p. 428-438. 

PLAISANCB 20 


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— 3°6 — 


chair, de paresse, de gloutonnie et d'ingratitude. Il passe en revue les cinq sens : 
les yeux, les oreilles, le nez, les mains, les pieds ; et les œuvres de miséricorde. Le 
curé qui prend le malade pour un fou, refuse de l'absoudre et, pour l'exorciser, 
veut lui mettre l'étole au cou. Le malade se fâche et chasse le curé. Il dicte son 
testament. Il fait <* des laiz » à toutes les catégories possibles d'amoureux : les 
malades, les ardents, les souffreteux, les « verbois », les transis, les nobles vassaux, 
les amoureux de villages, les vêtus court, les hypocrites, les dévocieux, etc., etc. 
Après avoir dicté ses dernières volontés, le malade règle tous les détails de son 
enterrement, des aumônes, du dîner, des obsèques, de sa tombe, de son épitaphe, 
etc., et finalement rend l'âme. 

La partie du poème intitulée Des laiz , fol. ccliij-ccliiij, est particulièrement inté¬ 
ressante, parce qu’on y trouve le langage et les formules qui florissaient dans le 
monde galant vers le milieu du xv e siècle. Ces sixains ont été malheureusement un 
peu maltraités par le Jardin de Plaisance. Nous croyons bien faire de publier ce 
texte d'après le manuscrit de l’Arsenal 3523(/l) et le Reg. 1363 (B) de la Vaticane. 
Le Jardin de Plaisance a suivi un texte assez semblable à A. 


DES LAIZ 

I. Je laisse aux povres amoureux. 

Qui sont courcez et douloureux 

En cueur, sans en monstrer semblant, 3 

Faire rondeaulx aventureux, 

Rire et pleurer, atout par eulx, 

Puis entrer en fievre tramblant. 6 

IL Aux autres plus griefment malades 
Qui, en faisant leurs ambaxades, 

Ont esté chassez par Danger, 9 

Laisse envoier virlaiz, balades. 

Et faire voustes et astrades 

Pour, par despit, eulx en venger. 12 

III. Je laisse aux amoureux ardans 

De nuit estre aux huys actandans 

Qu’on mette en sauf les marjolaines x , 15 

liée de froit claquer des dens *, 

2 A Qui sont coinctes — 5 A Rire et puis pleurer — 7 A grefvement — 10 A virlas — 
il B Faire, le voulstes et astrades — 15 A Que ou mait en sault — 


1. Entre chien et leu. sur le tard, 

Qu’on va les marjolaines querre... 

(Jugement du povre triste amant banny , v. 1-2). 

Vous jetoit l'en point marjolaines 
Quand on les venoit arouser ? 

(Amant rendu cordelier, v. 413.) 

2. Claquer dens, tenser a son ombre. 

(Jugement du povre triste amant banny , v. 895.) 


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— 307 — 



Puis hurter sans entrer dedens, 

Escoutans lever les avaines K 

18 

IV. 

Item je laisse aux souffreteux, 

Povres amans et diseteux 



Qui n'osent dire leurs complaintes. 

Conduire leur cas par facteux 

Et leur vendre la denree d'eux. 

21 


Sans ja venir a leurs actaintes. 

24 

V. 

Item je laisse aux prisonniers 

Enferméz desoubz les charniers 



De Malebouche et Faulx Danger 

Tenir ensemble leurs tiniers 

27 


Et ruer bagues et deniers 

Pour entrer jusques au verger. 

30 

VI. 

Aux autres povres indigens 

Qui n'osent, pour le bruit des gens, 

Aler ou ilz vouldroient bien estre, 

33 


Leur laisse porter habitz gens 

Et gecter regars assigens 

Pour veoir leur dame a la fenestre. 


36 

VII. 

Item a ces jolis verbois 1 

Je laisse abatre blé et bois, 

Courir, saulter, saillir en haines, 

Fringuer et dancer : Hault le bois, 

39 


Tire T arriéré, je m en vois , 3 

Et faire cent mille fredaines. 

42 

VIII. 

Item a ces gentilz galans 

Je laisse avoir les cueurs vaillans 



19 AB Item laisse — 20 A directeux, B diseteurs — 22 A leurs cas, B par facteurs — 
27 B De hongnart danger griboulant — 28 A Tenir en sembleurs tiniers — 30 B Pour 
avoir ung baiser volant — 31 A autres manque — 44 B Qui tousiours ont les cuers volans 


1. Estiés vous seulement content 

De telles plaisances mondaines 
Et d'illecques demourer tant, 

Escoutant lever les avoynes ? 

(Amant rendu cordelier , v. 407-410). 

On trouve la même expression : « escouter lever les avoynes » dans le XX e Arrêt d'Amour 
de Martial d’Auvergne. Voir Y Amant rendu cordelier , édit. Montaiglon, p. 106. 

2. Ne te seuffre trop assaillir 

De ces joliz fringuans verboys. 

(Songe de la pucelle, Montaiglon, Recueil, t. III, p. 227.) 

Godefroy qui n’a que cet exemple de verbois, l’explique par parole. Ce mot a-t-il quelque 
chose à faire avec verboier ? Un verbois n'est-t-il pas plutôt un amoureux semblable à du bois 
vert, c’est-à-dire jeune, souple et vigoureux ? 

3. Hault le bots et Tire Varrière, je m'en vois sont des débuts de chansons. Voir la première 
strophe du poème Le grand garde derrière. Romania, t. XXI (1892), p. 136. 


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— 308 — 


En la noble amoureuse queste, 45 

Rire d'ungs doulx yeulx fretillans 
Et estre tousjours assaillans 

Pour avoir du bien par conqueste 1 48 

IX. Item laisse a ces amoureux. 

Jeunes, farouches et paoureulx, 

Qui craingnent les mousches qui volent, 51 

Eulx garder des premiers coureulx 
Et regarder par derrière eulx 

Se les carreaulx point les affolent. 54 

X. Je laisse aux amoureux transis * 

Jecter l'ueil tousjours es châssis 

Pour veoir par les troux et touranges 57 

Celle ou leur cuer si est assis. 

Puis, s'elle rit, estre transis 

Et rire atout par eulx aux anges s . 60 


XI. Item laisse aux desconfortez 

Qui, par faulx rappors, despointez 

Ont esté sans cause et raison, 63 

Pleurer larmes de tous coustés. 

Et tourner mençonges en vertés 

Pour exaulcer leur oroison. 66 

XII. Quant est de ces amans pensiz 
Qui cuident que, pour estre assis. 

Le bien leur viengne ou qu'on les prie, 69 

Je leur laisse le vent rassis 

Pour doubte qu’ilz ne soient poussis, 

Et actendre passer la pluye. 72 


46 B Leur laisse ungs doulx yeulx — 47 B Moitié rians et assaillans — 48 B Pour 
servir leurs dames en feste —49 A laisse assés — 51 A Quilz — 52 B coureurs — 53 A Et 
regarde par derrio eulx — 54 A Se les carreaulx point les blessent. Corr. en interligne : 
Que les carreaulx ne les affollent. — 56 B Gecter tousjours — 57 P et lozenges — 
59 A Puis celle leur rit — 62 B Estans de dame depoinctez — 63 B Par menconge 
en bourde ploiee. — 64 B Porter bocauetz de tous costes — 65 B Et vueil quilz soient 
reconfortez — 66 B Laumosne y est bien emploiee — 67 A de ses amans — 68 A Quilz 
cuident 


x Item vous avés a garder 

De ces doux yeulx tous fretillans 
Que ces dames, pour esclandrer 
Font estre tousjours assaillans... 

(Amant rendu Cordelier, v. 1497-1500). 

2. Ce povre amant, transsy de dueil... 

(Jugement du poire triste amant banny , v. 164). 

3. Baisoie troys fois mon orillier 

En riant a par moy aux anges. 

(Amant rendu cordelier , v. 455-6.) 


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— 3 09 — 


XIII. Item a ces nobles vassaulx 

Je laisse en l'air faire les saulx, 

Fringuer devant leur dame et bruire, 75 

Dancer et faire mains assaulx. 

Puis prandre baisiers en tressaulx. 

Car a telz gens riens ne peut nuyre. 78 

XIV. A ces amoureulx de villaige 1 
Je laisse au bras porter la targe 

Et au bonnet ung bouquet gay, 81 

Saulter, dancer et faire raige, 

Marcher l'un pas court, l'autre large, 

Et crier après : Oupegay ! 84 

XV. A ces varletz dimancheretz 1 
Que l'en appelle dancerez. 

Je leur laisse aux nopces servir 87 

Femmes grosses de coterretz*. 

Dire : « Que vous fault, vous Tarez I » 

Car ilz en sçavent bien chevir. 90 

XVI. A ceux qu'on a veuz replanis 

Des haulx biens d’Amours et gamiz 

Sans en rendre grâces ou mérités, 93 

Riens ne laisse comme banniz, 

Ains est raison qu'en soient pugniz 

Et privez pour leurs desmerites. 96 


75 B et manque — 75-80 C manquent — 80 A porté la targe — 82-83 B ordre interverti 


1. Doux yeux singlans et desvoyés. 

Qui jectent ung maintien sauvaige. 

Dont communément vou3 voyés 
Les povres varletz de village 
Porter dessoubz leurs bras la targe 
Ou ung bouquet a la sainture. 

Et puis sauter a Tavantaige. 

Ilz ont bon temps, mais qu'il leur dure. 

(Amant rendu cordelier , v. 1593-1600.) 

2 Doux yeux pour festes et dimenches. 

Doux yeux blans et riquanerès. 

Qui font vestir habis estranges 
A ces varlets dimancherès... 

(Amant rendu cordelier , v. 1617-1620). 

3 Se aux nopces estoit, je y alloye 

Pour la servir illec auprès 
N'a mettre pas je n'y failloye 
Le cotteret dessoubz ses piés. 

(Amant rendu cordelier , v. 613-616.) 


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— 3 10 — 


XXVII. Item laisse a ces vertuz cours *. 

A chascune prier d’amours, 

Promectre et en bailler de belles, 99 

Faire les tours et demys tours, 

Et puis exposer leurs clamours 

Es girons de ces damoiscllcs. 102 

XVIII. Je laisse a ces doux glouricux 

Qui cuident, pour leurs longs cheveux 2 , 

Que dames octroient leur priere, 105 

Leur soubzrire du blanc des ieulx 
En les cslcvant jusqu’aux ciculx. 

Et puis s’en mocqucr par derrière. 108 


XIX. Aux amans qu'ont este chassez 
Par Faulx semblant et menassez. 

Je leur laisse, en queues et en muys, 111 

Estre entre chien et loup mussés, 

Puis a cop a bras renversés 

Prendre ung baisicr entre deux huys. 114 

XX. Il y a danger d’estre arrablé 
Moult grant illcc ou acablé, 

Car l’en ne s’en saroit ravoir, 117 

Combien qu'ung tel baisier amblé 
Si vault mieulx que cent muys de blé 

Et le mal qu’on pourroit avoir. 120 

XXI. Je laisse aux vivans d’amourcctes 
Qui marchent dessus cspinctcs 3 . 

Faire des chasteaulx en Espaigne 4 , 123 

Puis alcr toucher les clicquctcs 6 
Des huys de leur dame a vuglcctes, 

Et baiser seulement l’anseignc. 126 


102 A de ses — 103 A a ses doux et glouricux — 104 A Qui cuident que pour leurs longs 
cheulx — 112 B Estre secrètement mussez — 114 A Patidrc ung baisier — 115 B La y 
a — 116 B Et destre prins et acablé — 1x9 B Vaille mieulx — 


1. Voir Romania , loc. cit., p. 426, n. 2. 

2. Cheveux longs du temps des apostres. 

(Amant rendu cor délier, v. 94.) 

3. Doux yeux indes et morillons... 

Qui font marcher sus espinettes. 

(Amant rendu cordelier , v. 1553-1555). 

4. Et faisoye chasteaulx en Espagne. 

(Amant rendu cordelier , v. 822.) 

5. Baiser les huys et les cliquettes 

Pour les dames qui sont dedens. 

(Amant rendu cordelier , v. 1559-1560.) 


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— 3 11 — 


XXII. 

A ceulx qui ont fievre en la teste 

Laisse de nuyt mener la feste. 

Harpes, tabourains, menestriers 1 , 

Faire trainees, glay et tempeste. 

129 


Afin qu'en octroyé leur requeste 

Et planter may et aiglentiers *. 

132 

XXIII. 

De ceulx qui portent par devise 

Pour leur dame entre la chemise 



Ung cueur et puis la bote faulve, 

Je n'en faiz recepte ne mise. 

135 


Car vente fort galeme ou bise 

Tousjours ont bon temps, Dieu leur saulve *. 

138 

XXIV. 

A ces amoureux a couvert 

Qui se vestent de noir pour vert 

Affin de leur vueil contrefaire, 

Laisse bailler la cote vert 4 , 

141 


Puis assaillir ung huys ouvert *, 

Car telz gens le sçavent bien faire. 

144 

XXV. 

Je laisse aux amans dcsclouez 

Qui ne sont passez n’aloucz, 

Mais desraiez de leurs bannières, 

147 


Porter les gros solers nouez, 

Eulx courcer a leurs tranchouez 6 



Et escripre sur les salières 7 

150 


127 A qui ont les fcuz — 130 A Clay et tempes— 132 A eschautriers— 133 A portent la 
devise — 139 A A ces courcux — 147 A Mais defraier — 146-4 soûlez — 149 A a leur 


1. Tabourins, herpes, menestriers. 

(Amant rendu cordelier , v. 748.) 

2. Pour esveiller les esglantiers 

(Amant rendu cordelier, v. 749.) 

3. N’aviés vous point lors pour devise 

Sur vostre habit quelque verdure. 

Ou ung cueur emprés la chemise 
Ou son nom fut en escripture ? 

Ceulx qui sont en telle adventure, 

Hz ont bon temps, Dieu le leur sauve. 

Car ils peuent porter a toute heure 
Pourpoint vert et la bote fauve. 

(Amant rendu cordelier, v. 489-496.) 

4. Et en ce joyeulx temps d'este 

Qu’on doibt bailler la cote verd. 

(Amant rendu cordelier , v. 603-4.) 

5. Abatre a terre ung huys ouvert 

(Amant rendu cordelier , v. 607.) 

6. Jetiez vous point vostre trenchoucr 

Par despit ou par vengement ? 

(Amant rendu cordelier , v. 683-4.) 

7. Et puis, pour mon mal alléger. 

Faisoye des croix aux sallieres. 

(Amant rendu cordelier , v. 679-680.) 


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— 312 — 


XXVI. A ceulx qui ceignent cordelieres. 

Qui portent cordons et lisières, 

Qui marchent sur eaue et sur glace. 
Qui couchent entre deux goutieres \ 
Je me recommande aux prières, 

Car ilz sont en estât de grâce. 

XXVII. Item a mes cheres cousines 

Qui par leurs prières très dignes 
Si m’ont aidé en mainte part. 

Leur laisse mes bonnes matines 
Avec deux cordelieres fines 
A houpe de rommarin verd. 1 

XXVIII. A ces amoureux ypocrites 

Qui portent la chiere d’ermites 
Et ne se bougent de moustiers, 

Laisse faire appart leurs poursuites 
Et gecter leurs complainctes escriptcs 
En baillant l’eaue des benoistiers 3 . 


XXIX. Quant est de ces devocieux 

Qui baisent ymages et lieux, 

En faisant semblant de mangier 
Les cruceffix et d'estre es cieulx 
Combien que leur œil soit ailleurs, 
Je les recommande a Dangier 4 . 

XXX. Ung temps fut qu'au son du patin 
Entendoie de loing leur latin 
Et savoye bien que cela monte. 
Brief, me suis trouvé au hutin, 

Mais adés m’en fault le butin 
Partir et de tout rendre compte. 


*53 

156 

159 

162 

165 

168 

171 

174 

177 

180 


151 A saingnent — 156 A en testât — 157-162 A manquent — 167 B bailler leurs 
douleurs — 168 B En gectant — 169B De ces amans devocieux — 170 B ymagent et 
veulx — 173 A leur eueil — 176 A contendoye — 178 AB butin 


1. Couchâtes vous onc aux goutieres ? 

(Amant rendu cordelier, v. 781.) 

2. Mais, parce que dessus la houpe 

Sy avait du vert, et non guere, 

Damp prieur par despit la coupe. 

(Amant rendu cordelier , v. 1830-2.) 

3. Pour estre des premiers devant 

A luy bailler de l'eau beniste. 

(Amant rendu cordelier , v. 531-2.) 

4. Quel devocieux ypocrite, 

Qui faisiés semblant de menger 
Le crucefix et estre hermite 
A bien vostre maintien juger. 

Besoing n'aviez que de Dangier... 

(Amant rendu cordelier, v. 569 574.) 


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— 313 — 


XXXI. De ceulx qui ont la puce en l’oreille 1 

Que faulx Danger si fort traveille 

Qu’ilz n’ont bien ne goust a espice, 

183 

Je prie Amours qu’il les conseille, 

Et a Dieu qu’envoyer leur veille 

La santé qui leur est propice. 

186 

XXXII. Souvent après telz maulx passez 

Sont les biens d’Amours enchâssez 

Qui font sembler la durté bonne. 

189 

Mais quant a moy j’en suis lassez. 

Plus n’en vueil, j’en ay eu assez. 

S’ay failly, Dieu le me pardonne. 

192 


On voit que le poète — Pierre de Hauteville ou quelque autre — qui écrivait 
ces Laiz, en prenait à son aise avec les règles de la versification, comptait ou ne comp¬ 
tait pas les syllabes féminines et se contentait de rimes que l’Infortuné appelait 
a picardes ». Il avait sous les yeux le Jugement du povre triste amant banny et VAmant 
rendu cordclicr a l'observance d'Amours. Ce dernier poème figurait avec la Belle 
dame sans merci , Y Hôpital d'Amours et le Passetemps Michaut , dans la « librairie » 
de l'amant trépassé de deuil f . 

Le poème de la Confession et du testament de Vamant trespassé de dueil , tel qu'on 
le trouve dans le Jardin de Plaisance , est conforme au texte du manuscrit de l’Ar¬ 
senal et du Reg. 1728 du Vatican. 

Dans les manuscrits Reg. 1363 et 1720, outre la Confession et le Testament, le 
poème comprend, pour commencer, une complainte et, pour finir, un Inventaire. 

La Complainte de Vamant trespassé de dueil commence par ces vers : 

O triste mort, felonne et oultrageuse. 

Détestable, perverse, furieuse... 

Elle se termine ainsi ' 

Si pry a Dieu qu'il me vucille conduire 
Vers la defuncte ou tousjours je contemple. 

Et m'oster hors de ce monde et martire 
Sans plus y veoir soleil ne lune luire. 

Veez la ma fin, n’autre chose desire 
Qu’en paradis nous deux voions ensemble. 


Viennent ensuite la Confession et le Testament qui est immédiatement suivi 
de YInventaire des biens demeurez du décès de Vamant trespassé de dueil : 


183 A Qui nont — 184-4 qui les. 


1. Tousjours a la puce en l'oreille. 

(Amant rendu cor délier, v. 348.) 

2. Romania . loc. cil ., p. 427. 


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— 3X4 — 


Après le doloreux trespas 
De l’amant trespassé de dueil. 

Dont l’ame ait glorieux repas, 

Ainsi que je desire et vueil, 

Fu fait inventaire et monstree 
Des biens estans en sa maison. 

Ou l’en trouva, leans, d’entree, 

De pleurs et douleurs grant foison. 

Tout l’ostcl estoit plein de dueil, 

Scellé de souspirs et de lermes. 

Chascun pleuroit de cucr et d’œil, 

Et Dieu scct en quelz piteux termes. 

La estoit le priseur Pitié 
Qui lcrmioit de toutes pars, 

Et puis y avoit Amitié 
Qui faisoit les lots et les pars. 

Le commissaire-priseur parcourt toute la maison, de la cave au grenier, en 
passant par le cellier, l’étable, la « basse salete », la cuisine, la cour, le jardin, la 
dépense, la « chambre d’amont », le « dressouer », la garde robe, la chambre verte 
de plaisance (où se trouvent des meubles, des vêtements, des instruments de musi¬ 
que, des bijoux, des jeux et des livres 2 ), le « comptoucr », le petit « guischet », le 
« rabat d’emprés ». Le priseur examine également ce que contiennent un « coffre 
carré », un « petit coffre » et un « beau coffre neuf tout barré ». 

L’ Inventaire des biens démotivez du dccés de l'amant trespassé de dueil se termine 
ainsi, et c'est la fin du poème : 

Si prie a la tresdoulcc Dame, 

Par la fin du présent traictié, 

Qu’il lui plaise d’avoir pitié 
Du dcfunct et de sa feue dame. 

Comme il y a entre le Testament de l’amant trépassé et le testament réel 2 de 
Pierre de Haute ville, prince d'Amours, des ressemblances qui ne sont peut-être pas 
fortuites, le poème de Y Amant trespassé a été attribué à Pierre de Haute ville lui- 
même 3 . 

Avant de trépasser, l’amant avait pris soin de régler la question de ses armes. 
Un paragraphe du Testament est intitulé : C_ Comment il veut qu'on mette en ses 
armes la moitié de celles de sa dame. Voici la « façon des armes » 4 : 


1. Sur ccs livres, voir Romania, loc. cit. t p. 427. 

2. A. de la Grange, Pierre de llautevillc et scs testaments , dans les Annales de l'Académie 
d'archéologie de Belgique , t. xlvi, 4° série, t. IV (Anvers, 1890), p. 23-33. 

3. Romania, loc. cit., p. 424. 

4. Fol. ccliiij, lis. : cclv. 


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— 3i5 — 


L'escu sera de noir basty 
Sur ung champ bleu tout amorty, 

Dedans lequel, entre deux. Af. Af., 

Y aura ung cueur myparty 
De dueil et de douleur (my) sorty 
Et le champ tout batu en lermes. 1 

Dans l'Inventaire des biens de l’amant trépassé, on voit également quelle était 
la « livrée » de la dame : 

Oultre avoit, au plus prés des brides. 

Trois hemois mipartis d'une .Af., 

A fleurs de soucies toutes vuides, 

Selon la livrée de sa dame. 

Ces deux Af qui représentent les initiales des noms de l'amant trépassé et de 
la dame défunte rappellent-ils les noms de Pierre de Hauteville dit le Mannier et 
de sa maîtresse, Jeanne Mouton de Tournai ? 2 Remarquons ici que mannier , mon- 
nier , mosnier , signifie, non pas « meunier », comme l'explique M. Prinet 3 , mais 
« monnayeur ». Pierre de Hauteville, comme son père, était garde de la monnaie 
de Tournai, et était appelé le plus souvent Pierre le Mannier. 

Que le poème de la Confession et Testament de l'amant trespassé de dueil soit ou 
non de Pierre de Hauteville dit le Mannier, il nous paraît dater d’avant 1450. Il 
est, par conséquent, antérieur aux Lais et au Testament de François Villon. Cette 
constatation — ou, si l'on veut, cette supposition — ne manque pas d'intérêt. 

On s'est demandé depuis longtemps où Villon avait pris l'idée de ses Testa¬ 
ments. Ce cadre « ingénieux et souple », comme disait Gaston Paris, est-il de son 
invention ? En écrivant ses poèmes, Villon a-t-il eu quelque Testament amoureux 
ou burlesque, sinon devant les yeux, du moins dans la mémoire ? 

On a rapproché des poèmes de Villon les Congés de Jean Bodel et d’Adam de 
la Halle. Mais l'analogie est très lointaine et il n'est pas probable que Villon ait 
jamais lu ces vieux poèmes. Quant au Testament de Jean de Meun, il est d'une 
inspiration toute différente. Il y a aussi le Testament que Jean Regnier, bailli 
d’Auxerre, composa en 1432. Mais Villon l'a-t-il connu ? Il y a bien des raisons de 
répondre négativement. Ayant écarte les poèmes de Bodel, de Jean de Meun et 
de Jean Regnier, G. Paris concluait en ces termes : « D’ailleurs, aucune des œuvres 
antérieures à Villon ne présente l'idée toute particulière des «legs», qui fait le 
fond des deux poèmes de Villon, et qui lui appartiennent bien » 4 . 

Gaston Paris oubliait les Lectres envoyées par Eustace , lui estant malade , et la 
maniéré de son testament par esbatement 6 . 


1. Le ms. de l’Arsenal donne : 1 tout semé de lermes ». 

. 2. Romania, loc. cit., p. 425. 

3. Bibl. de l’Ecole des Chartes, t. LXXVII (1916), p. 431, n. 4. M. Prinet voit dans mannier 
une forme t picarde et wallonne » de meunier, et il renvoie au fabliau d’Enguerrand d’Oisy : « Dou 
mannier de Aleus ». 

4. François Villon, Paris, 1901, p. 121. 

5. Œuvres d’Eustache Deschamps , édit. Raynaud, t. VIII (1893), P- 2 9 ’ 3 2 - 


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— 316 — 


M. Bijvanck, en 1882, reconnaissait dans le Testament par esbatement « la façon 
des legs de Villon », mais il ne pensait pas que ce dernier eût imité Deschamps 1 . 
M Pierre Champion n’est pas du même avis. Il est très affirmatif : « Il est impossible, 
déclare-t-il, de ne pas reconnaître dans ces petits vers du Champenois l'esprit et 
déjà parfois la forme du Parisien. Eustache Deschamps fut d’ailleurs son maître 
en poésie ; Villon le connaissait parfaitement a . » Autre déclaration non moins 
catégorique : « Personne ne peut contester que Villon ne doive beaucoup à cet 
excellent et rude poète que fut Eustache Deschamps » 8 . A la question précise : Villon 
a-t-il lu Deschamps ? M. Champion répond : « La question n'est pas douteuse 4 . » 

Le dernier éditeur des œuvres de Villon, M. Louis Thuasne, s’est pleinement 
rallié à ce point de vue. Il estime que Villon a trouvé dans le Testament par esbate¬ 
ment de Deschamps « le cadre et la forme facétieuse de son poème ». Pour permettre 
au lecteur « de juger par lui-même en connaissance de cause », M. Thuasne publie 
de nouveau tout entier le Testament de Deschamps et il attire l’attention sur des 
« rapprochements topiques » et sur d'autres « moins directs » 5 . 

Après de telles déclarations, faites par d’excellents connaisseurs de la vie et des 
œuvres de Villon, nous sommes un peu embarrassés et confus de dire ici, qu’à nos 
yeux les Testaments de Villon n’ont rien à faire avec celui d’Eustache. Nous croyons 
même que Villon ne connaissait pas les œuvres de Deschamps qui, à peine mort, 
tomba dans un oubli profond et n’exerça, par conséquent, aucune influence. Des¬ 
champs ne fut pas chef d'école, comme Machaut ou comme Chartier. Seules, quel¬ 
ques rares ballades de ce rimeur infatigable vécurent anonymes dans la mémoire 
des hommes du xv® siècle et du xvi® e . 

Villon a-t-il, comme c’est probable, trouvé dans quelque poème de son temps 
non pas le modèle mais l’idée de ses Testaments ? Nous pensons qu’il faut écarter 
les Testaments de Deschamps et de Jean Regnier. Reste celui de Pierre de Haute- 
ville. 

Le poème du Prince d'Amour eut, on peut le croire, un succès considérable dans 
le monde des amoureux et la Complainte, la Confession, le Testament et l'Inven¬ 
taire des biens de l'amant trépassé devinrent bien vite populaires. Au point que 
Martial d'Auvergne jugea bon d’en faire le thème de son XXXIV e Arrêt d’amour : 
« Procès entre deux héritiers ayans droict d'un amant trespassé de duéil à cause de la 
mort de s’amye et la Mort d’autre part , en cas d’excès. » Au point que le compilateur 
du Jardin de Plaisance le prit pour conclusion de son recueil. 

Or Villon, qui s’intitule « amant martir », connaissait la littérature amoureuse 
et le jargon galant à la mode de son temps. On a dit qu’il était « imprégné du beau 
langage qu'Alain Chartier avait mis à la mode 7 . » Certes Villon connaissait la 


1. Spécimen d'un essai critique sur les œuvres de François Villon , Leyde, 1882, p. 1x8. 

2. François Villon , sa vie et son temps. Paris, 1913. t. II, p. 179* 

3. Ouv. cit p. 184. 

4. Ouv. cit., p. 185. 

5. François Villon , Œuvres, Paris, 1923, t. I, p. 82-84. 

6. Romania, t. XIV (1885), p. 280. 

7. Champion, Ouv. cit., t. I, p. 22. 


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— 317 — 


Belle dame sans merci dont le succès fut si grand et si durable. Mais le « beau langage » 
qu'on trouve dans ses œuvres, Villon ne l’avait pas emprunté à Chartier qui était 
vieilli, mais à des poètes plus récents. Chartier, par exemple, ne parle pas de « botte 
fauve » ni « d’églantier ». Ces expressions datent une œuvre. Elles se trouvent dans le 
Testament de l'Amant trépassé et dans les poèmes du même cycle. 

Comme avait fait l’auteur de Y Amant trépassé , Villon, dans son propre Testament, 
a consacré une strophe aux amants malades d’amour : il leur donne un bénitier plein 
de larmes avec un brin d'églantier vert : 

Item donne aux amans enfermes *, 

Sans le laiz maistre Alain Chartier 2 , 

A leurs chevez, de pleurs et lermes 
Trestout fin plain ung benoistier. 

Et ung petit brin d'aiglentier 
Qui soit tout vert, pour goupillon... 

Ne dirait-on pas un des Laiz de l’Amant trépassé, dans le testament duquel il 
est aussi question de « benoistier » et « d'esglantier » ? 

Dans son très abondant commentaire, M. Thuasne nous apprend que « le huitain 
de Villon a été imité dans une pièce du Jardin de Plaisance » 3 : 

Oultre au pied de la tombe aura 
Ung rommarin qu'on plantera, 

Et tout autour belle parvanche ; 

Affin que qui pour nous priera 
Ou un de prolundis dira. 

En ait pour loyer une branche. 

Cette strophe du Jardin de Plaisance , que M. Thuasne juge imitée de Villon, 
est tirée du Testament de l'amant trépassé de deuil*. Si donc il y a un imitateur, c'est, 
pensons-nous, François Villon. En écrivant ses Lais et son Testament , Villon s'est 
vraisemblablement souvenu des Lais et du Testame?U de Pierre de Haute ville. 

L’un et l’autre testament sont des transpositions, amoureuse et facétieuse, de 
testaments réels. Avant de trépasser, l’amant malade appelle son clerc et dicte 
ses dernières volontés : 

Sus mon clerc, il te fault penser. 

Apporte moy encre et papier 
Et escry cy mon ordonnance 
Et pense tost de t’avancer... 6 


1. M. P. Champion comprend : « aux amants infirmes ». Ouv. cit., t. II, p. 168, 201. 

2. M. Thuasne (Ouv. cit., t. III, p. 505' ne semble pas avoir compris ce vers. Il l'explique 
ainsi : « Aux amants malades d’amour, Villon, rejetant délibérément les niaiseries conven¬ 
tionnelles et fastidieuses du lai d'Alain Chartier, leur donne un bénitier... » Le sens est plus 
simple. « Sans le laiz » signifie « sans compter le lai », « outre le lai ». 

3. Ouv. cit., t. III, p. 505. 

4. M. Pierre Champion estime aussi que le Te statuent de l’amant trépassé de deuil a été 
composé t à l'imitation de Villon». Histoire poétique du XV* siècle, t. II, p. 123. 

5. Jardin de Plaisance, fol. cclij. 


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— 318 — 

Villon, malade, feint aussi de dicter son testament à un clerc qu’il appelle Fre- 
min : 

Fremin, sié toy près de mon lit 

Que l'on ne me viengne espier. 

Prens encre tost, plume et papier. 

Ce que nomme escry vistement... 1 

Villon demande à ceux qui viendront à son enterrement d’être vêtus de rouge : 

Vestus rouge com vermillon. 1 

M. Thuasne 8 renvoie savamment au Racional des divins offices de Guillaume 
Durand ; il aurait pu citer le Testament de Vamant trépassé : 

Ceulx qui pour moi feront le dueil 

Auront leurs manteaulx de vermeil 4 ... 

Entre les deux testaments la distance est grande. Dans Y Amant trépassé , la 
transposition est développée outre mesure. Villon seul a su se borner. Il a d'ailleurs 
mis dans son Testament des choses qu’on chercherait en vain dans les vers faciles 
du Prince d’Amoui^ 

Le poème de Y Amant trépassé a été composé dans le nord de la France, comme 
les Erreurs du jugement de la Belle dame sans merci , comme le Jugement du povre 
triste amant banny, comme les Erreurs du jugement de V amant banny t comme Y Amant 
rendu cordelier à Inobservance d'Amours. Dans tous ces poèmes, on trouve des traces 
nombreuses de « diphtongues picardes ». Les allusions aux « Allemands », c'est-à-dire 
aux Flamands, aux cheveux « allemands », aux étuves a d’Allemagne », semblent 
indiquer que les auteurs de ces poèmes écrivaient dans la Flandre française ou non 
loin de là. 


672 . Fol. ccxlviij (lis. : cclviij v°). L'epitaphe. 

Pour consommer les maulx du monde amer 
Piteusement par ung grief dueil d'amer... 

Epitaphe composée par l'arrangeur de Y Outré d’Amours. Le dernier vers : 

Nommé l'Oultré d’Amours pour amour morte , 

est celui du poème de Georges Chastelain : 

Je vous envoie par nouvelles 
Ce livre dont le titre porte : 

L'Oultré d'amours pour amour morte s . 


1. Édit. Thuasne, t. I, p. 210. 

2. Grand Testament, v. 2000, 

3. François Villon, t. III, p. 546. 

4. Jardin de Plaisance, fol. ccliiij (pour cclv). 

5. Édit. Kervyn de Lettenhove, t. VI, p. 128. 


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CONCLUSION 



Deux mots seulement en guise de conclusion. On trouvera peut-être que notre 
commentaire du Jardin de Plaisance a pris, bien inutilement, de longues propor¬ 
tions. Cependant, nous avons dû nous borner. Si nous avions voulu attirer l’attention 
sur les nombreux points notables, soit de /' Instructif de la seconde rhétorique , soit 
des poèmes et des ballades et rondeaux, il eût fallu doubler le nombre de nos feuilles. 
Sauf dans quelques cas, nous nous en sommes tenus aux explications indispen¬ 
sables. 


Il n’était pas besoin d'ailleurs de beaucoup de pages pour montrer l’intérêt de 
cette vaste compilation. Dans les 672 pièces qui la composefl^ anciennes ou nou¬ 
velles, connues ou inconnues, l'historien de la poésie a déjà fait et pourra faire 
encore, sans beaucoup de peine, une assez riche moisson. 

U Instructif de la seconde rhétorique qui sert d'introduction au Jardin de Plaisance , 
ne le cède en rien aux autres traités du même genre qu’a publiés M. Ernest Lan¬ 
glois. Et même, rédigé par un homme qui connaissait toutes les ficelles du métier, 
présente-t-il plus d'intérêt que beaucoup d'entre eux. Ce n'en est pas moins, comme 
ses pareils, un assez pauvre traité. 

Le savant éditeur du Recueil d'arts de seconde rhétorique a tenté, il est vrai, une 
espèce de plaidoyer en faveur de ces ouvrages qui s'occupaient seulement des formes 
extérieures de la poésie en laissant de côté ce qui en constitue l'essence même. « Ce 
n'est pas, remarque M. Langlois, que les auteurs se soient imaginé que la poésie 
consistait uniquement dans l’agencement mécanique des rimes ; encore moins 
ont-ils cru que pour être poète, il suffisait de connaître les règles qu'ils exposaient. 
Ils ont voulu simplement enseigner la versification et surtout donner des guides- 
mémoire pour les formes les plus compüquées. Leur attribuer d'autres prétentions 
serait commettre envers eux une injustice, d'autant moins excusable qu'ils ont eu 
soin le plus souvent d'indiquer, soit dans une courte introduction, soit dans un titre 
détaillé, ce qu'ils se proposaient de faire *. » 

M. Ernest Langlois, pensons-nous, était victime d’une illusion d’éditeur. Il 
prenait les compilateurs de ces traités pour plus intelligents qu’ils n'étaient. S’ils ont 
laissé de côté « l’essence de la poésie », c'est, sans doute, qu’ils n’en avaient pas une 
juste idée. Lorsque, par hasard, ils se mêlaient de parler de « poetrie », on voit qu'à 


leurs yeux elle consistait en simples notions de mythologie. 


I. Recueil d'Arts de seconde rhétorique, p. VII. 


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— 320 — 


L'Instructif et les autres arts de même espèce sont des machines à versifier, et ne 
sont que cela. On peut à leur sujet, sans risque d’injustice, répéter le mot de 
M. Fernand Vandérem : leurs procédés de versification sont « aussi éloignés de la 
vraie poésie que le moulin à prières de la foi véritable ». 

Mais le traité de l'Infortuné, si médiocre soit-il, a exercé sur la première moitié 
du xvi® siècle une influence considérable par l'intermédiaire de Fabri et d'autres 
Arts poétiques. A ce titre, il garde une importance que nous n’avons peut-être pas 
suffisamment mise en lumière. 

Les poèmes rassemblés par le compilateur du Jardin de Plaisance apportent 
un enrichissement indéniable à la poésie du xv e siècle. Ou, si ce mot d'enrichisse¬ 
ment, avec tout ce qu'il comporte, paraît exagéré, disons simplement que le Jardin 
nous fait connaître plusieurs poèmes — quelques-uns considérables — qu’on ne 
trouve nulle part ailleurs, ni dans les manuscrits ni dans les imprimés. 

Quel a été le guide du compilateur dans la confection de son anthologie ? 
Pourquoi a-t-il admis tel poème et dédaigné tel autre ? Qu'est-ce qui lui a fait 
choisir deux ou trois poèmes vieux d'un siècle ou deux ? 

Le Jardin de Plaisance est, dans son ensemble, un jardin d’amour. L'amour 
règne en maître d dik la grande majorité des pièces, courtes ou longues, de cette 
anthologie. Amour facile, généralement. Tout disciple qu'il fût d'Alain Chartier, 
le compilateur, pour ne pas déplaire à ses lecteurs et à ses lectrices, n'entendait pas 
rendre les dames « sans merci ». Il a supprimé certains passages du Chastiement 
des dames qu'il jugeait trop rigoureux. Il a soigneusement laissé de côté la Belle 
dame sans merci elle-même, et les poèmes qui l'approuvaient, pour introduire dans 
le Jardin les répliques violentes intitulées le Parlement d'Amours et la Cruelle femme . 

Peut-être, au fait, a-t-il simplement choisi les poèmes de Baudet Hérenc, de 
Lille, et d’Achille Caulier, de Tournai, de préférence à d'autres, parce que ces poètes 
étaient originaires, comme lui-même, du Nord de la France. Le Jardin de Plaisance , 
comme Y Instructif, est tout rempli de doctrines et de pièces de cette région. Il y 
avait dans les villes de Picardie et de Flandre, au milieu du xv e siècle, une vie sociale 
et littéraire originale et riche, dont les manifestations sont en grande partie perdues. 
Sachons gré au compilateur du Jardin d’en avoir sauvé quelques bribes. 

L'origine et les préférences de l'Infortuné, qui était un provincial, expliquent 
pourquoi les rhétoriqueurs de la fin du siècle, malgré leur « langage renouvelé », 
occupent une si petite place dans le Jardin. Leur production obscure, prétentieuse 
et pédante, ne s'adressait et ne pouvait s'adresser qu'à un petit nombre d'initiés. 
Le Jardin de Plaisance était destiné au g and public de la classe moyenne qui, 
sans doute, préférait la langue de tous les jours et les vieux thèmes aux nouveau¬ 
tés incompréhensibles de Molinet, Crétin et autres. 

On peut faire la même remarque à propos des ballades et des rondeaux. La 
table des auteurs montre quelles étaient les préférences du compilateur. Les rhétori¬ 
queurs sont laissés de côté pour les vieux maîtres, tels que Machaut, Deschamps, 
Chartier, et surtout Charles d'Orléans et son école. On ne verra pas sans étonne¬ 
ment que l'auteur ou l'un des auteurs auquel le Jardin de Plaisance a emprunté 


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- 321 — 


le plus de pièces est Vaillant. Ce personnage est-il Pierre Chastelain dit Vaillant, 
comme l'indiquait un manuscrit, aujourd'hui brûlé, de la Bibliothèque de Turin ? 
Pierre Chastelain et Vaillant sont deux rimeurs d’inspiration et de langage telle¬ 
ment opposés que M. Winckler, qui a publié les œuvres de Vaillant l , se refuse à les 
identifier. Peut-être a-t-il raison. Quoiqu’il en soit, sans grande conviction, nous avons 
attribué les douze pièces de Vaillant à Pierre Chastellain dit Vaillant. 

Les ballades et les rondeaux d'amour du Jardin sont entremêlés de quelques 
poésies morales, satiriques, obscènes ou d’origine populaire. Il est bien regrettable 
que ces dernières ne soient pas plus nombreuses. On remarquera !a ballade du 
loup-garou 2 , qui semble une version lointaine des aventures légendaires de Peire 
Vidal. 

De très nombreux morceaux sont des chansons. Le Jardin de Plaisance peut ainsi 
passer pour un chansonnier sans musique. On peut supposer que nombre de ces 
chansons ont été choisies non pas pour leurs qualités littéraires, mais parce qu'elles 
se chantaient sur un air agréable ou connu. 

Comment toutes les œuvres du Jardin ont-elles été classées ? La question n'est 
pas oiseuse. Si le compilateur avait pris le soin de grouper les œuvres d'un même 
poète, on pourrait tirer de ce fait plusieurs conséquences intéressantes. Ainsi, parce 
que les éditeurs de Villon ont trouvé dans le Jardin , au milieu de ballades authen¬ 
tiques du poète, le rondel Jenin l’A venu 3 , ils se sont obstinés à attribuer à maître 
François ces quelques vers insignifiants et plats. Pendant longtemps, sans plus de jus¬ 
tesse, ils ont publié comme étant de Villon la ballade : On parle de champs labourer 4 , 
à cause de la place qu’elle occupe dans le Jardin . Si l'on veut bien se donner la peine 
d'examiner la table des auteurs, on verra que, si les ballades de Villon présentent un 
essai de groupement, les ballades ou rondeaux d’autres poètes sont dispersés sans 
aucun ordre. Il paraît certain, pour prendre un exemple, que le compilateur a trouvé 
dans un seul et même manuscrit, peut-être à la suite les unes des autres, les cinq 
ballades de Garencières, qui, dans le Jardin , figurent séparées par d'autres pièces à 
cinq feuillets différents. Aucune conclusion, ni pour Villon ni pour d'autres poètes, 
ne peut être tirée de la place occupée par les pièces de l'anthologie. 

Quels manuscrits et quelles éditions le compilateur du Jardin de Plaisance a-t-il 
eus sous les yeux ? Question intéressante, à laquelle, pour l’instant, Userait difficüe 
de répondre. Peut-être a-t-il connu 5 le manuscrit dit du cardinal de Rohan, récem¬ 
ment découvert à Berlin et publié à Goettingen. Ce volume ne renferme pas moins 
de 120 ballades et rondeaux qui se retrouvent dans le Jardin . 

Nous avons dû laisser de côté l’étude de ce problème et de bien d'autres encore, 
bornant nos efforts à identifier une partie au moins des 672 pièces du Jardin de 
Plaisance. 


1. Wien. 1918. 

2. Fol. lxiij, n° 27. 

3. Fol. cix, n° 453. 

4. Fol. cix v°, n° 457. 

5. Une comparaison superficielle des textes semble montrer qu’il n'en est rien. 

PLAISANCE 21 


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— 322 — 


Î1 nous reste à rendre hommage au labeur de notre commissaire. Une besogne 
ingrate et absorbante lui incombait. Notre volume exigeait une vérification conti¬ 
nuelle de cotes et de renvois à des feuillets de manuscrits ou à des pages d’éditions. 
M. Polain s’est acquitté de cette tâche avec bonne grâce, conscience et exacti¬ 
tude, et il nous a fait diverses remarques dont nous avons profité. Nous le 
remercions et nous nous excusons. Si notre Jardin, qui n’a pas toujours été de 
Plaisance, est un peu propre, si le « chiendent » et autres mauvaises herbes n'y 
poussent pas en trop grande abondance, c’est à lui, le bon jardinier, que nous le 
devons. 


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AUTEURS DES PIÈCES DU JARDIN DE PLAISANCE 


Les chiffres renvoient aux numéros des pièces. 


Anché (Pierre d’), 598, 599. 

Anjou (René, duc d’), 558. 

Balochert (Jacques), 66. 

Bigue (Jacques de), 554, 556. 

Blois (Robert de). 624. 

Blosseville, 115, 257, 269. 297. 299. 303.3”» 

3 ”. 

Busnoys (Antoine), 69, 105, 241. 

Caillau (Jean), 508. 

Calais (Jean de), 616. 

Caulier (Achille). 618. 

Chartier (Alain), 460, 620, 621. 

Chastel (Tanneguy du), 390. 

Chastellain (Georges), 669. 

Chastellain (Pierre, dit Vaillant), 154, 222, 
252. 253» 258, 286. 295. 305. 3*4» 493. 499. 
501. 

Clermont (Jean, comte de), 116. 

Crétin (Guillaume), 421. 

Cuise (Antoine de), 224, 309, 310. 

Deschamps (Eustache). 29. 44. 423. 429, 476. 
658. 

Filleul (Jeanne), 212. 

Frbdet, 217, 255, 298. 

Garencières (Jean de), 76, 403, 463, 466, 470. 
Granson (Oton de), 74, 446. 

Greban (Amoul), •18. xvi, *68. 

Hautbville (Pierre de), •671. 


Hérenc (Baudet). 617. 

Lalemant (Jean), 517, 526, 555. 

Le Franc (Martin), 260. 

Le Queux (Regnaud). *2. 3. *4. 

Le Rousselet, 138. 

Le Sénéchal (Robert), 288. 

Lorraine (Jean, duc de), 302. 

Machaut (Guillaume de), 40, 42, 45, 46, 48, 
72. 77, 80. 

Meschinot (Jean). 260, 578, 581, 582, 592, 
593* 

Michaut (Pierre), *627, 629. 

Milet (Jacques), 662. 

Molinet (Jean), *231,242,560. 

Monbeton, 264, 265. 

Mureau (Gilles), 371. 

Orléans (Charles, duc d'), 184, 215, 219, 303, 
505. 559. 648. 649. 

Robertet (Jean), 308. 

Taillevent (Michaut), 6. 

Tais (seigneur de), 267. 

Thesseli (Jacques). 237, 358. 

Thessuli, voir Thesseli. 

Torcy (seigneur de), 271. 

Vaillant, voir Chastellain (Pierre). 

Vigne (André de la). *665. 666, *668. 

Villon (François), 448-456, *643. 


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TABLE DES INCiPIT 


Les chiffres renvoient a 

A bien juger mon povre affaire, 63. 

A brief parler je suis ravy, 411. 

A ce coup n'est mon cueur plus mien, 287. 

A ce mur hau 1 estes vous sourde ? 252. 

A ceste derniore venue, 293. 

A cheval tout homme, a cheval ! 362. 

Acquittez vostre conscience, 215. 

Acueilly m’a la belle au gont atour, 104. 

A deux belles mon cueur je donne, 569. 

Adieu des bonnes la meilleur, 216. 

Adieu jusques je vous revoye, 328. 

Adieu ma dame souveraine, 472. 

Adieu m'amour, adieu ma joye, 196. 

Adieu ma pere ma créateur gardi, 419. 

Adieu ma tresbelle maistresse, 363. 

Adieu mes tresbelles amours, 194. 

Adieu mon amy, 291. 

Adieu mon cueur, le maistre cueur d’amours, 
437 . 

Adieu mon cueur, servez la belle, 285. 

Adieu toute joyeuseté, 344. 

Adieu vous dy la lerme a l'œil, 295. 

Adieu vous dy ma tresbelle maistresse, 473. 

Ainsi qu'a l’œil vous pouez veoir, 418. 

Ainsi que bon vous semblera, 621 (xn). 

Ainsi que la turtro se plaint, 57. 

Ainsi qu'en may fait la doulcc rousée, 631. 

Ainsi que ung cerf qui sovent est chassé, 637. 

A joye puissiez vous avoir, 354. 

A la mort suis pour vous ma chere dame, 400. 

A la saison que Silla renouvelle, 627. 

A ma dolente départie, 101. 

Amant et dame agentie, 652. 

Amis, aymez secrètement. 167. 

Amis loiaulx, des beaulx le mirouer, 438. 

A mon gré j'ayme la plus belle, 490. 

Amoureux œil, 377. 

Amours, amours, je vous fais ma complainte, 
628. 

Amours, amours, tresprecieuse pierre, 412. 
Amours a qui je suis tout sien, 433. 


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ux numéros des pièces. 

Amours I c’est le cry de la nuit, 511. 

Amours et danger sont d'accord, 367. 

A peu que le cueur ne me part, 53. 

Après le temps de l'exil douloreux, 5. 

A quans coups je le souffreroye, 229. 

A qui diray je ma douleur, 317. 

A quoy passeray je mon dueil, 189. 

A quoy tient il ? dont vient^cela ? 564. 

A quoy tient il le cueur me voile, 546. 

Aspre refus contre doulce priere, 47. 

Assouvy suis mais sans cesser désire, 510. 

A tous ceulx et chascune a part soy, 515. 

Au besoing est l’amy congncu, 547. 

Aucunes gens se vont esmerveillant, 476. 
Aucuns mettent par usage, 655. 

Au feu au feu qui trestout mon cueur ard, 621 
(XIV). 

Au grant dueil que mon cœur raporte, 390. 

Au gré d’amours se veult brancher, 580. 

Au plus fort de ma maladie, 209. 

Au plus offrant ma dame est mise, 503. 

Au point du jour, 613. 

Au povro d’amours, 305. 

Au povre prisonnier, ma dame, 621 (iii). 

Au temps que Phebus a le cours, 667. 

Au treschrestien par renom, 4. 

Avant la main fournir pecune, 488. 

A vous sans autre me viens rendre, 69. 

A vous servir de cueur joyeux, 18 (xxviii). 
Aymé qui vouldra, 242. 

Banny d’amours vous me voulez, m’amye, 607. 
Banny de joye et pleur de desconfort, 135. 
Belle en qui toute joye et doulceur, 588. 

Belle n'avray je jamais mieulx, 18 (xxix). 
Belle, tant vous desire a veoir, 381. 

Beuvons et faisons bonne chiere, 279. 

Bien dois mauldire la journée, 18 (xxii). 

Bien venez ma tresredoutée, 341. 

Bon jour, bon an, bonne sepmaine, 143. 
Bonnes gens, j ’ay perdu ma dame, 222. 


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— 325 — 


Buvez a moy par delà, 32. 

Ce dueil que porte en cueur et face, 608. 

Ce fut grant maleur qui m'avint, 221. 

Ce livre petit priseront, 624. 

Celle belle petite bouche, 563. 

Celle qui toutes autres passe, 70. 

Ce me semble choses perdues, 36. 

Ce qu'on fait a catimini, 374. 

Certes, ma doulce dame chere, 321. 

Certes mon œil richement visa bel, 77. 

C’est a jamais quv je me suis, 214. 

C'est a mon gré que point m'a la plus belle, 
557 - 

C’est assez pour mourir de dueil, 364. 

Caste fillette a qui le tetin point, 560. 

Ceste venue soit telle, 356. 

C'est grant fait que de jalousie, 575. 

C'est grant maleur et fortune mauldicte, 552. 
C’est noble chose que d'amour, 75. 

C’est par vous que tant fort souspire, 260, 592. 
Ceux qui deussent parlor sont mutz, 593. 
Changer ne vueil tesraoing vo cueur beau sire, 
388. 

Chantons et faisons bonne chiere, 203. 
Chantons trestous gaudeamus, 25. 

Chascun se loue de mariage, 430. 

Chargé de dueil plus que mon fès, 173. 

Clerc que dis tu ? — Que veulx tu que je die ? 
2 4 - 

Combien qu’on ait grant desplaisir, 152. 
Comme femme desconfortee, 18 (xvii), 335. 
Comme les loups d’icy en la, 543. 

Comme moy vous aurez voz gaiges, 256. 
Comment osera la bouche dire, 621 (ii). 

Comme oyseau qui va voletant, 407. 

Cueur amoureux de noble dame espris, 589. 
Cueur désolé banni de tout soûlas, 443. 

Cueur douloureux qui ne faiz que pleurer, 129. 
Cueur ennuyeux, envieux, 576. 

Cueur tresvaillant autant qu’il est possible, 605. 
Cuydant estre aymé de la belle, 537. 

Dame de qui toute ma joye vient, 72. 

Dame par qui mainte paine endure, 641. 

Dame plaisant ou maint toute bonté, 639. 
Dame plaisant qui confortez les cueurs, 11. 
Dame sans per qui pieça comparay, 41. 

De cueur joyeux grâce querant, 187. 

Dedans la mer de Longue actente, 200. 

De Fortune me dois plaindre et louer, 45. 


Dehors 1 dehors ! il vous fault deslogier, 621 (xi)- 
De la blasmer j’avoye grant tort, 502. 

De la montaigne ou je souloye, 89. 

De ma dame je ne dy nul bien, 268. 

De ma joye n’est plus nouvelle, 288. 

De m’esjouyr et faire bonne chiere, 534. 

De mon fait je ne sçay que dire, 312. 

De mourir vueil faire entreprise, 292. 

De petit peu de nyent voulenté, 118. 

Déporté toy beau sire car je jure, 583. 

Déporté toy dame Fortune, 349. 

Depuis que me déistes oy, 220. 

De reffus plaine est une que tant j'ayme, 533. 
Des amoureux de l’Observance, 219. 

Des ans y a passez deux et demy, 74. 

De science rethoricale, 2. 

Desplaisir chascun jour m'assault, 2O7. 

De tout ce qu’on peut dire, 638. 

Deux hommes ayment une femme, 420. 

De vous servir de corps et d’amc, 530. 

Dictes le moy, mon seul désir, 238. 

Dieu gard la dame sans reprise, 94. 

Donnez moy cncores cela, 582. 

Doubtant reffuz qui par trop fait a craindre, 
5 ° 9 - 

Doulce benigne pour plaisance mondaine, 474 
Doulce chose est de loyaulment aymer, 441. 
D’ou venez vous ? d’ou voire de la cour, 478. 
Du bon du cueur sans autre amer, 92. 

D’ung autro aymer mon cueur s’esbahiroit, 243. 
Du tout me metz en vostro obeyssance, 445. 

Du trésor d’amours chastelaine, 439. 

Elle m’aymo je le sçay bien, 571. 

En attendant allégement, 614. 

En attendant de vous secours, 491. 

En attendant garison ou la mort, 308. 

En aucun lieu ou je diroye, 18 (xi). 

En ce monde de présent, 16. 

En co que me povez desplaire, 112. • 

En contemplant de la plus belle dame, 410. 
En désirant ce que ne puis avoir, 483. 

En despit des envieux, 19. 

En despit de vous Mallebouche, 492. 

En douleur vit qui povreté guerroyé, 628., 
Enfans, enfans veez cy voz peres. 408. 

En fréquentant les basses marches. 342. 

En la forest de Longue Attente (Des brigans...), 
298. 

En la forest de Longue Attente (Demeuré 
sans...), 299. 


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— 3 26 — 


En la forcst de Longue Attente (Forvoyé de...)» 
393 - 

En la forest d’Ennuyeuse Tristesse, 648. 

En la saison ou les seurs de Pheton, 629. 

En may la première sepmaine, 6. 

En may que les champs sont tous vers, 574. 

En peu d’heure sont mis au bas, 330. 

En povre loyaulté, 601. 

En prison, aux champs, dehors l’uys, 482. 

En prison suis en une tour si forte, 640. 

En quelque place que je soye, 147. 

En reagal. en arcenic rocher, 454. 

En revenant du boys l’autrier, 13. 

En tous les lieux la ou je suis, 18 (xv). 

En travail suis sans espoir de confort, 524. 
Entre vous tous parfais amoureux. 579. 

En ung desert ou nul n'abite, 166. 

En ung vert pré soubz la saulsoye, 18 (ix). 

En vray espoir de parvenir a bien, 149. 

Esclave puist il devenir, 125. 

Escu d’ennuy, somé de plours, 536. 

Esguillon, serpentin, danger, 119. 

Espérance m’est venu veoir, 550. 

Espérant d'avoir quelque bien, 254. 

Esse bion fait ? dictes moy belle amye, 520. 

Est il mercy de quoy l'en puist finer, 49. 

Estre trop franc et soy fier, 645. 

Et bien, bien il m’en souviendra, 506. 

Excepté vous chef d’œuvre de nature, 516. 

Faictes moy sçavoir de la belle, 360. 

Faignant d’avoir mainte douleur cscripte, 262. 
*—Faulte d’argent Dieu te mauldie, 284. 

Faulx envieux de Dieu soyez vous mauldis, 
228. 

Faulx envieux mesdisans par envie, 239. 
Femme qui fait tetins paroir, 603. 

Fine afinee, remplie de finesse, 117. 

Fleur de beauté belle et bonne, 163. 

Fors seulement l’attente que je meure, 496. 
Fort me seroit de l'endurer, 625. 

Franc cueur gentil sur toutes gracieuses, 133. 
Franc cueur gracieux, 397. 

Freres humains qui après nous vivez, 449. 

Gardez l’honneur soigneusement, 168. 

Gente de corps, miroir qui mon cueur art, 
434 - 

Gentil archer qui me guerroyes, 343. 

Gentilz galans soions tousjours joyeux, 353. 
Gisant envers sur une couche, 538. 


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Grâce attendant ou la mort pour tous més, 
37 i- 

Hac ma mignon que dit y capitain, 21. 

Ha ! cueur perdu et désolé, 266. 

Ha ! faulx danger estes vous la, 108. 

Hahay estes vous rencherie, 37, 177. 

Ha ! ma maistresse et ma plus qu’autre amye, 
99. 

Ha 1 mort, hélas I 310. 

Ha ! nostre dame, presque me pasme, 307. 

Hau I compaignons resveillons nous, 368. 
Hault protecteur, vouloir très magnanime, 1. 
He ! doulx regard pourquoy plantas l’amour, 
44- 

He ! fortune pourquoy si fortunée, 345. 

Helas ! douleur m’estraint, 625. 

Hclas fortune pourquoy est ce, 185. 

Helas je suis au pays de servage. 462. 

Helas ma dame qu’est ce la ? 81. 

Hclas ma très belle maistresse, 432. 

Helas mes yeulx mon cueur avez trahy, 458. 
Helas mon amy sur mon ame, 212. 

Hellas mon cueur ! hellas mon œil ! 278. 

Helas ! qu'est ce d’amours, 615. 

Homme soyez tousjours saige, 606. 

Il est certain qu’un jour de la sepmaine, 646. 

Il est venu impropria, 513. 

11 faut que je vous dyc, 27. 

Il n’est danger que de vilain, 4G0. 

Il n’est hom aujourd'uy en vie, 659. 

Il n’est trésor que do lycssc, 464. 

11 reviendra in patria, 5x2. 

Incessamment mon pauvre cueur lamente, 573. 
Infortuné sans espoir d’avoir mieulx, 517. 

J a demy mort en prison trop obscure, 554. 
Jamais brebis n’engresseront, 30. 

Jamais femme ne choisist mieulx, 555. 
Jamais mon cueur joye n’avra, 326. 

Jamais ne fu si très navré ne poinct, 591. 
Jamais ne seray amoureux, 494. 

Jamais si bien ne me peult advenir, 249. 
Jamais tant que je vous revoye, 329. 

J’atans l'aumosme de doulceur, 255. 

J’attens le confort de la belle, 351. 

J’ay demouré entre les Sarrazins, 429. 

J’ay des semblans tant que je vueil, 264. 

J'ay esté de la compaignie, 649. 


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— 327 — 


J’ay longuement Amours servy, 470. 

J’ay mis mon cueur et mon entente, 18 (xxvii). 
J’ay prins amours a ma devise, 18 (vi). 

J'ay tel désir que je vous voye, 275. 

Je boy, a qui ? a la plus belle, 107. 

Je change a vous se c’est vostre vouloir, 303. 

Je congnois bien mousches en lait, 456. 

Je demande vo9 beaux yeulx voir, 357. 

Je demeure seule esgaree, 398. 

Je desire souvent la mort, 436. 

Je doy très bien ma dame comparer, 46. 

Je feroye voulentiers cela, 565. 

Jehan de Calais débonnaire, 616. 

Jehanne de Lux ma tresbelle maistresse, 415. 
Je hez ma vie et désiré ma mort, 463. 

Je languiray triste et pensif, 18 (vii). 

Je languis en dure destresse. 237. 

Je languis en piteux martirc, 382. 

Je languis en telle destresse, 358. 

Je l’ayme bien sans penser nul diffame, 144. 

Je l'aymeray puisque l'ay entrepris, 526. 

Je le sçay bien que vous estes la dame, 556. 

Je le voy bien selon les vers, 286. 

Je me doubte qu'il ne viengne cher temps, 29. 
Je me metz en vostre mercy, 52. 

Je m’en vois et mon cueur demeure, 289. 

Je me repens de vous avoir aymee, 223. 

Je n’ay désir de vivre en joye, 334. 

J'en ay dueil qui trop me tormente, 551. 

J'en ay le dueil et vous la joye, 115. 

Je n’ay ne bon jour ne demy, 18 (xx). 

Je n’ay pouoir de vivre en joye, 621 (viii). 

Je n’ay quelque cause de joye, 95. 

Je n’ay qu’ung seul désir, 207. 

Je ne l’ose dire mais pensez ma dame, 394. 

Je ne me congnois en semblant, 123. 

Je ne puis estre resjouye, 31. 

Je ne puis plus ainsi que je souloye, 647. 

Je ne puis vivre ainsi tousjours, 241. 

Je ne sçay quel propos tenir, 18. 

Jenin l’anemy, 453. 

Je, povre amant, en amours malheureux, 671. 
Je renonce a toute esperance, 171. 

Je ris souvent en grant destresse, 435. 

Je sçay que pour moins d’une plaque, 28. 

Je suis baigné du vent d’adversité, 477. 

Je suis de si trescourt tenue, 18 (xiv). 

Je suis Espoir doux et solacieux, 628. 

Je suis vostre amy s’il vous plaist, 66. 

Je t’en prie Tacinet, 553. 

Jeune, gente et tresbelle dame, 414. 


Je viens a vous pour enquérir, 181. 

Je vis le temps que je souloye, 621 (x). 

Je vous choisy noble loyale amour, 446. 

Je vous requier doulce Jehannete, 130. 

Jour et nuyt mon las cueur souspire, 495. 

Joye me fuit et douleur me court seure, 389. 
Joye, soûlas, honneur, liesse, 155. 

Jugez amans et oyez ma doulour, 40. 

La belle des belles sans per, 236. 

La douleur que je reçoy, 340. 

Laissons passer amour mortelle, 376. 

La mienne voulenté scroit, 205. 

L'amoureux povre guerdonné, 416. 

Langue poignant plus qu’esguillon, 170. 
Languir me faut en griefz douleurs, 361. 

La plus belle eslite de femme et de fleur, 283. 
La plus mignonne de mon cueur, 59. 

L’arriere ban de mortelle douleur, 73. 

Las demourray je ainsi tousjours, 280. 

Las j’ayme mieuix mes jours briefment finer, 
366. 

Las je me plains d’amours et de ma dame. 461. 
Las je no sçay que faire doye, 105. 

Las pourquoy virent mes yeulx, 76, 403. 

Las que je souffre grief tonnent, 427. 

La teneur de cent mille escuz, 594. 

La tresamoureuse esperance, 323. 

La tristesse ou mon cueur demeure, 18 
(xxxii). 

L'autrier m’en alois a l’esbat, 611. 

L’autrier nous fusmes de compaignons plu¬ 
sieurs, 466. 

L’autrier par mélancolie, 642. 

Le cher don d’amours je vous prie, 88. 

Le chois d'amours des belles l’exemplaire, 375. 
Le cueur troublé le sens perdu, 297. 

Le despourveu infortuné, 248. 

Le dieu d’amour fait du lys escusson, 422. 

Le dire adieu qui le dira, 62. 

Le ferme espoir qu’ay d’obtenir, 192. 

Le grant regret et a dieu dire, 124. 

L’homme enragé, hors du sens, forcené, 137. 
Le jour de l'an qui renouvelle, 617. 

Le jour m’est nuyt et joye me nuist, 259. 

Le jour que suis que ne vous voye, 156. 

Le malheureux habandonné. 336. 

Le mendiant transi me clame, 379. 

Le monde va en amendant, 459. 

Le noir me plaist mieuix qu'aultre sorte, 263. 
Le plus dolent que jamais on verra, 386. 


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328 — 


Le plus dolent qu'oncques fut né, 15. 

Le plus grant eur que j’aye sur terre, 84. 

Les biens dont vous estes la dame, 114. 

Les desloyaux ont la saison, 489. 

Les douleurs que je sens en somme, 224. 

Le serviteur liault guerdonné, 274. 

Le souvenir de vous me tue, 18 (xvi). 

Les yculx ouvers je n’y voy goûte, 258. 

Le trou du cul d’une nourrice» 59b. 

L’exillé de toute esperance, 504. 

L’homme banny de sa plaisance, 22. 

L’honneur d’amours et de noblesse, 626. 

Loing de plaisir et prés de desplaisance, 522. 
L’or se compare au cler soleil, 610. 

L’une boute, l’autre requiert, 261. 

L’ung plus que tous est en mon souvenir, 71. 

Ma bouche rit et ma pensée pleure, 10, 103. 

Ma bouche rit 6t mon cueur pleure, 18 (xxx). 
Ma dame pour vous dire vérité, 428. 

Ma daine qui m’avez point, 651. 

Ma dame regardez en pitié, 587. 

Ma doulce amour, ma joye souveraine, 7. 

Ma doulce dame en qui j'ay ma fiance, 475. 
Maintenant comme je pensoye, 270. 
Maintenant je vueil commencer, 413. 

Mais que ce fust secrètement, 548. 

Ma parfaite joye quelque part que je soyo, 169. 
Ma plus qu'assez et tant bruyante, 134. 

Ma redoubtee plus qu'oncques mais, 50. 

Ma seule amour tant desirce, 197. 

Ma tresexcellentc maistresse, 190. 

M’aymerez vous bien, 581. 

Merciez Dieu aussi fortune, 499. 

Mes dames j'apporte nouvelles, 625. 

Mes yeulx ont a leur gré choisy, 191. 

Mes yeulx se font recommander, 188. 

Mieulx ayme la mort que languir, 93. 

Mieulx ne si bien pour avoir tout plaisir, 396. 
Mignon maintien, gorgiase beaulté, 597. 

Mil quatre cens cinquante neuf, 662. 

Mon bien imparfait, 128. 

Mon bien, m’amour, ma joye et mon désir, 132. 
Mon bien, mon amy, 126. 

Mon cueur a une fleur choisy, 348. 

Mon cueur chante joyeusement, 184. 

Mon cueur emble a joye et dueil, 250. 

Mon cueur fait nouvelle entreprise, 172. 

Mon cueur m’est icy venu dire, 296. 

Mon cueur s’en va en ambaxade, 218. 

Mon cueur souspire, 20. 


Mon doulx amy, j’ay veu vostre requeste, 8. 
Mon doulx espoir, je vous supply, 359. 

Mon doulx espoir, mon trestout et ma joye, 
206. 

Mon esperit se combat a nature. 42. 

Mon mary s’emburelicoque, 315. 

Mon œil est do tendre trempeure, 198. 

Mon pere estoit sot en jeune aage, 176. 

Mon pere m’a donné mary, 18 (xxi). 

Mon seul amy très bien aymé, 447. 

Mon seul bien, ma gente princesse, 87. 

Mon seul et souverain désir, 320. 

Mon seul plaisir, ma doulce joye, 18 (1). 

Mon seul plaisir, nia doulce joye (la maistresse...) 
18. 

Mon souvenir me fait mourir, 521. 

Mort ou mcrcy ay longtemps désiré, 39. 

Mort sur le pied, feignant d’avoir plaisir, 621 
(vi). 

Moy estant jeune et volage, 26. 

Moy qui faiz chançons et rondeaux, 525. 

Nature et amours gracy, 635. 

Nature loue hautement, 653. 

N’avray je jamais mieulx que j’ay, 110. 

N’ay je pas esté bien part y, 271. 

Ne cuydez plus que je vous ayme, 202. 

Ne je ne dors no je ne veille, 230. 

Ne m’escrips plus homme éloquent, 665. 

Ne pensez plus au plaisir de mes yeulx, 577. 
N'est ce grant fait, 392. 

Ne tout aydé, ne tout grevé, 618. 

Ne vous desplaise ma maistresse, 365. 

Noir et tanné sont mes couleurs, 527. 

Non pareille dame en amours, 91. 

Non pas que je vueille penser, 54. 

Nous vous voyons bien malebouche, 245. 
Nouvelles je ne puis oyr, 18 (x). 

Noz amys vous vous abusez, 23. 


O Mort, détestable et acreuse, 668. 

On a moult parlé des Anglais, 661. 

Oncques Hester ne souffrit tant de paine, 38. 
Oncques homme femme ne vit, 497. 

On m’appellera coquillart, 182. 

On ne peult, 604. 

On ne tient compte vrayement, 644. 

On parle de champs labourer, 457. 

On souloit estre au temps passé, 658. 

O quelle lyesse de cueur, 85. 

Or est mon cueur en abisme de dueil, 313. 


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329 — 


Or je reviens aux tresenormes faitz, 664. 

Or ne laissez jamais venir, 51. 

Or nous commence a venir le printemps, 444. 
Or suis je ou estre desiroie, 319. 

Ou loing ou prés quelque part que je soyo, 327. 
Ou mon désir m'assouvira, 621. 

Parachevé ton entreprise, 67. 

Par le regard de voz beaulx yeulx, 165. 

Par longtemps ay nagé en l’onde, 467. 

Par trop dormir pert trois vertus li homs, 654. 
Par ung regard qui de vous vint, 226. 

Par ung souspir lequel je vous envoyé, 384. 
Passe rose sur toutes pure et fine, 79. 

Pensant, songeant, a demy trouble, 669. 
Pensez y se le povez faire, 141. 

Peu de temps a qu’en tes cscrips, 663. 

Placebo sans dilexi, 385. 

Plaintes, soupirs, confiz en grief ardure, 630. 
Plus de moy n’a que le cueur et le vueil, 625. 
Plus n’ay le vit tel que souloyc, 480. 

Plus ne seray de vert vestu, 333. 

Plus ne vauldroit n’avoir point d’yeulx, 625. 
Plus que tous suis infortuné, 240. 

Plus qu’oneques mais je suis au bas, 269. 
Pluye d’avril et rousée de may, 468. 

Pour acomplir le vouloir de mon cueur, 247. 
Pour acquérir honneur et pris, 306. 

Pour advenir a mon actainte, 9. 

Pour blasonner ung cheval proprement, 599. 
Pour ce n’est il si doulce nourriture, 657. 

Pour changer l’air ne pour fuyr les lieux, 387. 
Pour consommer les maulx du monde amer, 672. 
Pour cuider courroux cschiver, 623. 

Pour Dieu deffendoz a vostre œil, 225. 

Pour Dieu faictcs moy ccst honneur, 272. 
Pour Dieu veuillez mon fait entendre, 157. 
Pour entretenir mes amours, 90. 

Pour l’amour d’une qui est cy, 183. 

Pour le regard de voz beaulx yeulx, 165. 

Pour les biens qu’en vous sont compris, 151. 
Pour mettre a fin la grant douleur, 217. 

Pour mon trésor je vous tenoye, 162. 

Pour m’oster de mélancolie, 616. 

Pour nous maintenir en santé, 465. 

Pour parvenir a ce que prétendez, 519. 

Pour passer temps ung jour vouloye, 585. 

Pour prison ne pour maladie, 12. 

Pour quoy est ce qu’on n’ose dire, 178. 

Pourroit on jamais choisir mieulx, 485. 

Pour tous mes souhais acomplir, 148. 


Pour tout plaisir ay je dueil angoisseux, 471. 
Pour ung trou puant plain d’ordure, 127. 

Pour vivre amoureusement, 636. 

Pour vous guérir entièrement, 523. 

Povres maudiltz tristes maulx et dolens, 633. 
Prenez en gré ce présent, 578. 

Prenez en gré pour ceste foiz, 417. 

Prés de ma dame et loing de mon vouloir, 621. 
Prevoiant la cachineuse lecture, 666. 

Princesse d’amour excellente, 18 (xxv). 

Puis qu’ainsy est que ne puis parvenir, 355. 
Puis qu’ainsy est qu’il ne vous plaist, 174. 
Puis qu’ainsy l’avez voulu, 540. 

Puis qu’Amours m’a prins a dcsplaisir, 277. 
Puis qu autrement ne me puet estre, 244. 

Puis que d’elle nouvelles ay, 350. 

Puis que femmes furent bonnes galoises, 35. 
Puis que je vis le regard gracieux, 347. 

Puis qu’en douleur me faut user ma vie, 442. 
Puis que pitié est pour moy endormye, 632. 
Puis que plus no suis aymé, 507. 

Puis que suis si mal fortunée, 18 (xxiv). 

Puis qu’il faut que je le vous die, 542. 

Puis qu’il me fault de vous partir, 159. 

Quant ce mal hclas me prendra, 204. 

Quant de vous seul je pers la veuo, 316. 

Quant il vous plaira mon cueur garira, 401. 
Quant j’ay au cueur aucun contraire, 232. 
Quant je fuz prins ou pavillon, 559. 

Quant je regarde vostre vis, 175. 

Quant je vous oy souspirer, 83. 

Quant les trois anges cornoront, 134. 

Quant mon œil plus ne vous verra, 153. 

Quant mon vouloir s’acomplira, 395. 

Quant on te dira villenye, 602. 

Quant on vous mect en desplaisir, 85. 

Quant premièrement te tins, 160. 

Quant seray je clamé pour vostre amy, 61. 
Quant ung jour suis sans que je voye, 621 (xiii). 
Quant vous tenrez vos grans estas, 139. 

Que dictes vous de mon appel, 448. 

Que dur m’est le departement, 98. 

Que gaignerés vous a ma mort, 294. 

Quel desplaisir quant départir, 201. 

Quelque bon petit mot pour rire, 549. 

Quelque chose qu’Amours ordonne, 265. 
Quelque chose que je vous die, 314. 

Quelque jour quant temps il sera, 138. 

Quelque maniéré que je face, 541. 

Qu’en a a faire Malebouche, 281. 


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— 330 — 


Qu’en dictes vous ? ferez vous rien ? 570. 

Que prouffita a Luciffer, 626. 

Queroz ailleurs paille ou estrain, 120. 

Qu'est ce que j'oy, ho ! paix est ce mon cucur ? 
39 i. 

Qu'est ce que j'oy ? Le suis-je — Qui ? Ton 
cueur, 450. 

Que veult on plus que d'aymer l’exemplaire, 
378 . 

Quiconques veult d’amour joyr, 158. 

Qui ne le croit il est damné, 60. 

Qui plus veult a vous obéir, 352. 

Qui ses besongnes veult bien faire, 423. 

Qui veult de dame a moy changer, 302. 

Qui veult orloge maintenir, 498. 

Ravy d’amours despourveu de bon sens. 318. 
Recours d’honneur et de lyesso, 146. 

Rencontré soit des bestes feu gectans, 643. 
Rendez moy le cuour qui fut mien, 566. 
Reposons nous entre nous amoureux, 106. 
Requicscant las in pace, 290. 

Resjoyssez vous amoureux, 122. 

Riche d'espoir et povre d’autre bien, 621 (vii). 
Rire ne puis pour esbat que je voye, 440. 
Robin, Robin souffre que l’en te boute, 14. 

Rose sans per sur toutes separee, 78. 
Rossignolet du boys joly, 18 (xxiii). 

Saint Valentin, puis que j’ay fait de vous, 251. 
Salut a vous, dames de Lyonnois, 421. 

Sans ce que j’aye en riens meffait, 331. 

Sans nul confort disant Hemy ! 18 (xviii). 

Sans trop déclarer le cas, 406. 

S’aucun bien me doit advenir, 18 (v). 

S’aucune esperance n'avoye, 18 (iii). 

S’autre que moy voulez aymer, 56. 

Se deuil que porte en cueur et face, 608. 

Se j’ayme et sers la belle de bon hait, 455. 

Si je faix dueil je n'en puis mais, 246. 

Se je garde bien vostre honneur, 140, 373. 

Se je pers celle que mon cueur ayme tant, 234. 
Se la belle ne prent la cure, 235. 

Se Lancelot, Paris, la belle Helaine, 43. 

Se L M n’esse pas bien raison, 568. 

Se ma dame je perdoye, 64. 

Semblant joyeux plain de tristour, 332. 

Se me pars sans mes maux vous dire, 304. 

Se mieulx ne vient d’amours peu me contente, 
109. 

S’en amours a un Paradis, 257. 


Se n'ay secours de vous ma dame, 58. 

Se n'ay vostre grâce requise, 18 (viii). 

S’en mes maulx me peusse esjouyr, 424. 
Sentant despict, controverse et fremeur, 3. 

S’en vous ne tient ma souvenance, 486. 

Se par vous n’ay alegcment, 180. 

Seray je tousjours attendant, 179. 

Servir vous vueil bonnement sans faulx tour, 


43 *- 

Se tu veux aujourd'hui vivre en paix, 600. 

Se vous laissiez la porte ouverte, 161. 

Se vous me voulez estre bonne, 273. 

Se vous n'avez autre vouloir» 484. 

Se vous n’estes pour moy guerredonnee, 80. 
Se vous pensés que je vous ame, 493. 

Se vous sçaviez la douleur de mon cueur, 532. 
Si argent n’estoit plus puissant que nature, 656. 
Si dolent je me trouve a part, 558. 

Si eslongné sui de mes amours, 227. 

Si je suis gueres en ce villaige, 572. 

S'il advient que mon dueil me tue, 208. 

S’il est plaisir que je vous puisse faire, 131. 

S'il n’est d’argent ou de joyaux gamy, 469. 

S’il ne vous piaist plaindre mes plains, 210. 
Sinon seulement vostre grâce, 301. 

Siro, vous vous rompez la teste, 322. 

Si tost que de vous me souvient, 82. 

Si vous m'aimez aucunement, 544. 

Soiez faitis et menez joye, 134. 

Sot œil raporteur de nouvelles, 505. 

Sot œil trop estes volentaire, 501. 

Souffrir me fault et tousjours endurer, 86. 
Souspirs tirés par desconfort, 622. 

Souviengne vous de vostre amy, 17. 

S’une fois me dictes oy, 100. 

Sur toutes suis infortunée. 500. 


Tant ay d’ennuy et tant de desconfort, 514. 
Tant est mignonne ma pensee, 233. 

Tant grate chievre que mal gist, 452. 

Tant me desplaist adieu vous dire, 231. 

Tant me desplaist mon hatif partement, 383. 
Tant que loyalle me serez, 487. 

Tant sont les yeulx de mon cueur endormis, 508. 
Tard avra mon cueur sa plaisance, 231. 

Tel est le temps il s’en fault contenter, 528. 

Tel fait semblant d’estre joyeux, 113. 
Terriblement suis fortunée, 96, 18 (xix). 

Tous ceulx qui m’ont donné le bont, 535. 

Tous ceulx qui sont tristes de mon dommage, 
660. 


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— 33 i — 


Tous jeunes gens nourris en grant maison, 628. 
Tous mes cinq sens yeulx, oreilles et bouche, 
45i. 

Tous regretz fors qu'un je les passe, 518. 

Tout a part moi affin qu’on ne me voye, 164. 
Tout au plus tost que je pourray, 186. 

Tout bien de vous me puet venir, 282. 

Tout droit, de costé, en l’envers, 545. 

Toute joye m’eslongnera, 276. 

Toutes les fois que je vous voy, 33. 

Toutes les nuitz que sans vous je me couche, 
561. 

Tout prestement qu’en la ville seray, 399. 

Toy qui veulx d’amer, 479. 

Très doulx rossignol gracieux, 346. 

Très humblement je vous supplie mon cueur, 
612. 

Très voulentiers de cueur te salveroye, 590. 
Triste penser adversaire du corps, 609. 

Triste plaisir et amoureuse joye, 621. 

Trop en y a qui deux en ame, 531. 

Trop plus en vous qu'en autro femme, 211. 

Tu te brusles a la chandelle, 309. 

Une foys avant que mourir, 18 (iv). 

Une fois nous fault tous mourir, 529. 

Une sans plus a mon désir, 136. 

Une très gente damoiselle, 337. 

Ung corps, ung cueur qui n’a que l’ame, 253. 
Ung doulz matin a la froidure, 619. 

Ung enfant est nez qui encores vit, 409. 

Ung frisque mignon experlucat, 404. 


Ung jour allant m'esbanoier aux champs, 650. 
Ung jour a part m’avanture, 586. 

Ung jour joyeux, l’autre marry, 18 (xiii). 

Ung jour passez, n'a myc longuement, 620. 
Ung plaisir est bien cher vendu, 567. 

Veu qu’en ce point suis désolé, 199. 

Vie de court qui tant est douloureuse, 118. 
Viengno comment pourra venir, 142. 

Vivent les gorgias de court, 584. 

Vivre en desplaisir, 300. 

Vo regard et doulce maniéré, 193. 

Vostre bruit et vostre grand famé, 145. 

Vostre flacon fermant a vis, 595. 

Vostre œil me guerroyé, 121. 

Vostre œil qui est si fort a destre, 116. 

Vostre rigueur trop infortune, 55. 

Vostre très doulx regard plaisant, 324. 
Voulentiers parleroye a luy, 18 (xii). 

Vous me tenez par vos faulx yeulx, 539. 

Vous sçavez bien comment il va, 195. 

Vous semble il pour advancer, 405. 

Vous soyez la tresbien venue, 339. 

Vous soyez le bien retourné, 338. 

Voz yeulx, voz maniéré, voz pas, 562. 

Vray dieu d’amours, helas I hemy ! 97. 
Vueillant ou non les envieux, 150. 

Vueille ou non vueille celle que j'ay servie, m, 
372. 

Vucillez oyr tous amoureux, 18 (xxxi). 

Yeulx aveuglez par force de servir, 311. 


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TABLE DES REFRAINS 


Les chi/lres renvoient aux numéros des pièces. 


Abas la, fou la, 479. 

Adieu vous dy, celle ou j’ay ma fiance, 473. 
Ainsi que dient ceux qui l’ont chevauchce, 481. 
Ainsi que l’escrevice va, 459. 

A la mort suis souveraine maistresse, 11. 

A lui servir tant comme je vivray, 631. 

Amy qui fust si très bien asseuré, 45. 

Amours a mis mains vaillans cueurs en serre, 
412. 

Amours et dame servir, 636. 

A qui fortune est de présent ennemve, 41. 

Au feu dessoubs la chcminee, 430. 

Auquel je prie que le puisse servir, 474. 

Autant ou plus le bran que la farine, 428. 

Aux amans font passer val et montaigne, 402. 
Avoir toujours, voir D’avoir. 

A vous servir de cueur et de pensee, 431. 

Belle ne me refusez point, 591. 

Boire convient qui sa mere n’alaite, 660. 

Boire sans soif et chevaucher sans selle, 647. 

Car a cela nous incite Nature, 441. 

Car au vray dire je l'ayme mieux que moy, 
590. 

Car en amours n'a foy ne loyauté, 628. 

Car en méfiait, dame, ne gist qu'amende, 639. 
Car je ne voy si belle que vous estes, 597. 

Car maint amant y ont perdu leur dame, 466. 
Car nul n’entend fors qu'a emplir son sac, 29. 
Ce fut la plus belle des trois, 13. 

Ce moys de may qui est presque venu, 6x2. 
C'est la chose dont plus t’enhorte, 600. 
Chapperon et chappel en teste, 658. 

D’avoir tousjours ung pié derrière, 645. 

De mes pechez humble pardon me face, 440. 
Désir par doulce pensee, 635. 

Dieu luy doint grâce de bien faire, 75. 


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Doulce dame pour vostre amour avoir, 43. 
D’ung seul regard mon cueur enluminer, 630. 
D’un veneur soubtil et bien appris, 637. 

Ello me hait et est mon cnncmye, 40. 

En ce bordel ou tenons nostre estât, 455. 

En ce monde n’a que dueil et miscre, 443. 
Endurer fault humaine créature, 442. 

En ello gist ma vie et mon trespas, 00 . 

En espcrance d’avoir mieulx, 432. 

En grant déduit et en doulce plaisance, 444. 

En la taverne que au monstier, 659. 

En plaisance me déporté, 653. 

En qui mon cueur a mis toute sa cure, 640. 
Entre voz bras me vueillez faire feste, 7. 

En vray espoir d’accroistre vostre honneur, 589. 
Estoit il lors temps de me taire, 448. 

Estre homme d’armes ou amoureux, 470. 

Et si ne puis ne guérir ne mourir, 471. 

Et vous scrés bien mon amy, 447. 

Faictes de moy ung vray amoureux, 438. 
Faisant le loup garoux, 27. 

Fier et puissant c'est pour le roy de France, 599. 

Gard soy chascun qu’il n’y soit attrappé, 429. 

Hayr ma vie et désiré ma mort, 632. 

Humble mercy descendant de pitié, 458. 

J a povre homs ne sera bien aymé, 469. 

Je congnois tout fors que moy mesmes, 456. 

Je hez ma dame que tant aymer soulove, 461. 
Je meurs de soif auprès de la fontaine, 445, 475. 
Je n'en dy plus, du remenant me tais, 476. 

Je ne sçay plus a quel saint m’avouer, 477. 

Je prie amours que le puissiez servir, 474. 

La douleur qui tant m’est contraire, 435. 

Lais faire ly toumy vous en Tourain, 419. 


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— 333 — 


Le jour que vous verra mon œil, 433. 

Le povre amant de dueil ensevely, 437. 

Le premier jour que je vous vy, 76, 403. 

Les trois estas s'en deulent à merveille, 35. 

. L'homme esgaré qui ne scet ou il va, 648. 

Mais c’est la mort que d'aymer sans partie, 628. 
Mais c’est pour vous, dame, dieu le vous mire, 
38 . 

Mais priez Dieu que tous nous vueille absoudre, 
449 - 

Mais raison de mon bien m’acointe, 616. 
Mauldit Dieu soit qui en toy se fie, 44. 

Mauldiz ma vie malheureuse, 436. 

Me dis tu voir, oil, sainte Marie, 24. 

Me fault souffrir perpétuellement, 471. 

Mere des bons et seur des benoistz anges, 451. 
Me trahissent par derrière, 638. 

Monseigneur dit bien, il a droit, 423. 

Moy conseil point entry hors de ream, 21. 

Navré a mort loing de son mire, 198. 

No chere d'homme joyeulx, 460. 

Ne te desconforte pas, 616. 

Onqucs n'ayma qui pour si peu hay, 48. 

On n’a que sa vie en ce monde, 655. 

Pardonnez moy, besoing le me fait faire, 74. 
Parfaicte en biens seroit la plus du monde, 598. 
Plus m'est la mort que la vie necessaire, 628. 
Plus ne t’en dis et je m’en passeray, 450. 

Pour bien servir en ay je tel guerdon, 47. 

Pour ce que je n'ay point d'argent, 644. 

Pour la venue du moys de may, 611. 

Pour vous monstrer que je suis vostre amye, 8. 


Povres housseurs ont assez peine, 457. 

Puis qu’il vous plaist, je l’agree, 652. 

Quant est a moy je ne vueil plus aymer, 463. 
Quant je la prie, riens elle ne répond, 46. 

Que jamais autre que vous ne choisiray, 446. 
Que male mort si les puist accueillir. 462. 
Qu'en cent mil ans deservir ne pourroye, 72. 
Qui autruy biasme sans raison, 425. 

Qui mal vouldroit au royaume de France, 643. 
Qui par longtemps m’a tenu compaignie, 73. 
Qui ? voire qui ? les trois estas de France, 478. 

Sanation d'ame et prouffit de corps, 654. 

Sans grant travail honneur n’est pas acquis, 
426. 

Sans vous ne puis avoir ung seul soûlas, 641. 

Si de vous ne suis alegé, 439. 

Se ma dame n’en fait bien brief l’accort, 42. 

Se n’alegcz ma maladie, 427. 

Se vostre amour ne m’est brief accordée, 434. 
S’il ne me servist de pisser, 480. 

Si prens congié a l'amoureuse vie, 633. 

Si pry amours que mort ou amé soye, 39. 

Si tost qu’on parle d'Escot, 661. 

Si vous supply que de moy vous souviengne, 
588. 

Soient frites ces langues ennuyeuses, 454. 

Son doulx servant et son amy me clame, 468. 
Souviengne vous de vostre amy, 472. 

Tant crie l’on Noël qu'il vient, 452. 

Tel se cuyde chaufer qui s’art, 642. 

Tenez vous coy. j’appelleray ma mere. 646. 
Tous les desloyaux amoureux, 626. 

Tout est perdu, c’est a refaire, 649. 


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TITRES DES PIÈCES DU JARDIN DE PLAISANCE 


Ballades, n“ 7, 8, 11, 13, 18, 21, 24, 27. 29, 34, 
35 . 38-48. 72 - 6 . 402-3. 412. 419. 422-52, 
454- 6 3. 466. 468-81, 588-91, 597-600, 605, 
6l I, 6l2, 63O-5O, 652-661. 

Barâtre infernal, p. 79. 

Chansons, n°* 10, 19, 96, 103. 

Chastel de joyeuse destinée, p. 90. 

Chastoiement des dames, p. 278. 

Comparaison des biens et des maux qui sont en 
amours, p. 281. 

Complainte du prisonnier d'amours, p. 271. 

Confession et testament de l'amant trespassé 
de deuil, p. 305. 

Contemplation d'ung amant a sa dame, n° 410. 

Cruelle femme en amours, p. 262. 

Débat de deux gentilshommes contraires en 
amour, p. 226. 

Débat de la dame et du pauvre amoureux, 
P- 257. 

Débat de la noire et de la tannée, p. 279. 

Débat de l’homme marié et du non marié, 
p. 276. 

Débat des deux fortunés d'amours, p. 263. 

Débat du clerc et de la damoisolle. p. 258. 

Débat du cueur et de l'œil, p. 94. 

Débat du cueur et du corps, p. 303. 

Débat sans conclusion, p. 263. 

Dédicace, p. 43. 


Demandes joyeuses, p. 206. 

Destrousse Michaut Taillevent, p. 99. 

Devinail, n° 409. 

Dialogue fait par Michaut Taillevent de son 
voyage de Saint-Claude, p. 102. 

Dictiés, n°« 404, 413, 414, 498, 601, 603, 604. 
Dictié adressant aux dames de Lyon, p. 207. 
Doléance de Mégère, p. 61. 

Donnet baillé au roi Charles VIII, p. 87. 
Epttres d'André de la Vigne, p. 299 et 300. 
EpStre d’une dame lyonnaise, p. 298. 

Forêt de Tristesse, p. 297. 

Instructif de seconde rhétorique, p. 43. 
Lamentations de Jean de Calais, p. 260. 

Oultré d'amours, p. 302. 

Parlement d'amours, p. 261. 

Pauvre amant déconforté, p. 300. 

Pipée du dieu d'amours, p. 285. 

Procès de Honneur féminin, p. 288. 

Purgatoire d’amours, p. 283. 

Regretz et complaintes de la mort du roy 
Charles VII e derrierement trespassé, n° 650. 
Rhétorique d'une dame lyonnaise, p. 298. 
Rondeaux, n°« 9, 12, 14-7, 20, 22-3, 25-6, 30, 

33 . 36 - 7 . 49 * 7 x * 77 - 95 . 97 “ x ° 2 . 104-401, 
405-8. 411, 415-8. 453. 464-5, 467. 482-97. 
499 - 587 . 592-96. 602, 606-9, 651. 


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INDEX DES NOMS DE PERSONNES 


Les chif/res renvoient aux pages du Commentaire. 


Adam de la Halle, 315. 

Albert le Grand, 305. 

Albumazar, 69, 72, 74. 

Alençon (Catherine d'), acrostiche, 200. 
Alexandre, 62. 

Alexis (Guillaume), 148. 281, 282. 

Alionb, 117. 

Alison, acrostiche, 205. 

Amerval (Éloi d’). 197. 

Anché (Pierre d'), 252, 254. 

Angleterre (Henri IV, roi d*), 261. 
Angoulême (Jean d’Orléans, comte d’), 280 ; 

— (Marguerite de Rohan, comtesse d*), 280. 
Agricola (Alexandre), 229, 241. 

Anjou (René, duc d*), 51, 92 , 258, 285. 
Annxbal, 62. 

Antitus, 87. 

Aqueville, voir Hacqueville. 

Aragon (Isabelle d'), 299. 

Arnoullet (Olivier), 10, 20. 

Attaignant (Pierre), 109. 

Aventurier, voir Chastellain (Georges). 
Avrillant (Michel d'), 74. 

Balub (Jean), 233. 

Bancel (E.-M.), 109. 

Barthélémy l'Anglais, 29. 

Beaujeu, voir Bourbon. 

Belcari (Feo), m, 113. 114. 137. *76. 189. 
Bigue (Jacques de), 242, acrostiche. 

Binchois (Gilles), 273. 

Blois (Robert de), 37, 278, 279. 

Blossbt, 177 ; — (Ysabeau). 185, acrostiche. 
Blosseville, 231, 258. 

Boccacb (Jean), 286, 288, 305. 

Bodbl (Jean), 315. 

Boèce, 51, 304. 

Bois (Jeanne du), 233. 

Bonifacb (Jean de), 96, 97. 


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Bonnet (Honoré), 29. 

Bouchet (Jean), 67, 68, 267. 

Bouillon (Godefroy de), 259. 

Boullon (Martin), 20. 

Bourbon (Pierre, duc de). 242 ; — (Anne de 
Beaujeu, duchesse de), 253. 

Bourdigné (Charles), 92. 

Bourgogne (Philippe, duc do), 96 et suiv. ; 

— (Isabelle de Portugal, duchesse de), 97 ; 

— (Charles le Téméraire, comte de Charolais, 
puis duc de), 49. 

Boutechouque, 37, 55, 56, 57, 58. 

Bouton (Claude), 130. 

Bretagne (René de), 69 ; — (Anne de), voir 
France. 

Brézé (Pierre de), 258. 

Brumel (Antoine), 229. 

Brunet (Gustave), 37. 

Bucy ,220. 

Busnoys (Antoine), 251. 

Caillau (Simonet), 280. 

Calais (Jean de), 260, 261. 

Campaux (Antoine), 10, 36, 37. 

Castel (Jean), 49, 51. 

Caulibr (Achilles), 37, 48, 262. 

César (Jules), 29. 

Chabannàis-Comporté (Guyonne de), 254. 
Champion (Pierre), 94, 96 et suiv., 265, 266, 
3 * 6 . 

Chartier (Alain), 37, 47. 49. 51-3, 58. 96, 97, 
260. 262-7. 271-5, 278, 288. 316, 317. 
Chastelain (Georges, dit l'Aventurier), 37, 47, 
48. 50. 5*# 53. 258, 302, 318. 

Chastellain (Pierre, dit Vaillant), 50, 51. 
CHATELAIN (Henry), 10, 36, 38, 60. 

Cicéron, 51. 

Claudin (A.), 28 et suiv. 

Clèves, voir Orléans. 


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— 336 — 


Coquillart (Guillaume), 136. 

Crésus. 62. 

Crétin (Guillaume), 50, 207, 208. 300. 

Croy (Henry de), 45 . 4 ^ et suiv., 176. 

Croy (Philippe, seigneur de), 47, 48. 

Crussol (Louis de), 258. 

Cuise (Antoine de), 200. 

Dante, 53, 58. 

Démocrite, 66, 67. 

Demogorgon, 51. 

Deschamps (Eustache), 109, 139, 295, 315, 
316. 

Dufay (Guillaume), 118, 135, 146, 155. 
Duguesclin (Bertrand), 259. 

Du Pont (Gratien), 57, 232. 

Du Pré (Galliot), 264. 

Du Pré (Jean), 27, 28. 

Du Verdier (Antoine), 9 - 

Echo, 284. 

Eitner (Robert). 109. 

Esquerdes (le maréchal d’), 206. 

Estiier, 123. 

Estouteville (Jean d’). 258. 

Euryalb, 284. 

Fabri (Pierre). 9. 36. 45 . 5 2 . 6 °. J 3 °- 
Faguet (Émile), ix. 

Faucon (Isabeau). 246, 247, acrostiche. 
Filleul (Jeanne). 161, 205. 

Foix (Jean, comte de), 265 ; — (Jeanne d’Albret, 
comtesse de), 265. 

France (Charles V, roi de), 208 ; — (Charles VII, 
roi de). 261, 294 ; — (Charles VIII. roi de). 
45-8, 69. 87-8. 90. 206. 208, 242. 271. 299 ; — 
(François I er , roi de). 242. 271 ; — (Louis XI. 
roi de). 49 . 5 <>. 6l . 62 . 7 6 . 2 33 . 294; — 
(Louis XII, roi de), 43. 87, 88, 207. 242. 271. 
299 ; — (Anne, duchesse de Bretagne, reine 
de), 30, 88, 242. 

Françoise, 144, acrostiche. 

Froissart (Jean), 99. 

Galba, 62. 

Garnier, 215. 

Gaucourt (Charles de). 68, 75, 77. 

Gaudeté (Jean), 76, 77. 

Genièvre, voir Guenièvre. 

Goret, 55, 59. 

Goujet (l’abbé), 9, 38, 43. 


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Grant Guillaume, 155. 

Greban (Amoul), 47-51, 115; — (Simon), 

294. 297- 

Grève (Philippe de), 97. 

Grueninger (Jean), 31 et suiv. 

Guenièvre, 124. 

Guiscart, 284. 

Guyenne (Charles, duc de), 6i, 62. 

Hacqueville (Jacqueline de), 130, 167, acros¬ 
tiche. 

Harrisse (Henry), 34. 

Hauteville (Pierre de), 93, 305, 313-7. 
Hector, 257. 

Hélène (la belle), 124-5. 

Hercule, 257. 

Hérenc (Baudet), 55, 218, 261, 262. 

Herlin (Robert du), 67. 

Herm agoras, 51. 

Hermippus, 67. 

Héron (A.). 57. 

Horace, 51. 64, 65. 75. 87. 

Hurion (Pierre de, dit Ardent Désir), 49, 51. 
Hygin, 286. 

Icarius, 286. 

Infortuné ( 1 ’), 9-11, 36 et suiv. 

jAcyuEMiN (Amoul), 58. 

Jason, 124. 

Jeannette, 143, acrostiche. 

Jeanroy (Alfred), 258-60. 

Jehannot (Jean). 24, 25. 30, 33. 

J. M. (poétesse lyonnaise), 300. 

Jenin, 216. 

Jérôme (saint), 64. 65, 286, 288. 

Job, 125. 

Jourdain, xi, 36-9. 

Junon, 125. 

JUVÉNAL, 64, 65, 286, 288. 

Lachèvre (Frédéric), il, 109. 

Laertb, 62. 

Lalaing (Jacques de), 96-7. 

Lancelot, 124, 125. 

Langlois (Ch.-V.), 278-9. 

Langlois (E.), 10, 44 et suiv. 

Laval (Jean de), 229. 

Le Caron (Pierre), 30, 264. 

Le Dru (Pierre), 109. 

Le Franc (Martin), 48, 69, 288. 


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— 337 


Le Maire (Jean), 53. 

Lenglet-Dufresnoy, 10. 

Le Noir (Michel), 18, 20, 30 ; — (Philippe), 
25, 109, 264. 

Le Queux (Regnaud), 39, 59 et suiv., 93, 258. 
Leriche, 229. 

Lorris (Guillaume de), 277. 

Lucrèce, 253, 284. 

Lux (Jeanne de). 205, acrostiche. 

Macfarlane (John), 27 et suiv., 109. 
Machaut (Guillaume de), 204. 

Macrobe, 286. 

Marche (Olivier de la), 283. 

Marguarite, Merguerite, 189, 193, acros¬ 
tiches. 

Marius, 62. 

Marot (Clément), 99, 209. 

Marot (Jean), 242. 

Martial d'Auvergne, 316. 

Mathéolus, 277, 281, 282, 287, 288, 297. 
Meschineau (Jean). 75, 76. 

Meun (Jean de). 53, 54, 281. 288, 297. 315. 
Michaut (Pierre). 37. 284, 288. 

Milan (Jeanne de), 299. 

Milet (Jacques), 297. 

Mithridate, 62. 

Molinet (Jean), 44 et suiv., 50, 59, 74, 88, no, 
in. “ 4 - 8 . 137 - 9 . 142. M 7 . *52» 156-7. *65, 
176, 177, 189, 196, 219. 

Monceaux (M.), 29 et suiv. 

Montfaucon (Avmon de), 87, 281. 

Morklet (Marie), 134, acrostiche. 

Mouche (Maître), 227. 

Mouton (Jeanne), 315. 

Munier (Jean), 58. 

Narcisse, 124, 284. 

Nestor, 62. 

Nolette (Martine), 134, acrostiche. 

Obrecht (Henri), 229. 

Ockeghem (Jean), 229. 

Olive, 202. 

Olivier (pair de France), 257. 

Oresme (Nicole), 29. 

Orléans (Charles, duc d'), 113, 127, 158. 160, 
184,191, 240, 252, 280, 285, 286 ; — (Marie de 
Clèves, duchesse d’), 67, 280 ; — (Louis, 
duc d’), 208, 265. 

Othéa, 298. 

Othon, 62. 

PLAISANCE 


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Ovide, 51, 64. 

Pardaillan (Ysabeau de), 254. 

Paris, 124, 126. 

Paris (Gaston), 47, 315 ; — (Paulin), 74. 
Paris (Jean de), 242. 

Pasquette (Clémence), 256, acrostiche. 
Pastureau (Jean), 74, 75. 

PÉLÉE, 62 . 

Pénélope, 253. 

Perrete, 192, acrostiche. 

Petit de Julleville, ii. 

Petit (Jean), 20. 

PÉTRARQUE, 53. 

Picot (Émile), 7, 10, 90. 97, 207, 260. 
Piccolomini (Eneas-Sylvius), 87, 284. 
PlGMALION, I24. 

Pipelare (Mathieu), 229. 

Pisan (Christine de), 49, 51, 53, 208, 265, 298. 
Pline l'Ancien, 67. 

Pollard (A.-W.), 30, 34. 

Portugal (serrurier de), 95, 97. 

Priam, 62. 

Prinet (Max), 102, 315. 

Quintillien, 51. 

Rabelais (François), 202. 

Regnier (Jean). 272, 315. 316. 

Robertet (Jean), 60. 

Ronsard (Pierro de), 9. 

Rovèke (Julien de la), 233. 

Roye (Jean de), 62. 

Saint-Gelais (Octovicn de), n, 50, 88. 
Saligny (Renaud-Lourdin de Coligny, dit de), 
271. 

Sallazart (Jean de), 253. 

Sapho, 298. 

Sardanapalb, 305. 

Sarrazins (les), 210. 

Savoie (Philibert II, duc de), 87. 

Sebillet (Thomas), 53, 55, 57. 

Selignac (M IU de), 205, acrostiche. 

Sforza (Francesco), 299; — (Jcan-Galéas), 
299 ; — (Ludovic, dit le More), 299 ; — (Bona) 
299 ; — (IppoJita), 299 ; voir Aragon (Isa¬ 
belle d’), 

SlLLA, 283. 

Suàuld (Agnès de), 203, acrostiche. 

Sylva, 229. 

Tabourot (Jean), 92. 

22 


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- 33 »- 


Taillevent (Michaut), 37, 96. 

Tavan (Geoffroy), 254. 

Thaïs, 33. 

Thuasne (Louis), 316, 318. 

Tite-Live, 286. 

Trepperel (Jean), 50 ; — (veuve Jean), 24, 

25.3®. 33.264- 

Tristan, 124. 

Urfé (Pierre d'), 206. 

Vaillant, voir Chastellain (Pierre). 

Vaudois (les), 91. 

VftRARD (Antoine), 10, 12, 27, 28 et suiv., 34, 

39 , 43 . 50 . 56 . 59 . 72 . 90 - 

Verbonnet, 229. 


Vergy (châtelaine de), 284. 

Vigne (André de la), 39, 50, 242, 253-4, 300, 
302. 

Vigne (Huet de), 112, 199. 

Villebresme (Berthaut de), 242. 

Villon (François), 10, 219, 257, 291. 315-8. 
VlOLLET-LE Duc, IO, 36. 

Virgile, 51, 64, 66, 75, 286. 

Wissoc (Jean de), 48. 

Xerxès, 62. 

Zoroastre, 66-7. 

ZSCHALIG (H.), 57. 


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TABLE DES MATIERES 


Introduction. 


Note préliminaire. 7 

Bibliographie. 9 

Les éditions. 12 

Les caractères d'imprimerie. 25 

Les gravures. 29 

La date. 35 

L’auteur. 36 

Poèmes, Ballades, Rondeaux, etc., du Jardin de Plaisance . 41 

Conclusion. 319 

Tables. 

Auteurs des pièces du Jardin de Plaisance. 323 

Table des incipit. 324 

Table des refrains. 332 

Titres des pièces. 334 

Index des noms de personnes. 335 

Table des matières. 339 


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Publication de la Société des Anciens Textes Français. ( (En vente à la librairie Édouard 
Champion, 5. Quai Malaquais, Paris- 6® arr.) 


Bulletin de la Société des Anciens Textes Français (années 1875 à 19*3)- N'est vendu qu'aux 
membres de la Société au prix de 3 fr. par année, sur papier de Hollande, et de 6 fr. sur 
papier Whatman. 

Chansons françaises du xv° siècle publiées d’après le ms. de la Bibl. nat. de Paris par Gaston 
Paris, et accompagnées de la musique transcrite en notation moderne par Auguste Gevaert 
(1875). Épuisé. 

Les plus anciens Monuments de la langue française (ix«, X e siècles) publiés par Gaston Paris. 

Album de neuf planches exécutées par la photogravure (1875). Épuisé. 

Brun de la Montaigne , roman d'aventure publié pour la première fois, d’après le ms. unique 
de Paris, par Paul Meyer (1875). Sur papier Whatman seulement. 50 fr. 

Miracles de Nostre Dame par personnage s publiés d'après le manuscrit de la Bibl. nat. par Gaston 
Paris et Ulysse Robert; texte complet t. I à VII (1876, 1877, 1878, 1879, 1880, 1881, 
1883), le vol. 25 fr. 

Le t. VII est épuisé sur papier de Hollande. 

Le t. VIII, dû à M. François Bonnardot, comprend le vocabulaire, la table des noms 
et celle des citations bibliques (1893). 35 fr* 

Guillaume de Palcrme publié d’après le ms. de la bibl. de l’Arsenal à Paris, par Henri Michelant 
(1876). Sur papier Whatman seulement. 60 fr. 

Deux Rédactions du Roman des Sept Sages de Rome publiées par Gaston Paris (1876). Sur 
papier Whatman seulement. 60 fr. 

Aiol , chanson de geste publiée d’après le ms. unique do Paris par Jacques Normand et Gaston 
Raynaud (1877). Sur papier Whatman seulement. 70 fr. 

Le Débat des Hérauts de France et d*Angleterre, suivi de The Debate between the Heralds of England 
and France, by John Coke, édition commencée par L. Pannier et achevée par Paul Meyer 
U 877 ). I 5 fr- 

Œuvres complètes d’Eustache Deschamps publiées d’après le ms. de la Bibl. nat. par le marquis 
de Queux de Saint-Hilaire, t. I à VI, et par Gaston Raynaud, t. VII à Al (1878, 1880, 
1882, 1884, 1887, 1889, 1891, 1893, 1894, I 9 01 » 1903), ouvrage terminé. Le vol.. 30 fr. 

Le saint Voyage de Jhcrusalem du seigneur d’Anglure publié par François Bonnardot et Au¬ 
guste Longnon (1878). 30 fr. 

Chronique du Mont-Saint-Michel (1343-1468) publiée avec notes et pièces diverses par Siméon 
Luce, t. I et II (1879, 1883), le vol. 30 fr. 

Elie de Saint-Cille, chanson de geste publiée avec introduction, glossaire et index, par Gaston 
Raynaud, accompagnée de la rédaction norvégienne traduite par Eugène Koelbing 
(i 879 ). 25 fr. 


Daurel et Béton , chanson de geste provençale publiée pour la première fois d'après le ms. unique 
appartenant à M. F. Didot par Paul Meyer (1880). Sur papier Whatman seulement. 45 fr. 

La Vie de Saint Gilles, par Guillaume de Bomeville, poème du xii® siècle publié d'après le ms. 
unique de Florence par Gaston Paris et Alphonse Bos (1881). 30 fr. 

L'Amant rendu cordelier à l’observance d’amour, poème attribué à Martial d'Auvergne, 
publié d’après les mss. et les anciennes éditions par A. de Montaiglon (1881).. 25 fr. 

Raoul de Cambrai, chanson de geste publiée par Paul Meyer et Auguste Longnon (1882). 
Sur papier Whatman seulement. 70 fr. 

Le Dit de la Panthère d’Amours, par Nicole de Margival, poème du xiii« siècle publié par 
Henry A. Todd (1883). 30 fr. 

Les Œuvres poétiques de Philippe de Remi, sire de Beaumanoir, publiées par H. Suchibr, t. I 
et II (1884-85). Ensemble. 60 fr. 

La Mort Aymeri de Narbonne, chanson de geste publiée par J. Couraye du Parc (1884). 30 fr. 

Trois Versions rimées de l’Evangile de Nicodème publiées par G. Paris et A. Bos (1885). 30 fr. 

Fragments d’une Vie de saint Thomas de Cantorbéry, publiés pour la première fois d’après les 
feuilles appartenant à la collection Goethals Vercruysse, avec fac-similé en héliogravure 
de l’original, par Paul Meyer (1885). 30 fr. 

Œuvres poétiques de Christine de Pisan publiées par Maurice Roy, t. I, II et III (1886, 1891, 
1896), le vol. 30 fr. 


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Merlin, roman en prose du xiii« siècle publié d'après le ms. appartenant à M. A. Huth, par 
G. Paris et J. Ulrich, t. I et II (1886). Sur papier Whatman seulement. Le vol. 60 fr. 

Aymeri de Narbonne, chanson de geste publiée par Louis Demaison, t. I et II (1887). Sur papier 
Whatman seulement. Le vol. 60 fr. 


Le Mystère de saint Bernard de Menthon publié d’après le ms. unique appartenant à M. le comte 
de Menthon par A. Lecoy de la Marche (1888). 25 fr. 

Les quatre Ages de l'homme, traité moral de Philippe de Novarre, publié par Marcel de Fré¬ 
ville (1888). 30 fr. 

Le Couronnement de Louis, chanson de geste publiée par E. Langlois (1888). Sur papier What¬ 
man seulement. 70 fr. 

Les Contes moralisis de Nicole Bozon publiés par Miss L. Toulmin Smith et M. Paul Meyer 
( 1889). 35 fr. 

Rondeaux et autres Poésies du XV e siècle publiés d’après le ms. de la Bibl. nat., par Gaston 
Raynaud (1889). 30 fr. 

Le Roman de Thèbes, édition critique d’après tous les mss. connus, par Léopold Constans, 
t. I et II (1890). Ensemble. 70 fr. 

Le Chansonnier français de Saint-Germain-des-Pris (Bibl. nat., fr. 20050), reproduction pho¬ 
totypique avec transcription, par Paul Meyer et Gaston Raynaud, t. I (1892)... 140 fr 

Le Roman de la Rose ou de Guillaume de Dole publié d’après le ms. du Vatican par G. Servois 
( 1893. Sur papier Whatman seulement. 60 fr. 

L'Escoufle, roman d’aventure, publié pour la première fois d’après le ms. unique de l’Arsenal, 
par H. Michelant et P. Meyer (1894). 35 fr. 

Guillaume de la Barre, roman d’aventures, par Arnaut Vidal de Castelnaudari, publié par 
Paul Meyer (1895). 30 fr. 

Meliador, par Jean Froissart, publié par A. Longnon, 1 . 1 , II et III (1895-1899), le vol. 30 fr. 

La Prise de Cordres et de Sebille, chanson de geste publiée, d’après le ms. unique de la Bibl. 
nat., par Ovide Densusianu (1896). Épuisé. 

Œuvres poétiques de Guillaume Alexis , prieur de Bucy, publiées par Arthur Piagbt et Émile 
Picot, t. I, II et III (1896, 1899, 1908). le vol. 30 fr. 

L'Art de Chevalerie , traduction du De re militari de Végèce par Jean de Meun publié, avec 
une étude sur cette traduction et sur Li A brejance de l'Ordre de Chevalerie de Jean Priorat, 
par Ulysse Robert (1897). 3 ° fr* 

Li Abrejance de l'Ordre de Chevalerie, mise en vers de la traduction de Végèce par Jean db 

Meun, par Jean Priorat de Besançon, public e avec un glossaire par Ulysse Robert 

(1897). 30 

La Chirurgie de Maître Henri de Mondeville, traduction contemporaine de l’auteur, publiée 
d’après le ms. unique de la Bibl. nat., par le Docteur A. Bos, t. I et II (1897, 1898). En¬ 
semble. 60 fr. 


Les Narbonnais, chanson de geste publiée pour la première fois par Hermann Suchier, t. I 
et II (1898), Épuisé. 

Orson de Beauvais, chanson de geste du xn® siècle publiée d’après le ms. unique de Chelten- 
ham par Gaston Paris (1899). 30 fr. 

L'Apocalypse en français au XIII • siècle (Bibl. nat., fr. 403), publiée par L. Delisle et P. Meyer. 
Reproduction phototypique (1900). 140 fr. 

— Texte et introduction (1901). 35 fr- 

Les Chansons de Gace Brulé, publiées par G. Huet (1902). 25 fr. 

Le Roman de Tristan, par Thomas, poème du xii® siècle publié par Joseph Bédier, t. I et II 
(1902-1905). Épuisé. 

Recueil général des Sotties, publié par Ém. Picot, 1 . 1 , II et III (1902, 1904. I 9 12 ). 1 © vol. 30 fr. 

Robert le Diable, roman d’aventures publié par E. Loseth (1903). 3° fr. 

Le Roman de Tristan, par Béroul et un anonyme, poème du xii® siècle, publié par Ernest 
Muret (1903). Épuisé. 

Maistre Pierre Pathelin hystorié, reproduction en fac-similé de l’édition imprimée vers 1500 
par Marion de Malaunoy, veuve de Pierre I-e Caron (1904). 2 5 fr. 

Le Roman de Troie, par Benoit de Sainte-Maure, publié d’après tous les mss. connus, par 
L. Constant, t. I, II, III, IV, V, et VI (1904, 1906, 1907, 1908, 1909, 1912,) le vol. 35 fr. 


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Les Vers de la Mort, par Hélinant, moine de Froidmont, publiés d’après tous les mss. connus 
par Fr. Wulff et Em. Wàlberg (1905). Épuisé. 

Les Cent Ballades, poème du xiv« siècle, publié avec deux reproduétions phototypiques, par 
Gaston Raynaud (1905). 30 fr. 

Le Moniage Guillaume, chanson de geste du xn° siècle, publiée par W. Cloetta, t. I et II 
(1906, 1911), le vol. 35 fr. 


Florence de Rome, chanson d’aventure du premier quart du xin® siècle, publiée par A. VVal- 
lenskôld, t. I et II (1907, 1909), le vol. 30 fr. 

Les deux Poèmes de la Folie Tristan, publiés par Joseph Bédier (1907). Épuisé. 

Les Œuvres de Guillaume de Machaut, publiées par E. Hœpffner, t. I (1908). 30 fr. 

— T. II et III (1911-1921). Le vol. 35 fr. 

Les Œuvres de Simund de Freine, publiées par John E. Matzke (1909). 30 fr. 

Le Jardin de Plaisance et Fleur de Rhétorique, reproduction en fac-similé de l'édition publiée 

par Antoine Vérard vers 1501 (1910). 140 fr. 

— Introduction et notes (1924) par E. Droz et A. Piaget . 75 fr. 

Chansons et descorts de Gautier de Dargies, publiés par G. Huet (19*2). 20 fr. 

L'Entrée d’Espagne, chanson de geste franco-italienne, publiée par A. Thomas, t. I et II (1913). 
Ensemble. 70 fr. 

Le Lai de l’Ombre, par Jean Renart, publié par J. Bédier (1913). 35 

Le Roman de la Rose, par Guillaume de Lorris et Jean de Meun, publié d’après les manus¬ 
crits, par E. Langlois. . 

Tomes I, II, III et IV (1914, 1920, 1922). Le vol. 35 fr. 

Le Roman de Fauvel, par Gervais du Bus, publié d’après tous les mss. connus, par A. Lang- 

fors (1914-1919). 3° 

Doon de la Roche, chanson de geste, publiée par P. Meyer et G. Huet (1921). Épuisé. 

La Fille du Comte de Ponthieu, publié par C. Brunel (1922). Épuisé. 

Le Roman de Jehan de Paris, publié par M m ® E. Wickersheimer (1923). 25 fr. 

Les Fortunes et Adversités de Jean Regnier, publiées par E. Droz (1923). 35 ^ r * 


Le Mistère du Vieil Testament, publié avec introduction, notes et glossaire, par le baron James 

de Rothschild, t. I-IV (1878-1891), ouvrage terminé, le vol. 30 fr. 

(Ouvrage imprimé aux frais du baron James de Rothschild et offert aux membres de la Société). 


Tous ces ouvrages sont in-8®, excepté Les plus anciens monuments de la langue française et 
la reproduction de Y Apocalypse, qui sont grand in-folio, la reproduction et le commentaire 
du Jardin de Plaisance, qui sont in-4 0 . 

Il a été fait de chaque ouvrage un tirage à petit nombre sur papier Whatman. Le prix des 
exemplaires sur ce papier est double de celui des exemplaires sur papier ordinaire. 

Les membres de la Société ont droit à une remise de 25 °/ 0 sur tous les prix indiqués ci- 
dessus. 


La Société des Anciens Textes Français a obtenu pour ses publications le prix Archon- 
Despérouses,* à l’Académie française , en 1882, et le prix La Grange, à VAcadémie des 
Inscriptions et Belles-Lettres , en 1883, 1895, 1901, 1908, 1911, 1914 et 1918. 


ABBEVILLE. — IMPRIMERIE F. PÀILLART 


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